Le Stalag XVIIIA, Wolfsberg, Autriche
Le STALAG XVIIIa, à Wolfsberg, en Autriche

Il semble que beaucoup de soldats anglais qui avaient débarqués en Grèce en 1940-41 et avaient été fait prisonniers ont été intérnés au camp 18 de Wolfsberg. Lorsque les Alliés durent évacuer la Grèce en catastrophe, le 28 avril 1941, on donna la priorité aux troupes de combat. Par exemple, près de 10 000 soldats des régiments administratifs ou de matériels furent abandonnés sur les plages de Kalamata (dans le Peloponèse) et devinrent prisonniers de guerre. Ils y avaient là des Britanniques, des Néo-Zélandais et des Grecques.
Que les soldats aient été fait prisonniers à Kalamata, Navplion ou Corinthe, ils furent conduit, à pieds, sur route, chemin de fer ou par mer, jusqu'à un camp temporaire en Salonique. Là, on les entassa dans des wagons à bétails. Suivirent des jours de famine de soif et de manque de sommeil, alors que le train roulait lentement à travers la Yougoslavie jusqu'au sud de l'Autriche, et finalement jusqu'au Stalag 18 de Wolfsberg.

Il semble que des soldats Alliés fait prisonniers après la défait en Crète furent également intérnés au Stalag 18. Il y avait également des soldats Hollandais et Français.
Les prisonniers Soviétiques arrivèrent peu après que l'Allemagne ait envahie la Russie en 1941. Ils étaient en mauvaises conditions, la plupart d'entre eux avaient voyagé sur près de deux mille kilomètres avec très peu de nourritures. Ils apportèrent malheureusement le typhus dans le Stalag et bien des prisonniers moururent de cette maladie avant qu'elle pu être maîtrisée par les médecins prisonniers. La Russie n'ayant pas signé la Convention de Genève, ses prisonniers ne recevaient pas de paquets de la Croix Rouge ou de colis de chez eux. Chaque jour, un sac circulait dans le camp pour récolter la moindre nourriture qui pouvait être partagée avec les Soviétique, mais il y en avait déjà si peu pour autant d'hommes.

Les prisonniers ne passaient généralement que la soirée et la nuit dans le Stalag XVIII, car c'était un camp de ramassage pour les camps de travail à travers l'Autriche entière. Au bout de quelques jours, les prisonniers étaient assignés à un commando de travail (Arbeitskommando), comprenant entre 15 et 20 hommes, et envoyés quelque part. Les chanceux étaient assignés dans des fermes, où ils pouvaient manger une nourriture plus abondante. Les moins chanceux étaient envoyés dans une mine de fer, une quarrière ou une usine de bois, où les heures étaient longues et le travail très dur. Ils ne revenaient au camp que le soir, pour dormir.

Le camp était divisé en trois quartiers. Un pour les Britanniques et les autres membres du Commonwealth, un pour les Français et le dernier pour les Russes. La plupart des Britanniques étaient "logés" dans une vieille étable, divisée en deux, avec un partie pour les ablutions au centre. Les autres prisonniers vivaient dans de petites barraques en bois, à 30 par barraque. Dans chacune, les prisonniers s'entassaient sur des lits à trois étages. Il y avait un poêle au centre , et des cordes à linges partout. Une partie distinct du camp était reservée aux Polonais, que les nazis ne "mélangeaient" pas avec les autres prisonniers.

Un petit groupe de prisonniers attendait de passer en Court Martial. Les authorités Allemandes voulaient les juger pour des "crimes sérieux" tels que le vol, le sabotage ou pour avoir attaqué un gardien. S'ils étaient jugés coupables, ils pouvaient être envoyés dans un Straflager (camp de punition). Etrangement, on les authorisait à se mélanger aux autres prisonniers du camp. Mais dès qu'on les appelait, ils disparaissaient. Un trou avait été creusé sous l'une des barraques pour qu'ils s'y cachent !

De nombreuses photos furent prises dans le Stalag XVIII A de Wolfsberg. C'est surprenant, mais les gardiens allemands du camp authorisèrent les prisonniers à prendre des photos. Mais ils opéraient une censure et la majorité des images peuvent avoir un potentiel de propagande pour les Allemands. Ils authorisaient la prise de photos de concerts et divertissements dans le camp (réalisés par les soldats, toujours plus ingénieux et imaginatifs), mais pas celles des prisonniers soviétiques ou polonais dans un état lamentable....

Dans la seconde moitié de l'année 1944, il était courant de voir des bombardiers américains survoler le Stalag XVIIIA. Toutefois, le 18 décembre de cette année, un groupe d'avions apparus au-dessus du camp, mais à une altitude bien plus basse.
Eric Fearnside raconte :
"C'était un jour ensoleillé mais très froid, il avait neigé. On nous a ramené au camp à 13 heures, on avait pas eu beaucoup de travail ce jour-là. J'étais assis à une table lorsque j'ai vu ces trois avions voler au-dessus du camp, en cercle. Un type qui regardait les avions aussi, a vu le première bombe tomber et à crié "Attention !". Il y a eu une terrible explosion et nous avons tous été projeté au sol. D'autres explosions ont suivi. Nous avons courur dehors pour découvrir que deux des barraques les plus récentes et le petit hôpital avient été touchés. Ces constructions étaient très fragile et s'étaient effondrées, piégeant des hommes sous les décombres. Quand nous sommes arrivés là, les types essayaient de soulever le toît. Une demi-heure plus tard, nous avons découvert le premier corps. C'était John McGregor, l'un des hommes les plus gentils que vous puissiez espérer rencontrer. Au bout de six heures, nous avons pu sortir les autres corps et... je dois dire que nous pleurions tous pour nos amis.
Près de quarante-huit hommes ont été tués, pour la plupart des Français et des Russes. La Croix Rouge a fait une plaint officielle aux Américains au sujet de cette attaque. Ils ont répondu qu'ils étaient vraiment désolés, mais que les navigateurs avaient pensé que c'était un camp de soldats Allemands. Nous avons pensé que c'était faux, parce qu'avec quatre miradors et des barbelés partout, ça ne pouvait pas être autre chose qu'un camp de prisonniers".

Après la fin de la guerre, le Stalag 18A devint un camp de prisonniers pour les Allemands - ceux qui avient de trop grandes sympathies pour les Nazies. Certains ont creusés un tunnel pour s'échapper.


Photographies fournies par Ian Brown :
Un groupe de soldats français dans le camp de Wolfsberg
Une peinture murale faite par un soldat français dans l'église de Wolfsberg


Source : http://www.btinternet.com/~stalag18a/ et http://www.data-wales.co.uk/stalag1.htm (sites anglais)