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Les musiques
du Maroc
Copyright, Marie Capgras, 1998.
Le Maroc, pays de contrastes dit-on souvent, lest peut-être par la diversité et la richesse de sa culture . Du fait de sa position géographique, le Maroc ou Al-Maghrib al aqca en arabe ( ce qui signifie loccident le plus éloigné) est une sorte de carrefour entre loccident, lorient et lAfrique saharienne ; ce pays a su tirer profit de ce profond avantage, a puisé chez tous afin de développer son caractère propre, il en est de même pour la musique . Le Maroc, pays arabe .... La musique arabo-andalouse sy est implantée, sy est développée. Le Maroc, pays berbère .... La musique berbère est la musique traditionnelle dune grande partie de la population marocaine . Le Maroc, pays africain .... L Afrique y a amené son rythme et ses rites... Le Maroc, pays de louest, carrefour de loccident et de lorient... Leurs musiques sy sont rencontrées pour mieux se mêler .... Mais le Maroc est aussi et par dessus tout un pays musulman ... L Islam est présent dans toute la musique de ce pays.
On entend par musique arabo-andalouse la musique originaire dAl-Andalus, qui est le nom donné par les arabes à la péninsule ibérique quils occupèrent pendant sept siècles . La dynastie des ommeyades sinstalle en Al-Andalus organisant une vie de cour . Pendant ces sept siècles de domination, les arabes ont développé dans cette province une civilisation spécifique aux multiples composantes ( architecture, poésie, musique ...) . Après la chute de Grenade en 1492 et donc la fin de la présence arabe en Al-Andalus, de nombreuses familles retrouvèrent refuge au Maghreb dont le Maroc ; ils amenèrent avec eux tout leur patrimoine culturel dont la musique. Cette musique, originaire donc dAl-Andalus, a continué de se développer au Maroc, lui donnant ses caractéristiques propres .
Ziryab est le grand maître de lécole arabo-andalouse . Il est à Bagdad le disciple dIshaq al Mawali , maître de lécole des udistes . Devenant meilleur que son maître, Ziryab est obligé de quitter Bagdad, il se retrouve à Cordoue en 822 . Il est un musicien extraordinaire mais aussi un grand lettré, un astronome, un géographe,. Il a amené avec lui la grande tradition des udistes en Al-Andalus . Il a inventé avant tout le système des noubas qui a déterminé les formes, les genres et les modes pratiqués encore de nos jours .
La musique arabo-andalouse marocaine
Elle a ses caractéristiques propres quelle a développé au cours des siècles . On lappelle Al-Ala ou aussi tarab al-Ala, elle représente la musique classique profane . La musique arabo-andalouse a été amenée au Maroc après la chute des arabes en Andalousie . Elle sest implanté principalement à Fès, Tétouan, Rabat et Oujda. On lappelle soit fassiya ( originaire de Fès) soit tetouanniyya ( originaire de Tétouan) . A Rabat et Oujda a surtout été développé un style dit Gharnati , en hommage à la ville de Grenade, dernier bastion de la présence arabe en Andalousie .
La nouba est une suite chantée et instrumentée de différents poèmes, entrecoupées de pièces musicales instrumentales, libres ou mesurées. La nouba est chantée à lunisson par les instrumentistes en hétérophonie, cest à dire par enchevêtrement des voix . La nouba juxtapose une série de mouvements qui ne sont pas tous forcément interprétés lors dune même exécution . La nouba est fondée sur la notion de mode que lon nomme tab , cest lui qui assure à la nouba sa cohérence et son identité. Le répertoire actuel des noubas marocaines a été effectué au XVIIIeme siècle par un musicien érudit originaire de Tétouan nommé Muhammed Ibn al-Hasan al-Hayik . Il rassembla en un recueil tous les textes des chants conservés à son époque avec des indications dinterprétations très précises. Il existe onze noubas marocaines faisant appel à vingt-six modes différents . Il ny a pas dinterprétations standard de chaque nouba, elles varient en fonction des écoles et des praticiens. Chacune des noubas a une signification précise et doit être jouée à un moment précis de la journée . Les noubas relèvent de lordre suivant : - Nouba raml al-maya - Nouba isbahan - Nouba al-maya - Nouba rasd al-dhil - Nouba al-istihlal - Nouba rasd - Nouba gharibat al-husayn - Nouba al-hijaz al-kabir - Nouba al-hijaz al-mashriqi - Nouba iraq ajam - Nouba ushshaq La première nouba a une connotation religieuse et tient de ce fait une place à part.
Chaque nouba comporte cinq mouvements . Chacun deux est basé sur un rythme qui lui est propre : le Mizan . Chacun de ses mouvements va du modéré au rapide : - basit (léger ou lent) - qaim wa-risf ( une battue et demie) - btayhi ( allongé) - quddam ( en avant) - darij ( étape finale) Ces mouvements senchaînent rarement dans leur totalité en raison de leur longueur .
- Le ud (luth) : le ud utilisé est le ud égyptien à six cordes . - Le rbab (sorte de vielle) : il tient le registre grave dans lorchestre, il trace la ligne mélodique et joue un rôle efficace lors du silence des autres instruments . Cest un instrument noble qui est souvent tenu par le chef de lorchestre . - Le tar ( tambourin) : il est linstrument rythmique par excellence . Il diffère de son homologue oriental par sa taille, son poids et sa technique basée sur lagilité et le jeu du poignet. Ses différentes sonorités, produites par la percussion de la main droite, sont enrichies par la sonorité métallique des cymbalettes effleurées par les doigts de la main gauche ou par les oscillations du tar . - La darbuka ( tambourin calice) : elle complète les nuances du ton et renforce le rythme . - La kamanja kbira (alto) et la kamanja cghira (violon) : les deux sont apparus dans lorchestre seulement au XVIIIème siècle amenant une révolution dans la sonorité. Ces deux instruments sont posés sur le genou gauche de linstrumentiste en position verticale, ce qui leur permet de pivoter et damener les quatre cordes au contact de larchet .
Il sagit de la partie vocale de la nouba . Elle y tient une place essentielle . La nouba est composée de poèmes que lon nomme ainsi : - muwashshah - zajal - shugl - barawal - Le muwashshah : cest une forme de poème qui est née en al-Andalus . Au Maroc sa particularité est quil se fond dans la nouba, il signifie ornementation, embellissement . La structure de ce poème est tripartite et on lapparente souvent à la musique médiévale occidentale et plus particulièrement celle des troubadours. Il se divise en stance, chacune delle étant constitué dun nombre variable dhémistiches ou de vers courts . Son interprétation a un esprit responsorial : il est chanté par un choeur de quelques personnes, dirigé par un soliste qui énonce la première phrase chantée qui est ensuite reprise par le choeur . - Le zajal : cest un poème chanté en langue dialectale, il est composé de trois volets : matla ( envoi), dawr (tour), qufl (fermeture) . Le terme zajal signifie émouvoir avec la voix, chanter . - Le shugl : cest un poème chanté dobédience populaire de la musique arabo-andalouse . - Le barawal : cest un poème chanté de langue populaire, intégré ces derniers siècles à la nouba . Ces poèmes ont traités tous les sujets sociaux , politiques, religieux ... Le muwashshah est le plus utilisé de ces formes poétiques. Il nous présente le monde de façon beaucoup plus intense que la réalité . Les andalous avaient un amour profond pour la poésie et la musique tout comme pour lart en général, ils ont donc fait en sorte que toutes les formes dart sépanouissent . En général les thèmes qui reviennent le plus souvent sont la femme et lamour dans toutes les étapes de son évolution . Les marocains ont continué de se servir de ces formes de poèmes pour leurs noubas . Ils ont aussi développé une forme de poème qui leur est propre : Le Malhun
cest la plus élaboré des formes de versification en arabe dialectal marocain . Il sagit dun vaste corpus de poèmes que perpétue une tradition de chants . Le texte poétique prédomine sur la musique . Le poète que lon nomme nadhem al-malhun reproduit léquilibre entre le populaire et le savant, la dimension populaire est liée principalement à la langue utilisé : larabe dialectal marocain, la dimension savante est lié à la dimension thématique, son imagerie poétique et ses liens avec la musique arabo-andalouse . Le malhun repose sur deux éléments : les ouvertures et les parties alternant un refrain . Les ouvertures se composent dun prélude instrumental libre de percussion, taqcim exécuté en solo et alternativement par les instruments de lorchestre ( ud, violon ) . Les poèmes sont signés et datés, ce qui signifie que le poète protège ainsi son uvre . Il sinspire beaucoup de la poésie arabe et des muwashshaht . En ce qui concerne le rythme et la musique du malhun , celui-ci possède ses propres modes et ses propres rythmes . Le haddari est le rythme omniprésent car cest lui qui mène le poème jusqu'à la phase finale . Il est binaire : deux temps qui alternent principalement le yamm (centre) et la hashya (bord). Il a emprunté un bon nombre de tab arabo-andalous . Lorchestre est composé de cordes et de percussions, son rôle est de suivre discrètement les inflexions vocales du chanteur . Le chanteur soliste est le personnage le plus important de lorchestre du Malhun , on exige de lui de détenir un répertoire assez larges de poèmes, de savoir moduler, de pouvoir changer de rythme, de savoir expliciter les phrases chantées .
Les berbères sont les premiers habitants du Maroc. Ils habitent essentiellement la partie montagneuse du Maroc : lAtlas . LAtlas forme une dorsale montagneuse qui commence au nord à la hauteur de Fès et se prolonge dans le sud jusqu'à la hauteur de Goulimine . Il se décompose en trois chaînes de longueurs inégales : - le haut- Atlas - le moyen-Atlas - lanti-Atlas Le haut-Atlas est long de 700 kms et forme une chaîne imposante entre lAtlantique et le Maroc oriental, il forme dans sa partie nord une fourche dont la branche supérieure est le moyen-Atlas . Au sud il dessine une autre fourche qui enserre la plaine du Sous et donne sur lAtlantique dont la branche inférieure forme lanti-Atlas . LAtlas est divisé en parlers : - le tamazight ,il est parlé dans le haut-Atlas oriental et le moyen-Atlas par les berabers . - le chleuh est parlé dans le haut-Atlas occidental et central et dans lAnti-Atlas par les chleuhs . Les berabers et les chleuhs sont deux grands groupes berbères . La musique berbère est une musique rurale par opposition à la musique arabo-andalouse qui est citadine . Elle est aussi beaucoup plus fonctionnelle et participe beaucoup à la vie agricole, elle rythme la vie quotidienne des gens . La danse y est très importante , les instruments sont différents . Il y a aussi des parallèles avec la musique arabo-andalouse pour une prédilection pour des développements que lon qualifie de suites, pour le rôle important accordé au tambour et aussi pour la proximité de leurs échelles musicales ; la poésie y a une grande place et elle est chantée tout comme dans la musique arabo-andalouse .
Le ddikr ( au pluriel ladkar ) est un chant dinspiration religieuse et a une place importante dans toutes les étapes de la vie agricole : les labours, les moissons, le dépiquage mais aussi le travail de la laine . Lélément essentiel de ce chant est linvocation de façon répétitive du nom de Dieu, afin de prévenir certains effets néfastes sur les récoltes tels que la grêle, le gel, le vent trop fort . Ces chants sont aussi bien chantés par les hommes que par les femmes . Ils ou elles se réunissent en séances au cours desquelles les versets font lobjet de répétitions dont le nombre est fixé par la tradition . Ce sont dans ces ladkar que les femmes puisent leur inspiration pour des chants utilisés à dautre occasions . En particulier pendant les activités agricoles propres ( seules les femmes soccupent des activités agricoles ). Ces chants sont un mélange darabe et de berbère . Les musiques de danse
Il y a deux grandes traditions de danses : - les Ahwash chez les chleuhs - les Ahidus chez les berabers Ces deux danses sont associées à des grandes fêtes collectives, forment ainsi tout un spectacle ou sont associés la musique, le rythme, la poésie . La musique est chantée par les choeurs le plus souvent mixtes et accompagnée dun ensemble de benadir et de claquements de mains. Les Ahidus et les Ahwash se distinguent au niveau du rythme, des échelles modales , de la chorégraphie et de linstrumentation . Elles se ressemblent un peu malgré tout, car les divergences ne sont pas très bien définies et surtout elles ont en commun le thème de lappartenance au village et à la même aire linguistique . - Les Ahidus : On différencie le petit ahidu et le grand ahidu . Le petit ahidu est appelé amezyan . Il est accessible aux jeunes et aux gens qui ont moins dexpérience. Le grand ahidu est appelé akswath . Il rassemble des gens plus professionnels car le rythme est plus lent, la gestuelle plus complexe, il est la fierté de la tribu, cest celui-ci que lon réserve aux grandes occasions . Lahidu est composé de cinq mouvements principaux : - le tamawayt qui est un appel, un chant solo et exécuté par un chanteur ayant une voix forte et aiguë - la phase lente de rythme quinaire - la phase modéré avec des rythmes binaires - la phase rapide avec un rythme binaire - la phase rapide avec un rythme ternaire L ahidu nutilise quun seul instrument : le bendir, cest un instrument fait dun cercle de bois percé dun trou pour permettre à la main gauche dintroduire le pouce et de saisir linstrument . Le bendir est recouvert dun coté par une peau de chèvre sur un cercle de 75 cm de diamètre environ ; la profondeur de linstrument est limitée à 15 cm . Le percussionniste utilise en plus de sa main droite les quatre doigts de la main gauche pour produire les rythmes de lahidu avec toutes les nuances de frappes possibles
La constitution de la danse : Cette danse est constitué par un grand cercle, épaule contre épaule des hommes et des femmes reproduisent des mains, des pieds et du corps entier les mouvements et fluctuations du rythme . Les danseurs et les danseuses résonnent au diapason des chants et de la percussion, ils sont bercés par les pulsations qui décuplent dintensité en se transmettant dépaule à épaule . Chaque tribu combine à sa façon les éléments du gestuel, cest souvent le percussionniste central qui dirige lensemble .
La symbolique de la danse : Lahidu reproduit les gestes quotidiens de lhomme et de la femme, symbolise lunion . Hommes et femmes tiennent à exprimer leur attachement aux valeurs tribales, cela explique pourquoi même les femmes mariées peuvent danser parfois à coté dhommes de la tribu inconnus delles . -Les Awash : Les Awash se passent souvent à la tombée de la nuit . La danse se constitue progressivement et les sections se composent . Cest un spectacle fait de danses, dimprovisations poétiques, de percussion et de chants individuels et collectifs . Lawash offre aussi lopportunité de résoudre un conflit à lintérieur dune tribu . Les hommes et les femmes participent tous deux à la danse mais ils sont séparés , il y a des awash pour les hommes et des awash pour les femmes . Le rythme : ils sont nombreux et divers par le genre et la richesse de leurs accentuations . Lawash pratique la division des percussionnistes, tous nont pas la même fonction ni le même registre sonore Le rythme est binaire . Les instruments : Ils sont classés en deux groupes : la percussion et linstrument mélodique . Les percussions sont appelées : - allun : cest un tambour sur cadre, il fait 40 à 50 cm de diamètre et 8 à 10 cm de profondeur - ganga : cest un gros tambour africain à deux peaux joués à laide de deux baguettes recourbées, il est très utilisé dans lawash de lanti-Atlas
La constitution de la danse : Lessentiel du gestuel de lawash est constitué selon les cas par des claquements de main, par des trépignements du corps ; la vigueur des mouvements varient selon quil sagit dhommes ou de femmes ou de circonstances . Le concours du poète est essentiel, il assure la qualité des thèmes . Le chant est antiphonaire, les deux groupes de lawash chantent chacun une partie en alternance . Dabord sans percussion, le chant est exposé par lun des deux groupes, repris par lautre, puis lélan rythmique intervient . La Taskiwin : Cest une forme particulière de lawash . Cette danse est une danse masculine accompagnée de flûtes et de tambours ; elle a une connotation guerrière . Elle porte son nom de la corne à poudre richement décorée que porte chaque danseur sur lépaule gauche : tikst, taskiwin au pluriel . Cette danse nécessite la participation dune vingtaine dhommes, requiert deux ou trois tambours sur cadre, des tallunt et des flûtes, talwwatt ; de plus chacun des danseurs tient un petit tambour en forme de gobelet, agwal . Les danseurs portent des vêtements particuliers : des burnous blancs, un turban blanc, une ceinture brodée et un poignard enfoui dans un fourneau
Leur présence sest développé depuis le début du siècle . Ils parcourent la montagne au printemps et en hiver après les récoltes. Ils ont un rôle de messager en amenant des informations politiques et régionales de village en village. Les Imdyazn Ils sont originaires du haut-Atlas oriental ; ce sont des musiciens saisonniers . La troupe se compose de quatre chanteurs et musiciens : - un poète chanteur, lamdyaz, il est aussi le chef de la troupe . - deux irddadn répondants, accompagnateurs, ils répètent les vers du poète chanteur ou chantent en alternance avec lui . - le bu ughamin « celui du roseau », il chante et joue de la clarinette double (aghamin) ; il est le personnage excentrique de la troupe et est habillé comme une femme . Lart des imdyazn est un spectacle à part entière et sinspire des événements locaux : le bu ughamin amuse pendant que lamdyaz informe et comble les gens de sa poésie . Ils chantent deux répertoires : - le tamdyazt : cest un chant à caractère moral ou politique qui ne comporte pas daccompagnement instrumental . Il existe trois sortes de tamdyazt : - tayffrin, traite dévénements passé ou actuel - tafsut, signifie printemps et traite des femmes et de l amour - tuhid, traite de la vie religieuse et morale - les izlan : ils sont chantés par les accompagnateurs et sont composés de deux ou quatre vers . Ils traitent de thèmes légers .
Les Shikkat On les trouve chez les Berabers . Ce sont des chanteuses et des danseuses, elles sont souvent aussi des prostituées ou des anciennes prostituées . Elles utilisent différents sortes de tambours et se font accompagner au violon, à lalto ou au luth . Leurs chants ressemblent aux izlan Les Rways Cet ensemble de musiciens se produit chez les Chleuhs . Le poète chanteur, rays saccompagne à la vielle monocorde, rbab ; il est accompagné de plusieurs joueurs de luth à trois ou quatre cordes (gimbri) et dun joueur de cloche naqus et parfois de joueurs de tambour sur cadre et de petites cymbalettes en cuivre fixé (nuisqat) . Aujourdhui les nuisqat sont lapanage des danseuses raysat . Leur spectacle se compose de figures chorégraphiques multiples et complexes. Leur art se distingue par les habits blancs des danseurs, par lélégance du geste, par la maîtrise de la voix, du jeu instrumental et du rythme exécuté par des trépignements de pieds et les petites cymbalettes . Leur spectacle se déroule en plusieurs phases : - astara, cest le prélude, il est instrumental, donne les notes de base aux autres instruments ; le prélude est joué généralement par le chanteur . - amarg, cur essentiel du spectacle, est le poème chanté . - ammussu, est louverture chorégraphique . - tamssust, est un chant intercalaire . - aberdag, est une danse . - tabbayt, est la phase finale, le rythme saccélère annonçant la fin . La musique est presque exclusivement pentatonique. Le poème est soumis à deux impératifs rythmiques : celui de la phrase musicale et celui de la percussion . Le rythme de la percussion est dominé par un rythme ternaire simple .
La tradition musulmane a toujours associé étroitement la musique et la transe, plus particulièrement dans les confréries soufis . On entend par soufisme la tendance mystique qui dans lIslam vise à la communion directe entre lhomme et Dieu . Pour les soufis la transe tient une grande place dans la quête spirituelle et met en communication directe avec Dieu ; la transe sobtient souvent par la musique . Les soufis ont développé deux cérémonies associant la musique à leur quête spirituelle : - le sama - le dikr
Le Sama Signifie une audition, cest une cérémonie faite de prière, de musique et de danses qui fait accéder à létat de grâce et dextase . Sa musique est surtout chantée, la part instrumentale est beaucoup moins importante . Le concert se déroule sous la direction dun maître spirituel, le cheikh, et le chant solo est exécuté par le qawwal, celui-ci est choisi par la beauté de sa voix . Les fidèles écoutent ce concert, assis et se laissent peu à peu prendre par la transe . Les instruments utilisés sont le tambour sur cadre et la flûte oblique . Au cours du temps dautres instruments ont été employé . La musique du sama est essentiellement vocale, il sagit avant tout de chanter les sourates du Coran et des vers de poésie . Le rythme et la mesure de ces vers déclenchent la transe. Le dikr Cest une prière qui peut être comparé à une litanie, le nom de Dieu répété est inlassablement jusquà prendre le corps puis lesprit, amenant ainsi à un état de transe et à un anéantissement de la conscience . La pratique du dikr revêt deux aspects principaux : celui qui est solitaire et celui qui est collectif, ce dernier est lié à la musique et à la danse . Sa pratique est différente de celle du sama, toute lassemblé est prise par état de transe . Le dikr est aussi dirigé par un maître spirituel, le cheikh auquel sadjoignent les chanteurs . Les prières sont chantées et reprisent en choeur par lassemblée, elles sont accompagnées très vite dun mouvement du buste davant en arrière, ce mouvement introduit une scansion dans le chant jusqu'à amener létat de transe . La transe ici est plus communielle .
La musique de transe au Maroc
Les soufis sont divisés en confréries sur lensemble des pays musulmans . Au Maroc deux confréries soufis sont implantées et pratiquent la transe : - les Gnaouas - les Aissawas
Ils sont originaires du grand empire occidental qui comprenaient le Ghana, la Guinée et le Mali . Ils ont été amené au XVIIeme siècle au Maroc en tant quesclaves . Ils se sont ensuite métissé à la population locale . Leur saint patron est Sidi Bilal, cest un esclave qui fut libéré par le prophète pour devenir le premier muezzin de lIslam . Le fondateur de la confrérie est Mohammed Ibn Allah, qui vécut aux alentours du XVIIeme siècle .Les Gnaouas ont un système de pensée hautement élaboré, les couleurs ont pour eux une signification symbolique précise : aux sept couleurs sont associés sept suites ; le mouvement centrifuge de la danse représente le mouvement des planètes . La musique a pour eux une fonction thérapeutique, quils jouent entre eux u chez des gens .
La Lila Cest la grande cérémonie des Gnaouas, elle se déroule durant toute une nuit dou elle tire son nom ( lila) . Elle se décompose en trois grandes phases : - Laada (coutume) - Koyyou (souvenirs) - mlouk La Laada est une procession tout en couleurs et en musique incitant à la danse . Les Koyyou sont un jeu préliminaire, les souvenirs des anciens sont évoqués, mimés et dansés . Le Mlouk est la phase finale de la lila . Cest le moment ou de lencens et des bouts de tissus des sept couleurs sont amenées sur un plateau . Cest le moment ou les esprits commencent à « apparaître » amenant la transe . Les instruments de musique : - le guembri : cest un luth à trois cordes, de registre bas ; il joue une musique pentatonique . Il a la forme allongé dun demi-tronc darbre coupé transversalement . - les qrabeb ( crotales) : le percussionniste gnawi actionne dans chaque main entre le pouce et le médius deux paires de crotales en forme de huit et produit par entrechocs tous les détails du rythme . - le tbel : cest un grand tambour . Le rythme : dans lexécution de la lila le rythme joue un rôle essentiel . Le gnawi superpose et aligne des formules binaires et ternaires . Le battement des mains et les percussions ont une fonction importante dans le rythme .
Ils sont une confrérie et se trouvent principalement dans la région de Fès et de Meknès . Cette confrérie a été fondé au XVIème siècle par Sidi Mohammed Ben Aissa . Deux pratiques fondamentales sont propres à cette confrérie : - la hadra, cest une pratique collective de la transe . - la frissa, cest une pratique propre aux Aissawas et consiste à dévorer un animal vivant . La hadra est exécuté pendant les grandes fêtes aissawas . La grande fête ou moussem a lieu à Meknès prés du sanctuaire du cheikh al Kamel, à loccasion de la célébration de la naissance du prophète . La hadra fait partie dun rituel que lon appelle aussi lila, car il dure toute la nuit . La lila des Aissawas commence par des chants puis est suivi par la hadra . Dans la hadra, le nom de Dieu, des prières sont invoquées inlassablement jusqu'à prendre le corps puis lesprit, de cet état découle la transe . Le rythme : il y a trois rythmes : à deux temps, cinq temps et 6/8 ternaire.
La musique marocaine actuelle est un cumul de genres très diversifiés . La musique traditionnelle continue à reproduire les formes anciennes modifiées par des interprétations plus modernes . A coté de la musique traditionnelle dart, la ville a produit à lépoque contemporaine un nouveau style musical, plus « occidental », une musique faite plus pour divertir et privilégiant les rythmes dansants, lintellectuel et le spirituel étant exclus . Les techniques de mixage, les instruments électroniques, la commercialisation de cassettes, la radio ont aidé à la diffusion de cette musique . La chanson marocaine sest véritablement développé avec lindépendance du pays . Deux grandes tendances se sont demblée dessinées : lune adoptant larabe classique et lautre adoptant larabe dialectal , la première essaya de rester classique, très conventionnelle alors que la seconde a introduit un répertoire plus léger, plus proches du public populaire . Mais ce modèle marocain faisait souvent écho à la musique égyptienne ( Oum Kalthoum, Farid al Atrach, Abdelwahab ...) et a entraîné une crise de la chanson marocaine dite moderne . Au début des années 70, la chanson marocaine est à bout de souffle .
Les années 70 ont vu larrivée dun renouveau dans la musique marocaine avec lémergence de groupes tels que Nass el Ghiwan, Jil Jilala, Lem Chaheb, les frères Bouchenak . Nass el Ghiwan Ce groupe a été crée à Casablanca en 1970 . Il est composé de cinq garçons tous issus du quartier Hay Mohammedia, un quartier très populaire de Casablanca . Leur idée est très simple : il fallait requestionner le patrimoine pour créer des textes portant sur des questions de société , il fallait écrire des textes engagés. Ils sont un groupe novateur, tout en respectant les traditions musicales traditionnelles , ils apportent des textes plus engagés, plus militants . Leur musique est la synthèse de tous les rythmes du pays : aissawa, berbère de lAtlas et surtout gnaoua, ils réunissent des instruments dorigine différente : ils ont fait se côtoyer le guembri gnawi avec le bendir (grand tambourin) des chanteurs populaires . Leurs mélodies puisent aussi bien dans le Malhun que dans les chants gnaouas . Ils symbolisent le renouveau de la musique marocaine contemporaine et ils ont rencontré tout de suite un succès immédiat .
Jil Jilala Ce groupe a été créé à Marrakech en 1973. Ils sont six : cinq garçons et une fille . Ils se sont proposé de rechercher dautre sources dinspirations . Ils sintéressent plus particulièrement au style gnawi . Au début le groupe se cantonne à une musique très typique du folk marocain, puis en 1974 un de leur titre « leklem lembrasa » ( savoir quoi dire ) est une chanson critique sur le monde arabe et sur les politiques, cest le début dune renommée dans tous le monde arabe . En même temps se fait une évolution musicale en intégrant davantage les rythmes gnawi . Un autre virage musical en 1986 alors quils rajoutent une section cuivre . Ensuite ils vont sintéresser à larrivée de deux mouvements qui bousculent le paysage musical africain : le reggae et le rai .
Lamshaheb Ce groupe a été créé en 1975 à Casablanca, on pourrait les surnommer les Sex Pistols du Maroc . Ils ont un goût prononcé pour les musiques occidentales, la provocation . Ils introduisent des instruments électriques et utilisent la guitare dans une approche plus moderne . Ils composent des textes très revendicateurs, qui dénonce les excès du régime . Tous dorigine différente amènent des influences musicales différentes : un amène le rai, un autre la musique berbère, la musique gnawi et aussi linfluence du rock et de la pop ; certains sont de plus des chanteurs talentueux . Malgré la provocation et la dénonciation de linégalité du régime , ils ne connaissent pas de problèmes, sans doute du à leur trop grande popularité . Ils ont une grande renommée dans le monde arabe . Ils disparaissent à la fin des années 80 .
Les frères Bouchenak Ce groupe a été créé en 1974 à Oujda, qui est la ville du rai marocain . Le rai est essentiellement une musique dAlgérie, Oujda par sa proximité avec la frontière algérienne a bien sur développé ce style de musique . Il sagit de quatre frères et un cousin . Ils imposent tout de suite leur style rai électrisé ou se confondent toutes les facettes du patrimoine musical marocain : arabo-andalou, malhun, gnawa, chants berbères . La modernité de leur musique , lintroduction de synthétiseurs et leur look en font très vite un groupe phare à la fin des années 70 . Ils vont effectuer des tournées en Europe, participe à des festivals de musique et signent avec Sony music . Leur parcours discographique montre une progressive amélioration de leur maîtrise des outils électroniques . Leurs textes véhiculent des images traditionnelles mais aussi un discours ancré sur la réalité politico-sociale marocaine .
Le début des années 80 voit le développement de la «world music », synthèse entre les musiques traditionnelles du tiers-monde et le rock occidental ; ce phénomène favorise lexportation de ces musiques . Au Maroc, si les groupes des années 70 ont eu une renommée avant tout auprès dun public marocain et sur lensemble du monde arabe , le phénomène « world music » va faire connaître les rythmes marocains et essentiellement gnawa à loccident . De nombreux musiciens introduisent alors des rythmes gnawas dans leurs propres compositions .
Sapho Elle est dorigine marocaine, de Marrakech plus précisément, elle pratique une musique multiculturelle à base de rock, de chanson et de musique arabe, mélangeant des instruments traditionnels marocains et des instruments plus électroniques .
Hassan Hakmoun Il est avant tout un musicien gnaoui, sa rencontre avec Richard Horowitz, le compositeur de la musique du film « Un thé au Sahara » de Bertolucci, lui permet de rencontrer dautres musiciens qui sont les plus importants de la scène jazz et rock new-yorkaise comme Adam Rudolph et Don Cherry . Le résultat est un mélange de jazz et de gnawa, mais aussi des mélanges plus détonants avec des rythmes plus électriques .
La musique arabo-andalouse - Musique classique marocaine / Club du disque Arabe, P1989 Il sagit de lenregistrement de la délégation marocaine lors du congrès de musique arabe tenu au Caire en 1932 . Cette délégation conduite par Mohammed Chouika et El-Hall Omar Jaidi y présenta le noble répertoire des nouba arabo-andalouses . En son temps Maître Jaidi était une des figures les plus respectées de la musique classique marocaine, il demeure toujours aujourdhui un modèle de classicisme et dintériorité .
- Anthologie Al-Ala - musique andaluci-marocaine : nouba Gharibat al-Husain / Orchestre Al-Bihri de Fès ; dir. par Haj Abdelkrim Al-Rais .- Maison des cultures du monde, P1989 Première version intégrale de la nuba Gharibat al-Husain, elle dure aussi 6 heures . Cette intégrale inaugure une collaboration entre le ministère de la culture marocain et la maison des cultures du monde de Paris . Les instruments Orientaux ont été utilisé . Abdelkrim Al-Rais parcourt les cinq « mizan » ou parties de la nouba nous permettant dappréhender toute lampleur de lhéritage médiéval de Ziryab, le fondateur de lécole andalouse .
- Anthologie Al-Ala - musique andaluci-marocaine :nouba Al- Ushshaq / Orchestre Ahmed Loukili de Rabat ; dir. par Mohammed Toud .- Maison des cultures du monde, P1990 Suite de lenregistrement du répertoire complet des nubas marocaines . Ici il sagit de la nouba Al-Ushshaq interprété selon lorchestre de Rabat, orchestre de la radio nationale, de façon très rigoureuse .
- Anthologie Al-Ala - musique andaluci-marocaine : nouba Al-Isbihan / Orchestre du conservatoire de Tétouan ; dir. par Mohammed Larbi Temsamani .- Maison des cultures du monde, P1993 Interprétation de la nuba Al-Isbihan par le conservatoire de Tétouan qui est lune des plus grandes écoles de tradition andalouse avec Fès au Maroc . Cest à Tétouan que de nombreux arabes dAndalousie trouvèrent refuge lors de la chute de Grenade .
- Anthologie Al-Ala - musique andaluci-marocaine : nuba Al-Rasd / Orchestre de Tanger ; dir. par Ahmed Zaytouni Sarhaoui .- Maison des cultures du monde, P1991 - Anthologie Al-Ala - musique andaluci-marocaine : nuba Iraq Al-Ajam / Orchestre de Tanger ; dir. par Ahmed Zaytouni Sarhaoui .- Maison des cultures du monde, P1992 Interprétation de ces deux nubas par lorchestre de Tanger, celui-ci a mené des recherches pour retrouver des passages rares . La deuxième nuba de type occidental est censée être la préféré des tangérois .
- Maroc : Musique classique andalou-maghrébine / Orchestre de Fès ; dir. par Haj Abdelkrim Rais .- Occora, P1988 - Maroc : Musique classique andalouse de Fès / Orchestre de Fès ; dir. par Ustad Massano Tazi .- Occora, P1988 Deux interprétations différentes pour un même répertoire, par deux grands maîtres de la musique andalouse . Abdelkrim Rais donne une interprétation très actuelle, caractérisé par le gonflement de la formation orchestrale, en effet en plus des instruments traditionnels sont rajoutés un violon, un alto, un violoncelle, un qanun et une derbouka . Linterprétation de Massano Tazi a une approche très musique ancienne et suit à la lettre les enseignements de Ziryab . Lorchestre est plus restreint permettant de mettre en valeur le timbre de chaque instrument, se mettant au service du texte et des potentialités spirituelles de cette musique .
- Abdelkrim Rais : musique arabo-andalouse / Orchestre de Fès ; dir. par Abdelkrim Rais .- IMA : Blue silver, p1993 .- ( Musicales) Coffret de deux CD en hommage au maître de landalou de Fès, Hadj Abdelkrim Rais entouré de son ensemble instrumental . Cet enregistrement a été réalisé à lInstitut du monde arabe et restitue deux heures et demie dextraits des noubas classifiées au XVIIIeme siècle par Al-Haik . La première nouba qui a une connotation religieuse est pour la première fois enregistrée .
- Musique arabo-andalouse / Ensemble Massano Tazi .- Le Chant du monde, P ? Extraits de noubas selon linterprétation très rigoureuse dun autre maître de landalou de Fès, Ustad MassanoTazi .
- Musique arabo-andalouse du Maroc : « Gharnati » / Ensemble Gharnati de Rabat ; dir. par Ahmed Pirou ; Amina Alaoui, chant .- Ethnic, P1995
- Musique Gharnati : nuba Ramal / Ensemble Gharnati de Rabat ; dir. par Ahmed Pirou .- Maison des cultures du Monde, P Deux disques représentatifs de linterprétation Gharnati, hommage à la ville de Grenade . Gharnati signifie littéralement extase grenadine, ce style est caractérisé par la prépondérance des instruments à cordes pincées : on y rencontre la mandoline et le banjo . Le premier titre est la collaboration dun homme et dune femme, tous deux au sommet de leur art, ce qui donne un résultat très intéressant et très agréable . Les différents extraits sont interprétés sur des modes différents , et les paroles des chansons ont été traduites . Le deuxième titre est linterprétation de la nuba Ramal par .le grand maître du style Gharnati, Ahmed Pirou .
Anthologie dAl-Melhun : traditions de Fès, Meknès, Salé, Marrakech / Haj Hussain Toulali, Abdelkarim Guennoun, Hussein Ghazali, ... .- Maison des cultures du monde, P1990 - Le Malhun de Meknès / Haj Hussain Toulali .- IMA : Blue Silver, P1994 .- (Musicales) Le Malhun est lart des poètes et le chant ici essentiellement laffaire dun soliste, appelé munshid . Lanthologie propose des poésies chantés par les plus grands interprètes de Malhun . Le deuxième titre a été enregistré à lInstitut du monde arabe et met en scène un des grands interprètes du Malhun : Hussain Toulali .
La musique berbère - Maroc : musique berbère et marocaine / recueillis par Gérard Kremer .- Arion, P1989 - Chants, rythmes et influences du Maroc : enregistrement du festival national du Maroc à Marrakech .- DOM, P1990 Deux titres représentatifs de la musique berbère dans tous ces aspects . Ensemble de chants, dune part recueillis au Maroc et dautre part enregistrés lors du festival de Marrakech . Ils décrivent la vie quotidienne des berbères .
- Maroc, Moyen-Atlas : musique sacrée et profane .- Occora, P1989 Enregistré chez la tribu des Ait Said, la musique est lécho dun mode de vie rude et montagnarde ayant su maintenir une symbiose presque parfaite avec les cycles de la nature . Les motifs mélodiques de la petite flûte à bec qasba se développent indéfiniment sur le soutien des percussions, se modifiant imperceptiblement, samplifiant et sentremêlant sans trêve . Le rôle du chant est avant tout dénoncer certaines sentences de la sagesse commune pour en imprégner âme de lauditeur .
- Maroc : musique de la haute montagne .- Buda, P1994 Enregistré dans la vallée des Ait Bou Guemmez, la plus haute vallée berbère du Haut-Atlas . Ici les traditions musicales sont restées plus intactes que partout ailleurs . Lenregistrement comporte surtout des chants de travail des femmes. Les clarinettes de roseau, les flûtes courtes en bois appelées awwada, les poèmes nous parlent avec gaieté de la vie quotidienne .
- Maroc :musique berbère du haut-Atlas et de lanti-Atlas / collecté par Myriam Olsen.- CNRS : Musée de lhomme, P1994 .- Enregistré en 1975, 1979, 1990 Cest à la fin des travaux agricoles, entre Juillet et Septembre que la musique se pratique le plus intensément, au point que lon puisse parler de saison des fêtes . Les tambours sassocient à la voix chantée et à la poésie, et les gestes deviennent danse : cest lawwas qui dure toute la nuit .
- Houariyat : chants de femmes du Maroc .- Al Sur, P1994 Chants damour du sud marocain interprétés par six femmes . Des suites vocales répétitives soutenues par les percussions et qui nous incitent au répond .
- Anthologie des Rwayes : chants et musique berbères du Sous .- Maison des cultures du monde, P1990 Cette anthologie propose à travers la voix des chanteurs et des musiciens actuels, une interprétation des oeuvres des anciens Rwayes, aujourdhui disparus .
La musique de transe
- Chants et musiques Gnawas du Maroc, vol.1 / Gnawa Leila ; Amida Boussou .- Al Sur, P1990 - Les maitres du Guembri : Suite du blanc, vol.2 / Amida Boussou ; Mohammed Zourhbat .- Al Sur, P1993 - Les maîtres du Guembri : suite du bleu, vol.3 / Amida Boussou ; Mohammed Zourhbat .- Al Sur, P1993 - Les maîtres du Guembri : suites du rouge et du vert, vol.4 / Amida Boussou ; Mohammed Zourhbat .- Al Sur, P1995 - Les maîtres du Gembri : suites du noir et du jaune, vol.5 / Amida Bousou ; Mohammed Zourhbat .- Al Sur, P1995 Ces cinq disques sont lenregistrement intégral de la lila, la cérémonie gnawi mêlant chant et danse pour une extase religieuse. La suite du blanc clôt un appel à lunicité de Dieu , premier pilier de lIslam .La suite du bleu est dédiée aux représentations de leau et de lair dans lIslam . Les suites du rouge et du vert représentent successivement la couleur du sang et du sacrifice ainsi que les saints de la famille du prophète ( le vert est la couleur de lIslam ) . Les suites du noir et du jaune représentent lobscurité et la lumière, la nuit et le jour . Cette lila est de plus interprété par lun des grands maîtres gnawi, Amida Boussou .
- Maroc : Hadra des gnaoua dEssaouira .- Occora, P1990 Il sagit de la musique rituelle des Gnaouas dEssaouira . Essaouira est lun des grands lieux pour les Gnaouas . De par sa position géographique : le sud du Maroc, cest là que sont arrivés les premiers gnaouas, ils ont donc une grande tradition rituelle avec eux .
- Gnawa music of Marrakech : night spirit masters .- Axiom, P1990 Un des plus beaux disques de musique gnaoua . Plusieurs ensembles aux dimensions variables ( du duo au big band de 11 musiciens ) y perpétuent une tradition multi-séculaire . Le livret est de plus signé par Paul Bowles .
- Maroc-Marrackech : sur la Djema el-Fna .- Chant du monde, P1994 Djema el-Fna est la grande place de Marrakech ou se retrouvent les diseuses de bonne aventure, les montreurs de serpent, les médecins-sorciers et aussi les musiciens gnaouas . Lintérêt de ce disque est que derrière un phénomène que nous croyons tous connaître se cache une réalité autrement plus profonde . Loin dêtre des simples illusionnistes , ces magiciens sont membres de confréries qui sont chargés de dompter la bête qui est en nous et de révéler la vraie nature qui est en nous .
- Chants gnaouas du Maroc / Nass el Ghiwan . - Buda, P ?.- (Chant du monde) Nass el Ghiwan est un groupe marocain des années 70, il amena un renouveau dans la musique traditionnelle marocaine notamment gnaouas en y introduisant des sons plus modernes . Dans ce disque Nass el Ghiwan est resté traditionnel dans son interprétation .
Les Aissawas donnent un rôle éminent à la musique dans la mystique . Ils séparent la mélodie du rythme,à la mélodie est assigné un rôle passif alors quon assigne au rythme un rôle animal pour permettre à lhumain de participer à un élan dévotionnel .
La musique contemporaine marocaine
- Chansons de Nass el Ghiwan / Nass el Ghiwan .- Buda records, P ? Il sagit des meilleures chansons de Nass el Ghiwan, les premiers titres de Nass el Ghiwan ont été produit sur cassettes, cet album est un réenregistrement des meilleurs morceaux du groupe .
- Ila Elaman / Lemshaheb .- Club du disque arabe, P ? Ensemble des meilleures chansons du groupe .
- Sahara electric / Lemshaheb ; Dissidenten .- Média 7, P1984 Premier enregistrement denvergure internationale avec « Dissidenten », un groupe arabo-allemand jouant un mélange de rock, de musique arabe et andalouse .
Les années 80 et 90
- Passions, passons / Sapho .- Celluloid, P1986 Cet album réalisé avec Peter Murray est construit autour de la musique arabe et du rock .
- Digital Sheikkat / Sapho.- Adès, P1998 Dans cet album, Sapho sest inspiré des chants des shikkat, ces musiciennes anciennes prostituées pour la plupart qui chantent dans les mariages et les fêtes, et qui malgré tout sont mal perçues par la société .
- Gift ot the gnawas / Hassan Hakmoun ; Adam Rudolph .- Flying fish records, P1991 Rencontre entre un musicien gnawi et un jazzman, rencontre entre ces deux musiques ....
- Trance / Hassan Hakmoun .- Real world, P1993 Après le jazz, le musicien gnawi offre une fusion de ses percussions avec du funk et des guitares psychédéliques proprement envoûtante .
- The new Grove dictionary of music and musicians . Ed. By Stanley Sadie . London : Macmillan, 1981. 20 vol.
- Encyclopédies des musiques sacrées . Publiée sous la dir. de Jacques Porte . Paris : Editions Lagergerie, 1968-1970 . 4 vol .
- Aydoun, Ahmed . Musiques du Maroc . Casablanca : Editions EDDIF, 1994 .
- Clément, Jean-François, dir. Maroc . Paris : Autrement, 1990 . ( Série Monde, 48) .
- Guettat, Mahmoud . La musique classique du Maghreb . Paris : Sindbad, 1980 . (La bibliothèque arabe).
- Poché, Christian . La musique arabo-andalouse . Arles : Actes Sud : Cité de la musique, 1995 .
- Olsen, Myriam ; Lortat-Jacob, Bernard, pref. Musiques de lAtlas . Arles : Actes Sud : Cité de la musique, 1997 .
- Rouget, Gilbert . La musique et la transe . Paris : Gallimard, 1980
- Marrakech : derrière les portes . Sous la dir. de Brice Matthieussent . Paris : Autrement, 1985 in Autrement : série villes : HS. N°11, Janv.1985 .
- Musique en transe . Par Georges Lapassade . in Ecouter Voir n°49, Janv.1996, p. 4-13
- La musique gnawa, beauté du métissage . Mina Rad . in Le Monde de la Musique n°181, Oct. 1994, p. 38-39 .
- Seck, Nago ; Clerfeuille, Sylvie . Les musiciens du beat africain . Paris : Bordas, 1993 . (Les Compacts) .
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