v/a 10 and d'esprit Fera Rock (virgin) ***
En 1981, Tonton Mitterand avant de devenir megalomane (avant?) autorisait les
radios libres. 20 ans apres, la plupart sont mortes ou devenues des grosses bouses
commerciales ( NRJ par exemple). Subsistent 25 cellules de resistance à la connerie
ambiante,
affiliées au réseau des radios rock. Ce genre de radios locales, jamais réellement
professionnelles mais qui servent de defricheur de talents aux maisons de disques qui
restent leur cul dans leur fauteuil à compiler les compils de Celine Academy Fabian Star.
Car sans ces radios aurions nous eu vent d'un groupe qui se nommait Nirvana? Sûrement
pas. En deux CD, 10 ans d'esprit Fera rock (la federation des radios associatives) propose
de se ballader dans la scène indé française: de Noir Des à Manu Chao, de Married Monk
à Ezekiel, Miossec, Petit Vodo ...etc..25 morceaux "d'artistes confirmés ou non qui
sont le reflet de l'esprit maison". Une compil qui permettra, on l'espère à la Fera
de repartir pour dix ans, car en vérité, on s'aperçoit que ce genre de radios quelques
fois branlantes vous manquent cruellement que lorsqu'on a plus le loisir de les écouter.
Un peu comme certains groupes ou certaines especes en voie de disparition. nadia

36 Crazyfists
"Bitterness the star" (roadrunner) **½
L'originalité n'est pas forcément leur fort mais ils savent ce que le mot
efficacité veut dire. Des grosses guitares proches de Deftones et des passages plus
émotionnels qui parfois savent vraiment frapper juste comme sur le tubesque Sir Wrist
Theory ou sur All i am. Tout ceci est bien sûr servi, comme il se doit, par
une production énorme. Les fans de néo-métal seront comblés. Les autres,
vraisemblablement, continueront leur chemin. manu
Alpha Jet
"Luxe out" (la ouache / juno music) **
Il faut l'avouer : le disque ne démarrait pas trop mal. Une voix féminine nous
invitait à "monter à bord" sur une petite mélodie très power pop. Et
d'ailleurs, ce Pan American d'ouverture se montre plutôt de bonne augure dans
son ensemble. Malheureusement, cette nouvelle signature du label de Matmatah va vite
montrer qu'elle sait aussi vite tomber dans le cliché et l'emphase. Ca frôle la ballade
variétoche sur La vie est si facile... Sur Princesse Gasoline, Alpha
Jet s'essaie à un riff très Neil Young mais le problème est que les intonnations
vocales les rapprochent plus du mauvais rock français. Sur le morceau suivant, c'est au
son de Placebo qu'ils s'attaquent avant de revenir sur des terrains plus pop (Come
come come). Ce qui est le plus dérangeant, c'est cette voix quelque peu désagreable
et trop poussive. Pourtant, le groupe démontre de temps à autre une facilité mélodique
certaine (Quand tu dors, Pan American) qui nous fait dire qu'ils ne sont
peut-être pas à jetter d'emblée aux oubliettes. manu
http://www.junomusic.com
...and you will know
us by Trail Of Dead "Source, tags and codes"
(interscope) ****½
Qu'il est difficile de se remettre de cet album ! En effet, Trail of dead pratique
un art du contre pied digne de Fugazi en allant explorer le monde de la pop
"relative ways" ou encore celui du hardcore "hommage", Trail of
dead ne se fixe aucune barrière de genre tout en structurant le tout pour donner
un ensemle assez homogène. De plus, ils maîtrisent une rythmique alternant des
montées progréssives qui donnent des refrains secs et tendus avec des moments plus
calmes ("it was there that I saw you") mais aussi des mélodies émo au sens
premier du terme avec une mélancolie qui ne s'éfface que pour laisser place à un
ton plus colérique et rageur . Cet album se distingue aussi par un rajout
d'instruments
(piano,violons...) sur certains morceaux : "source,tags&codes" (pour
ne citer que cette chanson), donnant une richesse musicale et une profondeur
incroyable qui ne se dévoile que morceau apres morceau, écoute apres écoute. Bref
Trail of dead démontre que le rock a de beaux jours devant lui tant que l'on aura
des albums de cette envergure. fabien
Armchair Martian
"Who wants to play bass ?" (my records) **
C'est le quatrième album de cette formation centrée autour de la figure de Jon
Snodgrass dont on nous dit dans la bio qu'il est un "great songwriter". Ouais...
Pourquoi pas ? Mais combien de fois a-t-on déja entendu ces mélodies dans la pure
lignée pop/rock américaine. C'est très "clean", agréable à écouter,
la voix n'est pas sans charme. Il manque cependant la petite étincelle qui effectivement
aurait pu nous donner l'impression de découvrir un sacré songwriter. Ici, nous avons
simplement l'impression d'écouter un album aux prétentions modestes mais néanmoins
honnêtes... manu
www.myrecords.com
Breach
"Kollapse" (Burning heart) ***½
Comme le laisser entendre "Godbox", Breach combo en perpetuelle métamorphose
était sur le point de nous présenter un nouvel alter-ego musical. Après de nombreuses
écoutes de ce "Kollapse" je crois qu'on peut considerer celui ci comme un
aboutissement. Ultime rencontre entre le post rock de Fugazi, le hardcore métal
dépressif de Neurosis et le rock abrasif d' Unsane... L'ambiance psyché-tribale
developpée sur certains titres ("Big strong boss" par exemple) nous remémore
aussi les regrétés Guilt. Une bonne moitié des morceaux se présente sous la forme de
plages instrumentales heavy, glauques, mélancoliques et mélodiques à souhait. Le
contraste formé avec la demi douzaine d'assauts furibonds complétant l'album est
saisissant et extremement efficace. Ces morceaux, violents, se différencient quelque peu
de ce à quoi Breach nous avait habitué par le passé, par le biais d' une alternance
toute nouvelle entre chant hurlé (habituel) et vocalise quasi-melodique "in da post
hardcore style".Breach joue la carte de l'ambiguité, projette son utraviolence
punk-métal-noise dans un enfer mélodico-hypnotique . Les trames mélodiques de "Big
strong boss", la puissance dévastatrice de "Murder Kings and killer
queens" se completent dans une inocente osmose. Le monolithisme redondant de
"Venom", dernier véritable album en date, n'est donc plus de mise... pour notre
plus grand plaisir ! Breach s'offre un album complet, abouti couvrant une palette
émotionnelle trés large et, on peut le dire sans se tromper, réalise ici une pièce
maitresse d'une richesse musicale impressionante ! olivier
The Craftmen Club
"Prototype rockn'roll" (autoprod) ***½
Le premier album de cette formation bretonne est présenté comme du rock décapant
et il est clair que cette appelation convient bien. Craftmen club sert un rock
electrique et complexe grace à des samplers et des rajouts de sons qui donnent un
ensemble assez consistant et structuré. De plus avec une voix assez agréable à
entendre et des chansons qui explorent des pistes différentes cet album
s'écoute et se réecoute sans se lasser et donne envie d'entendre un deuxieme
prototype. fabien
contact : o_yann@hotmail.com / www.thecraftmenclub.fr.st
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Dionysos " Western sous la neige"
(trema) ****
3 ans apres Haiku dyonisos revient avec un nouvel album produit par
Steve Albini ( Nirvana, Sonic Youth...). Western sous la neige se décline en
deux parties : une premiere partie ou dyonisos rend hommage
aux mythes developpés par le cinéma americain ,"theme from
western sous la neige, Mc enroe's poetry, Don Diego 2000, Song for a jedi...."
Dyonisos nous raconte des contines burlesque et attachantes. Un deuxieme
thème est développé, plus fou et plus poétique , notamment avec deux chansons
"Coiffeur d'oiseau" et "Anorak" . Tout ceci est servi par une
musique un peu extravagante que l'on se surprend a reprendre longtemps apres sans jamais
sombrer dans la mégalomanie . Cet album justifie sa réputation d'évènement pour
l'année 2002 et confirme que Dyonisos est un des meilleurs groupes rock français
du
moment. fabien
Division of laura
Lee "Black city" (Burning heart) ****
Le rock pur et dur un tantinet retro revient en force ! Il suffit de constater le succés
actuel de groupes comme The hives, The Strokes ou l'intérêt portés par la presse
spécialisée à l'égard de formations telles que The international noise conspiracy, The
icarus line ou The robocop kraus... Qui aurait parié sur ces groupes il y a un ou deux
ans ? Personne, probablement... Alors, le public rock, lassé par la sophistication et le
côté surfait du néo metal, par l'ultra brutalité et le caractère élitiste du
Hardcore, par le manque d'âme des musiques rock-electroniques se jeterait-il de nouveau
sur ses vieux vinyls du MC5, des Who ou des Stooges en quêtes d'emotions vraies et
immediatement accessibles ? Cherche t'il le Rolling Stones des années 2000 ? Il y a peu
être de ça... Avec "Black city" Division of laura lee a donc toute les
chances pour percer... Premièrement, le groupe a su profiter de sa tournée en
compagnie de ses collègues de label de The international noise conspiracy, pour se faire
remarquer par la presse anglaise, qui depuis lors, monte le groupe en épingle...
Deuxièmement, le plus important evidemment, la musique : un savant mélange de rock
sixties/seventies, enluminé par de petites experimentations que ne renieraient pas
certains groupes post-rock/rock indé genre Girls against boys ou Fugazi. Rythmique
binaire pur jus, saturation légére pour des guitares néammoins incisives dans leurs
attaques, mélodies faciles, vocalises à la Mick jagger, épanchements punks, "Yeah,
Yeah" de rigueur, la panoplie est complète. Si la plupart des compositions ont
pour but de vous faire taper du pied et secouer la tête ( et remplissent cet office de
bien belle manière !) d'autres titres, plus apaisés, dégagent une atmosphère et un
groove quasi hypnotique surprenant...
Prenons pour exemple le sublime et très Girls against boys" "Trapped in",
tout en mélodie, ou le très posé et riche en percussions "I guess I'm
healed"... Le groupe sait diversifier sa musique sans s'écarter d'une ligne
conductrice, assurant ainsi une cohésion à l'ensemble.
Un pêche d'enfer, des refrains plus qu'entêtants ( une ribambelle de hits ! :"Need
to get some", "We have been planning this for years", "Number
one", "Black city"...) Division of laura lee possède toutes les qualités
pour rejoindre ses petits camarades sur MTV 2. olivier
http://www.divisionoflauralee.com
The Dukes of nothing "War
and wine" (Eccentric man) ***½
C'est gras et ça blaste ! Normal c'est
composé d'ex-Iron Monkey (un combo british monumental qui repoussa jadis les limites du
sludge core avec un maxi et un album sur Earache), Acrimony et de l'actuel batteur
d'Orange goblin.
Ce truc s'appelle The Duke of Nothing ! "War and wine" est leur première
livraison. Huit morceaux propulsés en 14 minutes et 40 secondes, un condensé brut des
charges héroïques de Motorhead, Poison Idea et Saint vitus (Le final maudit et fataliste
de "White damage"). Appelez ça du Punk, du Stoner, de la merde,... ce que vous
voulez, il s'agit simplement de Rock n' roll ultra primaire et puissant à faire pâlir
Nashville pussy et consort !!!
Les potards de Guitares bloqués sur Onze, tempo keupon, vocalises droit sortie d'une
gorge gargarisée quotidienement au whisky (Lemmy Kilminster n'est pas loin...), inutile
de vous faire un tableau... Là où les dernières sorties de Speedealer et Orange goblin
échouent lamentablement, the dukes of nothing donnent avec "War and Wine" une
pure leçon de rock n' roll biker, rageur, nihiliste et dégueulasse. A écouter a fond !
olivier http://www.dukesofnothing.com/
eNola "Figurines"
(jaff / bmg) ****
L'erreur serait de mettre eNola dans le même paquet que toutes ces nouvelles
formations qui, sous prétexte d'un chant en français, envahissent les catalogues des
majors sans faire preuve de la moindre originalité. Ce groupe parisien nous avait déja
conquis avec un maxi 4 titres remarqué. Figurines en est l'exact prolongement
(outre le fait qu'il n'y a désormais plus de morceaux en anglais). Une fois de plus, la
richesse mélodique du groupe surprend, servie ici par une production impeccable. L'album
renferme déja au moins trois tubes potentiels : Dunes, Sentinelles et
surtout Le flair, absolumment parfait. Sous l'apparente évidence de ces
morceaux, se cache décidemment une complexité harmonique et une émotion retennue. C'est
vrai, on se dit que certains titres pourraient tout à fait passer sur bon nombre de
radios, mais est-ce pour autant une raison pour leur jetter la pierre ? Au contraire,
eNola parvient avec brio à aller directement à l'essentiel tout en dévoilant un talent
flagrant. Il est rare de voir la langue française aussi bien s'adapter à une musique qui
lorgne plutôt outre-manche. On cherche d'ailleurs souvent à voir dans le soi-disant
renouveau du rock français un possible égal aux fameux noms de la pop ango-saxonne
(Coldplay, Radiohead...). Avec Figurines, eNola offre en tous cas une réponse
magistrale. manu
www.enolaweb.com 
Five Point O
"Untitled" (roadrunner) ****
Messieurs dames, chef Five Point o vous
convie à une lecon de cuisine ! Veuillez vite rejoindre vos fourneaux: au menu
aujourd'hui: tarte au hardcore, mmmmmmm, j'en salive déjà ! D'abord le fond de tarte:1
kg de batterie tamisée et 100 grs de guitares éguisées (pour eviter les grumaux).
Pétrir, laisser reposer, puis étaler dans un plat. Maintenant, le plus important: la
sauce, mmmmmmmm 100 ml de vocaux (32 ou 33 types qui chantent en même temps, ça va de De
la Rocha a Gorefest en passant par Linkin park), un zest de neurosis, une bonne poignée
de Vision of disorder (les débuts), une tasse de claviers draculéens pour la couleur
(sinon du concentré de tomate, ça fait l'affaire), une petite
pincée de Patton ("Untitled")
et enfin, l'ingredient principal: une gigantesque paire de couilles, euh pardon, de
rognons pour le goût.
Faire revenir a feu doux, étaler sur la pâte, mettre dans le four d'une production digne
d'un bivouac, d'une spéciale du Paris Dakkar, sortir et déguster pendant que c'est
chaud.
Dommage que un ou deux titres viennent pervertir le goût de cette superbe tarte. La
prochaine sera meilleure...Goutez moi un morceau de "Untitled" et dites m'en des
nouvelles. fouad
Fu manchu "California
crossing" (Mammoth) ****
"Separate kingdom" morceau d'ouverture risque de surprendre plus d'un fan du
"fu" ! En effet jusqu'a présent jamais le groupe n'avait composé un morceau si
mélodique, jamais Scott Hill n'avait utilisé son chant de manière aussi poussé...
Car c'est bien là que se situe la grosse différrence entre "California
crossing" et ses six (!) prédécesseurs. Les vocalises autrefois monocordes et
nonchalantes ont cette fois ci été travaillées pour nous offrir des refrains
mélodiques digne de ce nom (Le déjà nommé "Separate Kingdom, "California
crossing", "Thinking out loud"...). Fini les sonorités garages, les
guitares ont été nettoyeés, la production plus légère et calibrée contribue aussi à
degraisser quelque peu les morceaux et à sublimer leurs qualités mélodiques.
Fu manchu sonne aujourd'hui comme un pur groupe de hard rock seventies (on pense Beaucoup
à Thin Lizzy) matiné d'influences grungy (Mudhoney, le fuzz toujours à l'honneur...).
Les puristes ne vont peut être pas apprécier ce petit virage ! Pourtant force est de
constater que "California crossing est un putain de skeud !
La nouvelle orientation mélodique du groupe, associée à une qualité de riffs toujours
aussi constante ("Squash that fly", "Hang on"), à un groove
irrésistible, (un Brant Bjork explosif, surtout lorqu'il se permet un gros solo de
batterie au milieu de "The wasteoid") donne naissance à d'imparables
ritournelle hard rock crunchy !
Au niveau des thèmes abordés, les voitures, le skate, le surf, la Californie sont
toujours à l'honneur...
Oui, Fu manchu veut vendre, ça s'entend, mais n'a pas pour autant vendu son âme, juste
rendu ses morceaux plus efficaces et par là même plus accessibles et mémorisables...
Même si le quatuor a un peu perdu de sa furie et de sa crasse au passage, ces petites
évolutions font de "California crossing" un album complet et prouve que Fu
manchu n'est pas un groupe prisonnier d'une formule pré-établie mais au contraire une
formation qui sait se réinventer pour ne pas lasser, tout en restant fidèle à ses
influences et ses aspirations... Une belle réussite donc ! olivier
The Get Set "Down
marriott lane !" (crank !) ***½
Le label Crank est assez discret mais fait parti de ces gages de qualité du rock
indépendant américain avec des groupes tels que les défunts Mineral ou plus récemment
The Icarius Line. The Get Set restait pour nous un nom inconnu et bien loin du rock n'
roll incisif de The Icarius Line, il s'est révélé rapidement être une bonne surprise
en matière de pop. Refrains parfaits (Thin, I feel free, Ocean),
très belles mélodies, voix honnête... Le groupe semble parfois tutoyer certains des
pilliers du pop/rock américain. Car, s'il ne révolutionne pas le genre, il maîtrise en
tous cas son sujet sur le bout des doigts à en croire les arrangements qui viennent
étoffer certains morceaux, les ambiances qui viennent s'insénuent au fil des
chansons et puis quand même l'efficacité des morceaux. Surtout,
contrairement à beaucoup de groupes du même accabit, The Get Set cherche la qualité sur
tout un album et ne vise pas à nous donner seulement une ou deux grosses "pop
songs". Il se renouvèle et est fidèle à lui-même pendant ces 10 titres dont on ne
peut s'empêcher de retenir en priorité Number One pour son caractère emporté,
Ocean pour son lyrisme retenu, Everybody hides a face si intemporel et Thin,
qui va droit à l'essentiel. Une découverte en tous les cas au très gros potentiel. manu
www.crankthis.com
Gingerbread "Amber
gambler" (gingerprod) ****
Avec ce premier album, on comptera bientôt Gingerbread comme l'un des meilleurs
representants de la scène emo/power pop française. Jamais en panne d'inspiration, cette
formation en provenance du Nord Pas de Calais nous offre 12 titres d'une très haute
tenue. Un pas a été franchi depuis le 4 titres autoproduit sorti sur Buzz Off.
Le groupe tient la route sur un album entier et se montre très mature. Ils existent
depuis 1993 et maîtrisent à merveille leurs mélodies. Des mélodies qui savent s'ancrer
dans votre tête, une énergie redoutable, un côté très pop jamais fleur bleue... On ne
voit guère que des qualités à cette musique. La sincérité, la fougue et l'émotion
sont présentes, servies par une voix d'autant plus touchante que fragile. Il est
maintenant grand temps de se pencher sur Gingerbread. manu
http://membres.lycos.fr/gingermusic
/ gingerbread@libertysurf.fr
Gorillaz
"G Sides" (emi) *
Le vent de fraicheur amené par Gorillaz l'an dernier ne m'avait pas foncièrement
retournée, mais je dois avouer que j'avais ondulé mon corps pulpeux au rythme de Clint
Eastwood. Un ami voulant surement me voir réitérer l'exercice m'amena cet import du
Japon ( il faudra un jour que l'on me dise pourquoi les fils du soleil levant sont
toujours mieux fournis question
musique). Bref, une fois passé le remix de 19-2000, sorti en singles voici quelques
semaines, c'est la désolation. Gorilaz se mue en chimpanzé paraplégique défoncé aux
fils de banane séchée. Les raretés s'engluent, les remix sont fait par dessus la jambe,
ça pue le plan marketting à mort. Reste les dessins du livret, mais du coup ça fait
cher le livret. Alors avec moi crions tous "Go RI LLAZ, TU ES NAZE". nadia
v/a Happy Meals 3 "Songs
to run away from" (my records) ***
Le problème de bon nombre de compilations réside bien leur qualité inégale.
Celle-ci n'échappe pas à la règle et va encore plus loin puisqu'elle nous propose aussi
bien des groupes à sonorités proches de la country que des formations punk. En tête
d'affiche, on retrouvera Nerf Heder, Me First § The Gimme Gimmes ou encore Lagwagon. Ce
n'est d'ailleurs pas nécessairement dans ces trois là qu'il faudra chercher satisfaction
: Me First se contentant comme d'habitude de calquer en 'quintes' quelques grands succés
(on a ici droit à un massacre en règle du The times they are a changin' de Bob
Dylan), Lagwagon nous proposant un pâle morceau acoustique et Nerf Heder prouve une fois
de plus son manque flagrant de talent. Derrière cela, quelques uns s'en sortent plutôt
bien tels Bright Life, Left Front Tire et Goleta aux sonorités emo/pop très proches de
Jimmy Eat World, d'autres nous proposent des pop songs légères et futiles (Smile,
Buellton, Saltine, Sugarcult), des ballades folk honorables (Scott Garth, Drag The
River)... Bref, 21 titres au total et une compilation qui à l'approche des beaux jours
devient fréquentable. manu
www.myrecords.com
Hot Rod Circuit
"Sorry about tomorrow" (vagrant) ****½
La claque du mois !!! L'album précédent "if its cool wiht
you " sorti sur le label Montablan hotel mavait un peu laissé sur ma faim
mais la je dois dire : chapeau bas !! Avec Hot rod circuit, la pop et le rock n'roll
ne se sont jamais aussi bien associés ! On se trouve très vite envoûté par ces
fabuleuses mélodies et ce rythme mid tempo qui vous suit tout au long de l'
album... Comment résister à des titres comme " radiation suit "
ou " cool for one night " qui sont de vrai tubes tout en
puissance ?!! Mais, ce qui fait le charme des Hot rod, cest cette touche rock
and roll qui permet de les différencier un peu de la vague emo, très en vogue en ce
moment aux Usa, comme en témoigne les titres "at natures mercy" ou
encor " get what you get " ! Un album sublime que tout le monde
doit avoir dans sa discothèque !!! On peut dire que entre saves the day, the get up
kids et donc HRC le label Vagrant nous gâte. julien www.hotrod-circuit.com
The new amsterdams
"Para toda vida" (vagrant) **
Pour ceux qui ne le savent pas, The new amsterdams est en fait le projet solo
de Matt Pryor (guitariste/chanteur des Get up kids). C'est le deuxième album, et
personnellement je trouve que le premier "Never your mind " était
carément mieux, il était beaucoup plus varié et se trouvait alors accompagné
dune section rythmique sur certains titres qui le rendait plus attrayant. Ici, on a
un peu l'impression de sêtre fait arnaquer car on a affaire à 11 balades
acoustiques qui se ressemblent pratiquement toutes et qui a mon goût ont été
bâclées ! Bon, cest vrai que des titres comme "picture in the
paper " et "stay on the phone " dégagent de bonnes émotions qui
ne sont pas à rappeler celle des get up kids mais lensemble reste plat et
relativement chiant !! Mieux vaut aller se consoler en reécoutant un album des Get
Up!! julien
New End Original
"Thriller" (jade tree) ****
On pourrait se contenter d'une découverte rapide et distraite et penser n'avoir
entre les mains qu'un disque emo parmi tant d'autres. Mais le background musical de New
End Original est là pour nous prévenir. Cette nouvelle formation est en fait
composée de plusieurs acteurs décisifs de la scène emocore américaine (ex Far, ex
Texas is the reason...). Plusieurs écoutes dévoilent un disque incroyablement riche. La
mélancolie qu'il renferme, l'émotion distillée à fleur de peau prennent une dimendsion
particulière dans ces 11 titres d'une profondeur rare. Les textes témoignent d'un refus
du bonheur prêt à consommer (Lukewarn), d'un certain malaise fâce à soi-même
("I'm lonely as a leper, I'm contagious as hell" sur Leper song)
dans une approche qui reste souvent poétique ("And when the world is full, I'll
give you all the spaces). En définitive, New End Original est à l'encontre de la
pollution sonore des campus américains. Sans nécessairement surprendre, sa musique sait
nous amener vers des terres apparemment connues mais en les appréhendant de manière
encore plus touchante et profonde. Rajoutons que les premiers titres peuvent paraître
trompeurs car le groupe ralentit ensuite le tempo, se rapprochant plus souvent d'une pop
mélancolique. On atteind alors des sommets (#1 Defender, Better tahn ever,
Leper song...). Ne passez surtout pas à côté de ce disque. manu
The Nils "Green
fields in daylight" (Mag Wheel rcd) ***
Inspirés par les Sex Pistols (?!), Alex Soria a 12 ans quand il forme les NILS
du coté d'une quelqconque banlieue de Montreal. Comme il le dit lui même "nous
avons commencé quand on était des gosses, on ne savait pas jouer mais on avait la
foi". Et les 29 titres de cette compil ne diront pas le contraire. Si le début est
un peu brouillon, on sent déjà que Alex a compris le truc qui se passe en 78. SI les
compos sonnent comme du JAM, l'évolution va se faire au rythme des années suivantes et
du rock qui les marquent, c'est ainsi que d'un punk plutôt british ,les Nils subiront
l'influence de l'Australie ou encore des groupes comme
les Plimsouls que l'on sent ici. Il n'est jamais trop tard pour se mettre quelque chose de
bon sur la platine, les Nils ne sont plus, mais quel cartons ils auraient fait si on les
avaient
choper avant. bob morlock
No Way Out / Mind the Gap "split" (prehisto) **
Split 8 titres réunissant deux figures montantes de la scène punk mélodique
hexagonale. No Way Out ouvre le bal et confirme tout le bien qu'on pensait d'eux sur leur
premier album. Loin des clichés du style, le groupe balance ces 4 morceaux d'une traîte.
Les mélodies sont habiles, l'intensité bien présente. Le titre All right est
une vraie réussite et ne fait qu'accroître notre impatience quant à la sortie d'un
deuxième album. En revanche, on peut être moins convaincu pa Mind The Gap qui officie
dans un style sensiblement identique mais beaucoup moins pertinant voire parfois presque
emmerdant... Ca à un côté plus léger que les précités mais ça manque d'identité et
de maturité. manu
prehisto@free.fr / www.prehisto.st.fr
Orwell "Des
lendemains" (europop2000) **
Je ne comprends guère pourquoi certains s'extasient devant cet album d'Orwell. Oh,
certes, il n'y a rien de honteux dans cette pop entre Fugu et Daho. Le groupe chante
majoritairement en français des textes plutôt réussis, les mélodies sont assez
travaillées et quelques morceaux parviennent parfois à retenir notre attention (Fear
of Mars, Devenir, Des lendemains). Le problème majeur étant que
tout ceci manque cruellement de relief, d'un brin d'émotion et le resultat final est
d'une linéarité qui nous plonge dans l'ennui le plus profond. Peut-être que certaines
personnes se retrouvent dans cette musique... Ce n'est vraiment pas mon cas tant cet album
manque de vie. manu
Piebald "We are the only friends we have" (big
wheel recreation) ****
Dès le premier titre qui ouvre ce nouvelle album, on comprend très vite que le
nouveau Piebald sera plus "clean " que par le passé. En effet, il y a un
gros son , plus de cohérence dans la structure des morceaux et le chant est un peu plus
juste mais je vous rassure, toujours reconnaissable entre 1000 !! (cest
dailleur ce qui fait le charme de piebald). L'album nous offre une pop fraîche et
surtout très variée car on passe de morceaux rock and roll 60s "rich people can
breed " à des morceaux emo rock "american
hearths ", " the king of the road " en passant par des
balades pop sans oublier le tubesque " the stalker " et le dernier
titre qui se termine dans un amas de trompette du plus belle effet ! Cest
résolument le meilleur opus que Piebald nous ait offert depuis leur début, la grande
classe !! NERD ROCK RULES !!!!!! julien www.pieblad.com
Rude Boy System
"Take your time !" (small axe / big mama) ***
Alors que j'étais en train d'écrire cette chronique, le temps était dès plus
maussade : pluie fine, brûme, obscurité inquiètante... Le nouvel album de Rude Boy
System s'est donc posé comme un remède idéal ! Pour son quatrième album, la formation
montre qu'elle maîtrise parfaitement le "vrai" ska (comprenez : il ne sont pas
du genre à se contenter de deux notes de trompettes par morceau sur une rythmique
"rock" alternatif) mais aussi le reggae dans sa version "roots" voire
parfois le dub. Et c'est justement ça qui nous plaît. Rude Boy System ne cède pas à
quelconque facilité et préfère jouer sur le côté "intemporel" de la musique
festive. Un peu à la manière des Jim Murple Memorial même si le chant, ici, est un peu
faible. Ca reste une très bonne surprise. manu
Rufio "Perhaps,I
suppose" (militia group 1) ***½
Rufio est un nouveau groupe qui risque grave de cartonner dans quelques temps!!!
Leur musique se situe entres le punk rock ultra speed californien et des trucs plus emo
pop. Ils sont munis d'une technique irréprochable et d'un savoir faire mélodique
évident qui joue en leur faveur. Le jeux des grateux est parfois assez metal, ce qui me
fait penser par moment à Strung out ou Slick shoes comme sur les titres "above
me " ou " saves the world ". Bon c' est sûr que cet album
ne respire pas l'originalité à plein nez mais je trouve que tous les titres sont plutôt
excellents et accrocheurs. D ailleurs je vait me le mettre un petit coup
là !!! julien
Save The Day
"Stat what you are" (vagrant) ****
Apres "l'enormissime" trough being cool, Save The Day met encore
une fois la barre trés haute avec un album résolument plus pop. A l'heure ou tous ces
pseudos groupes neo punk emo ont tendance a toujours nous balancer les mêmes trucs, Std
arrive à affirmer sa propre identité et à se plasser parmi les réfèrences du genre au
même titre que des groupes tel que Get up kids, Sensefield ou encore The Promise ring.
L'album débute par un at your funeral remplie d'émotion suivi du très
Beatles cars and calories, les balades pop rock " freakish "
et " nightingale " sont phenomenales sans parler des titres comme
" firefly " ou " certain tragedy " qui
restent dans vos ptites têtes des journées entieres . Bref un album tout simplement
parfait à découvrir durgence avant quil ne tombe dans le business de MTV. julien
Stereototal
"Musique automatique" (bungalow) ***½
Avec Stereototal, mettez vous en apnée, fermez les yeux, appuyez sur play et soufflez
bien à fond. Vous voilà transposé, comme par miracle, dans un monde coloré, gai,
sucré où les gens maussades sont transformés en jolis bonshommes au
sourire expressif et chantant Trénet, où les mégères coincées sont devenues de belles
filles plantureuses au regard fatal et à l'air malicieux, et où la musique
de TF1 ( comprennez Star Academy, ou ce que vous voulez ) est remplacée par cette
kitsch-pop tendre au goût unique. Un vent tiède vous caresse le visage et au
dessus de vous s'étend le ciel, d'un bleu si bleu, que jamais vous
n'en reverrez de semblable... Mordez dans ce moment d'évasion et de plaisir avant
qu'il ne cesse. Mais de toutes façons, vous aurez toujours quelques paroles à
fredonner, ça et là, de temps à autres, histoire de ne pas redescendre
totalement de ce voyage... " Mes chansons sont des chansons d'a, des chansons
d'amour, na na na na na na
na na... " repie
Strife
"Angermeans" (Victory) ***
Strife est de retour ! Les petits rois du crossover hardcore metal typés nineties
remettent le couvert, toujours sur Victory, quatre ans après leur split. On
s'attendait à une petite révolution au niveau du style pratiqué, suite à l'ultime
morceau enregistré par le groupe pour la B.O du film "Godmoney". Le dit morceau
explorait alors des contrées trés métalliques et pactisait presque avec l'industriel...
Il n'en est rien, le hardcore métal d'influence Cro mags (le riff de "Rise
again" est totalement emprunté à une célèbre composition du groupe de Harley
Flanagan et John Joseph, je vous laisse trouver laquelle...) est toujours de rigueur...
Puissant, basique et violent (chant encore plus agressif que par le passé, influence de
la nouvelle generation hardcore ?) comme il se doit... Pas de doute ils sont toujours en
colére ! Accélération, mosh part, breaks écrasants de lourdeur, tout y est, les
clichés pleuvent mais le groupe gère sa non-originalité avec complaisance et savoir
faire...et on tombe dans le panneau ! Soyons justes, quelques petites innovations
apparaissent tout de même: Certains passages chantés (Angermeans"), des samples
surprenants ("Angel wings"), des percusions ("From these graves" avec
le percusionniste de Cypress hill) habillent quelques une des cavalcades vengeresses ici
présentes... Strife connait son sujet sur le bout des doigts; applique une formule dejà
usée mais l'applique bien ! Les habitués ne seront pas déçus et même peut être
agréablement surpris de retrouver le groupe en si bonne forme ! olivier
Superbus
"Aeromusical" (mercury / universal) *
Les maisons de disque croient désormais au rock français. Elles y croient tellement
qu'elles façonnent des groupes pour les destiner à cartonner. Superbus va prouver qu'en
France aussi on sait être fun, énergique et que les mélodies sucrées et entêtantes,
on connaît. Bref, tant au niveau du style (un espèce de mélange affreux de ska, de
power pop...) que du look, Superbus est censé être le No Doubt français. Les imbéciles
vont aimer, c'est tellement futile et plat qu'ils se retrouveront dedans. Peut-être qu'on
se trompe... Peut-être ne sont-ils pas une machine à tube fabriquée par les nouveaux
économistes du disque. Peut-être qu'ils ont galéré pendant des années écumant les
salles de concert, répêtant au fond du cave. Peut-être aussi que pour le bonheur de nos
oreilles, il feraient bien d'y retourner. Dans leur cave. manu
Swim demo
(autoprod) ****
Au milieu des démos déversées tous les jours dans la boite aux lettres, il y a parfois
celle où l'on se dit "moi, j'aurais un label, je te les convoquerais tout
de suite dans mon bureau". C'est ce qui vient de se passer avec Swim. Pochette
discrète, bio succinte et peu engageante, et pourtant, le résultat dépasse les
espérances. Cinq titres que l'on qualifiera de trip hop genre Masssive Attack pour faire
court, mais qui pourrait évoluer dans l'organique univers de Zend Advesta. Un mélange de
machines et de piano, de samples et de cordes, accompagnés par une voix et des
arrangements de grande qualités, Swim, avec ce 5 titres, se hisse facilement au dessus de
bien des bricolos d'ambiance et de mélange electro. nadia
juliapoggi@hotmail.com
Taking Back Sunday
"Tell all your friends" (victory) ****
Chez Taking Back Sunday, il y aussi bien un côté très mélodique, presque
teenage, à la Get Up Kids qu'une puissance de frappe 'emo' qui évoque facilement toute
l'écurie Victory (Grade, BoySetsFire...). C'est précisemment ce point d'ancrage qui fait
tout l'attrait de cet opus dont on apprendra à évaluer l'intensité au fil des écoutes.
Alors qu'on les voyait déja tomber dans les clichés 'college rock américain', ils
nous surprennent et nous communiquent une sensibilité exacerbée. Les tubes sont
légions, tels ce Cute without the 'E' et son refrain aussi simple qu'envoutant.
Taking Back Sunday respire la spontanéité, la violence affective, un peu comme si leur
son cherchait toujours à exprimer une overdose d'emotions. Les voix qui se surpeposent
rendent parfaitement une telle impression. Certes, ce n'est guère par leur originalité
qu'ils convaincront mais bien par la richesse mélodique certaine de leurs compos et la
puissance qu'elles renferment. manu
www.takingbacksunday.com 
Tang "3
titres promo" (autoprod) ****
Dès la première écoute, on comprend que Tang est une formation au potentiel
énorme. Ils viennent de Lille et évoluent sous l'appelation "emocore". Loin
d'être usurpé, le terme emo prend ici tout son sens car rarement un groupe n'avait mis
une telle puissance dans ses
chansons. En alternant
passages d'une beauté rare, presque ambiants et envolées saturées au chant hurlé voire
pleuré. C'est bel et bien une claque ! On sent une profondeur déconcertante dans ces
morceaux et il faut le reconnaître, on en ressort pas indemne. Tang semble jouer carte
sur table et faire en sorte que le moindre moment de ce cd 3 titres soit suffisamment
chargée en émotions pour bouleverser l'auditeur. Le sommet est atteint sur Sundown
Camp qui s'apparente bien à l'un des morceaux les plus sensibles entendus ces
derniers temps. Ne passez pas à côté d'un tel groupe, un 6 titres sortira d'ici peu de
temps. manu www.tang.fr.st / maxitang@free.fr
Underoath "Changing
of time" (Tooth and nails) ****
Voilà un groupe qui manie mélodie et
violence comme bien peu ! Impressionant comme tout sur "Changing of time" semble
couler de source... Les compositions sont limpides, pourtant on passe allègrement de
passages emo à la Thursday/ The juliana theory au black metal dans un seul et même
morceau et cela, le plus naturellement du monde. Le bluff est total !
"When the sun sleeps" dévellope une mélodie pop de premier choix, avec
vocalises renforcées par plusieurs nappes de claviers, alors qu'un second chant nerveux,
hurlé pour ne pas dire aboyé, tentent de destabiliser cette tentative d'harmonisation.
"Letting go of tonight" débute comme la plus sirupeuse des pop pour violemment
exploser le long d'un break hardcore metal ultra violent, alors que que le clavier apporte
son lot de connotation black metal... C'est ainsi qu' évoluent les choses dans le monde
d'Underoath. Ce qui parait contre nature ne l'est plus. Derrière une violence indéniable
et dérangeante, l'espoir et la tranquilité sommeillent... Le métal et l'emo
s'entrelacent, fusionnent corp et âme. Nombreux sont les groupes qui se réclame du
mélange des deux genres, mais rares sont ceux qui le pratiquent avec une classe, une
aisance si naturelle. Encore plus rares sont ceux qui poussent l'expérimentation jusqu'en
terre black metallique....
Ne parlons mêmes pas des influences
new waves flagrantes ("Angel below"), de l'intrusion du piano, de ces boucles
electro sur fond de guitares claires....Cet album est d'une richesse inouïe et se
dévoile un peu plus à chaque écoute. Impossible de résister au savoureux mélange de
sonorités eighties et de blast beat sur "Angel below", aux riffs punisseurs de
"A message for Adrienne" , à la beauté triste de "Alone in
december". Le groupe vous entraîne dans les méandres d'un univers unique et intense
par l'intermédiaire d'une bande son entre descente aux enfers et ascension (paradisiaque
bien évidemment !). olivier
Yage "The
human head is too strong for itself " (Pure pain sugar) ***
L'emo-screamo fait des ravages ces temps ci ! Avec des sorties de la qualité du dernier
Envy (Japon), du dernier Standstill (Espagne) et de ce nouveau Yage (Allemagne), le style
nous en fait voir de toute les couleurs ! Auparavant handicapés par des productions non
adéquates et par un desir trop flagrant de vouloir domestiquer le bruit, sans maîtrise
nécessaire à l'exercice, les groupes emo-screamo-noise s'etaient un peu perdus en
chemin... Même si Yage use et abuse de tout les poncifs du genre, chant crié ,
plans de guitare un peu tordus (mais mélodiques) , tempos trépidants et énervés, il
laisse tout le monde le cul par terre grâce à un talent de composition hors pair. A
l'instar des 2 groupes précédemment cités, l'ambition première est de faire passer ses
émotions, aussi extremes soient t'elles, par le biais de compositions fougueuses... mais
réfléchies ! Les mélodies, l'emotion et l'energie dégagées par les six titres ici
présents (le morceau titre en tete ) en attestent ! On pense parfois à At the drive in
en plus direct, en moins audacieux, mais tout aussi efficace. La production trés claire,
permet de distinguer toute les nuances et met en valeur le travail impressionant des
guitares. Des riffs carrement Big rock viennent même renforcer la texture des morceaux
pour un résultat surprenant et pertinant. Le chant alterne passages criés (mais pas
trop) et mélodiques (mais pas trop). Quoi qu'il en soit les morceaux fonctionnent à
merveille et l'on en vient vite à regréter la courte durée de cet EP.
Ceux qui s'en étaient déjà doutés lors de la sortie du premier album du groupe vont
voir leur intuitions se confirmer à l'écoute de "The human head is too strong for
itself" : Yage est un groupe avec lequel il va falloir compter ! olivier
Dispo sur http://www.plastikculture.fr.st
http://www.yage5.de
Neil Young
"Are you passionate ?" (reprise records) ***
Il y a deux ans, l'infatiguable "loner" nous livrait un Silver and gold
plutôt de bonne facture et prouvait une fois de plus que s'il n'en restait qu'un, ce
serait bien lui. Depuis les années 60, il est toujours resté sincère et fidèle à une
exigence de qualité. Qu'il s'agisse des plus belles balades acoustiques ou de véritable
tempêtes électriques, Neil Young n'a jamais vraiment déçu. On lui doit certaine des
plus belles pages de l'histoire du rock (Harvest, Tonight's the night...).
Malheureusment, Are you passionate ? ne risque pas de compter parmi ses oeuvres
majeures. Pas franchement décevant mais un peu superficiel, ce nouvel opus s'écoute
très bien et procure un relatif agréable moment. Pour tout dire, Neil Young y paraît un
peu léger (You're my girl, Quit...) et ne laisse que très rarement
place à ces moments ombrageux où il semble exceller. Pour notre plus grand bonheur, il
parvient quand même une fois de plus à nous transporter lorsqu'il retrouve son Crazy
Horse le temps d'un Goin' Home en forme de chef d'oeuvre à lui tout seul.
Il refait pleurer sa guitare d'une façon incomparable et on ne peut s'empêcher de se
dire : quel dieu ! manu

Zenzile
"Meets Sir Jean" (crash disques / pias) ****
Aux côtés d'High Tone et d'Improvisators Dub, Zenzile est incontestablement l'une
des meilleures formations dub hexagonales. Ce maxi ne décevra personne. Ici, leur musique
s'enrichit de la voix de Sir Jean, chanteur des excellents Meï Teï Shô. Et ça nous
donne une version étincelante de Sleepless night et de Sorenama. Au
total, 6 titres où va plus loin dans le dub : il le chante, il l'expérimente (en jouant
sur différentes ambiances), le dépouille ou l'enrichit. Définitivement une formation
indispensable ! manu
...
