La naissance d'une communauté : les "Pieds Noirs" une diversité de provenance |
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1830 -1900
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Début 1840, hors l'armée 11 900 européens occupent déjà l'Algérie : dont 5000 français (des aventuriers, des spéculateurs, des déserteurs, des cabaretiers, des prostituées, ).
Les colons ? Ils sont à peine 2500 : ceux que l'on a appelé les "colons en gants jaunes", légitimistes qui, après avoir refusé la monarchie de juillet, sont investi dans les meilleures terres, et les autres, pauvres bougres qui rentreront pour la plupart en France aussi pauvres qu'ils l'avaient quitté !
Entre temps, ceux-là auront connu les marécages où l'on s'embourbe, les ronces impénétrables, l'hostilité des terres, les pillages incessants, les agressions nocturnes, les constructions promises jamais obtenues, les concessions qui n'en étaient pas, déjà occupées ou vendues en multipropriétés, la sécheresse, le froid et les sauterelles, la malaria, la dysenterie, et le paludisme enfin, qui en 1837 en feront périr plus d'un tiers.
10 ans de sacrifices et d'efforts, 10 ans de souffrances pour un retour prématué... déjà "une main devant et une main derrière".
Dans les premiers villages, les pionniers luttent
contre un environnement hostile : calamités naturelles, voleurs qui s'attaquent
aux récoltes et algériens musulmans réclamant ce qui leur
est dû.
L'image de l'Eldorado promis brouille devant leurs yeux.
Pour renforcer la colonie, il faudra les déportations successives des
républicains hostiles à Louis Philippe puis à Napoléon
III. La France envoyait ainsi les éléments "dangereux"
en Algérie " il s'agit plus de balayer les rues de Paris que
de coloniser l'Algérie"
1839 : le ministère de la guerre a officialisé ce qu'on appelait les territoires du Nord d'Afrique. Ils porteront désormais le nom d'Algérie (+ mettre l'origine du nom)
Outre l'armée et les colons français, des recrues étrangères sont venues donner au pays un aspect baroque et cosmopolite.
Sol, climat, épidémies, les pertes
sont nombreuses, beaucoup renoncent :
De 1842 à 1846 : on dénombre 198 000 arrivées/
118 000 départs et plus de morts que de naissances. -
En 1842 : 90 des 300 habitants
de Boufarik meurent de paludisme
À Marengo, 250 sont décimés par le choléra
En 1847, la population européenne
d'Algérie comptait plus de 110.000 européens, dont 47.000 français,
parmi lesquels 15.000 colons ruraux (12%)
Des capitalistes : quelques gros demandeurs qui obtinrent de grandes
concessions, des subventions de l'État, l'exécution de travaux
financés sur les fonds publics, à charge pour eux d'installer
sur les établissements ainsi créés des familles européennes
et de fonder des villages.
Des petits colons : détenteurs de concession de 4 à 12
hectares, tributaires de l'administration pour l'octroi de prêts et de
matériel, parfois assignés au rôle de métayers des
grands concessionnaires. Les conditions souvent misérables dans lesquelles
ils vivaient en faisait une proie désignée pour les maladies,
dues à l'insalubrité du climat.
La vocation agricole de l'Algérie se précisa lentement. Les agriculteurs français s'inquiétaient de la production céréalière algérienne, de la culture d'olivier et de la vigne qui risquait de les concurrencer.
La majorité de la population européenne
restait citadine :
Alger s'affirmait comme la Capitale Administrative, Oran, comme centre commercial
et ville européenne, Constantine demeurait ville indigène.
En 1848, le peuplement
officiel de l'Algérie a démarré avec la création
de 42 "colonies agricoles" dont Saint Cloud, Saint Leu et Sainte Barbe
du Ttetlat en Oranie, Castiglione, El Affnoun et Marengo dans l'algérois,
Jemmapes, Mondovi et Guelma dans la province de Constantine.
À Mondovi, on dénombre 250 victimes du paludisme.
Dès les années 40 arrivèrent les premiers voyageurs.
À la fin du 19è siècle,
l'Algérie se construit sur des barriques de vin. Depuis que le vignoble
français a été détruit par la phylloxéra,
la vigne, de ce côté de la méditerranée a remplacé
le blé. Parallèlement le régime civil s'est substitué
au régime militaire.
L'argent prédomine sur le sabre : on ouvre le crédit, on encourage
les grandes exploitations, on en appelle aux investissements privés.
La III è République gère
l'Algérie Coloniale.
C'est une véritable fièvre de création qui s'empare alors
du pays.
- Entre 1871 et1895, 248 villages sont crées pour des colons venus de l'Aveyron, de l'Ardèche, des Hautes Alpes, de la Drôme, de l'Isère.
Tous vont devenir les fils dévoués de cette Algérie, resplendissante de beauté dépouillée des rivages méditerranéens.
Sur cette terre, ils sont le sentiment de se
retrouver en pays connu :
Le vigneron de l'Aude dans les plaines de Bône, le paysan Bas Alpin en
Kabylie...
Celui du Haut Languedoc sur les plateaux de Siddi Bel Abbès ou de Sétif.
Ces méridionaux français vont rencontrer d'autres émigrants
du bassin méditerranéen.
Poussés par une misère plus grande encore, apparaît en effet
tout au long de la fin du 19è s. la vague d'émigrants des rivages
méditerranéens.
les Espagnols d'abord près de 35.000 en Algérie dans les débuts
de l'arrivée française en 1849. En 1886, ils sont
près de 160 000 a avoir quitté l'Espagne et constituent de véritables
fiefs en Oranie spécialement.
En 1851 Arzew par exemple comprend 700 espagnols pour 170 français.
En 1911 dans toute l'Oranie on compte 95.000 français d'origine,
92.000 espagnols naturalisés français, 93 000 espagnols resté
étrangers.
Longue aussi est l'histoire qui lie les Italiens et l'Algérie. En
1886 : 35.000 Italiens sont regroupés principalement à
Bône et Constantine.
Enfin, les maltais qui vont répondre à l'appel du colonisateur
et se retrouver dans un pays qui ressemble étrangement au leur.
En 1886 on compte 15.550 maltais répartis dans l'est, à
Bône surtout et dans les villes portuaires, à Alger notamment où
ils feront du quartier des Taggarins leur territoire.
En Algérie, ces émigrants reprennent
leurs activités d'origine :
Maraîchers et journaliers espagnols qui s'enracinent en Oranie ;
Maçons italiens dans l'est
Chevriers, boutiquiers maltais
La difficulté d'accès à la terre refoule la plupart d'entre
eux vers les villes où ils s'installent.
La loi du 26 juin 1889 impose la citoyenneté française
qui "naturalise automatiquement tout étranger né en Algérie
s'il ne réclame pas à sa majorité la nationalité
d'origine de son père".
| En 1886, on compte 219 000 français
et 211 000 étrangers En 1896 : 318 000 français (dont 50 000 naturalisés) et 212 000 étrangers À partir de 1896 le nombre d'européens nés en Algérie 'emporte sur celui des émigrés En 1896, après naturalisation des juifs par le Décret Crémieux, des Espagnols et des Italiens le sont automatiquement par naissance dans le pays, La population française de l 'Algérie s'élève à près de 310 000 habitants. |
... Moment qui voit donc la naissance d'un peuple original sur la terre d'Algérie, véritable brassage méditerranéen.
Les hommes de toute provenance - France ou Europe du Sud - souvent jeunes, qui se lancent dans l'entreprise de colonisation s'installent d'abord aux environs d'Alger et dans la bande du Sahel
En 1838 , un centre
d'agriculture voit le jour près du camp permanent de BOUFARIK : 562 lots
de culture d'un tiers d'hectare sont constitués
è l'administration crée plus de 197 villages, peuplés en
1882 de 30 000 habitants, dont près de la moitié sont recrutés
sur place.
L'Algérie pourtant n'est pas tout à fait pacifiée : des révoltes ont lieu ici et là, liées à la détérioration de l'économie indigène accablée par la suppression des droits d'usage et la lourdeur de la fiscalité.
En 1881, c'est la sécheresse, la famine et les incendies qui ravagent le pays et font des milliers de morts.
En 1887, c'est une invasion générale de sauterelles puis le choléra et le typhus qui déciment la population.
Mais la grande nouveauté en cette fin de siècle, c'est le Sahara, cet énorme désert de plateaux pierreux où des caravaniers entretiennent des relations lointaines avec le Continent noir où justement la France s'installe, à Dakar, au Soudan, ou rêve de le faire Tombouctou et au Tchad.
Après la défaite de 1870
on a déjà imaginé une voir ferrée transsaharienne
qui souderait les possession françaises.
> une première expédition formée de 500 hommes
a tenté le passage en 1881, elle a été massacrée.
> Plus tard, Laperrière et ses troupes affrontent les touaregs
à Timimoun, en plein été, en plein midi, à 50°
sous un soleil de plomb. Nouvel échec mais à chaque fois, on pénètre
un peu plus à l'intérieur de ce désert où les
Pères Blancs, ces soldats du Christ affrontent les marabouts et les
pillards.
- En 1889, on fonde El Goléa
- En 1900, on prend In Salah
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Dès 1930
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À la veille du centenaire de la colonisation, en 1930, certains centres de colonisation rurale ont végété , comme dans la Région de BATNA, mais d'autres ont grandi et sont devenus de gros bourgs : Aumale, Nemours, Michelet, Lafayette, Gros villages aux noms de généraux, politiciens, savant ou poètes.
Les centres connaissent un grand dynamise grâce
à la vigne
toute nouvelle aventure.
La surface des vignobles utilisés par les européens qui étaient
de 15 000 hectares en 1878 passe à 167 000 en 1903.
Le blé continue de se développer comme culture de spéculation.
Cependant, à la question (voire l'affirmation)
: "tous des nababs les pieds noirs",
on répond que dans un pays neuf comme l'Algérie, comme dans tout
pays neuf, des fortunes d'édifient
considérables, assises
sur la terre et la mer, le vin et le blé. Certes, mais il ne faut
pas amalgamer comme le font beaucoup aujourd'hui encore ces colons fortunés
à toute la nouvelle communauté.
Prendre par exemples les familles très modestes, voire pauvre de gens
connus ou inconnus. Qui non seulement n'avaient pas grand chose en Algérie,
mais qui sont repartis sans rien !
En 1930 la réussite de
l'Algérie est évidente. La population européenne n'a cessé
de progresser.
En 1926, elle est de 833 000 habitants (657 000 français
et naturalisés - 176 000 étrangers):
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Certes l'Algérie comme la France métropolitaine
vit des moments difficiles, avec l'échec du Front populaire, le spectre
de la guerre, la crise économique et la grève générale
auxquels s'ajoutent ici, après de terribles inondations, une année
de sécheresse et de famine.
"on ne doit pas mourir de faim sous le drapeau français" titre
la dépêche algérienne "la voix des nationalistes musulmans".
Alger attire les paysans du Bled : le 1er congrès
musulmans se tient le 6 juin 1936.
Il est suivi le 2 août d'un grand rassemblement populaire au cours duquel
Messali Hadj, le fondateur de l'Étoile Nord Africaine, le père
du nationalisme algérien est acclamé.
En Europe, l'idéologie allemande fait entrevoir la guerre...
Entre la fin de la 1ère
guerre mondiale et les premiers "coups de feu" de novembre 1954, s'enracine
durablement leur sentiment d'appartenance à un pays : l'Algérie