Armées Impériales

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LES ARMEES NAPOLEONIENNES

Les guerres napoléoniennes furent coûteuses en vies. Quel village n'a pas son lot de jeunesNapo1.jpg (29257 octets) hommes morts dans ces batailles qui se sont déroulées au plus profond de l’Europe, ou de maladies mal soignées, tant les conditions de vie et d'hygiène dans les cantonnements laissaient à désirer ? Si les horreurs des guerres du XXe sont encore bien présentes dans les mémoires, si les noms de nos compatriotes tombés au champ d'honneur ne seront pas oubliés grâce aux monuments élevés en leur souvenir, il n'en est pas de même de tous les morts des guerres du 1er Empire, bien trop lointaines, bien trop anciennes.
    Elesmes, comme tant d'autres communes, a souffert de la perte d'un certain nombre de ses enfants, morts dans des contrées lointaines sans avoir revu le pays. Leurs noms, on peut les retrouver en feuilletant les actes d'Etat Civil de cette période si troublée.

1809 : Jean Baptiste Wautier, âgé de 23 ans, fusilier de la 3e Compagnie de la 1ère Cohorte de la 4e Légion d'Elite du nord, entré à l'hôpital militaire de Eecloo (Eeklo ville belge située entre Gand et Bruges), 4e arrondissement du département de l'Escaut le 01 octobre, mort le 15 novembre.

1812 : François Joseph Ansiau, Maréchal des Logis au 25e régiment de dragon, demeurant à Elesmes, né à Leval, fils de Druon Ansiau et de Marie Joseph Bilmont, a été tué à l'ennemi le 8 février 1812, près de Benavente (Au nord ouest de l'Espagne).

1813 : Désiré Aimé Jonet, ouvrier à la 41e Compagnie d'Ouvriers d'Artillerie, âgé de 21 ans, est décédé à l'hôpital des Philippines à Valladolid (Espagne) le 30 janvier par suite de fièvres.

1813 : Florent Paÿen, cuirassier au 11e Régiment, 2e escadron, 6e Compagnie, âgé de 26 ans, entré à l'hôpital de Brunswick (Allemagne) le 6 février, décédé le 17 mars, par suite de philysie (Maladie non déterminée !).

1813 : Ciprien Gibon, grenadier au 151e Régiment d'Infanterie de Ligne, 2e Bataillon, entré à l'hôpital de Leipzig (Allemagne) le 16 juillet, décédé le 18 juillet des suites de ses blessures.

La mort la plus surprenante est sans conteste celle de Constant Beauvois, qui, l'esprit certainement batailleur, perdit la vie au cours d'un duel à l'arme blanche, dans la ville de Bayonne. Le rapport de police, reproduit ci-dessous parle de lui même :

"Le vingt-cinq janvier mil huit cent dix, il a été remis à nous Maire faisant fonctions d'Officier de l'Etat Civil de la ville, cantons et arrondissement de Bayonne, département des Basses Pyrénées, un procès verbal daté du vingt-deux de ce mois, dressé par Monsieur Antonin Dirassen, Commissaire de police de cette ville, au sujet d'un homme trouvé mort sur les glacis du quartier de Mousserolles, conçu en ces termes. Le vingt-deux janvier mil huit cent dix, nous Antonin Dirassen Commissaire de police de la ville de Bayonne, sur l'avis qui nous a été donné par Monsieur Lacoin, Commissaire de quartier, nous sommes transportés sur les glacis vers Mousserolles où nous avons trouvé étendu sur l'herbe un cadavre qui a été, par Messieurs Jean Martin, lieutenant et Martin Capitaine, caporal de la deuxième compagnie d'armuriers, reconnu pour être celui de Constant Joseph Christophe BEAUVOIS, fils de Jean et d'Amélie Joseph Bodé, ouvrier de leur compagnie, né le deux février mil sept cent quatre vingt-huit, à Elesmes, canton de Maubeuge. Messieurs Blaise Birck et Guillaume Caplanne, Chirurgiens de l'hôpital militaire, qui ont visité en notre Napo2.jpg (16681 octets)présence le cadavre, ont reconnu qu'il est sans vie, atteint entre la seconde et la troisième côte en dessous de la mamelle droite d'une plaie pénétrante d'une grande profondeur, causée par un instrument pointu et tranchant qui a occasionné la mort. Tout annonce que cette mort est la suite d'un duel, mais personne n'a pu nous indiquer positivement l'auteur du coup que nous nous proposons de rechercher ultérieurement afin de le faire punir conformément aux lois.

Les dits Sieurs Martin, Capitaine, Birck et Caplanne ont signé avec nous à Bayonne les jour mois et an susdits, signés au dit procès verbal Martin lieutenant, Capitaine caporal, Birck, Caplanne, Chirurgiens et Dirassen, Commissaire de Police, dont acte, le dit procès verbal ayant été mis en liasse. " Les dits Sieurs Martin, Capitaine, Birck et Caplanne ont signé avec nous à Bayonne les jour mois et an susdits, signés au dit procès verbal Martin lieutenant, Capitaine caporal, Birck, Caplanne, Chirurgiens et Dirassen, Commissaire de Police, dont acte, le dit procès verbal ayant été mis en liasse. "

Dominique Sallé