Culture

 

 

 

 

 

 

Esanja'Camaroes exprime sa reconnaissance à Iccnet, et surtout à Béatrice BONNY, l'auteur de l'article ci-contre, qui ont autorisé sa publication sur Esanja'Camaroes.

THÉÂTRE

Bena Zingui et " Minkul mi nem " au Masa 99

Yaoundé le 11 novembre 1998

La troupe et la pièce iront à la conquête du marché international des arts. Du 20 au 27 février 99 en Côte d'Ivoire.

Une fois encore, la pièce "Minkul mi nem" sera présentée au public. L'événement se déroulera en Côte d'Ivoire, à la faveur de la 4e édition du marché des arts et spectacles africains (MASA). Pour cette occasion, il s'agira d'un public spécial, car la pièce sera jouée devant des acheteurs de spectacles venus du monde entier. Cette pièce, dont la compréhension reste peu aisée pour des amateurs, a été sélectionnée par un jury spécial du MASA, après une présélection du ministère de la Culture du Cameroun. "Minkul mi nem" a été seul à retenir l'attention des membres de ce jury. Le Bena Zingui, la troupe de théâtre qui produit ce spectacle, sera donc l'unique représentant du Cameroun à ce grand rendez-vous de l'art africain.

La pièce, écrite par Felix Kama, porte sur le rêve fou d'un individu. Il aimerait rendre l'homme plus bon. C'est un mono-théâtre, et David Noundji est le comédien qui interprète tous les rôles. Il est à la fois le bon Dieu et l'être humain. Le comédien livre au public l'action négative de l'homme sur le monde : guerre, esclavage, colonisation et bien d'autres maux que les hommes font subir à leurs semblables. Pour enfin émettre le vœu de voir tout cela relégué aux calendes grecques.

C'est surtout le dédoublement du comédien, qui se met dans la peau de divers personnages, qui rend la pièce un peu difficile à cerner. Mais un peu de concentration remet tout à sa place et permet d'apprécier cespectacle mis en scène par Louise Belinga. "Minkul mi nem" ira faire la conquête du marché extérieur du 20 au 27 février 1999, à l'occasion du MASA. Pour les responsables du centre Zingui, la structure qui dirige le Bena Zingui, cette sélection est une consécration. "Nous sommes une jeune structure, deux ans d'âge seulement, et nous sommes retenus pour le MASA", relève avec fierté Emmanuel Yenga, secrétaire général du centre. Cette fierté n'est point exagérée, au regard des réalisations du Centre.

SUCCÈS
La troupe Bena Zingui était présente au festival international du théâtre pour le développement (FITD), en mars 98 au Burkina-Faso. Elle y a jouée "Odontol ", une pièce écrite par Louise Belinga, la coordinatrice du centre. Lors de ce festival, la pièce a remporté le prix du meilleur texte devant 95 autres troupes. Un mois plus tard, la troupe s'envolait pour la Côte d'ivoire, afin d'y prendre part au festival international du mono-théâtre d'Aboisso. C'est là que "Minkul mi nem" offre sa première représentation.Au plan national, la pièce de Felix Kama, sera jouée lors des rencontres théâtrales internationales du Cameroun (Retic 98). Elle y sera fortement appréciée.

Comme autres prouesses, la coordinatrice du centre était présidente de jury au festival régional de littérature pour enfants, qui s'est tenu en juillet 97 au Gabon. Tout ce succès est le produit d'un dur labeur, produit par une équipe restreinte. Le centre Zingui est principalement piloté par la coordinatrice Louise Belinga, et le SG Emmanuel Yenga. Ces deux personnages centraux gardent une complicité très poussée.

Aucun nuage n'est venu assombrir leurs relations depuis qu'ensemble, ils ont décidé de faire vivre la culture camerounaise. Et sur ce plan, le centre a de nombreuses ambitions. Il œuvre pour la promotion de la création, de la production et de la diffusion artistique et culturelle au Cameroun. "Nous voulons aider les jeunes groupes à se faire connaître", soulignent les responsables du centre Zingui. Pour ce faire, le centre Zingui envisage de s'occuper de l'encadrement, de la formation, de la production des groupes. Et aussi de la recherche artisanale et culturelle. Par ces tâches spécifiques, le centre s'est engagé sur un secteur encore en friche.

La structure reçoit l'appui financier du ministère de la Culture et d'autres partenaires. Ces derniers lui apportent un appui technique et logistique. Ces moyens, bien évidemment, ne permettent pas encore à la structure de fonctionner en plein régime. "Nous tissons une toile, elle prendra 10 ou 15 ans, mais elle finira par être une reconnue ", lancent, avec flamme, les responsables du centre. Ils sont en pleine préparation de leur prestation au MASA 99 et aussi de leur participation au festival national des arts et de la culture (FENAC).

Le centre Zingui honorera aussi de sa présence le festival international de l'acteur du Cameroun. Il se tiendra en décembre prochain dans la ville de Douala. L'agenda du centre est donc plein, comme toute structure compétente et appréciée.

Béatrice Bonny


Copyright © ICCNet 1998