Epicurlet1

EPICURE

Sentences vaticanes

« exhortation d’Epicure »

 

 

4.         Toute douleur peut facilement être méprisée :  celle qui a la souffrance intense a la durée brève, celle qui dure dans la chair a la souffrance faible.

 

7.       Il est difficile, pour qui commet l’injustice, de rester caché, mais avoir la certitude de continuer à le rester, cela est possible.

 

9.     La nécessité est un mal, mais il n’y a aucune nécessité de vivre avec la nécessité.

 

10.  Chez la plupart des hommes, ce qui est en repos est engourdi, ce qui est               un mouvement est enragé.

 

14.     Nous sommes nés une fois, il n’est pas possible de naître deux fois, et il

       faut n’être plus pour l’éternité : toi, pourtant, qui n’es pas de demain, tu 

       ajournes la joie ; la vie périt par le délai, et chacun de nous meut affairé.

 

15.     De même que nous apprécions les coutumes, celles qui nous sont propres, qu’elles soient bonnes et enviées par les autres hommes ou non, ainsi faut-il faire avec celles de nos voisins, s’ils sont équitables à notre égard.

 

16.     Personne, voyant le mal, ne le choisit, mais attiré, comme par le bien, vers le mal plus grand que lui, on est pris au piège.

 

17.     Ce n’est pas le jeune qui est bienheureux, mais le vieux  qui a bien vécu : car le jeune, plein de vigueur, erre, l’esprit égaré par le sort ; tandis que le vieux, dans la vieillesse comme dans un port, a ancré des biens qu’il avait auparavant espérés dans l’incertitude, les ayant mis à l’abri par le moyen sûr de la gratitude.

 

18.     Si l’on supprime la vue, et les rencontres, et la vie ensemble, la passion amoureuse disparaît.

 

19.     Le vieux oublieux du bien passé est dans l’état de quelqu’un qui est né aujourd’hui.

 

 

 

21.  Il ne faut pas faire violence à la nature, mais la persuader :  nous la persuaderons en contentant les désirs nécessaires, et aussi les désirs naturels s’ils ne sont pas nuisibles, mais en repoussant durement les nuisibles.

 

23.  Toute amitié est par elle-même désirable ; pourtant elle a eu son commencement de l’utilité.

 

24.  Les visions des rêves n’ont pas reçu en partage la nature divine ni non plus le pouvoir divinatoire, mais elles se produisent suivant l’impact des simulacres.

 

25.  La pauvreté, mesurée à la fin de la nature, est grande richesse ; la richesse sans la limite est grande pauvreté.

 

26.  Il faut voir nettement que le discours abondant et le discours bref tendent vers le même « but ».

 

27.  Dans les autres occupations, une fois qu’elles ont été menées à bien avec peine, vient le fruit ; mais, en philosophie, le plaisir va du même pas que la connaissance : car ce n’est pas après avoir appris que l’on jouit du fruit, mais apprendre et jouir vont ensemble.

 

28.  Il ne faut approuver ni qui est trop prompt à l’amitié, ni qui est trop lent : car il faut être prêt même à s’exposer hardiment au danger, en faveur de l’amitié.

 

29.  Pour ma part, je préférerais, usant de la liberté de parole de celui qui étudie la nature, dire prophétiquement les choses utiles à tous les hommes, même si personne ne devait me comprendre, plutôt que, en donnant mon assentiment aux opinions reçues, récolter la louange qui tombe en abondance, venant des nombreux.

 

31.  A l’égard de toutes les autres choses, il est impossible de se procurer la sécurité, mais, à cause de la mort, nous, les hommes, habitons tous une cité sans murailles.

 

32.  La vénération pour le sage est un grand bien pour qui le vénère.

 

33.  Le cri de la chair : ne pas avoir faim, ne pas avoir soif, ne pas avoir froid.  Celui qui a ces choses, et l’espoir de les avoir, peut rivaliser « avec Zeus » en bonheur.

 

34.  Nous ne recevons pas autant d’aide, de la part des amis, de l’aide qui nous vient d’eux, que de la confiance au sujet de cette aide.

 

35.  Il ne faut pas gâter les choses présentes par le désir des absences, mais considérer que celles-là même étaient appelées de nos vœux.

 

37.  Faible, la nature est en relation avec le mal, non avec le bien : par les plaisirs, en effet, elle est conservée, mais, par les douleurs, elle est détruite.

 

38.  Homme de rien du tout que celui aux yeux de qui nombreuses sont les bonnes raisons de quitter la vie.

 

39.  N’est ami ni celui qui cherche toujours l’utile, ni celui qui jamais ne le joint à l’amitié : car le premier, avec le bienfait, fait trafic de ce qui se donne en échange, l’autre coupe le bon espoir pour l’avenir.

 

40.  Celui qui dit que tout arrive par la nécessité n’a rien à reprocher à celui qui dit que tout n’arrive pas par la nécessité, puisqu’il dit que cela même arrive par la nécessité.

 

41.  Il faut rire et ensemble philosopher et gouverner sa maison et user de toutes les autres choses qui nous sont  propres, et ne jamais cesser de proclamer les maximes de la droite philosophie.

 

42.  Le même temps est à la fois celui de la naissance du plus grand bien et celui de la délivrance.

 

43.  Aimer l’argent en enfreignant la justice est impie, sans l’enfreindre est laid :  car il est malséant  sordidement, même en respectant la justice.

 

44.  Le sage, confronté aux nécessités de la vie, sait, dans le partage, plutôt donner que prendre : si grand est le trésor de la suffisance à soi-même qu’il a trouvé.

 

45.  Ce ne sont pas des fanfarons, ni des artistes du verbe, ni des gens qui font étalage de la culture jugée enviable par la foule, que forme l’étude de la nature, mais des hommes fiers et indépendants, et s’enorgueillissant de leurs biens propres, non de ceux qui viennent des circonstances.

 

46.  Chassons complètement les mauvaises habitudes, comme des hommes méchants qui nous ont fait beaucoup de mal pendant longtemps.

 

48.  Essayons de faire de la prochaine étape soit meilleure que la précédente, tant que nous sommes en route, mais arrivés à terme, que la joie reste unie.

 

52.  L’amitié mène sa ronde autour du monde habité, comme un héraut nous appelant tous à nous réveiller pour nous estimer bienheureux.

 

53.  Il ne faut envier personne : les bons ne sont pas dignes d’envie, et les méchants, plus ils réussissent plus ils se font de mal à eux-mêmes.

 

54.  Il ne faut pas faire semblant de philosopher, mais philosopher pour de bon ; car nous n’avons pas besoin de paraître en bonne santé, mais de l’être vraiment.

 

55.  Il  faut  guérir les malheurs par le souvenir reconnaissant de ce que l’on a perdu, et par le savoir qu’il n’est pas possible de rendre non accompli ce qui est arrivé.

 

56.  Le sage ne souffre pas plus s’il est torturé que si son ami est mis à la torture.

 

57.  Sa vie toute entière sera, par le manque de certitude, jetée dans la confusion et l’incapacité d’aller de l’avant.

 

58.  Il faut se libérer de la prison des occupations quotidiennes et des affaires publiques.

 

59.  Ce n’est pas le ventre qui est insatiable, comme le dit la foule, mais l’opinion fausse au sujet de la réplétion illimitée du ventre.

 

60.  Tout homme sort de la vie comme s’il venait juste de naître.

 

61.  Très belle aussi est la vue de ceux qui nous sont proches, quand les liens premiers de parenté concourent à l’union : car elle produit beaucoup de zèle en vue de cela.

 

62.  Si c’est légitimement que les parents se mettent en colère contre les enfants, il est certes, sans objet, de résister et de ne pas demander à obtenir le pardon ; si ce n’est pas légitimement mais d’une manière déraisonnable, il est tout à fait ridicule d’enflammer leur déraison en nourrissant sa propre colère, et de ne pas chercher, par d’autres dispositions, à les changer en parents bienveillants.

 

63.  Il y a, même dans les restrictions, une mesure : celui qui n’en tient pas compte se trouve à peu près dans la situation de celui qui s’égare par manque de limitation.

 

64.  Il faut que la louange des autres suive spontanément, et nous, nous en tenir à la guérison de nous-mêmes.

 

65.  Il est sot de demander aux dieux ce que l’on peut se procurer par soi-même.

 

66.  Soyons en sympathie avec nos amis non en gémissant, mais en méditant.

 

67.  Une vie libre ne peut pas acquérir de grandes richesses, parce que la chose n’est pas facile sans se faire le serviteur des assemblées populaires ou des monarques, mais elle possède tout dans une abondance incessante ; et s’il lui arrive de disposer de grandes richesses, facilement aussi elle les distribue, en vue de la bienveillance du voisin.

 

68.  Rien n’est suffisant pour celui pour qui le suffisant est peu.

 

69.  L’ingratitude de l’âme rend le vivant avide à l’infini des variétés dans le genre de vie.

 

70.  Puisses-tu ne rien faire dans ta vie qui te causera de la crainte si cela est connu du voisin.

 

71.  A tous les désirs, il faut appliquer cette question : que m’arrivera-t-il si est accompli ce qui est recherché conformément à mon désir, et quoi si ce n’est pas accompli ?

 

73. Même le fait que certaines douleurs se produisent dans le corps est utile                                      

      pour nous mettre en garde contre celles du même genre.

 

     74. Dans la recherche en commun par la discussion, celui qui est vaincu 

      gagne plus, dans la mesure où il a accru son savoir.

 

75. Ingrate envers les biens passés, la maxime disant « Regarde la fin d’une      

 longue vie ».

 

76. Tu es en vieillissant tel que moi je conseille d’être, et tu as su bien                               

 distinguer ce qu’est philosopher pour la Grèce : je m’en réjouis avec toi.

 

77.     Le fruit le plus grand de la suffisance à soi-même : la liberté.

78.     L’homme bien né s’adonne surtout à la sagesse et à l’amitié : desquelles l’une est un bien mortel, l’autre un bien immortel.

 

79.     Celui qui est sans trouble n’est à charge ni à lui-même, ni aux autres

 

80.     Pour le jeune homme, la principale part du salut est la sauvegarde de la jeunesse, et la vigilance contre ce qui se salit tout en suivant les désirs furieux.

 

81.     Ne délivrent du désordre de l’âme ni non plus n’engendrent une joie digne qu’on en parle : ni la richesse la plus grande qui soit, ni l’honneur et la considération dont on jouit auprès du grand nombre, ni rien d’autre qui dépende de causes sans limites définies. Début de page

 

 

Lettre à Pythoclès

Lettre à Hérodote

Lettre à Ménecée

Maximes

Bibliographie (Sources)

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Dernière révision faite le:
17/04/2008