LE THEME DE LA MOTIVATION EN EPS
Denis Lefebve
PRESENTATION
Objectif 1: Apport de connaissances
•
Tout comportement est motivé dans la
mesure où il correspond à un but que l’élève cherche à atteindre ou à éviter.
D’autres théories, psychanalytique, considèrent qu’une partie de nos
comportements est non intentionnelle et tributaire de mécanismes totalement
inconscients.
•
Distinction entre le sens scientifique et
le sens en contexte scolaire
•
Comment et pourquoi est-on motivé pour
apprendre ? Quels sont les facteurs personnels ou situationnels qui invitent à,
ou empêchent d’apprendre ? Quels sont les enjeux liés à ce thème ?
•
Comment faire pour motiver les élèves ?
•
Attention: On peut être motiver pour
apprendre et ne pas apprendre (par exemple si la situation ne pose pas de
problème moteur). On peut même ne pas être motivé pour apprendre et apprendre.
C’est le cas des apprentissages incidents (C. GEORGES, Apprendre par
l’action, PUF, 1983).
Objectif 2: Apport méthodologique
•
Comment faut-il aborder l’épreuve ?
•
Quels sont les
attentes du jurys ?
•
Comment répondre aux attentes ?
• Comment lier ce thème avec les autres thèmes du programme ?
RAPPEL CONCERNANT LE PROGRAMME DE L’EPREUVE
L’enseignement de l’éducation physique et sportive dans le
second degré :
•
les compétences et connaissances
enseignées
•
les processus d’acquisition :
apprentissage, motivation, émotion, évaluation
•
l’intervention de l’enseignant
•
éducation physique et sportive et santé.
ANALYSE
•
1e idée: Énergie ou dynamisme, sens
courant: envie, intérêt, plaisir. Racine latine: movere,
se mouvoir
•
Dictionnaire Robert: « Relation d’un
acte aux motifs qui l’expliquent ou le justifie ». Intentionnalité des
conduites, il faut s’intéresser à « ce qui » motive.
•
Définition et connaissances scientifiques: cf.
diapositives suivantes
•
Les différents aspect du concept: La
motivation en EPS renvoie à celle de l’école, de l’EPS et des APSA. Elle renvoie aussi à une diversité de but et de
perceptions. Elle est différente selon l’âge, le sexe et les origines sociales.
Motivation du professeur, motivation des élèves (se défouler, être avec les
amis, apprendre, avoir une bonne note, améliorer sa santé…)…
Il faut aussi relever les concepts qui s’y rattachent:
effort, plaisir, désir, motifs, projet, sens, signification…
•
Exemple de mise en relation / débat:
Ainsi les élèves ne viennent pas pour apprendre en EPS, ils viennent se
défouler:
Attractivité
des APS vs Motivation à apprendre
•
Questionnement à propos du concept (en
relation avec le sujet): Par exemple, l’attractivité des APS garantit-elle les
apprentissages des élèves? N’est-elle pas une gêne pour les apprentissages?
Comment rendre les projets des élèves et ceux de l’enseignant compatibles ?
DEFINITION
DEFINITION DE J-P. FAMOSE, La motivation en EP et en sport, Armand Colin,
2001:
« La motivation est un processus de décision qui
consiste à affecter les ressources personnels de temps, d’énergie, de talent,
et parfois d’argent (dans le cas des activités de loisir) à différentes APS ou
à différentes tâches afin de maximaliser l’obtention d’affects positifs et afin
de minimiser l’obtention d’affects négatifs »
LA MOTIVATION
VIAU, 1997: « La motivation
en contexte scolaire est un état dynamique qui a ses origines dans la
perception qu’un élève a de lui-même et du contexte dans lequel il se trouve,
et qui l’incite à choisir une activité ou une tâche et à y investir une
quantité suffisante de ressources énergétiques, cognitives et temporelles, dans
le but d’améliorer ses connaissances et ses habiletés motrices. »
J.P. FAMOSE, 2001: Ce qui pousse à agir le pratiquant :
•
Le pratiquant cherche à atteindre un
résultat, ou un état anticipé (Quel est le but que se fixe l’élève ?):
Plusieurs buts sont souvent activés en même temps.
•
L’investissement ou le non investissement
dépendent de la croyance de pouvoir parvenir à ce résultat anticipé: croyance
sur soi, sur la tâche, sur les autres
LES BUTS
J.P. Famose
utilise la théorie du contrôle comme cadre théorique: « Le comportement
est régulé par des comparaisons entre le but et le résultat. Cette régulation
s’effectue soit à l’intérieur d’une boucle feed-back négative (Si une discrépance est perçue entre le résultat actuel et la
valeur de référence, un comportement est mis en œuvre) soit à l’intérieur d’une
boucle feed-back positive (comparaison avec quelque chose auquel on ne
veut pas ressembler comparaison sociale et soi redouté)». Le processus décrit
est considéré comme un système d’auto-régulation.
L’auteur distingue différents types de but à poursuivre pour
les élèves. Ils sont attendus de façon simultanée:
•
Les buts d’accomplissement: soit pour la
valorisation de soi (but de performance) soit pour le perfectionnement de soi
(but d’apprentissage). Covington, 1992: la capacité
de réussir de manière compétente est valorisée dans notre société.
•
Les buts extrinsèques: La note par
exemple (cf. M. DURAND)
•
Les buts sociaux et moraux (importance de
ces buts pour instaurer de bonnes relations entre les élèves et entre les
élèves et le professeur, ces relations facilitant les apprentissages)
X. POMMEREAU, quand l’adolescent
va mal, J’ai lu, 2002: Retrait relationnel au moment de l’adolescence, la
fréquentation des pairs le rassure
J-B Chapelier, Le lien groupal à
l’adolescence, DUNOD, 2002: Les adolescents, à un
moment ou à un autre, se détournent du groupe familial pour participer à des
groupes d'appartenance, spontanés ou structurés socialement.
•
Les buts de plaisir (cf. cours sur les
émotions: « les émotions comme ressort de l’action » L. RIA, Les
émotions, Revue EP.S, 2005 et la classification des APSA selon P. GAGNAIRE et F. LAVIE: épreuve-défi-rencontre / mesure-score-conformité)
•
…
L’ATTENTE SIMULTANEE DE
DIFFERENTS TYPES DE BUTS
Au plan des buts
d’accomplissement:
•
Les élèves réagissent différemment en cas
d’échec selon qu’ils poursuivent des buts de maîtrise ou des buts compétitifs:
haut niveau d’effort pour les premiers et abandon pour les autres
•
Les conflits de but ont des conséquences
négatives
•
Les élèves ont besoin de poursuivre les
deux types de buts afin de réussir à l’école (d’où l’importance de conserver
l’essence de l’APSA dans les situations
d’apprentissage)
Au plan des buts intrinsèques et
extrinsèques:
•
Il a été montré que certaines récompenses
extrinsèques peuvent augmenter la motivation intrinsèque des jeunes pratiquants
(cas des ceintures en judo)
•
Les récompenses extrinsèques peuvent
aussi être nécessaires à la fois pour initier, installer une motivation
intrinsèque là où elle n’existe pas encore.
J-P. FAMOSE, apprentissage moteur, rôle des représentations,
Revue EP.S, 1991: Les filles s’orientent davantage
vers des buts de maîtrise et les garçons vers des buts de performance
LA CONFIANCE EN SOI
Résultats antérieurs (succès, échecs) : Attributions
causales
Croyances d’efficacité personnelle
Difficulté de la tâche
LES CROYANCES D’EFFICACITE PERSONNELLE
Les croyances d’efficacité personnelle sont déterminés par deux aspects:
•
Les croyances de capacités. Elles
renvoient au concept de soi (cf. « « développement de la connaissance
de soi » et « enrichir le rapport que l’élève entretient avec son
corps » dans le programme collège ou « connaissance sur soi » en
lycée). Il est lié à la notion d’estime de soi (« construire une image
positive de soi »).Il est formé à partir de:
•
La comparaison sociale
•
La comparaison interne
•
Les attributions causales. Le succès et
l’échec sont généralement attribués à l’habileté, l’effort, la chance et la
difficulté de la tâche. Ces causes perçues peuvent être classifiées selon des
dimensions de locus (interne ou externe), de stabilité et de contrôle. Le
concept de soi doit être le plus souvent corrélé avec les attributions
d’habileté et d’effort pour les succès et négativement corrélé avec le manque
d’habileté dans les situations d’échec (rôle de l’enseignant: par exemple
attribuer les réussites aux élèves)
•
Les autrui significatifs (rôle de
l’enseignant et des camarades): cf. « valoriser les réussites et rendre
acceptable les échecs » (programme du cycle central)
•
Les expériences de maîtrise (d’où
l’importance de mettre en place un climat de maîtrise)
•
Les croyances de contexte. Les attentes
de contrôle (BANDURA, 1986).
SELIGMAN, 1975: La résignation
acquise. Aucun contrôle sur la situation. S’attribue les mauvais résultats
selon des causes stables.
ATTENTION: LE CONCEPT DE SOI EST HIERARCHIQUEMENT
ORGANISE
CAS AVEC LA MOTIVATION D’ACCOMPLISSEMENT
|
|
Buts de maîtrise |
Buts de performance |
|
|
Buts |
Apprendre de nouvelles choses, résoudre des problèmes,
progresser… |
Faire mieux que les autres ou non, faire aussi bien mais
avec moins d’effort, dissimuler ses incompétences |
|
|
Référence |
Standards personnels, comparaisons temporelles, effort et
compétence vont dans le même sens |
Standards externes, comparaisons normatives, effort et
compétence vont dans des sens inverse |
|
|
Estime de soi |
Le niveau d’habileté perçue n’a pas d’importance tant que
l’élève fait des progrès |
Faible habileté perçue |
Forte habileté perçue |
|
Difficulté recherchée |
Difficulté optimale, effort important, persévérance,
recherche d’aide |
Tâche trop facile ou trop difficile, peu d’effort,
dévalorisation de la tâche |
Difficulté supérieure à la moyenne, effort important tant
qu’il montre sa compétence |
|
Informations traitées |
Recherche d’informations utile
pour apprendre |
Recherche d’informations non pertinente |
Informations non pertinentes pour apprendre |
|
Plaisir |
Plaisir tant que l’élève fait des progrès |
Peu de plaisir |
Plaisir tant que l’élève peut montrer sa compétence |
LIEN MOTIVATION – APPRENTISSAGE
Les comportements adaptatifs
FAMOSE, SARRAZIN, CURRY,
Apprentissage moteur et buts d’accomplissement en EPS, 1995:
Les principaux indicateurs de l’investissement personnel et
les comportements adaptatifs:
•
Choix d’un niveau de difficulté:
Rechercher une difficulté optimale, une tâche de « défi personnel »
•
Effort: Effort important
•
Persévérance: Acharnement face aux
obstacles
•
Motivation continuée: Volonté à
poursuivre une activité dans un autre contexte et plus généralement poursuivre
la pratique toute sa vie.
•
Engagement cognitif: VIAU, La motivation
en contexte scolaire, De Boeck Université, 1997: « Dans le domaine
scolaire, l’engagement cognitif renvoie à l’utilisation par l’élève de
stratégies d’apprentissage et de stratégies d’autorégulation lorsqu’il
accomplit une activité ». Cf. textes officiels: collège « Elaborer
une stratégie personnelle d’apprentissage », lycée « distinguer des
conduites d’apprentissage efficaces »
LIEN MOTIVATION - EVALUATION
•
M. DURAND, Chronomètre et survêtement,
Revue EP.S, 2001: La note est le salaire de l’élève.
C’est un puissant renforçateur des conduites d’élèves. « C’est la note qui
sert de ciment à l’activité » (Attention toutefois à sa valeur d’intérêt
extrinsèque car celle-ci s’arrête avec la réalisation de la tâche)
•
AMES 1987, cité par FAMOSE:
L’évaluation doit avoir certaines caractéristiques pour favoriser une
motivation à apprendre: « La recommandation la plus fondamentale est que
les classes ne doivent pas se centrer sur la comparaison des élèves aux
autres »
•
Prendre en compte les progrès réalisés (à
l’opposé d’un classement)
•
Etre formative: Elle renseigne sur les
progrès, le travail, les choses à faire pour s’améliorer
•
Permettre l’autoévaluation: Elle permet
ainsi la mise en œuvre de stratégie d’auto-régulation
•
Elle doit être privée, individuelle,
confidentielle sinon elle peut être gênante en cas d’échec.
Ces remarques peuvent poser des problèmes à l’enseignant.
Celui-ci doit sans cesse résoudre des dilemmes. Ils constituent des points de
départ pour mettre en tension des thèmes ou pour constuire
une problématique.
LIEN MOTIVATION- INTERVENTION DE L’ENSEIGNANT
COMMENT METTRE EN PLACE UN CLIMAT DE MAÎTRISE ?
•
Tâche: Choix d’APSA
où les élèves ont une marge de progrès important, choix d’activité qui ont une
pertinence et une utilité au plan personnel et culturel (équité sexuelle) et
expliquer la pertinence, fixer des buts exigeant qui présentent un défi
personnel, buts et consignes clairs (la plus concret possible, différencier les
tâches et les buts selon les besoins des élèves)
•
Autorité: Permettre un degré de
participation des élèves au niveau des APSA (menus
?), des buts (pédagogie du contrat ou du projet) ou des contenus; autonomie,
responsabilité
Cf. DECI et RYAN, 1985: importance du sentiment
d’autodétermination dans la motivation intrinsèque
Cf. POMMEREAU: Recherche
d’autonomie au moment de l’adolescence
•
Reconnaissance: Insister sur les efforts
et les progrès, donner des feedbacks sur les progrès
•
forme de Groupement: Améliorer les intéractions entre élèves en construisant un environnement
d’acceptation et d’appréciation de tous, dans lequel les élèves apportent une
contribution signifiante
Cf. paresse sociale selon HARKINS
ou facilitation sociale selon ZAJONC, in JP. REY, le groupe, Revue EP.S,
2000
•
Evaluation: cf. diapositive précédente
•
Gestion du temps: Adapter le rythme des
apprentissages aux capacités individuelles de chaque élèves, laisser une
période de temps suffisante.
LIEN MOTIVATION - EMOTION
LES STRATEGIES MOTIVATIONNELLES:
Ce sont « les pensées et les comportements qui aident
le sportif à négocier les conséquences affectives éprouvées dans ces situations
sportives, et cette négociation peut influencer, par voie de conséquence, le
niveau d’engagement cognitif et d’effort qu’il consacre à la réalisation de la
tâche. (Elles) sont surtout en rapport avec l’estime de soi du
pratiquant »:
•
Les stratégies au service de la
valorisation de soi et de la protection de soi: anticipatrices (l’auto-handicap, le pessimisme défensif, la valorisation
morale de ne rien faire) ou réactives (l’auto-affirmation,
les stratégies attributionnelles d’auto-complaisance, le rabaissement ou l’élévation de la valeur
du but, les comparaisons sociales)
•
Les stratégies au service du
perfectionnement du soi (éviter les soi redoutés ou s’efforcer vers des soi
idéaux)
•
Les stratégies au service de la
connaissance de soi (besoin d’avoir une information précise sur ses habiletés
d’où le choix de tâche de difficulté optimale)
Les différentes stratégies d’auto-handicap:
la diminution de l’effort, le choix de la difficulté de la tâche, le refus de
l’aide, l’absence en cours, « la jambe de bois »
ATTENTION: Cette partie peut être rattachée à l’activité de
l’élève et son lien avec les interventions de l’enseignant.
LIEN MOTIVATION - SANTE
E. PERRIN, Analyse des relations entre le rapport aux APS et
les conceptions de la santé, Revue STAPS, n°31, 1993
citée par D. DELIGNIERES et C. GARSAULT,
Libres propos sur l’EP, Revue EP.S, 2004:
Quatre profils de représentation sociale de l’AP dans ces
relations avec la santé: hédonisme, hygiénisme, volontarisme, fatalisme.
« La prescription médicale d’AP déclenche très rarement
une pratique durable. Les APS appartiennent au domaine de l’action, des
passions et du dépassement, non à celui du discours normatif, du devoir et de
la modération. » (cf. aussi le thème des émotions)
P. MIGNON et G. TRUCHOT, Les
pratiques sportives en France, INSEP, 2002:
•
La marche, le vélo et la natation sont
les pratiques les plus souvent citées (puis le footing, les jeux de boules et
la gymnastique)
•
Les jeunes pratiquent plus d’APS sous
forme compétitive
•
Les motivations sont de deux ordres: la
recherche du bien-être et l’affirmation des liens familiaux et amicaux.
•
Le plaisir arrive en tête pour les
incitations à pratiquer
•
Aux femmes la gymnastique, aux hommes le
football et la pétanque
D. DELIGNIERES et C. GARSAULT, Libres propos sur l’EP, Revue EP.S,
2004:
Deux interprétations du plaisir: l’amusement ou la
satisfaction (sentiment de maîtrise et de compétence dans une activité
librement choisie; cf. la hiérarchie du concept de soi dans une perspective de
transfert)
LIEN MOTIVATION-COMPETENCE /
CONNAISSANCES ENSEIGNEES
Compétence attendue pour les classes de seconde:
« Construire, réaliser collectivement et juger un spectacle gymnique,
constitué de figures composées à partir de deux types de formations
différentes, qui articule les dimensions acrobatiques et esthétiques dans le
respect du code de référence ».
Connaissances enseignées: Au niveau des « techniques et
tactiques »: Réalise 3 postures, 2 souplesses et 1 ATR
et assure deux modes de liaison différents entre les deux types de relation.
Proposition: Constituer des groupes mixtes pour aider les
élèves à construire une culture commune partagée. Les filles apporteront les
aspects chorégraphiques et les garçons les aspects acrobatiques.
NB: Il faudra proposer une situation puis aller jusqu’aux
contenus
INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES
G. TRUCHOT, Les adolescents et le
sport, INSEP, 2004:
•
Le sentiment de ne pas être bon est le 1er
motif de non pratique chez les garçons adolescents, pour les filles ce sont les
contraintes de l’entraînement. La non pratique vient peu d’un refus de
pratiquer le sport mais plutôt de ses exigences.
•
Environ 70% des adolescents pratiquent
(dépend de leur sexe et du niveau d’étude des parents entre autre).
•
La natation et le vélo sont les sports
les plus pratiqués, puis le football chez les garçons. Les pratiques libres et
en club se complètent.
•
Motif commun: Besoin de se défouler en se
faisant plaisir, recherche de sensation.
•
P. GAGNIERES et
F. LAVIE, in L. RIA, Les émotions, Revue EP.S, 2005:
•
Aux yeux des élèves, le plaisir, en EPS,
pourrait se résumer à cette formule: « s’éclater avec les copains ».
Les dimensions ludique, compétitive et conviviale sont omniprésentes. L’EPS
offre une belle occasion de s’amuser ou de se défouler à plusieurs. Les élèves
inscrivent le plaisir dans leur mode d’existence.
•
Pour les professeurs d’EPS ce plaisir ne
doit pas venir d’un divertissement mais de la réussite des apprentissages.
• Il n’y a donc pas une motivation en EPS mais des motivations différentes selon les individus, les APSA pratiquées (marquage social et sexué des pratiques, cf. C. POCIELLO, les cultures sportives, 1995) et leur contexte de pratique (cf. rapport à l’école: E. BAUTIER et J-Y ROCHEX, L’expérience scolaire des nouveaux lycéens, 1998)
G. BUI-XUAN, Une modélisation du
procès pédagogique in enseigner l’EPS, AFRAPS, 1994:
Il distingue 5 étapes conatives: émotionnelle (l’émotion
prime sur la technique), fonctionnelle
(« comment ça marche ?»), technique (« comment font ceux qui
réussissent? »), contextuelle et expertise (création).
Les situations de résolution de problème permettent aux
élèves de se demander « comment ça marche ? » à condition qu’elles
aient un sens pour les élèves.
•
Connaissances institutionnelles:
•
Programme des classes de 6e (BOEN du 18 juillet 1996): « désir d’agir, en vue d’un
plaisir et d’un résultat immédiats »; « envie de jouer avec les
autres »
•
Programme du cycle central (BOEN du 13 février 1997): « Décalage de
représentations et de mobiles selon les appartenances sociales et les
différences d’âge et de sexe »; « désir de réussite et de
connaissance de soi à soutenir »
•
Programme des classes de 3e (BOEN du 15 octobre 1998): Rechercher le « goût de la
pratique physique, le sens de l’effort et le plaisir d’agir »;
« Nombre d’entre eux sont en mesure de réaliser de façon autonome des
projets audacieux qui leur permettent d’évoluer aux limites de leurs
potentialités. L’enseignant contribuera à renforcer leur responsabilité sur ce
point, en établissant une relation contractuelle basée sur le dialogue. »
•
Programme des classes de seconde (BOEN du 29 août 2002): « Les morphologies, les goûts
et les motivations, les difficultés possibles de l’image de soi, ajoutent à la
diversité »
•
Programme des classes du cycle terminal (BOEN du 30 août 2001): « Prise en charge autonome des
élèves pour prévenir tout risque d’abandon de toute pratique physique après le
lycée et peut avoir des effets positifs à plus long terme sur la santé et le
style de vie. »
BILAN
LISTER LES DIFFERENTS ANALYSEURS VUS DANS LE COURS:
•
Au niveau de la construction du projet
d’enseignement qui prend en compte l’ensemble des données actuelles (contenus,
compétences, connaissances, type de tâche, variables, projet EPS, choix d’APSA, orientations institutionnelles, caractéristiques des
élèves, évaluation, démarche d’enseignement…)
•
Au niveau des conditions mises en place
pour qu’un projet d’apprentissage soit formulé par l’ensemble des élèves (degré
de participation des élèves, forme de groupement, activité de l’élève,
pédagogie du contrat…)
•
Au niveau de la maîtrise de la relation
pédagogique (type de guidage, reconnaissance de l’enseignant, gestion du temps,
attitude de l’enseignant…)
Chaque analyseur doit renvoyer à une connaissance précise et
référencée. Il doit permettre d’argumenter l’hypothèse formulée dans la
problématique.
Viau, 1997: « De nos jours, enseigner consiste à
travailler à contre-courant d’une société de plus en plus tolérante et
permissive sur le plan intellectuel. Alors que la masse-médias incite les jeunes à aller dans des mondes
imaginaires et à profiter pleinement du moment présent, les enseignants
demandent de travailler, d’être attentifs, d’écouter. Ce décalage s’accentuera
avec le temps c’est pourquoi il faut être des experts de la motivation. »