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CHAPITRE XIII
14 septembre 2010
Un des sauveteurs sort son GPS et une carte et les compare une nouvelle fois.
La nuit tombe et personne n'a parlé de savoir si on rentre, ou si on continue
en installant un camp quelque part.
"Ils ne peuvent pas être allés si loin," dit le type avec la carte en
regardant autour de lui les bois au milieu desquels nous sommes maintenant.
"Pourquoi, mon vieux?" je demande et il secoue la tête.
"Je pensais qu'avec leur entraînement, ils seraient sortis des bois, au lieu
de s'y enfoncer plus profondément," dit il en me montrant sur la carte à
quelle distance exacte de la lisière de la forêt nous nous trouvons.
"Vous avez déjà cherché à la lisière du parc, n'est ce pas ?" je demande et il
hoche de la tête, en me montrant la carte et en y traçant une ligne avec son
doigt.
"Nous avons couvert tout ce coin à pied. Cette partie, nous l'avons survolée.
Nous avons déjà eu des randonneurs qui se sont perdus par ici. Et des enfants.
Nous les avons toujours retrouvés en moins de temps qu'il nous a fallu cette
fois ci," dit il, l'air fatigué et exaspéré. Je suis dans le même état
d'esprit. Je ne sais fichtrement pas où ils se trouvent et pourquoi ils ne
sont pas restés près de l'avion.
"Ils ont peut-être été désorientés par l'accident et sont partis du mauvais
côté. Le commandant Rabb est un pilote expérimenté, il a déjà eu des accidents
d'avion et a survécu. Il ne mettrait pas leurs vies en danger exprès," dis je
en faisant tout mon possible pour que son nom franchisse mes lèvres.
"Les gens font des choses bizarres quand ils sont... et bien quand ils
essaient..." commence à dire l'homme ,mais il ne finit pas. Je sais ce qu'ils
pensent tous. Et pourquoi pas? Si j'étais à leur place, je penserais la même
chose, moi aussi.
"Vous me cachez quelque chose?" je demande, et il regarde ses pieds d'un air
penaud.
"Ecoutez, mon vieux. Je sais que ce n'est pas mon problème..." dit il et je
l'interromps avant qu'il puisse ajouter un mot.
"Très vrai. Ce n'est pas du tout votre problème. Votre boulot, c'est de
retrouver ma femme et son collègue et vous faites un bien mauvais travail en
ce moment," dis je en m'éloignant de lui et en essayant de refouler mes
larmes.
Il a raison. Et s'ils avaient fait quelque chose de stupide? Et si...
Non. Sarah est trop intelligente pour ça. Elle sait que nous pouvons tout
résoudre. Même ça. Nous pouvons même nous sortir de ça.
"Allons jeter un coup d'oeil à ce chalet, ou cet abri, ou le truc dont vous
avez dit qu'il était dans le coin," je jette à l'homme, et il me suit en
silence.
*****************
22 décembre 2009
Elle ne me regarde pas plus d'une demi seconde avant que le mot "non" tombe de
ses lèvres.
"Non quoi? Je n'ai rien demandé.." je commence à dire mais elle lève les mains
dans un geste de défense, m'arrêtant au milieu de ma phrase. Le quartier
général du JAG est presque désert, la plus grande partie de l'équipe est en
congés pour les fêtes ou déjà partie en raison de l'heure. Elle est le seul
officier supérieur présent.
"Non, Rabb. Non à tout ce que vous pourriez dire. Juste...non," dit elle et je
sors de son bureau sans ajouter un mot. Je m'y attendais. Je m'attendais à
pire que ça en fait, et c'est peut être pour cela que je me suis présenté au
bureau plutôt que chez elle. Je sais que Brumby et l'enfant sont partis, en
vacances dans sa famille en Australie jusqu'à la veille de Noël. Harriet a
laissé échappé cette information au téléphone aujourd'hui.
Sans m'arrêter pour regarder en arrière, je prends l'ascenseur et sort du
bâtiment. Il fait sacrément froid ici et la neige continue de tomber. Je
savais qu'il y avait une raison au fait que je reste si longtemps à Hawaï en
plus des autres. A en juger par ce qui vient de se passer, j'aurais peut être
dû y rester pour toujours.
Je sors mes gants de ma poche, et par la même occasion je fais tomber mes
clefs dans la neige. La neige tombe si fort maintenant que je pense qu'ils ont
arrêté d'essayer de garder le parking dégagé.
"Et merde," je grommelle.
"Merde, tout à fait. Pourquoi êtes vous revenu maintenant?" j'entends derrière
moi. Je me retourne et je trouve Mac tremblant dans le froid. Elle a dû sortir
tellement précipitamment du bâtiment qu'elle ne s'est pas arrêtée pour prendre
son manteau.
"Mon dieu, Mac. Vous allez geler," dis je en commençant à enlever mon manteau
pour lui donner.
"Non. Je n'ai pas besoin de votre fichu manteau," dit elle en levant les mains
pour m'arrêter. Quelque chose au fond de moi veut la tenir au chaud et je
prends ses mains, mais elle me les retire précipitamment. "Je ne vais pas
geler."
"Qu'est ce que vous faites dehors?" je demande en regardant vers le bâtiment.
"Nous pourrions rentrer et parler. et comme ça personne ne gèlera."
"Ouais, ça doit être dur pour vous après tout ce temps à Hawaï," dit elle
d'une voix plate et sans une once d'émotion.
"Ca n'a rien à voir. Je ne veux pas que vous..."
"Vous ne voulez pas que je quoi? Depuis quand vous faites vous tellement de
souci pour mon bien être?" demande t'elle, ses yeux cherchant les miens.
Quelles que soient les émotions qui ne percent pas dans sa voix, elles
bouillonnent toutes dans ses yeux.
"Mac, je m'en suis toujours soucié. Pourquoi pensez vous que je ne suis pas
revenu?" je demande et maintenant ses yeux lancent des flammes.
"Vous allez mettre ça sur le dos de mon bien être? Il n'y a que vous pour
tomber aussi bas et me dire de quitter mon mari, et puis après me reprocher le
fait que vous n'ayez pas assumé!" dit elle un peu plus fort qu'elle n'aurait
dû et je jette un coup d'oeil sur le parking pour voir si personne n'a
entendu. Heureusement, il n'y a personne près de nous et je doute que qui que
ce soit puisse entendre à cause du vent.
"Est ce qu'on peut au moins monter dans la voiture et en parler?" je demande
et elle me regarde comme si j'étais fou. "Si vous ne voulez pas rentrer, c'est
la meilleure solution. Allez, Mac. Je gèle."
Elle hoche la tête et me regarde sortir mes clefs de la neige. Je suis déjà à
l'intérieur avec le moteur allumé et le chauffage mis avant qu'elle fasse le
tour vers le côté passager et monte. Nous restons silencieux pendant quelques
minutes avant que je parle.
"Je suis désolé, Mac. Je suis désolé d'avoir fait ça. J'aurais dû dire quelque
chose......j'aurais dû appeler," dis je et elle ferme les yeux, inspirant
profondément.
"Est ce que c'est censé tout arranger?" demande t'elle et je sais que rien ne
va arranger cela, à part le temps.
"Non," dis je et je sais qu'elle essaye de réfreiner tout ce qu'elle veut
vraiment me dire. Elle essaie, mais sans succès. Mac n'a jamais été du genre à
garder tout pour elle avec moi et je ne veux pas qu'elle commence maintenant.
Pas après tout ce que nous avons traversé et tout ce que nous sommes ... ou
étions l'un pour l'autre.
"Que vous soyez désolé ne va rien arranger. Harm, vous m'avez demandé de
quitter Mic pour vous et je l'aurais fait. Dans un battement de coeur,
j'aurais tout jeté aux orties pour vous. Mon mariage. Ma famille. Merde,
j'aurais même détruit ma carrière pour vous," dit elle, ses émotions montant
finalement à la surface. "Et puis ...... et puis tu n'es pas revenu. Tu n'as
pas appelé. Je n'ai pas entendu un mot de toi pendant tellement longtemps
et........maudit sois tu. Maudit sois tu."
*****************

Avant de pouvoir m'arrêter, je me mets à lui donner des coups de poing. Je le
frappe fort et vite, et il lui faut un moment pour attraper mes poignets. Il
les tient serrés et alors je me mets à pleurer. Je ne peux pas m'en empêcher.
Je suis tellement en colère après lui pour ne pas m'avoir voulu assez et pour
n'être jamais capable de se libérer de je ne sais quel fichu truc qui le
retient.
Je le regarde à travers mes larmes et juste une fois j'aimerais qu'il pleure
pour ça. J'ai versé tellement de larmes pour lui et pour cette histoire dans
laquelle nous sommes englués et je ne suis pas sûr qu'il en ait versé une
seule. Il n'en a pas été loin et je l'ai écouté quand il m'a appelé en
pleurant pour sa mère. Je l'ai vu pleurer dans le passé. Je sais qu'il en est
capable.
Seulement, il ne se laisse pas aller.
Harm tient toujours mes poignets, ses doigts sont enfoncés dans mon bras à tel
point que ça fait mal. Il ne me lâche pas quand j'essaie de me libérer. Il me
tient plus fort, m'attirant vers lui dans une position impossible dans cette
voiture. Il me tient serrée, et je me moque complètement que quelqu'un nous
voit. De toute façon, il n'y a plus personne qui travaille ici. Plus que moi,
essayant d'oublier la déprime des congés.
"Je suis quand même désolé. Je te dois plus que ça et nous le savons tous les
deux. Je suis retourné là bas et j'ai eu peur de ce qui allait nous arriver.
Je ne voulais pas être celui que ton enfant allait regarder comme celui qui
aurait détruit sa famille," dit il et je l'interromps avant qu'il continue.
"Sans toi, il n'y aurait pas de..."
"Elle est trop petite pour le voir comme ça. Elle a un père qu'elle aime et
une famille," dit il et je sens la colère commencer à monter à nouveau en moi.
"Tu n'as aucun droit à la protéger maintenant. Ou à me protéger. Tu n'as pas
le droit de prendre de telles décisions tout seul, et tu le sais," dis je en
m'éloignant de lui. Il tend la main pour essuyer une larme sur mon visage et
je m'éloigne encore davantage, aussi près de la porte que je le peux.
"Non, je n'avais pas le droit. Maintenant, je le sais," dit il d'une voix
tellement douce. Je me suis dit plus jamais tellement de fois durant ces
derniers mois ... plus d'un an maintenant. J'ai attendu tellement longtemps et
puis j'ai dit que je ne retomberais plus dans ses bras.
Retomber dans ses bras supposerait que j'aie réussi à m'éloigner de lui en
premier lieu. Je regarde par la vitre la neige qui continue à voltiger autour
de nous et je soupire. Je ne me suis jamais éloignée de lui. Quoi que j'ai pu
me dire, je l'aime toujours.
"Elle grandit. Elle pourrait comprendre," dis je en sachant que ce n'est pas
vrai. Je ne comprends même pas moi même. Ce serait impossible pour ma fille de
saisir quoique ce soit.
"Mac, j'ai perdu mon père quand..."
"Elle ne perdrait pas son père..."
"Si, elle le perdrait. Tout ce qu'elle connaît changerait. Tout son univers
s'effondrerait," dit il et je secoue la tête en le regardant.
"On penserait que tu comprendrais plus que n'importe qui, Harm. On penserait
qu'après toutes ces années que tu as passées sans ton père, tu voudrais être
là pour elle. De quoi as tu si peur?" je demande et il soupire. Je sais de
quoi il a peur. Je sais de quoi il a toujours eu peur. "Tu as peur que si tu
deviens trop proche, tu vas disparaître tout comme ton papa. Bon sang, Harm,
c'est une façon merdique de vivre."
"Je n'ai jamais dit que ça ne l'était pas," dit il et je me rassieds dans le
siège passager.
"Alors, arrête de vivre comme ça," dis je en pressant doucement ses doigts qui
tiennent toujours les miens.
"Je ne peux pas."
"Et je ne peux pas continuer à vivre comme ça, Harm," dis je en libérant ma
main de la sienne et en essuyant mes larmes. "Je ne peux pas continuer à
choisir quelque chose pour te voir partir en courant loin de ce que j'ai
choisi."
"Je sais," dit il et nous restons assis dans un silence pesant pendant un long
moment. "Il faut que je te dise que je vais revenir au bureau."
"Pourquoi maintenant?" je demande, et il n'a pas l'air d'avoir de réponse.
"Parce que le climat est tellement meilleur qu'à Hawaï?" dit il finalement et
je ris doucement.
Je regarde ma montre et je secoue la tête. Nous sommes restés ici plus
longtemps que je l'aurais pensé et je vais être en retard à un rendez vous que
j'ai ce soir. C'est quelque chose que je dois faire avant Noël.
"Il faut vraiment que j'y aille. Je dois aller chercher le cadeau de May ce
soir," dis je et Harm me regarde.
"Qu'est ce que tu lui offres?" il demande et je le regarde fixement.
"Tu veux faire partie de sa vie, ou pas?" je demande et il a l'air déchiré.
"Je veux faire toujours partie de ta vie. Au moins être ton ami," dit il et je
ne suis pas sûre que ce sont ces mots que mon coeur voulait entendre. Il
faudra que je m'en contente, parce que je suis certaine qu'Harmon Rabb ne
pourra jamais être autre chose. Il ne se l'autorisera pas.
"Je dois aller chercher le chiot que nous lui avons acheté," dis je en
regardant à nouveau ma montre. Mic et moi avons choisi le chiot il y a
plusieurs semaines et il aura huit semaines juste à temps pour Noël. May
demande un chien depuis des semaines maintenant.
"Un chiot?" il demande et j'acquiesce.
"Elle voulait un petit frère ou une petite soeur......" je commence et je
remarque qu'il se raidit dans son siège. "Je ne suis pas en train de demander
un don, Harm, je te raconte seulement une histoire. Elle voulait un bébé, mais
elle a décidé de se contenter d'un chiot."
"Est ce que tu veux que je t'accompagne pour aller le chercher?" demande t'il
et je l'étudie une seconde, essayant de le comprendre. Je n'en serai jamais
capable.
"Bien sûr. Laisse moi une minute pour aller récupérer mes affaires, et tu
pourras me suivre à la maison, nous prendrons la Land Rover de Mic. Elle
passera bien mieux à travers la neige que cette voiture de location ou que ma
Corvette," dis je en ouvrant la porte et en sortant dans le froid. Le froid
mord ma peau et me réveille juste assez pour que je me demande ce que je suis
en train de fabriquer.
*****************

Je regarde Mac assise par terre dans le séjour de l'éleveur, avec le petit
cocker qui fait des bonds autour d'elle. La femme à qui Mac l'a acheté a une
serviette et un vaporisateur pour tapis à portée de main, ce qui est une bonne
chose, parce qu'il a déjà mouillé le sol au moins cinq fois depuis notre
arrivée, mais Mac ne semble pas se soucier du fait que ce chien va se soulager
sur ses tapis à elle dans quelques instants. En fait, je ne l'ai pas vue aussi
heureuse depuis ... et bien, depuis un moment.
Mac a passé un jean et un sweater quand nous nous sommes arrêtés chez elle,
mais je suis toujours en uniforme, la neige fond et tombe de mon trench coat.
D'après ce que je vois, cela fera juste une tache mouillée de plus sur le
tapis couvert de taches.
"Est ce qu'il n'est pas adorable?" demande Mac puis elle commence à parler
bébé à l'animal. Il essaie de lui grimper dessus pour pouvoir lui lécher le
visage mais il n'arrête pas de glisser avant d'arriver assez haut. Je reste là
à regarder, me demandant ce que May va penser de son cadeau de Noël. Je ne
vais pas voir son visage quand elle découvrira qu'elle a un chiot et ça me
fait mal pendant une seconde, jusqu'à ce que je repousse ce sentiment.
L'éleveur n'arrête pas de me regarder et je suis sûr que c'est parce que je ne
suis pas l'homme qui était avec Mac quand elle est venue choisir le chiot,
mais la femme a l'air de ne pas en être complètement sûre. Elle plisse ses
yeux en me regardant et finit par dire quelque chose. "Alors, vous pensez que
votre fille va l'aimer autant que votre femme l'aime?"
Mes yeux rencontrent ceux de Mac et aucun de nous ne sait quoi dire, et
surtout pas moi. Je bredouille quelque chose avant que Mac vienne à mon
secours. "C'est sûr, elle va l'aimer. Qui n'aimerait pas ce museau?" demande
t'elle en prenant le chiot dans ses mains et en lui faisant des bisous.
La femme continue à me fixer mais parle à Mac. "Il mange des croquettes pour
chiot. Tenez, je vais vous en chercher un petit sac , vous risquez de ne pas
pouvoir aller en chercher avec ce temps et tout le reste," dit elle avant
d'aller dans la cuisine.
Mac lève les yeux vers moi et me sourit, en dorlotant toujours le chiot qui
gigote dans ses bras. "Elle va l'adorer. Son visage quand elle va le voir...
ça va être... j'aimerais que tu..." commence t'elle et son expression devient
distante.
"Mac, non..." dis je et elle détourne le regard. Le chiot doit sentir quelque
chose car il se redresse dans ses bras et lui lèche le visage.
"Je sais. Mais j'ai encore le droit de souhaiter ce que je veux," dit elle, en
refoulant ses larmes. Je m'approche et m'agenouille près d'elle et le chiot
bondit vers moi, essayant de me grimper dessus. Je prends sa main dans la
mienne et approche ses doigts de mes lèvres.
"Je veux des choses, moi aussi," je murmure, et elle ferme les yeux, laissant
une larme couler sur sa joue. Elle s'appuie contre moi et le chiot s'installe
entre nous.
"Tenez. Assez de nourriture pour la semaine," dit une voix derrière nous et
nous sursautons tous les deux. Je me relève et la femme me jette un regard
étrange en me tendant un sac de nourriture. Elle se penche, prend le chiot des
genoux de Mac et lui fait plein de bisous pendant que Mac se lève. "Tu seras
gentil avec ces gens, tu m'entends?"
"Je suis sûre qu'il le sera," dit Mac en enfilant son manteau avant de prendre
le chien. Elle le cache sous son manteau et remercie la femme avant que nous
sortions dans le froid.
*****************

"Tu savais que ça allait arriver ..." dis je pendant qu'il fait passer mon
sweater par dessus ma tête et le jette par terre. Le chiot saute dessus,
tournant en rond pour se faire un petit coin confortable pour piquer un
roupillon. Il va probablement faire pipi dessus et ... oh mon dieu ... je m'en
fous.
"Non, je ne le savais pas," dit Harm et je ne peux pas lui enlever sa veste
assez vite. " Quand tu m'engueulais tout à l'heure, je ne pensais pas que ça
arriverait."
"Tu le méritais," dis je et il me sourit pendant que ses doigts essaient de
défaire mon jean, mais il a du mal à l'atteindre avec sa veste qui est tombée
sur ses coudes.
"Je pensais que tu tapais plus fort pour un marine," dit il et je lui donne le
coup de poing dans le ventre qu'il mérite.
"Comme ça?" je demande et il commence à rire et à tousser en même temps.
"Oui. Comme ça, marine," dit il en faisant tomber sa veste sur le sol. Encore
plus d'endroit pour que le chiot pisse. Dès qu'il s'est libéré de sa veste, il
me plaque et m'attire sur le sol. La pièce est sombre, à l'exception des
lumières du sapin de Noël qui scintillent doucement. J'aurais bien fait un
feu, mais il fait déjà bien assez chaud ici.
Le chiot bondit autour de nous, mais Harm le repousse jusqu'à ce qu'il se
contente de se faire un nid dans nos vêtements éparpillés. Rapidement, nous
ajoutons mon jean, mon soutien gorge et mon slip au tas, quelque part à côté
de sa chemise. Harm enlève rapidement ses chaussures et son pantalon et mes
yeux caressent son corps.
Je n'arrête pas de me promettre que jamais au grand jamais ça ne se reproduira
et je suis tellement faible dès qu'il est là. J'ai autant besoin de lui
qu'autrefois j'avais besoin d'alcool et je sais que c'est terrible d'avoir
besoin de quelqu'un à ce point, mais c'est comme ça. Je ne peux pas m'en
empêcher. J'ai besoin de lui maintenant. Je passe mon temps à échanger une
dépendance contre une autre et maintenant je suis dépendante d'une personne
qui ne me laissera pas l'avoir entièrement.
Il bouge au dessus de moi, et je ne peux plus avoir de pensée rationnelle. Il
n'y en aura jamais. Ce n'est plus que du désir.
Il a l'air désespéré - à peu près aussi désespéré que je le suis - et je
repousse le besoin de lui demander si j'ai été la dernière. Il est clair qu'il
n'a pas été le dernier pour moi, ce serait injuste de ma part de lui demander
cela. Je me mors les lèvres à l'idée qu'il y a une autre femme quelque part
qui l'a eu comme ça et Harm ralentit et me regarde.
"Quelque chose qui ne va pas?" demande t'il d'une voix tendue.
"En dehors de ce qui est évident?"
"Oui....." dit il.
"Rien. Rien qui n'ait d'importance pour l'instant," dis je en bougeant un peu
pour poser ma main sur sa joue.
Je tourne la tête et je vois le chien qui nous regarde, en boule sur sa pile
de vêtements défaits. Dieu merci, il ne peut pas parler, sinon je serais
sacrément dans la merde. Je ris à cette idée et Harm me jette un regard
interrogateur. Je lui indique le chien de la tête et Harm me retourne mon
sourire, sachant exactement à quoi je pense.
Il bouge pour nous mettre sur le côté, son dos face au chien aux yeux grand
ouverts.
A travers ses dents serrées, il réussit à marmonner quelque chose. "Pas de
risque?"
"C'est vraiment le moment de demander," je réponds et il secoue la tête, l'air
encore plus désespéré qu'il y a seulement quelques minutes. "Aucun problème,
Harm. Je ne laisserais pas ça nous arriver une seconde fois."
Je n'ajoute pas "même si je veux de toutes mes forces que ça arrive", même si
les mots flottent dans ma tête. Il répète mon nom encore et encore. Mon nom.
Pas Mac, mais mon nom. Comme en réponse aux mots qu'Harm laisse échapper, le
chiot commence à émettre des sons lui aussi et nous nous tournons vers lui.
"Il fait le même bruit qu'un criquet," dit Harm, en train d'essayer de
reprendre sa respiration.
"Oui, le même bruit."
Nous restons comme ça, dans les bras l'un de l'autre. La pièce commence à
devenir fraîche autour de nous, mais nous ne bougeons pas. Je ne veux pas que
ça s'arrête à nouveau. Tout ce que je veux, c'est regarder son visage,
saupoudré de lumières scintillantes, pendant qu'il commence à s'endormir.
*****************

Elle est nichée dans mes bras, le chiot ronfle doucement entre nous, dans son
lit. Je sais que ce n'est pas que son lit à elle, mais je ne veux pas penser à
elle avec un autre ici. Tant que nous sommes seuls ensemble, c'est son lit.
"Viens ici, Cricket," dit elle en tapotant le lit. Le chiot la regarde,
redresse sa tête fatiguée et retombe tout de suite endormi sur le couvre lit
douillet. "Il semble que j'ai l'habitude d'endormir les hommes."
"Je ne dors pas," dis je en l'attirant plus près de moi. Nous sommes enfouis
sous une pile de couvertures et la télévision bourdonne doucement au pied du
lit, mais aucun de nous ne la regarde vraiment. ce sont les dernières
nouvelles de la nuit, ils parlent de la neige.
"Bien," dit elle, sa main glisse sur mon corps, chaude et douce. Le vent hurle
derrière les fenêtres, et je sûr que demain matin, il faudra que je dégage ma
petite voiture. La tempête est censée être finie d'ici là, ce qui est une
bonne chose parce que les aéroports rouvriront en temps et heure pour que Mac
ait sa fille à la maison pour Noël. Autant j'aimerais rester avec elle pendant
tous les congés, sa fille est beaucoup plus importante.
"Quand il fera plus chaud, partons voler quelque part tous les deux," dis je
et elle bouge assez pour se soulever et me regarder.
"Où voudrais tu aller?" demande t'elle et je n'en sais rien.
"Quelque part ... avec toi. Ce serait déjà bien," dis je et elle sourit.
"J'essaierai, mais ce ne sera pas si facile de partir maintenant que j'ai un
enfant, tu sais. Je ne peux pas juste partir pour le week end et espérer que
personne ne va me poser de questions à mon retour," dit elle pendant que ses
doigts dessinent des courbes sur ma poitrine.
"Nous serons revenus avant que quiconque se rende compte que nous sommes
partis. Je veux seulement t'emmener quelque part. N'importe où," dis je et
elle soupire.
"Tu vas vraiment revenir d'Hawaï?" demande t'elle et je sursaute. Je le
mérite. J'avais dit que j'allais revenir et je ne suis pas revenu. Toutes mes
raisons étaient purement égoïstes et je le sais. Je ne voulais pas être celui
qui allait blesser May. Je ne voulais pas être celui qui allait détruire nos
carrières. Je ne voulais pas être celui qui serait accusé de tout. Je ne veux
toujours pas faire face à cette accusation, mais un jour ce sera inévitable.
"Je vais revenir cette fois ci. Je le promets. Mon transfert est prévu pour
avril," dis je et elle respire profondément.
"Pourquoi si longtemps?" demande Mac en posant maintenant sa tête sur ma
poitrine, juste là où elle peut entendre les battements de mon coeur.
"Ce n'est pas si long. Juste quelques mois," je chuchote et elle opine. "Après
tout ce temps, qu'est ce que quelques mois de plus?"
"Une éternité," dit elle et je sais exactement ce qu'elle ressent. Pendant
tout le temps où j'étais à Hawaï, elle m'a manqué. Peu importe combien j'étais
occupé, elle me manquait toujours. Même quand j'étais au lit avec Bobbi, je
voulais que ce soit avec Mac.
"Je vais revenir, Mac. Nous devons décider ce que tu veux faire..."
"J'ai déjà pris ces décisions une fois. Je ne suis pas prête à recommencer.
Cette fois je vais attendre de voir si tu retrouves ton chemin pour revenir,"
dit elle en bougeant sa main pour que ses doigts se posent sur mes lèvres, me
faisant taire jusqu'à ce qu'elle se déplace.
"Je suis désolé."
"Tu peux l'être. Tu ne sais pas combien de nuits j'ai pleuré..."
"Mac..."
"Ecoute moi, Harm. J'étais prête à tout abandonner pour toi parce que tu
l'avais demandé. Je ne suis pas aussi sûre que je peux le refaire," dit elle
et mon coeur se noie. Voila ce que je lui ai fait. Je lui ai pris quelque
chose et je ne suis pas sûr que cela reviendra. La confiance. Elle a disparu
et c'est moi qui lui ai fait ça.
"Laissons passer un peu de temps. Je vais revenir cette fois ci parce qu'ils
me remplacent. Ils ont un nouveau chef des opérations prêt à prendre son poste
à Pearl Harbor en avril et les gens qui louent mon appartement peuvent
déménager d'ici là," dis je et elle ne dit pas un mot pendant un long moment.
Je ne peux réparer ce que j'ai détruit ou tout arranger. J'ai tout foutu en
l'air. Je l'admets.
"Que fais tu pour les fêtes?" demande t'elle et je ferme les yeux. Pas ce que
je veux faire, c'est sûr. Quand j'ouvre à nouveau les yeux, elle me regarde.
"La veille de Noël, et bien ... tu sais," dis je et elle fait oui de la tête.
C'est une des raisons pour lesquelles je suis revenu. Je voulais aller au Mur
la veille de Noël cette année. "Et le matin de Noël, je prends un vol pour la
Californie. Frank m'a invité à passer quelques jours avec lui. Ensuite retour
à Hawaï."
"Jusqu'en avril."
"Jusqu'en avril," dis je et elle hoche la tête une fois de plus.
*****************

24 décembre 2009
" Je crois que tu vas aimer ce que le Père Noël t'as apporté, " dit Mic à une
May très fatiguée pendant qu'il la porte dans l'allée verglacée. La neige
s'est arrêtée mais ce sera quand même un Noël blanc. Mic et May n'ont pas
l'air à leur place avec leur bronzage qui vient de l'hémisphère sud. Les
cheveux de May ont même un peu éclaircis.
" Mais le Père Noël ne vient pas avant demain, " dit elle en protestant, à
peine capable de garder ses yeux ouverts. J'ouvre la porte et nous entrons
tous dans la maison chaude. J'ai laissé les guirlandes du sapin allumées pour
que ça ressemble à Noël et May garde les yeux ouverts assez longtemps pour
voir qu'il n'y a rien sous le sapin. " Regarde…le Père Noël n'est pas là… "
" Cette année, le Père Noël a laissé ton cadeau dans la cuisine, " dis je en
regardant Mic avec un sourire. Le Père Noël a apporté un cadeau qui n'arrête
pas de mouiller le tapis alors j'ai mis le cadeau là où je peux facilement
nettoyer le sol.
Il pose May par terre, sur ses jambes fatiguées et elle traine les pieds
jusqu'à la cuisine, se retournant pour nous regarder quand elle remarque dans
l'embrasure de la porte une des barrières qu'on utilisait quand elle était
bébé.
" Vous avez trouvé un bébé ! " s'écrie t'elle tout excitée et Mic rit
nerveusement.
" Non, sauf si ta maman a fait des choses très interessantes pendant qu'on
était partis, " dit il et je sens le rouge monter à mes joues et j'espère
qu'il ne le remarque pas.
" May, va voir, " dis je en la poussant.
Finalement, elle regarde par dessus la barrière et ses yeux s'agrandissent de
surprise quand le chiot se glisse hors de sa petite boite emplie de
couvertures et arrive en détalant vers nous. Il est aussi endormi que May et
baille en avançant vers la barrière.
" Mon chien ! " s'écrie t'elle , poussant des cris de joie perçants quand Mic
retire la barrière. Il s'agenouille à côté d'elle et ramasse le chien, lui
montrant comment le tenir. Je me précipite pour aller chercher l'appareil
photo et quand je reviens ils sont dans le séjour, le nouvel ami de May
bondissant autour d'elle pendant qu'elle rit. Le chien pousse des petits cris
haut perchés, heureux d'avoir trouvé un ami plus proche de sa taille. " Maman,
il fait le même bruit qu'un criquet ! Est ce que je peux l'appeler Cricket ? "
Je pose l'appareil photo et je la regarde fixement. Elle est si belle et
surprenante et mes émotions montent par vagues successives dans ma poitrine,
je sais que je vais pleurer. Elle a tellement de traits de caractères des deux
hommes que j'ai le plus aimé dans ma vie. Elle est comme Mic parce qu'elle vit
avec lui depuis toujours et parce qu'il est son papa, et elle est comme Harm …
parce qu'il ne peut pas en être autrement.
" Tu peux l'appeler Cricket, mon trésor. Je pense que c'est un nom génial, "
dis je, ma voix se brisant sur les mots.
" Ca va, chérie ? " demande Mic debout près de moi, et me prenant l'appareil
des mains. J'essuie mes larmes et sourit, en regardant toujours ma petite
fille. Elle porte encore son manteau qui lui fait comme un rembourrage pendant
que le chien bondit sur elle de tous côtés.
" Je vais bien, " dis je en regardant les deux petits qui commencent à être
fatigués. May pose sa tête sur le tapis et Cricket se tortille près d'elle en
lui léchant le nez. Il ne faut pas longtemps pour qu'ils soient tous deux
endormis au pied du sapin de Noël. Mic prend encore une photo avant de
soulever May du tapis et de la porter dans sa chambnre. Je le suis avec
Cricket dans les bras et nous les posons tous les deux dans son lit.
" Je crois que nous venons de rendre cette petite fille heureuse pour l'année,
" dit Mic en la regardant en souriant. Oh mon dieu. Comment pourrai je jamais
lui enlever tout ça ? Comment Harm peut il vouloir rater tout ça ? Je suis
tellement déchirée que j'en ai mal.
" Je crois que nous avons bien fait, " dis je et nous les laissons dormir un
moment.
Mic me prend par la taille et me tourne vers lui, m'embrassant dès que je lui
fait face. " Tu m'as manqué, chérie, " dit il en s'éloignant de moi.
" Tu m'as manqué aussi, " dis je en regardant ma montre. " Mais j'ai quelque
chose à faire maintenant. "
" Qu'est ce que tu peux bien avoir à faire ? Aller chercher mon cadeau là où
tu l'as caché ? " demande t'il avec un immense sourire.
" Oui, Mic. Il faut que j'aille chercher ton cadeau. "
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Je suis debout dans le froid, regardant le mur devant moi. D'autres personnes
sont autour de moi, tous se souviennent de quelqu'un qui ne peut pas être avec
eux ce Noël. Certains allument des bougies. D'autres s'en vont en laissant des
petits mots. J'en connais certains parce que je les vois tous les ans la
veille de Noël. Nous nous faisons un signe de tête et continuons à nous
remémorer ce que nous avions autrefois.
Même savoir qu'il n'est pas mort quand je croyais qu'il était mort ne change
pas le fait que je ne l'ai jamais revu. Que j'ai grandi sans père. Ce n'est
pas totalement vrai. J'avais Frank. J'ai grandi sans " mon" père.
Un jour cette petite fille va découvrir qu'elle a grandi sans son père et elle
va soit nous haïr tous à cause de ça, ou elle va s'en moquer parce qu'elle
aura grandi avec son papa. Il l'aime. Je sais qu'il l'aime. Ils l'aiment tous
les deux plus que je ne peux imaginer aimer quelqu'un. Je ne sais pas quoi
faire ou comment me mettre au milieu de tout cela. Trop de temps a passé
maintenant. Nous aurions dû faire quelque chose il y a des années.
Je sens une main se poser sur mon épaule et je me tourne, m'attendant à voir
un des habituels visiteurs de la veille de Noël s'arrêtant pour me dire
quelque chose. Au lieu de ça, je trouve Mac.
" Mac ? Qu'est ce qui se passe ? " je demande et elle secoue la tête.
" Tu étais en train de penser à ne pas revenir, n'est ce pas ? " demande
t'elle et je détourne les yeux.
" Est ce que tout le monde est bien rentré ? " je demande en évitant de
répondre à sa question.
" Tout le monde va bien, " répond elle et nos yeux se trouvent à nouveau. Je
veux savoir pour May et Mac le sait. Je veux savoir ce qu'elle a pensé de son
cadeau de Noël. Je veux savoir si elle était aussi excitée d'avoir un chiot
que Mac l'était.
" Et … "
" Et quoi ? " demande t'elle, restant un peu évasive.
" Est ce qu'elle a aimé le petit chien ? " je demande en arrêtant de tourner
autour du sujet.
" Est ce que tu as le droit de savoir ? " demande Mac, et je la regarde
fixement. Je ne veux pas commencer cette discussion maintenant, parce que
c'est un sujet sur lequel nous pourrions nous disputer éternellement. Nous
avons tous les deux fait une énorme erreur et il n'y a pas de moyen d'y
rémédier facilement.
" Non, " dis je et elle regarde par terre.
" Elle l'a aimé. Elle a dit qu'il faisait le même bruit qu'un criquet et c'est
comme ça qu'elle l'a appelé, " dit Mac après un long silence. Cette remarque
est suivie d'un silence encore plus long de ma part.
"Vraiment ? " je réussis enfin à dire.
" Vraiment. Et pourquoi pas ? elle est une partie de toi, Harm. Elle est à
moitié toi et à moitié moi et nous devons regarder cela en face, " dit Mac et
maintenant c'est moi qui contemple mes pieds.
" Mais … "
" Mais Mic l'aime. Je le sais. Tu crois que tout cela ne me brise pas le cœur
en un million de morceaux ? Cela me détruit chaque fois qu'elle lui sourit et
que ses yeux s'illuminent juste comme les tiens. Cela me détruit quand elle
veut que ce soit lui et lui seul qui l'emmène quelque part ou qui fasse
quelque chose pour elle, parce que maintenant elle est sa petite fille et ….
Elle aurait dû être la tienne, " dit Mac, et ses larmes coulent maintenant. "
Cela ne valait pas de souffrir autant, Harm. "
" Que tu aies ta fille valait tout cela, " dis je en l'attirant dans mes bras.
Je sens son corps trembler contre le mien pendant qu'elle continue de pleurer
et je réprime l'envie de pleurer, moi aussi.
" Elle est la seule bonne chose qui soit sortie de tout cela, " dit Mac, sa
voix emplie de tellement de douleur.
" Nous trouverons une solution. Quand je vais revenir, nous essaierons de
trouver une solution, " dis je et je la sens secouer sa tête contre moi.
" Il n'y a pas de solution qui permettrait que personne ne souffre, " dit elle
et je suis d'accord. Il y a longtemps que nous avons dépassé ce moment.
" Je sais. Quelqu'un va souffrir, Sarah, " dis je en l'embrassant sur la tête.
Elle lève son visage vers moi, ses yeux sont rouges.
" Il faut que je rentre, " dit elle en s'éloigant de moi, et mon coeur tombe
dans ma poitrine. Elle va rentrer chez elle près de sa famille, et je vais
rentrer dans une chambre d'hotel jusqu'à ce que je me lève pour prendre un vol
et partir d'ici dans la matinée. J'aimerais qu'elle puisse venir avec moi et
passer la nuit avec moi, mais je sais que c'est impossible. Elle a une famille
auprès de laquelle elle doit retourner.
Mac fouille dans la poche de son manteau pour trouver quelque chose et finit
par me tendre un bout de papier. " Qu'est ce que c'est ? " je demande en
essayant de déplier le message. C'est plié dans une forme approximative
d'avion en papier et mes doigts engourdis par le froid ont du mal à le déplier
avec les gants.
" Ce n'est rien, " dit elle et je réussis enfin à l'ouvrir. " Reviens moi, " ,
voilà ce qui est griffoné et je regarde Mac, les larmes coulent à nouveau le
long de ses joues.
" Je te promets que je vais revenir cette fois ci. Et nous trouverons une
solution. Tu verras, " dis je et elle essuie ses larmes.

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