Avec leurs multiples entrées - tactile, chimique et auditive - c’est peu dire qu’elles usent de systèmes
de communication complexes. Sans compter leurs interférences, garde-fous permettant d’éviter les erreurs
qui condamnent une espèce.
Si quelques mots, comme «alarme», correspondant aux substances chimiques émises, ont pu être décryptés,
aucune construction suffisamment logique ne permet aujourd’hui aux chercheurs de prédire que, dans dix
minutes, cette ouvrière se dirigera précisément vers votre garde-manger d’où vous ne parviendrez pas
davantage à la déloger sur une simple menace. En revanche, pour peu qu’elle y découvre une source de
nourriture convenable, elle mettra à peine quelques minutes pour rameuter une foule de congénères...
Quelques expressions faciles à comprendre:
«J’ai faim»
l’échange de nourriture, stockée sous forme liquide dans le jabot social, séparé de l’estomac, et
pouvant être dégurgitée par un jeu de muscles particuliers, se passe au sous-sol entre deux
ouvrières: la solliciteuse tambourine la tête de sa congénère donneuse, qui place ses antennes
vers l’arrière en signe d’acceptation.
«Prête à l’attaque»
chez la fourmi des bois, corps arc-bouté pour projeter le contenu de la glande à poison, mandibules
bien ouvertes et antennes agressives... Gare au jet d’acide formique, concentré à plus de 50%! Mêlée à
d’autres substances, l’émission déclenche un état d’alerte général dans la fourmilière.
«Danger»
martèlement du sol avec la tête pour prévenir les copines.
Les fourmis des bois, martèle trois fois le sol...pour prévenir d'un danger.
Signes de reconnaissance
Quand deux fourmis se rencontrent, on sait qu’elles peuvent se reconnaître et "parler" à toute vitesse,
grâce à leurs antennes, chacune disposant d’un potentiel de plus de cent mille récepteurs.
Une nouvelle clé de lecture est apparue aux chercheurs: un individu peut dire: «Attention, je cherche
de la nourriture» ou encore «je suis jeune, j’ai besoin d’informations» par des substances chimiques
à la surface de son corps, qui seraient liées à l’âge ou à l’activité. Certaines espèces reconnaissent
les différents stades des individus simplement à l’'habit', comme nous le pourrions, nous être humain.