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Kim Campbell appelle Paul Martin... pour rire de lui !

Lundi 18 avril 2005, 23:00 HAE

Kim Campbell n'est pas trop triste de voir les libéraux patauger dans la boue.
Dans les grands scandales politiques, il est assez rare que les adversaires soient très compatissants. Parlez-en à Kim Campbell, la première femme à avoir été première ministre du Canada. La pauvre a traîné comme un boulet l'héritage corrompu du précédent chef conservateur, Brian Mulroney, et a pris une sévère raclée aux élections de 1993, perdant son poste, sa circonscription et la face. Hé bien, voilà que douze ans plus tard, la femme politique ne peut s'empêcher de sourire face aux déboires du chef libéral Paul Martin, pris au piège par un scandale auquel il a participé, mais mis sur pied par son prédécesseur. De fait, l'ancienne première ministre trouve la situation actuelle tellement ironique qu'elle n'a pu s'empêcher d'appeler M. Martin pour se moquer de lui et de lui souhaiter de remporter « au moins deux ou trois circonscriptions » au cours des élections anticipées qui s'annoncent d'ici l'automne.

« Je n'en pouvais plus de me retenir, a confié Mme Campbell, en souriant à pleines dents. Vers 2 h 15 dans la nuit de mardi à mercredi dernier, j'ai donc décidé d'appeler M. Martin. Comme je me souvenais du numéro de la ligne directe de la chambre à coucher du 24 Sussex, j'ai signalé et le premier ministre a répondu après cinq coups. Il avait l'air endormi, c'est curieux. Je crois qu'à sa place, j'aurais beaucoup de difficulté à dormir... Il ne doit pas avoir de remords de conscience d'avoir volé les Canadiens avec l'aide de ses petits amis. »

« Il a semblé surpris que j'appelle à une heure si tardive, je lui ai fait croire que j'appelais de Venise et que j'avais oublié le décalage horaire. Je lui ai demandé s'il sentait la soupe chaude, maintenant que tous les Canadiens savaient qu'il était un voleur. Il n'a pas répondu, il était un peu figé, peut-être encore endormi. J'ai ensuite dit de ne pas s'inquiéter, tout va bien se passer en prison, puisque c'est là qu'il va se retrouver une fois tous les détails dévoilés. J'ai ajouté qu'une fois qu'il se sera habitué aux agressions répétées du tough de la prison, il pourra bien profiter de ses moments de réflexion en cellule. »

« Ensuite, je lui ai demandé s'il se rappelait les méchancetés que ses amis et lui avaient proférées sur mon compte en 1993, il m'a dit '' Kim, ce n'était pas personnel, ce n'était que de la politique '' et je lui ai répondu que mes enfants pleuraient en revenant de l'école à l'époque et que c'était maintenant son tour. Il a vécu longtemps dans l'ombre d'un terrible criminel et, dans quelques semaines ou quelques mois, il en paiera le prix. J'ai quand même été gentille et, par grandeur d'âme, je lui ai souhaité de battre mon score et de remporter jusqu'à trois circonscriptions sur les 308 en jeu. Je crois qu'avec un peu de chance et d'aveuglement de la part des électeurs, c'est tout à fait possible que les libéraux réussissent malgré tout à arracher quelques poches de bêtise ici et là. »

Visiblement affecté par cet appel en plein milieu de la nuit, le chef libéral Paul Martin a évité le sujet devant les journalistes le lendemain matin, se contentant de dire, dans une langue de bois exemplaire mais désolante, que Mme Campbell a très bien servi son pays pendant son règne de première ministre et qu'elle continue d'être une grande Canadienne dont toutes les citoyennes et tous les citoyens peuvent être fiers.

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