TO SPITI TOU HYLAS ... 
L' AMOUR DES GARCONS - Epigrammes et textes choisis...
Quand tu rases tes bras, tes jambes, ta poitrine,
Et tout ces poils follets autour de ta bite,
C'est pour ta bonne amie, on en est convaincu.
Mais pour qui, Labienus, épiles tu ton cul ?
MARTIAL - Epigrammes , Livre II, 62.
Ton esclave a mal à la bite,
Toi c'est au cul…
A ces effets, sans être devin, je devine,
O Névolus, ce que tu fais.
MARTIAL - Epigrammes , Livre III, 71.
Flaccus , si tu entends applaudir dans un bain,
Sache que Morion passe avec son engin…
MARTIAL - Epigrammes , Livre IX, 33.
Ce néphrétique, en attendant son médecin,
Encule le jeune Hylas :
Un malade, je pense, assez sain !
MARTIAL - Epigrammes , Livre XI, 28.
Ceux qui fréquentent les garçons
Ont, dis tu, l'haleine offensante.
Mais que penses-tu donc que sente,
Fabulus, un brouteur de chatte !
MARTIAL - Epigrammes , Livre XII, 85.
Trente mignons, autant de filles ?
C'est fort bien,
Mais tu n'as qu'une bite, et qui ne vaut plus rien !
MARTIAL - Epigrammes , Livre XII, 86.
Pour un jeune esclave, Artémidore a vendu son champ.
Pour un champ, Callidore a vendu son esclave.
D'après toi, Auctus, lequel a fait la bonne affaire ?
L'un baise et l'autre....bêche !
MARTIAL - Epigramme 21 , livre IX
Tu exhibes avec fierté tes testicules épilés, Chrestos, et une verge qui ressemble à un cou de vautour; ton visage est plus lisse qu'un cul de prostitué; tes jambes, vierges du moindre poil, et nul duvet n'ombre tes lèvres décolorées.
Nonobstant, tu cites les Curius, les Camilles, Quintius, Numa, Ancus, tous ces hommes célèbres et... poilus, dont les livres sont pleins ; tu fais sonner bien haut menaces et grands mots, et tu pourfends le théâtre et l'époque !
N'empêche: Que survienne, dans tout ce beau tapage, quelque jeune inverti, assez grand tout de même pour n'avoir plus de maître , déniaisé par un finaud d'ouvrier , et qui bande ! Un clin d'oeil et tu l'emmènes !
Je rougirais de dire, Chrestos, ce que tu fais avec ta langue de censeur !
MARTIAL - EPigr. 27 - livre IX
A mes ennemis, je souhaite d'aimer les femmes ;
A mes amis, les garçons !
PROPERCE - Elégies - Livre II , 4

L' AMOUR DES GARCONS ...
" Que des berceaux de verdure, Priape, te versent leur ombre et préservent ta tête du soleil et des neiges !
Dis-moi, comment t'y prends-tu pour attraper les beaux garçons !
Ta barbe est terne, ta chevelure en désordre, ton corps nu, et exposé aux froids et aux brouillards de l'hiver, à la canicule étouffante de l'été !"
A mes paroles, le fils de Bacchus - ce paysan, ce dieu armé de la faux recourbée - me répondit :
" Crois-moi, fuis, ami, la jeune troupe des garçons ! On trouve toujours de trop bonnes raisons d'en tomber amoureux...
Un coup de main habile à tirer étroitement sur les rênes: te voilà séduit !
Ou alors, c'est un torse blanc comme neige qui fend l'eau calme;
tu restes bouche bée, ici, devant une téméraire audace - et puis, ah ! cette pudeur virginale qui colore de rose des joues tendres...
Bah ! tu feras ce que tu voudras... Mais ne va pas te décourager devant un premier refus !
Peu à peu, tu vas le voir, ce garçon, ployer le col sous le joug. On ne dompte pas les lions en un jour...
L'eau ronge lentement, très doucement, la pierre ; il faut un an pour mûrir, sur les coteaux ensoleillés, la grappe ; un an pour voir revenir, dans le ciel , réguliers, lumineux, les astres.
Prodigue les serments sans crainte : parjures de Vénus balayés par le vent, poussière et écume ! Jupiter en soit loué : grâce à lui, elles n'ont aucune valeur, ces promesses insensées de l'amour !
Diane t'autorise à jurer en toute impunité par ses flèches, et Minerve par sa chevelure...
Mais ne perds pas de temps, tu aurais tort : la jeunesse est si vite passée ; le bel aujourd'hui ne s'attarde ni ne revient; comme elle perd vite ses brillantes couleurs, la terre ! et le haut peuplier, son beau feuillage...
Quand a sonné l'heure d'une vieillesse impuissante, le cheval qui naguère s'élançait de l'enclos olympique ne se relève plus.
Oui, j'ai vu plus d'un homme, aux portes de la vieillesse, regretter amèrement d'avoir, dans sa folie, laissé passer les beaux jours...
Dieux cruels! Le serpent abandonne, avec la peau dont il se dépouille, ses années; il redevient jeune.
A la beauté humaine, le temps n'accorde aucun répit.
Seuls Bacchus et Phoebus sont doués d'une éternelle jeunesse - dieux à qui sied la longue chevelure de ces années bénies !
Ainsi, toi, cède au garçon de ton coeur, quels que soient ses caprices ; la complaisance, en amour, presque toujours a la victoire !
La route est longue et il fait chaud ! La canicule dessèche les campagnes ! Le ciel se couvre d'une teinte de plomb et l'humide arc-en-ciel nous présage la pluie ? Tant pis ! Va, ne refuse pas de cheminer à ses côtés.
Il veut aller en bateau sur les flots bleus ? Toi même, prends les rames, et vogue la barque, légère, sur l'onde !
Il te faut subir de rudes épreuves, abîmer tes mains à des travaux inaccoutumés ! N'hésite pas !
S'il veut tendre ses filets autour du vallon, porte-les toi-même de bon coeur, pour lui plaire ;
Il a envie de s'exercer aux armes ? Efforce-toi d'en jouer d'une main légère; présente-lui habilement ton flanc nu, sans bouclier - laisse-lui la victoire...
Alors, il ne sera plus rétif, le garçon ! alors il te les laissera ravir, ces baisers tant désirés.
D'abord, bien sûr, il résistera un peu; mais bientôt tu n'auras plus à les lui voler ces baisers: il t'en donnera de bon coeur. Un peu de temps encore, et c'est lui qui voudrait se pendre à ton cou !
Mais hélas! Notre époque use de lamentables artifices...
Tout jeune, un garçon a déjà appris à réclamer des cadeaux.
Ah ! qui que tu sois, toi qui le premier l'invita à vendre son amour - puisse la pierre du tombeau peser lourdement sur tes os !
Aimez plutôt les Muses, jeunes garçons, les Muses - et leurs doctes poètes !
Ne leur préférez pas de somptueux présents :
son cheveu de pourpre, qui l'a donné à Nisus, sinon un poème !
Et sans les vers qui la chantent, l'épaule de Pélops brillerait-elle de son éclat d'ivoire !
Celui que chanteront les Muses, celui-là vivra aussi longtemps que la terre portera des chênes et le ciel des étoiles, aussi longtemps que les fleuves charrieront de l'eau.
Mais rester sourd à leur invite, mais vendre son amour, c'est n'être bon qu'à suivre le char d'Ops, la déesse de l'Ida !
Bon à errer sans fin par d'innombrables villes, bon à se mutiler soi-même, aux accents stridents de la flûte phrygienne - bon à trancher son sexe corrompu !
Vénus elle-même veut qu'on accorde quelque chose aux paroles caressantes; elle entend d'une oreille favorable les plaintes des amants et leurs pleurs pitoyables. "
Voilà ce que me dit le dieu - pour qu'à mon tour je l'apprenne, dans mes vers, à Titius.
Mais Titius a une femme, et sa femme lui interdit de m'écouter !
Qu'il obéisse à celle qui est sienne !
Vous, amis, malmenés par un garçon expert en artifices, venez en foule chez votre maître.
A chacun sa gloire: la mienne, c'est d'être le conseiller des amants dédaignés ; à tous, ma porte est ouverte !
Un temps viendra où, devenu vieux, j'aurai autour de moi, pour m'entendre délivrer les leçons de Vénus, une troupe empressée de jeunes gens...
Hélas ! hélas ! quelle torture m'inflige Marathus, à me faire attendre ainsi son amour...
Rien n'y fait, ni art ni ruse. Pitié, enfant, je t'en prie ; épargne-moi la honte de devenir le héros d'une histoire plaisante : ils vont bien rire, à voir le bel effet de mon enseignement !
TIBULLE, Élégies, livre I , 4
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