Egypte-Caire

 

Le Caire

 

I. La ville de Le Caire

Le Caire compte actuellement 16 millions d’habitants avec ses alentours. Cette mégapole étend ses tentacules sur 65km d’ouest en est et 35 du nord au sud jusqu’aux villes nouvelles des périphéries qui tentent d’absorber le trop- plein d’une démographie galopante.

Le climat est désertique. Depuis l’avion, on ne voit de Le Caire que la poussière, un désert plein de gratte ciels sans verdure, comme désaffecté.

Le Caire étonnait déjà les voyageurs au temps des Mamelouks. Aujourd’hui, on s’effare des embouteillages sans fin, de la poussière omniprésente, des concerts ininterrompus de klaxons , de l’urbanisme échevelé et des foules qui se pressent jusque sur les chaussées. Les quartiers les plus pauvres côtoient les plus riches, les mendiants , les hommes d’affaires et les Mercedes dernier cri , les carrioles branlantes.

En ce qui concerne la religion : on estime qu’il y a 80-90% de musulmans, et 10-20 % de pratiquants d’autres religions ou athés . On peut apercevoir des mosquées très souvent. La prière est annoncée cinq fois par jour. L’appel du muezzin, aujourd’hui relayé par les hauts parleurs, rythme la vie du pays tout entier. Le croyant doit prier pieds nus et tourné vers La Mecque. La prière la plus importante est celle du vendredi midi : les mosquées sont souvent trop petites pour contenir tous les fidèles. Dans ce cas, on installe les tapis de prière dans la rue.

II. Les exploitations agricoles

On pratique, sur les bords du Nil, la culture du riz, de divers légumes (choux, pommes de terre, poivrons, aubergines, tomates.. ) et fruits (bananes, oranges, citrons… ). Là bas, on cultive encore les champs grâce aux ânes qui tirent avec peine des charrettes remplies à ras bord, aux chameaux qui portent des sacs énormes . On peut souvent voir des puits, qui grâce à un système très astucieux, irriguent tous les champs près du Nil.

Ce sont majoritairement des femmes qui s’occupent de la récolte, couvertes de la tête aux pieds sous une chaleur étouffante. Si l’on observe bien, on peut voir sur les bords du Nil, à l’heure du déjeuner, des hommes allongés dans leurs champs, et qui se reposent, ce qui rend bien l’ impression de bien être général de toute cette population.

III. La qualité de vie des habitants

Les habitations de la population la plus pauvre, sont faites de briques de terre , dont les pièces sont de petite surface et presque sans fenêtres , à plusieurs étages, et pour la plupart inachevées.

De riches habitations près de la vallée des rois. Noter les couleurs vives !

Le Nil est rempli de déchets que les habitants y déversent, car il n’y aucun système de stockage des déchets, les habitants n’ont donc pas de poubelles. Les femmes y lavent également leur linge, qu’elles étendent sur les rives pour sécher. Mais elles y lavent aussi leurs casseroles, et on voit souvent, surtout sur les bords les moins peuplés du Nil, des enfants s’y laver.

Les pêcheurs utilisent de petites barques en mauvais état pour pêcher , la plupart du temps, ce sont les felouques qui sont utilisées aussi bien pour la pêche, que pour le transport d’animaux, ou pour les touristes .

IV. Les souks

J’ai eu l’occasion de flâner dans les ruelles sales, bondées, poussiéreuses, qui dégagent une odeur de remugle d’un souk égyptien.

Le souk de Khan- el- Khahili , planté au plein milieu de la vieille ville, en effet, mérite bien son nom de " souk " : un grand désordre.

C’est le domaine des commerçants et des touristes , mais aussi des habitants du quartier : dans ses boutiques s’achètent et se vendent bijoux, objets de cuivre, boîtes de marqueterie, imitations pharaoniques, pierres semi- précieuses, tapis, sous vêtements, petites fioles à parfum, épices , narghilés (pipe orientale à long tuyau, équipée d'un petit réservoir d'eau parfumée traversé par la fumée lors de l'aspiration)….. et il arrive souvent que les commerçants vous abordent pour vous demander contre combien de chameaux il peut espérer vous acquérir.

Cela dépendrait apparemment de la beauté de la femme en question, en ce qui me concerne, ce fut contre deux chameaux, ce qui, il faut bien se le dire , n’est pas très flatteur quand certaines se voient proposer tout un troupeau !

Mais une fois encore, le souk est malheureusement un bon exemple des problèmes d’hygiène que j’ai rencontrés en Egypte : les bouchers exposent fièrement leurs pièces de viande à toutes les pollutions possibles , et j’ai même vu un jeune garçon porter une pièce de viande énorme sur ses épaules, tâchant ainsi sa chemise, et tenant la pièce sans gants.

Les souks sont cependant des endroits très gais, ou chaque commerçant tente de venter les mérites de sa marchandise plus fort que son voisin.

V. La population égyptienne

En ce qui concerne les Egyptiens, ce sont des personnes toujours souriantes, et bien que leurs opinions sur les femmes soient encore très machistes, ils resteront pour la plupart sympathiques.

Sur le papier, les femmes ont conquis bien des droits depuis la naissance du mouvement féministe, dans les années 20 : égalité des sexes devant l’éducation et dans le travail, droit de vote, etc…

En réalité, la situation est contrastée.

De fait, les femmes conduisent, travaillent, font des études. Mais le statut de femme célibataire est encore très mal accepté, celui des hommes aussi d’ailleurs.

Et si l'âge légal du mariage a été porté à 16 ans, des jeunes filles sont encore mariées à 13 ou 14 ans, en particulier dans les zones rurales.

Fréquemment et surtout dans les milieux modestes, les filles ne choisissent pas elles mêmes leurs époux.

Les rapports entre les sexes restent emprunts de violence : selon une étude sociologique, 66% des femmes seraient battues par leur mari.

La polygamie, si elle est apparemment peu pratiquée, est autorisée par la loi. Un musulman peut épouser jusqu’à 4 femmes. Mais il faut qu’il ait le consentement de sa première femme , cependant je doute qu’elle ait souvent le choix !

Je n’ai vu de toutes les femmes que j’ai vues passer dans la ville, que de très rares exceptions qui étaient habillées d’une façon se rapprochant de celle des européens… en effet la majorité des femmes sont habillées de noir (quand elles sont mariées) ne laissant pas dépasser un millimètre de peau, et parfois ne laissant même pas entrevoir leurs yeux !

La loi sur le divorce, votée en 1979 , qui permettait aux femmes d’intenter elles –mêmes une action en justice et garantissait le versement d’une pension alimentaire, a été abrogée en 1985 sous la pression des conservateurs. Aujourd’hui, celle qui veut divorcer se heurte à des procédures juridiques longues , coûteuses et qui lui sont souvent défavorables. Les hommes eux bénéficient du droit de répudiation automatique et immédiat.

En outre, l’excision- mutilation du sexe féminin, héritée de la période pharaonique- est encore très couramment pratiquée sur les fillettes, souvent dans des conditions d’hygiène déplorables.

Mais la tradition du bakchich est encore bien ancrée, et les touristes sont souvent sollicités. Mais on sera tout aussi heureux si vous donnez des bonbons ou des crayons, ce qui atteste de la pauvreté de la population.