Aux Etat-Unis, le problème est chronique.
Les fourmis de feu venues d'Amerique latine s'attaque aux cultures, aux insectes, aux hommes.
Dernièrement, de nouvelles méthodes de lutte biologique ont été testées pour tenter d'anéantir
l'espèce ravaveuse.
Leur surnom est explicite. On les appelle fourmis de feu - ou "fire ants" en anglais - en raison
des brûlures qu'elles causent avec leur
venin toxique.
"Chaque année, elles sont responsable
d'environ deux milliards de dollars de dégâts, plus de douze milliards de francs -, détruisent les
cultures et les équipements électriques", explique Sanford Porter, un entomologiste américain qui
travaille en Floride, une des terres infestées.
Après avoir envahi une dizaine d'Etats du Sud, cette espèce
destructrice poursuit son avance inexorable à un rythme de huit à dix kilomètres par an, couvrant désormais
des millions d'hectares, du Texas à la Californie, de la Floride à la Virginie.
C'est l'une des fourmis
les plus envahissantes à l'échelle mondiale. On la retrouve jusqu'en Australie.
De couleur rouge ou noire
de cinq à six millimètres de long, la fourmi exotique est probablement arrivée en 1918 dans le port
d'Alabama, dans les cales d'un navire provenant d'Amérique latine. Ces fourmis ravageuse posent un problème
sur le plan médical et agricole.
Leur piqûre est particulièrement douloureuse et laisse sur la peau de
larges pustules pendant deux semaines.
Elles seraient également responsables de quelques décès chaque années.
Côté cultures, elles détruisent les citronniers, les pommes de terre, les pousses de soja, attaquent les
jeunes veaux ou les poussins. Sur leur chemin, elles évicent d'autres espèces de fourmis, d'insectes, d'oiseaux.
Comme elles sont attirées par la chaleur, elles s'infiltrent dans les transformateurs électriques, bloquent
les interrupteurs ou provoquent des courts-circuits. Bref, un vrai cauchemar.
Les fourmis de feu vivent dans des
fourmilières de 50 cm à 1 mètres de diamètre et de 15 à 60 cm de haut,
migrant parfois avec l'aide de l'homme ou en faisant du rafting sur l'eau lors d'inondations.
Ainsi au
Texas, des fermiers ont raconté avoir vu des boules de fourmis flotter à la surface d'une rivière.
Sur un bras d'eau voisin, des centaines de truites ont été retrouvées moprtes à l'été 1997, après
avoir gobé des fourmis de feu.
Elles se nourissent de presque tout (originale animale ou végétale)
et sont agressives dès que quelqu'un ou quelque chose s'attaque à leur monticules.
Elles progressent
à la faveur des
vols d'accouplement.
Les
reines ailées prennent leur essor à plusieurs centaines de
mètres d'altitudes, rencontrent le mâle qui meurt ensuite, avant de retomber. Là, elles rongent
leurs ailes et commencent à déposer leurs oeufs qui donneront une colonie de 200 000 fourmis en
moins de six mois.
On estime qu'une reine est capable de reproduire son poids en oeufs tous les jours.
Eau bouillante,
insecticide, lace-flammes, rien n'y fait.
A près l'échec des efforts d'éradication,
le seul espoir réside désormais dans les méthodes de bio-contrôle, souvent utilisées en France auusi
pour lutter contre des insectes nuisibles.
En Amérique latine, la densité des fourmis de feu est
cinq fois inférieure car elles y ont des ennemis naturels.
Aux Etats-Unis, elle n'est plus dans
son milieu d'origine et a donc pu s'installer plus facilement.
Avec son équipe d'entomologistes,
Sanford Porter est donc allé chercher deux espèces
parasites issues du milieu d'origine des fourmis
, avec l'idée de s'en servir comme armes contre les fourmis de feu.
L'une est un micro-organisme pathogène, qui infecte et affaiblit les fourmilières, dont la population décline,
l'autre est une sorte de mouche du Brésil, dite "décapiteuse", qui pond une centaine d'oeufs dans le corps
de la fourmi.
La
larve migre lentement jusqu'à la tête, croît en sécrétant une enzyme qui dissout la
peau
de l'insecte et finit par l'achever.
Reste à voir quels seront les résultats sur le long terme.
En France, rien de tel.
C'est la
fourmi d'Argentine qui a élu domicile.
Cette petite fourmi jaune, désormais
très répendu, n'est pas ravageuse comme sa "cousine" de feu mais s'attaque en revanche aux autres fourmis.