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CHAPITRE XII
14 septembre 2010
Je suis l'équipe de secours pendant qu'ils montent le long d'un chemin dans la
montagne. Quelqu'un fait une remarque au sujet d'une espèce d'abri qui
appartient à un vieux type de la ville, que les gardes forestiers passent leur
temps à démonter, mais qu'il reconstruit tout de suite après chaque fois. Peut
être que les "victimes" s'y trouvent.
Victimes. Survivants. Ils n'arrêtent pas de changer de mot pendant que nous
avançons, et je ne sais plus vraiment qui est la victime dans cette histoire.
Et je ne suis pas sûr du tout de qui va survivre.
Le sergent Janson s'attarde derrière l'équipe de recherches et les gardes
forestiers et marche à côté de moi.
" S'ils ont survécu à l'accident, le plus gros problème est de savoir s'ils
ont survécu aux éléments. J'imagine que comme ils sont tous les deux dans
l'armée, ils ont suffisamment d'entraînement à la survie pour s'en sortir ? "
demande t'il en me regardant avec compassion.
" Le commandant Rabb était un pilote de chasse. Il s'est déjà trouvé dans des
situations plutôt difficiles. Et Sarah, c'est un marine, " dis je. Je n'ai pas
besoin d'en dire plus. C'est un marine, et elle va s'en sortir.
" C'est bien. C'est bien. Je suis sûr qu'on va les trouver aujourd'hui. La
lune est encore pleine… " commence t'il à dire, mais la sonnerie de mon
téléphone portable l'interrompt. " Je me souviens de l'époque où ces machins
ne fonctionnaient pas dans les bois. "
" Oui, " dis je et il s'éloigne, me laissant seul.
" Brumby à l'appareil, " dis je et immédiatement, quelqu'un aboie dans mon
oreille.
" Je vous avais dit de me tenir informé, Brumby ! ". J'ai un mouvement de
recul quand j'entends la voix de l'amiral Chegwidden. Je ne pense pas qu'il
soit aussi en colère après moi qu' il en a l'air, mais plutôt en colère à
cause du manque de contrôle que nous avons tous sur cette situation.
" Je suis désolé. C'est… c'est une sacrée épreuve, monsieur, " dis je et seul
le silence me répond.
" Je suis désolé, moi aussi. C'est juste que deux de mes officiers supérieurs
sont portés manquants depuis plusieurs jours, et personne ne peut me dire la
moindre chose. Est ce que ces gens qui s'occupent des recherches vont les
trouver ? Pouvez vous me dire où ils en sont ? " demande t'il.
" Tout ce que je sais, c'est qu'ils ne sont pas morts quand l'avion s'est
écrasé. Il n'y avait pas de corps sur le lieu de l'accident. Nous faisons des
recherches dans les environs, et plusieurs personnes du poste de police local
et les gardes forestiers travaillent ensemble. C'est juste une question de
temps, " dis je en regardant vers le ciel. On dirait qu'il va bientôt se
mettre à pleuvoir. Je prie pour que cela attende jusqu'à ce qu'on les ait
trouvés. Avec tout ce qui s'est passé, Dieu pourrait au moins m'accorder cette
petite faveur.
" Brumby…Mic... je voulais juste… "
" Ne nous inquiétons pas de cela pour l'instant, monsieur. Nous ne savons rien
pour l'instant, " dis je en tremblant de mon mensonge. Il n'a pas à savoir ce
que je sais. Il n'a pas à connaître l'existence de tous ces petits avions en
papier cachés dans une boîte dans le placard de Sarah. Pour tout ce qu'il
sait, Harm et Sarah sont juste partis voler. Je n'ai pas besoin de me
préoccuper d'autre chose pour le moment, et surtout pas des règlements de la
marine.
" Je suis navré de dire ça, Brumby, mais pour le moment, elle est avec la
meilleure personne possible… "
" Je sais, monsieur, " dis je en le coupant. Je suis maintenant loin derrière
le groupe, et je vais devoir arrêter cette conversation si je veux les
rattraper. " Je suis désolé de ne pas vous avoir appelé avant de quitter la
maison. Je vous tiendrais informé de la suite. "
" S'il vous plaît, " dit il et je sais qu'il veut dire autre chose et n'est
pas sûr de ce qu'il devrait dire, et je lui évite ce souci.
" Je dois vraiment y aller. J'appellerai quand nous en saurons plus, " dis je
en raccrochant avant qu'il puisse ajouter quelque chose. Je remets mon
téléphone dans ma poche et me dépêche de rattraper l'équipe de secours.
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6 juin 2009
Je n'ai jamais pensé à ce que je ferais quand ce serait fini. Ce que je
ressentirais en n'entendant pas sa voix pendant des mois et à quoi cela
ressemblerait de réaliser qu 'il n'allait pas me revenir.
Maintenant, je sais. J'essaie de passer mes journées plongée dans mon travail
et mon enfant. Je me concentre à reconstruire mon mariage , ce qui n'est pas
facile, car Mic ne sait même pas qu'il faut le reconstruire. Pendant toutes
ces années, il a pensé que j'étais parfaitement heureuse et comblée. Il
n'aurait jamais deviné ce qui se passait.
Je sais qu'il faudra que je le dise à Mic un jour. Il faudra que je lui dise
tout, y compris ce que je sais au sujet de May, et ensuite je devrai faire
face aux conséquences. Je n'ai aucune idée de ce qu'il fera. Je ne sais pas
s'il restera ou s'il partira.
Aujourd'hui n'est pas le jour pour lui dire. Je me regarde dans le miroir,
habillée pour un banquet auquel nous devons assister. Au moins, ce n'est pas
un des miens, c'est pour lui. Je ne me sens pas le courage de faire bonne
figure pour des gens que je connais et ses amis et collègues ne font que me
sourire et faire un signe de tête. Je ne fais partie de leur monde et ils ne
savent jamais vraiment quoi faire de moi.
Je passe ma main sur le devant de ma robe, puis passe les doigts dans mes
cheveux.. Personne ne devinerait que je viens de passer une heure à pleurer
dans la douche. Pas même Mic. Il était trop occupé avec May et la baby sitter
que nous avons prise pour la soirée.
Je ferme les yeux et j'essaie de fermer mon esprit aux pensées qui tentent
constamment de s'y insinuer. Je peux encore entendre tellement clairement ses
paroles. Je peux entendre Harm me demander de quitter Mic pour lui. Je peux
l'entendre et le sentir .
" Tu es prête, chérie ? " demande Mic en posant la main sur mon épaule. Il me
surprend au milieu de mes pensées et je sursaute à son contact.
" Oui, je suis prête, " dis je en regardant notre reflet dans le miroir. Il
fait glisser sa main le long de mon bras, me touchant encore comme il le
faisait il y a des années, ayant toujours l'air de ne pas pouvoir aimer
quelqu'un d'autre autant qu'il m'aime.
Je dois détourner les yeux du reflet avant de me mettre à pleurer. Je ne peux
pas recommencer à pleurer.
" Tu vas bien, Sarah ? " demande t'il et je fais oui de la tête, levant les
yeux pour rencontrer les siens dans le miroir. " Tu as eu l'air si malheureuse
ces derniers temps. Je croyais que si nous restions aux Etats Unis, tu serais
plus heureuse que tu ne l'es. "
Il doit sûrement soupçonner que cela n'a rien à voir avec le fait de vivre en
Australie ou en Amérique. Mon mari ne peut pas être aussi stupide. Il savait
que Rabb était censé revenir et ne l'a pas fait. Tout le monde doit le savoir.
" Je suis seulement fatiguée, Mic. Le travail…Je croyais que j'allais avoir de
l'aide, " dis je avec un faible sourire, essayant d'atténuer ce qu'il allait
représenter pour moi jusqu'au minimum possible.
" Puisque le commandant Rabb semble se plaire là où il est, tu devrais peut
être demander à l'amiral d'ajouter quelqu'un d'autre dans son équipe. Tu as
besoin de passer plus de temps avec ta famille. Au moins jusqu'à ce tu aies
surmonté cette déprime, " dit il et j'acquiesce. C'est tout ce que j'ai fait
ces derniers temps. Travailler et passer du temps avec Mic et May. C'est tout
ce qui me permet de continuer actuellement.
" Je lui parlerai lundi. Je ne veux pas avoir l'air faible, " dis je en
reniflant. Mon dieu, si je lui parle dans cet état là, il va penser que je ne
suis pas seulement faible, mais aussi folle.
" Je ne pense pas que qui que ce soit puisse jamais penser que Sarah MacKenzie
est faible, " dit Mic en me tournant vers lui et en me prenant dans ses bras.
*****************
Elle descend de la voiturette de golf, met sa main au dessus des yeux pour se
faire de l'ombre pendant qu'elle regarde le port en bas de nous.
" C'est un endroit magnifique, Harm. Je comprends pourquoi vous ne voulez pas
partir, " dit elle en me faisant un petit sourire goguenard avant de sortir de
mon champ de vision.
" Qui voudrait quitter le paradis ? " je demande en sortant aussi de la
voiturette et en la suivant vers les sacs de golf attachés à l'arrière.
" Apparemment pas vous, " dit elle en choisissant soigneusement le bon club
pour jouer. Je la regarde s'avancer lentement vers le tee, y poser sa balle de
golf et se mettre en position pour son swing. Elle n'a pas utilisé une seule
fois le point de départ des femmes depuis que nous avons commencé à jouer. Je
ne m'attendais pas à ce qu'elle le fasse.
" Regardez, sénateur, il a fallu que je déménage ici pour que vous me rendiez
visite. Pendant toutes ces années à Washington, vous n'êtes venue que quand
cela concernait le travail, " dis je et Bobbi Latham se tourne vers moi,
oubliant la balle.
" Qu'est ce qui vous fait pensez que je ne suis pas là pour le travail ? "
demande t'elle avant de regarder à nouveau la balle et de la frapper avec
force. Nos yeux la suivent pendant qu'elle s'élève au dessus du green et
atterrit juste où il faut. Elle est bien meilleure que je ne le suis. Si elle
jouait seule, elle aurait fini depuis longtemps.
J'ai l'impression qu'elle ne veut pas jouer seule aujourd'hui. C'est bien plus
drôle de jouer avec moi quand elle est dans cet état d'esprit.
" Je suis sûr que cela concerne le travail. Je doute que vous, un membre
éminent de la Commission sénatoriale sur l'Armée, viendriez à Pearl Harbor
pour vous relaxer en regardant le paysage. Au fait, vous ai-je jamais
félicitée d'avoir gagné ce siège de sénateur ? ", dis je, sachant pertinemment
que je ne l'ai pas fait. Elle ne répond pas, au lieu de cela elle fait des
cercles autour de moi pendant que je prépare mon coup et frappe la balle. Ma
balle atterrit quelque part sur le terrain, assez loin de la sienne. Bon sang,
il faudrait que je m'entraîne plus.
" Vous auriez pu au moins envoyer des fleurs. Ou une carte, " dit elle et je
hausse simplement les épaules pendant que nous retournons dans la voiturette
et allons dans la direction de nos balles.
" J'étais probablement occupé. A admirer la vue. A profiter du paradis, " dis
je en indiquant de la tête Pearl Harbor et la base navale.
" C'est arrivé avant que vous ne partiez de Washington et vous le savez. Un de
ces jours, je vais deviner pourquoi votre tête était aussi loin de vos six
heures pour que vous ne vous en rendiez même pas compte, " dit elle, et mes
mains serrent davantage le volant. J'ai essayé d'oublier pourquoi c'était
comme ça. L'arrivée soudaine de Bobbi ne sert qu'à me rappeler une vie
qu'apparemment j'ai fuie.
Nous descendons à nouveau de la voiturette près de l'endroit où ma balle a
atterri. Elle reste sur le côté , les bras croisés contre la poitrine et me
regarde frapper mon coup. Elle a une sorte de sourire béat de satisfaction sur
le visage et je ne sais pas si c'est parce qu'elle est meilleure que moi ou
pour une autre raison.
Une fois que ma balle est plus près que la sienne et que nous sommes remontés
dans la voiture, je lui pose enfin la question.
" Quelle est l'affaire qui vous a amenée ici, Bobbi ? "
J'aurais dû lui demander quand elle s'est présenté à mon bureau hier après
midi, mais elle est arrivée et repartie si vite que nous avons à peine eu le
temps de décider d'un rendez vous pour aujourd'hui. Ce n'est que ce matin que
j'ai découvert que le rendez vous serait au country club cet après midi.
" Mon affaire, c'est de vous ramener à Washington, " dit elle avec un sourire
pendant que nous cherchons sa balle sur le green.
*****************
Je regarde mon mari accepter fièrement sa récompense et faire un petit
discours. Je l'écoute me remercier et dire dans une pièce pleine de gens qu'il
n'aurait rien pu faire de tout cela sans mon amour et mon soutien. Je peux
presque sentir mon cœur se briser quand il me regarde et sourit, heureux que
je sois celle avec qui il va rentrer à la maison.
Maudit soit il. J'aimerais qu'il me déteste ou qu'il soit méchant avec moi ou
qu'il fasse quelque chose qui me fasse penser que j'ai eu raison d'agir comme
je l'ai fait pendant toutes ces années. Pas seulement pour ma liaison, mais
aussi pour May. J'aurais dû lui dire il y a des années, au lieu de vivre un
espèce de mauvais feuilleton, rempli de questions de paternité et de mensonges
L'amour vous fait faire des choses stupides.
Mic serre la main d'un avocat très chic de Washington et descend de l'estrade,
son sourire ne quittant pas son visage quand il se rassied près de moi.
" J'étais comment ? " demande t'il, ses yeux cherchant les miens.
" Tu étais génial, Mic. C'était un beau discours. Merci. " dis je, incapable
de soutenir son regard plus longtemps.
" J'en pensais chacun des mots, chérie. Sans toi, je ne sais pas où je serais
maintenant. Probablement même pas sur ce continent, " dit il avec un petit
rire. Sa main se pose sur la mienne pendant que nous écoutons la fin des
discours, puis notre hôte nous propose de danser jusqu'au bout de la nuit.
L'orchestre commence rapidement à jouer une mélodie connue d'un grand
orchestre et des couples quittent leur table, tout le monde a l'air si
heureux.
Je le regarde se lever et m'offrir sa main.
" Viens danser avec moi, Sarah. "
Je pose ma main dans la sienne pendant qu'il me conduit sur la piste de danse.
Il y a foule, mais Mic me regarde comme si j'étais la seule personne au monde.
A ses yeux, c'est peut être le cas. J'aimerais de toutes mes forces avoir les
mêmes sentiments pour lui.
Je peux faire semblant juste cette nuit qu'il n'y a jamais eu personne
d'autre. C'est le moins que je puisse faire pour lui. Je souris et porte mon
attention sur lui, uniquement sur lui, chassant toute autre pensée qui
pourrait surgir dans mon esprit.
Si je peux faire ça une nuit, je peux le faire deux. Et puis trois. Et puis le
reste de ma vie.
" C'était vraiment un beau discours, " dis je une nouvelle fois, et il me fait
un grand sourire. Il faut tellement peu de choses pour rendre Mic heureux.
Toutes ces années, et il n'a jamais fallu que moi pour le rendre heureux. A
des milliers de kilomètres de chez lui, et il continue d'être heureux, parce
que je suis là et que May est là.
Et je ne peux refouler le sentiment que je quitterais tout cela dans un
battement de cœur si seulement Harm me revenait. Mais il ne le fait pas. Il a
agi clairement. Quoiqu'il se soit passé entre nous, cela a dû l'effrayer au
plus haut point. Comme ça lui ressemble.
Et maintenant, je vais essayer de survivre un jour, puis un second, et je vais
m'en sortir.
Mic me serre plus près de lui et m'embrasse doucement, et je lui réponds. Il
mérite toute mon attention, au moins pour ce soir.
*****************
" Il y a quelqu'un à Washington qui ferait un JAG parfait, je ne vois pas
pourquoi vous êtes venue jusqu'ici …en plus du fait que je ne crois pas que
vous ne pousseriez pas à la roue pour que ce soit une femme qui ait ce poste,
" dis je en buvant une gorgée de mon vin et en détournant le regard. Bobbi m'a
regardé avec ce petit sourire narquois tout l'après midi et j'aimerais qu'elle
arrête.
" Je voudrais que la personne la plus qualifiée occupe le poste, " dit elle et
je me tourne vers elle, le sourcil levé d'un air interrogateur à sa remarque.
" Homme ou femme. Mais pour que cela arrive, l'homme le plus qualifié doit
avoir l'air d'être un tant soit peu intéressé. "
" Je ne pensais pas que l'amiral Chegwidden prévoyait de prendre sa retraite
avant plusieurs années. Pourquoi vous en occupez vous maintenant ? " je
demande, et elle s'appuie contre le dossier de sa chaise et réfléchit à ma
question. " Et en plus, pourquoi vous en occuper vous même ? Maintenant que
vous êtes sénateur, je pensais que vous aviez des choses plus intéressantes à
faire. "
" Le secrétaire d'Etat est juste curieux… "
" Ah bon ?, " je réplique, trouvant que c'est difficile à croire. Le
secrétaire d'Etat Nelson a pris sa retraite pour raisons de santé peu de temps
après mon départ pour Pearl Harbor, mais j'ai toujours pensé qu'il avait
averti son successeur à mon sujet.
" Oui,. Lui et moi en avons discuté et il pense que vous pourriez être le
parfait candidat. Même si vous vous cachez à Hawaï, " dit elle en finissant
son vin. Je prends la bouteille sur notre table, lui propose de la resservir,
et elle accepte.
"Je ne sais pas pourquoi vous croyez que je me cache ici. Vous n'arrêtez pas
de dire ça," dis je et elle lève les yeux au ciel.
"Commandant Rabb, vous vous cachez. Je ne sais pas pourquoi, mais je ne pense
pas que vous vous soyez jamais caché devant quelque chose avant aujourd'hui,"
dit elle et je détourne le regard. Elle n'a pas à savoir pourquoi j'ai décidé
de rester ici. Cela n'aurait de toute façon pas de sens pour elle. Cela n'a
rien à voir avec des objectifs de carrière et je ne suis pas sûr que Bobbi
comprenne grand chose en dehors du domaine professionnel.
"Je me suis déjà caché avant," dis je en la regardant dans les yeux.
"Après avoir perdu vos ailes?" demande t'elle et je fais oui de la tête.
"Dans la ferme de ma grand mère. J'y ai passé du temps à remettre en état un
avion que papa avait acheté quand j'étais enfant et j'ai passé beaucoup de
temps à réfléchir," dis je en soupirant. Mon avion me manque, et pas seulement
parce que voler me manque.
"Bon, vous ne vous êtes pas écrasé avant de vous faire muter ici. Je suis
désolée pour votre mère, mais je ne pense pas que ce soit une raison
suffisante pour que vous restiez ici aussi longtemps. Et surtout, je sais que
vous vous cachez , parce que vous êtes venu voir l'amiral en septembre dernier
au sujet de votre retour au quartier général du JAG. Et donc il faut que je
devine ce qui s'est passé après cette réunion," dit elle avec une certaine
lueur dans les yeux grâce à laquelle je sais qu'elle ne va pas laisser tomber.
"Il ne s'est rien passé," dis je en faisant de mon mieux pour mentir. "On a
besoin de moi ici."
"Vous ne vivez pas avec une de ces filles des îles, n'est ce pas?" demande
t'elle et je ris.
"Non! Je n'ai vécu avec personne depuis des années," dis je et essayant de
détourner cette discussion.
"Et vous? Comment se fait il qu'il n'y a toujours pas de monsieur le sénateur
Latham?"
C'est son tour de se tortiller un peu.
"Jamais rencontré le bon numéro," dit elle avec un geste de la main.
"Vraiment?" je demande et elle rit.
"Ou il ne me l'a jamais demandé," ajoute t'elle en me regardant dans les yeux.
Je regarde ailleurs en essayant de trouver une réponse. J'aime bien Bobbi. Je
l'ai toujours bien aimée. elle est amusante quand on est avec elle, et elle
est super au lit. Seulement, cela ne pouvait mener à rien et nous le savions
tous les deux. C'est peut être pour cela qu'elle est ici pour ses "vacances
studieuses". Peut être que cela n'a rien à voir avec le fait de me ramener à
Washington, mais plutôt avec le fait d'avoir quelques jours de bon temps.
Du sexe sans conséquences pour l'avenir. Ca c'est une idée que je n'ai pas eu
l'occasion de mettre en pratique depuis pas mal de temps.
"Où êtes vous descendue?" je demande, et cela attire son attention.
"En quoi est ce que ça vous intéresse?"
"Ca m'intéresse," dis je et elle sourit.
"Je suis au Halekulani," répond elle finalement et je sifflote d'un air
admiratif.
"Et moi qui pensais que vous étiez là pour le travail et que vous seriez dans
un endroit officiel....;"
"Et non," dit elle, en riant à cette idée. "Ne vous inquiétez pas. Les
contribuables ne supportent pas les frais de mon hôtel. C'est moi qui paie la
facture. En plus, de cette façon, personne ne me voit entrer ..ou sortir."
"Ou moi, enter? ou sortir?" je demande et elle sourit.
"A part moi, bien sûr," ajoute t'elle, et nous rions tous les deux
*****************
7 juin 2009
Les doigts de Mic glissent sur mon corps. Je sens ses yeux qui m'étudient
pendant qu'il suit mes courbes et passe la paume de sa main sur ma hanche.
"J'aimerais vraiment te rendre plus heureuse, Sarah," dit il, sa voix brisant
le silence de la nuit.
Je me tourne vers lui et il me prend dans ses bras.
"Je suis désolée, Mic. Ce n'est pas toi. Vraiment. Je traverse juste une
période de déprime en ce moment et je ne sais pas pourquoi," dis je en mentant
et il inspire profondément.
"Est ce que tu as besoin d'aide?" demande t'il et je secoue la tête.
"Non. Ca va passer. Ca passe toujours," dis je, et il passe sa main sur ma
joue dans un geste appréciateur.
"Tu es si belle, Sarah MacKenzie. Parfois je n'arrive pas à croire que tu es à
moi," dit il et je veux lui dire que je ne suis pas d'accord. Je ne suis pas à
lui. Je ne suis à personne. Je suis la maman de May et sa femme, mais je suis
aussi moi.
Mais je suis trop fatiguée pour me battre à ce sujet maintenant. C'est
toujours au milieu de la nuit que cela fait le plus mal, quand l'obscurité fat
ressortir les vieilles inquiétudes que je croyais avoir vaincues il y a des
années. Il disait qu'il serait revenu à cette époque. Il m'a demandé de
quitter mon mari. Et puis il n'est jamais revenu. Est ce que je m'attendais à
autre chose? Non, pas vraiment. Il a toujours été tellement effrayé de se
laisser aller.
C'est mieux comme ça, c'est ce que je me dis. Apparemment, il est heureux là
où il est et ma famille est préservée. Je n'ai pas à expliquer ma conduite des
années écoulées. Il y aurait tellement de gens à qui je devrais les expliquer
en dehors de ma famille. C'est peut être cela qui a effrayé Harm. Ca aurait
détérioré son image et terni ses ailes dorées?
Salaud.
Je regarde Mic dans les yeux et je me le redis à nouveau dans ma tête. Encore
et encore les mêmes mots, je me répète toujours que c'est mieux ainsi. C'est
mieux ainsi. Bientôt les yeux de Mic se ferment, le sommeil le prend et je me
libère de ses bras.
J'ouvre la porte de mon placard , je retire une boite posée dans un coin et je
l'ouvre tranquillement. Tous les petits mots sont toujours là, le papier
soigneusement plié pour en faire de minuscules avions. Je devrais tous les
jeter sans attendre. Je devrais les emporter dehors et les jeter au fond de la
poubelle.
Je sors de la chambre, la boite dans la main et descend les escaliers. Je
m'arrête dans la cuisine et les regarde une dernière fois. Je n'avais pas
réalisé qu'il y en avait autant. Non qu'il y en ait des centaines, mais pour
une certaine personne, cela représenterait déjà un sacré paquet. De toute
façon, pour Mic, un seul, ce serait déjà trop.
Je déplie le premier, en faisant attention à ne pas froisser les ailes , et je
passe le doigt sur les mots.
Partons voler ensemble. Bon sang, mais il se prenait pour qui? Sinatra? Je
réprime une envie de rire pendant que je le replie soigneusement et le repose
dans la boite. Ils disent tous la même chose.
Partons voler ensemble. Partons voler ensemble. Encore et encore partons voler
ensemble.
Et bien que je le déteste, je sais que s'il mettait un bout de papier dans ma
main, je le suivrais. J'irais voler avec lui n'importe où.
Je chasse cette pensée de mon esprit. Il ne peut pas avoir autant de pouvoir
sur moi. Je ne peux pas le permettre. Il a dit qu'il reviendrait et il n'est
pas revenu. Il ne voulait pas retourner voler avec moi. J'ai vérifié il y a
des jours auprès des services judiciaires s'il n'y avait pas quelque chose qui
empêchait son transfert, mais il n'y avait rien. Juste le fait qu'il est
toujours cette même personne effrayée qu'il a toujours été.
Je repose le couvercle sur la boite, prête à la jeter à la poubelle quand le
premier éclair déchire le ciel noir et un grondement de tonnerre traverse le
silence. La pluie suit rapidement et je me retrouve debout contre la porte
fenêtre, à regarder dehors.
Chaque fois que nous avons dû nous quitter, il pleuvait. Comme il est
approprié qu'il se mette à pleuvoir maintenant. Je m'agrippe à la boite, je
sais que je ne vais pas les jeter. Ce n'est pas la plus grande chose, ou la
plus importante, que j'ai de lui, mais c'est quelque chose.
*****************
Mac est inquiète à l'idée que je rencontre quelqu'un. Je ne lui ai jamais
demandé ce qu'elle pensait de quelqu'un venu de mon passé. C'est Bobbi, et
c'est sacrément agréable et comme toujours elle n'attend rien de moi après. Et
je n'attends rien d'elle non plus.
La seule lumière dans la chambre vient de la pleine lune qui brille à travers
les rideaux que nous n'avons pas pris la peine de fermer entièrement. Il n'y a
qu'une seule chose au delà de son balcon, et c'est l'océan. Personne ne peut
nous regarder de là bas. Et personne ne s'en préoccuperait. Son corps est
inondé de lumière bleutée.
"C'était bon?" demande t'elle.
"Très," je dis en lui souriant. Cela fait plus de 10 ans que nous avons été
ensemble, mais pour je ne sais quelle raison, c'était presque plus facile de
me retrouver au lit avec elle que cela l'a jamais été avec Mac. C'est peut
être parce qu'il n'y a pas de sentiments derrière tout ça. Ou parce que ce
n'est pas de l'amour. C'est du sexe avec une amie qui sera partie lundi.
"Mon dieu, qu'est ce que ça m'a manqué," dit elle en tombant dans le lit à
côté de moi et je ne sais pas si elle parle du sexe, ou de moi, ou du sexe
avec moi. Et de toute façon, ça n'a pas vraiment d'importance. C'était aussi
bien que dans mon souvenir, et maintenant je suis épuisé.
"Bon, ce n'est pas une femme qui vous retient ici."
"Et comment le savez vous?" je demande en la regardant pendant qu'elle
continue à réfléchir.
"Parce que je vous connais, Harm. Vous ne seriez pas ici, au lit avec moi s'il
y avait quelqu'un d'autre. Vous êtes bien trop noble pour ça," dit elle et je
roule sur le dos et contemple le plafond.
"Donc on en revient à ça - il y a quelqu'un à Washington que vous voulez
éviter."
"Comment savez vous que ce n'est pas vous que j'évite?" je demande et elle
rit.
"Encore une fois parce que vous ne seriez pas au lit avec moi si c'était le
cas. Harm..." commence t'elle, mais elle s'arrête et réfléchit à sa prochaine
question.
"Quoi?"
"Est ce que vous me le direz un jour?" demande t'elle et je secoue la tête.
"Probablement pas," dis je et elle se réinstalle près de moi.
"Alors il va falloir que je trouve toute seule," dit elle et je la prends dans
mes bras. Ca ne devrait pas lui être trop difficile d'en deviner une partie.
C'est une femme intelligente.
Je pense qu'elle sait déjà, mais elle attend que je crache le morceau.
Ou elle attend que je me rende compte de ce que je fais et je ne suis pas sûr
d'en être capable.
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Je me réveille en entendant un bruit de rires qui vient d'en bas. Mic n'est
plus dans notre lit et je regarde le réveil. Il est 10 heures du matin, et May
est probablement debout depuis des heures. Habituellement, ils mettent le
bazar dans la cuisine et font des pancakes ensemble le dimanche en me laissant
dormir. Quand je pense que je ne me suis pas endormie avant le petit matin, je
leur en suis reconnaissante.
Je passe ma robe de chambre et descend à temps pour trouver Mic en train
d'essayer d'apprendre à May à casser un oeuf sans que toute la coquille tombe
dans le saladier. Ils sont en train de rire pendant qu'il essaie d'enlever les
morceaux de coquille du mélange.
"Salut maman!" s'exclame May en descendant de la chaise sur laquelle elle
était perchée et en se précipitant vers moi. "On fait des pancakes pour toi."
Elle dit ça avec la joie que seule une enfant de cinq ans peut avoir en
faisant des pancakes plein de coquilles d'oeuf et elle me sourit. Son sourire
capture toujours mon coeur et je ne peux pas être triste quand elle est là.
Cela n'a pas d'importance de savoir d'où elle vient. Elle est mon bébé.
"Bien, parce que tu sais ce qui me ferait vraiment plaisir?" je demande en la
soulevant dans mes bras. Elle entoure ses bras autour de mon cou pendant que
nous nous approchons du plan de travail où Mic est encore en train d'essayer
d'enlever la coquille du saladier.
"Quoi?" demande t'elle.
"Des pancakes faits par tes gentilles petites mains," dis je et elle rit et se
penche vers moi pour m'embrasser sur la joue.
Je la repose sur sa chaise et elle commence à battre le mélange pendant que
Mic le verse dans la poêle chaude.
"Tu sais ce qui me ferait vraiment plaisir, maman?" demande May et je suppose
qu'elle va me parler de la toute nouvelle Barbie, ou de cette petite cuisine
qu'elle n'arrête pas de me demander.
"Qu'est ce qui te ferait vraiment plaisir, mon trésor?"
"Une petite soeur!" dit elle avec joie et Mic et moi nous étranglons
presque."Tu ne peux pas aller à l'hôpital m'en chercher une?"
"Chérie, ce n'est pas aussi facile," répond Mic, ses yeux rencontrant les
miens, m'implorant de trouver quelque chose à lui dire, moi aussi.
"Toutes mes amies ont des frères ou des soeurs. Je suis la seule qui n'en a
pas," dit elle en boudant.
"Mon coeur, ce n'est vraiment pas aussi facile," dis je et elle n'a pas l'air
d'être contente de ma réponse. Mic me regarde fixement maintenant. Est ce
qu'il veut lui aussi savoir pourquoi elle est enfant unique?
Je n'ai pas de réponse à lui donner.
"Tu peux y réfléchir?" dit elle comme si elle nous demandait un chiot, et je
ne trouve pas de mots pour lui répondre.
"Bien sûr, chérie. Maman et papa vont y réfléchir. Maintenant va jouer pendant
que je finis de préparer ton petit déjeuner, " dit Mic et May part en courant
vers le séjour. Je l'entends allumer la télévision et chercher un programme
pour enfants.
"Voila qui était intéressant," dis je en ouvrant le réfrigérateur et en me
versant un verre de jus de fruits. Mic retourne les pancakes puis vient
derrière moi, passant ses bras autour de ma taille.
"Qu'en penses tu, Sarah? Tu veux qu'on essaie d'en avoir un autre?" demande
t'il et le jus de fruits prend un goût amer dans ma bouche. Pendant toutes ces
années, je me suis servie de ma carrière comme excuse pour ne pas avoir
d'autre enfant. C'est la seule excuse que j'ai trouvée.
"Non, Mic. Je suis heureuse avec May toute seule. En plus, à mon âge..."
"Quoi, ton âge? Des femmes de ton âge ont des bébés tout le temps, et tu le
sais. La prochaine fois, tu vas me ressortir ta carrière comme excuse. Je
pense que nous devrions réellement y penser. J'adorerais avoir un autre bébé,"
dit il et je m'éloigne de lui.
"Alors trouve comment l'avoir sans que j'ai besoin de le porter neuf mois,"
dis je et il a l'air blessé.
"Tu as peur de devoir revivre ce que nous avons déjà dû traverser la première
fois?" demande t'il et je détourne les yeux.
Je ne me souviens que trop clairement tous ces mois de frustration et de
larmes. Je me souviens comment chaque mois je pleurais quand je constatais que
je n'étais pas enceinte. Cette fois ci, je sais que cela ne prendrait pas fin.
"Mic, je suis heureuse . Toi et May êtes tout ce dont j'ai besoin et j'ai ma
carrière, et tu le sais. Tout est parfait juste comme ça," dis je en lui
mentant, en espérant qu'il ne va pas s'en rendre compte.
Il retire les pancakes du feu et les prépare pour May pendant que je m'adosse
au plan de travail et le regarde.
"Si tu en es sûre. Je ne veux pas que tu aies des regrets plus tard," dit il
et je souris.
"Je ne le regretterai pas. Fais moi confiance," dis je , en sachant que c'est
une des quelques choses dans ma vie que je ne regretterai jamais.
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Bobbi me trouve sur le balcon, regardant l'océan. Le soleil est haut dans le
ciel en cette fin de matinée, et je ne peux pas croire que nous ayons dormi si
longtemps. Elle resserre la ceinture de son peignoir, ouvre la baie vitrée et
sort de la chambre.
"Bonjour, matelot," plaisante t'elle en passant son bras sous le mien. "J'ai
commandé le petit déjeuner. J'ai pensé que vous deviez avoir faim."
A ce moment là, un homme pousse une table roulante sur le balcon et commence à
dresser la petite table. Nous le regardons faire, puis je sors quelques
billets de ma poche et lui donne avant qu'il sorte.
"Ca a l'air bon," dis je. Nous nous asseyons et je verse un peu de jus de
fruits dans nos verres. C'est tout ce qu'elle prend ,du jus de fruit et des
morceaux d'ananas, pendant que je me sers des oeufs.
"C'était agréable, la nuit dernière," dit elle entre deux gorgées, et je sens
que je rougis .
Bobbi a toujours eu l'habitude de me faire rougir le lendemain.
"Euh, pour moi aussi," je marmonne en faisant descendre les oeufs avec un peu
de jus de fruits.
"Bien. Maintenant, vous pouvez peut être l'oublier et rentrer à la maison,"
dit elle et je m'étrangle à moitié.
"Quoi?" je demande quand je peux enfin parler.
"L'oublier, Harm. Ne ruinez pas votre carrière pour elle. Rentrez à la maison.
Devenez le prochain JAG. Rencontrez d'autres femmes. Tombez amoureux et mariez
vous vous aussi. Mais ne vous détruisez pas, ou elle, comme ça," dit elle sans
me quitter des yeux.
"Je ne sais pas de quoi vous parlez," dis je en essuyant ma bouche avec ma
serviette et en m'adossant à ma chaise.
"Mais si vous le savez. Je ne faisais que deviner jusqu'à ce que vous vous
étrangliez, mais je vois que j'avais drôlement bien deviné," dit elle avec
l'air d'être très contente d'elle.
"Toujours la femme politique, hein? Obtenir ce que vous voulez de quelqu'un
par tous les moyens possibles?" je demande et elle hausse les épaules.
"J'ai déjà une fois été amoureuse de quelqu'un que je ne pouvais pas avoir. Je
sais comme ça fait mal, mais il a fallu que je passe à autre chose, ou ça
m'aurait tué. J'ai vu Mac le mois dernier quand j'étais à Falls Church et elle
avait une mine épouvantable, Harm. Et vous aussi. Tous les deux, vous devez
passer à autre chose, ou aller de l'avant, mais vous ne pouvez pas rester à
vous cacher d'elle ou fuir votre vie et votre métier," dit elle, et je
détourne les yeux, je contemple l'océan.
"Je suis passé à autre chose, et elle est passée à autre chose il y a des
années. C'est elle qui s'est mariée," dis je et Bobbi ne dit rien pendant un
long moment.
"J'aimerais..." commence t'elle à dire, mais elle s'arrête quand je me tourne
vers elle pour la regarder.
"Quoi?"
"J'aimerais que quelqu'un m'ait aimé ainsi. Deux hommes en plus, tous les deux
amoureux d'elle. Et je n'en ai pas. Je me demande où je me suis trompée," dit
elle puis elle rit. "Ou peut être où je ne me suis pas trompée quand on
considère que c'est un bordel que je préfère éviter à tous prix."
"C'est ce que je fais," dis je et elle me regarde d'un air interrogateur.
"Qu'est ce que vous faites?"
"J'évite le bordel à tous prix," dis je et elle lève les yeux au ciel.
"C'est trop tard, Harm. Vous y êtes, et vous y êtes jusqu'au cou. Vous feriez
aussi bien de rentrer et d'y faire face," dit elle, et j'acquiesce seulement
de la tête.
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