Les options, les réactions et les actions face à ce phénomène.
Avec les progrès de la science et la diminution des incertitudes, des options sont apparues pour pallier au réchauffement climatique. Etant donné que les émissions de CO2 provenant de l'utilisation des combustibles fossiles sont la source la plus importante des gaz à effet de serre, les changements dans la production et la consommation actuelle d'énergie sont examinés avec soin. Dans la mesure où le charbon produit plus de CO2par unité d'énergie produite que le gaz naturel, beaucoup de projets intègrent un passage au gaz naturel pour la production d'électricité. Des réductions supplémentaires d'émissions de CO2 peuvent être obtenues grâce à des mesures d'efficacité énergétique telles qu'une amélioration de l'éclairage, des procédés industriels plus performants, la co-génération de l'électricité et de la chaleur, une meilleure isolation des bâtiments, et des voitures et des camions plus économes. Une dépendance accrue par rapport au nucléaire a aussi été suggérée, mais cette alternative n'est pas viable du point de vue économique et écologique.
Vu la tendance actuelle de consommation d'énergie et de l'augmentation de l'utilisation de l'électricité dans de nombreuses régions du monde, il paraît nécessaire, à long terme, de s'éloigner d'une énergie basée sur les combustibles fossiles pour contrecarrer l'augmentation prévue du CO au niveau que beaucoup jugent nécessaire. A cette fin, on envisage des énergies renouvelables comme les cellules photovoltaïques, la biomasse, et l'énergie éolienne. Le gaz naturel pourrait être une bonne source d'énergie pendant la période de transition vers ces énergies. Cependant il faut noter que la production de gaz naturel, son transport et son utilisation ont pour conséquence l'émission de petites quantités de méthane dont l'effet de serre est fortement accru puisque le méthane est un gaz à effet de serre plus destructeur que le CO2. L'augmentation de l'utilisation de gaz naturel devra donc être accompagnée de mesures de réduction des émissions anthropiques de méthane. Cela peut être fait de plusieurs façons, comme par exemple, le captage et l'utilisation du méthane se dégageant des décharges (ces émissions sont le produit de la décomposition anaérobie de la matière organique, comme les déchets de nourriture), la réduction des pertes pendant le transport, et la transformation des déjections animales par le biais de la digestion anaérobie en méthane utilisable.
Il existe aussi la possibilité d'éliminer directement le CO2 de l'atmosphère par le biais de la croissance de plantes et d'arbres, un palliatif aussi appelée piégeage du carbone. Grâce au reboisement des régions qui dans le passé avaient été converties en terres agricoles (la Nouvelle Angleterre, par exemple ) une partie de l'augmentation du CO2 dans l'atmosphère peut être emmagasinée de manière permanente dans les sols et les eaux. Ainsi les solutions envisagées sont encourageantes. Mais changer les techniques de production installées depuis des décennies est très coûteux. De plus les lobbies monétaires et industriels empêchent tous changements. Donc même si une prise de conscience s'est effectuée ces 10 dernières années, rien de spectaculaire n'a été fait.
Les actions au niveau mondial :
Plusieurs traités internationaux ont été signés afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Parmi eux le sommet de Kyoto en 1998 a permis aux grands pays industriels ( principaux producteurs de CO2) de constater la gravité du problème mais ceux-ci ne se sont engagés qu'à réduire pour2010 les taux de rejets de CO2 au même niveau qu'en 1990, et de plus les USA ont refusé de signer cet engagement qui porte sur les six principaux gaz à effet de serre ( à l'exception de ceux rejetés par les camions et les navires ) : gaz carbonique (CO2), le méthane (CH4), les protoxydes d'azote (N2O) ainsi que trois nouveaux gaz ( les HFC, PFC et les SFO).
Les mesures principales sont :
- Reboisement massif au niveau mondial, les arbres absorbent le CO2. Un rapport scientifique estime que la croissance des arbres aurait augmenté de 20% à cause de l'augmentation du taux de CO2 dans l'air. Malheureusement c'est plutôt un déboisement massif que l'on constate.
- Augmentation des crédits pour l'étude et la recherche sur le développement d'énergies propres renouvelables. Mais on peut remarquer en France que les crédits alloués pour l'étude pétrolière sont 100 fois plus importantes que celles pour les énergies renouvelables.
-Remise en cause du tout routier. La solution est le transport combiné Rail-route ou des solutions très efficaces pourraient être envisagées.
- L'aviation est un gros producteur de CO2 et pourtant le trafic augmente annuellement de 6% (France) : l'étude de moteurs fonctionnant sur d'autres bases que le Kérosène. L'hydrogène, on l'utilise bien pour les fusées.
Puis du 2 au 13 novembre 1998, une autre conférence, de Buenos Aires a eu lieu. Cette conférence a permis d'établir un programme de travail pour permettre de préciser des règles et les lignes directrices, les dispositions générales prévues dans le protocole de Kyoto : ces règles concernent les mécanismes d'échanges (mise en œuvre conjointe, mécanisme de développement propre et permis négociables) pour lesquelles des décisions devront intervenir lors de la sixième conférence des parties (fin 2000)
- Est prévu également un atelier sur les " meilleures pratiques " en ce qui concerne les politiques et mesures, afin de permettre d'identifier les secteurs pour lesquels une coopération voire une coordination des politiques et des mesures entre parties où le protocole peut être renforcé.
Premiers actes mondiaux :
Septembre 2000 -
Lyon/France
COP6 bis
Troisième rapport d'évaluation du GIEC
2002
Entrée en vigueur du Protocole sous réserve de ratification
2005
Preuve des progrès des Parties dans l'exécution de leurs engagements
2008
Début de la première période d'engagement au titre du Protocole de Kyoto (2008-2012)
Début des échanges de droits d'émissions
Début de l'application conjointe.
Les réactions parrainées par l'Union europénne :
Le taux moyen de réduction consenti par les principaux pays industrialisés est de -5.2% des émissions par rapport à leur niveau de 1990, ce qui, si l'on tient compte de l'augmentation observée depuis cette année, entraînera une réduction effective de près de 10% et, d'ici à 2010de près de 30% par rapport à la croissance tendancielle des émissions observée aujourd'hui. Ce résultat assez positif a été rendu possible par l'attitude active de l'Union Européenne, et sa volonté d'aboutir à des résultats significatifs. L'Union européenne avait proposé des objectifs quantifiés d'encore plus ambitieux pour l'ensemble des pays industrialisés et a fait pression sur ses partenaires pour qu'ils améliorent leurs propositions. Ainsi par rapport aux propositions initiales, les objectifs quantifiés de réduction d'émissions sont-ils beaucoup plus élevés pour un certain nombre de pays, tels que le Japon (-6%) et les USA (-7%). L'Europe a également contribué à rapprocher les positions antagonistes des États-Unis et des pays en voie de développement. Le protocole a fixé un engagement de réduction de -8% des émissions pour chacun des pays de l'Union Européenne ( par rapport au niveau de 1990). Toutefois, ces pays européens ont décidé de s'acquitter conjointement de cet engagement.
Actions menées au niveau de la France :
La France est l'un des pays industrialisés dont la contribution à l'effet de serre est la moins forte (elle émettrait en 1995 1.7 tonnes de carbone par an et par habitant). Cette situation résulte notamment de la politique d'économies d'énergie menée depuis le premier choc pétrolier. Notre pays a par ailleurs adopté un programme national de prévention des changements de climat qui contient un certain nombre de mesures tendant à réduire les émissions de gaz carbonique, de méthane, de protoxyde d'azote et d'autres gaz à effet de serre, dans les secteurs tels que :
Le bâtiment, par le renforcement de la réglementation thermique dans l'habitat.
L'industrie, par des incitations fiscales aux économies d'énergie et des accords volontaires de réduction d'émissions de gaz à effet de serre.
Les transports, par des dispositions tendant à réduire la consommation énergétique des véhicules. Ce programme, actualisé en mai 1997, est renforcé par la mise en ouvre de la loi du 30 décembre 1996 sur l'air et l'utilisation rationnelle de l'énergie, dont bon nombre de dispositions, tant en ce qui concerne le développement des transports moins polluants que dans son volet maîtrise de l'énergie, contribuent à la réduction des émissions des gaz à effet de serre. Il a été complété par un plan de lutte contre l'effet de serre, présenté par madame Voynet au conseil des ministres du 26 novembre 1997. Des réflexions seront menées, dans le courant de l'année 1999 sur le renforcement de ces mesures. Un nouveau programme sera adopté en fin d'année 1999 par la commission interministérielle de l'effet de serre.
Problème de société et de mentalité :
La recherche du profit à court terme et à outrance, quelque soit les risques et les atteintes portaient à l'environnement, nous font aller droit au mur. Si une prise de conscience se fait dans les 10 prochaines années, nous en subirons tous les conséquences. Ceux qui ont vécu la tempête sur la côte Atlantique et dans le Nord de la France, ce sont bien rendus compte que nous sommes peu de choses lorsque la nature se déchaîne. Cela n'est peut être qu'un signe avant coureur d'une catastrophe plus grave. Notre société ne tient qu'à un fil et nous sommes peut être en train de le couper.