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Raoul Vaneigem |
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Raoul VANEIGEM est certainement le philosophe qui renouvelle complètement les bases de l'anarchisme individualiste et réintroduit cette pensée politique dans la modernité. VANEIGEM issu du courant situationniste, ne se rattache pas explicitement à l'anarchisme, mais son projet politique met l'individu, renouant avec le vivant et avec sa propre vie, au centre d'une subversion de l'ordre marchand. VANEIGEM propose non seulement une analyse saisissante du système marchand et du capitalisme mais trace des perspectives d'un bouleversement à la fois individuel et collectif. |

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Anarchiste individualiste |
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On essais avec ce qui dépend de nous |

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Raoul Vaneigem-internationale |


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Raoul Vaneigem est né à Lessines en 1934 Voici ce qu'écrivait Antoine de Gaudemar, dans Libération, le 12 novembre 1996 "Il est amusant que l'un des leaders, avec Guy Debord, du mouvement situationniste des années soixante soit né sous le double signe du surréalisme et du pavé. Aujourd'hui, l'auteur du Traité de-savoir vivre à l'usage des jeunes générations, publie à intervalles réguliers des libelles qui sont comme autant d'actes rebelles et prémonitoires contre la société marchande et dont l'écho semble traverser les générations : l'an dernier, son Avertissement aux écoliers et lycéens a dépassé les quatre-vingt mille exemplaires vendus et l'édition de poche du Traité a dépassé en quatre ans les quarante mille exemplaires. Nous qui désirons sans fin, qui paraît cet automne, est une nouvelle adresse, écrite dans une langue classique et simple, à tous ceux qui ne veulent plus d'une civilisation Sous ses dehors ronds et une bonhomie souvent joviale, Raoul Vaneigem cache mal une timidité qui C'est dans ce repaire qu'il écrit. Et quand il n'écrit pas, il se promène, contemple son jardin, échange avec son voisin des livres contre des légumes, relit ses classiques (Nietzsche, Marx, Shakespeare, Montaigne, Fourier, Kafka), écoute beaucoup de musique, dont il dit avoir besoin : il se dit mélomane « jusqu'à Schubert ».
De la guerre, il garde peu de souvenirs : surtout les exécutions de collabos à la Libération, et les récits a posteriori de son père, résistant actif qui faisait sauter avec ses camarades les wagons de marchandises, pour empêcher qu'ils servent aux déportations. Après le lycée, Raoul Vaneigem fréquente l'Université Libre de Bruxelles où il fait des études de En 1960, il envoie des essais poétiques à Henri Lefèvre, philosophe alors influent, qui les transmet à un certain Guy Debord, agitateur lettriste qui vient de fonder l'Internationale situationniste. Les deux hommes se rencontrent : le contact est immédiat et réciproque. Fin 1960, début 1961, des grèves dures éclatent en Belgique. À Bruxelles, Raoul Vaneigem pourfend le syndicalisme bureaucratique, imprime des tracts, et adhère aussitôt après à l'Internationale situationniste. Le groupe qui a des ramifications notamment dans les pays anglo-saxons, organise alors des conférences internationales mouvementées qui se terminent chaque fois par des exclusions, dans la tradition typiquement surréaliste, Vaneigem et Debord se retrouvent souvent dans des bistrots de Beersel, haut lieu de la Gueuze dans la banlieue bruxelloise, discutent et écrivent. Parfois, ces séances ont lieu jusque tard dans la nuit dans les cafés du Marais ou de la Contrescarpe, à Paris. Le mouvement situ prend alors de plus en plus d'importance. Debord écrit La Société du spectacle, Vaneigem, Le Traité de savoir vivre à l'usage des jeunes À Nanterre il va contribuer à la naissance du mouvement des enragés où brille déjà un certain Daniel Cohn-Bendit. Raoul Vaneigem passe mai 1968 à Paris, entre la Bourse et la rue Saint-Jacques où se sont regroupés tous les situationnistes. Au moment du reflux, beaucoup se replient en Belgique. Raoul Vaneigem, à ce moment-là, n'enseigne plus. En 1964, il a été suspendu pour avoir eu une aventure avec une de ses élèves : il a beau avoir été réintégré dans un autre lycée comme... professeur de morale, le cœur n'y est plus et il vit désormais de sa collaboration à de gros projets encyclopédiques. Raoul Vaneigem, qui est le père de quatre enfants, aura souvent du mal à joindre les deux bouts, mais il tient par-dessus tout à cette liberté totale que lui donne l'écriture. À la fin de 1968, une dernière réunion situationniste se tient à Venise : les exclusions et les démissions enflent comme un chant du cygne. Deux années plus tard, Raoul Vaneigem envoie sa lettre de démission à Guy Debord. Les deux hommes ne se reverront jamais : nous savions tous les deux que c'était la règle du jeu, assure aujourd'hui Vaneigem, mais il perce comme un regret. « Jamais le désespoir d'avoir à survivre au lieu de vivre n'a atteint dans le temps et dans l'espace existentiel et planétaire une tension aussi extrême. Jamais n'a été pressentie aussi universellement l'exigence de privilégier le vivant sur le totalitarisme de l'argent et de la bureaucratie financière », note Raoul Vaneigem en ouverture de son nouveau livre, Nous qui désirons sans fin, et il termine en disant : « Nous sommes les enfants d'un monde dévasté qui s'essaient à renaître dans un monde à créer. Apprendre à devenir humain est la seule radicalité. » D'une certaine manière, c'est ce qu'il disait déjà il y a trente ans, dans le Traité. Sur un socle de critique radicale du capitalisme marchand et dans un style à la fois lyrique et aphoristique, Raoul Vaneigem réécrit ainsi le même livre, avec des adaptations aux temps qui changent, mais sans que ceux-ci ne lui infligent de démenti. Depuis quelques semaines (en 1996), il observe avec un immense intérêt les événements qui se déroulent en Belgique autour de l'affaire Dutroux et il a manifesté avec deux cent mille compatriotes dans les rues de Bruxelles. Ce jour-là, dix-sept trains sont partis de Lessines pour la capitale. Pour lui, cette sorte d'inhumanité extrême qu'est le commerce criminel des enfants renvoie à une inhumanité générale et qui reste souvent informulée, elle en est comme le symbole insupportable. Il voit dans cette mobilisation générale une réaction éthique spontanée et visiblement ce moraliste du vivant en a chaud au cœur." Ses oeuvres : Déclaration des droits de l'être humain, Cherche-Midi, 2001 De l'inhumanité de la religion, Denoël, 2000 Pour une internationale du genre humain, Cherche-Midi, 1999 Lettre de Staline à ses enfants réconciliés, éditions Verdier, 1998 Poésies avec Lautréamont, Mille et une nuits 1997 Radio et télévision |
