E.S.D. Evangile de la Souverainete de Dieu Introduction générale

 

L'Évangile de la Souveraineté de Dieu

 

Depuis l'ascension du Seigneur Jésus, chaque époque de l'histoire trouva matière à contestation dans l'Évangile du salut. Déjà, à l'époque des apôtres, son message était un scandale et une folie pour ses auditeurs, juifs ou grecs (1 Cor. 1: 17-29).

Plus près de nous, la notion de miracle a été l'objet de grands débats; au siècle dernier, celle de Création était la cible du darwinisme, tout comme le Géocentrisme fut déstabilisé par la révolution copernicienne; l'inspiration perpétuelle et la préservation providentielle de la Bible des Réformateurs fut discrédité par la Critique Textuel moderniste; le libre choix de l'individuel, particulièrement au niveau des mouvements Évangélistes, fut élevé au-dessus de la Souveraineté de Dieu; et les doctrines de la Grâce au niveau de la Prédestination, de l'Élection et de la Régénération, furent mit au rancart et substitué par des approximations séditieuses. 

Même le singe dit non à l'évolution

 et préfère rester comme Dieu l'a créé.

Maintenant l'Antichrist se promène librement de nation en nations; les groupes à tendance extatique ont singé les dons de l'Esprit qui furent réservé à la naissance de l'Église; et dans notre siècle, qui n'a pas d'âme ni frein, la morale chrétienne est largement fustigée par la corruption politique et religieuse, et par les dépravations de la liberté sexuelle engendré par "le Mouvement de la liberté de la Femme" et "les groupes d'homosexuels" de tout genre qui font parade de leur orgueil dans les rues de nos villes. En même temps que "le paradis de la pilule", nous sommes entrés dans l'obsession du préservatif, dans les illusions des paradis artificiels, et dans la réalité virtuelles de l'informatique.

Aujourd'hui, ça bouge dans tous les domaines. Il y a quelque vingt ans, la foi chrétienne était l'objet d'un tabou, parce que jugée incongrue, dans les discussions intellectuelles sur les problèmes de société; les Beatles se disait alors plus célèbres que Jésus-Christ !  Dans les années '9O, un revirement semble se produire.

La poussée de l'islam, les conflits entre Israël et les Palestiniens, les trames secrètes du Vatican pour s'emparer de Jérusalem, les conspirations de tous genres par les gouvernements secrets, la montée des intégrismes de toutes sortes, le New Age à la Shirley Maclaine, l'Exothéologie avec son évangile de science-fiction, la persistance du christianisme à l'Est à l'époque de l'effondrement du totalitarisme, même s'il serait exagéré de parler de "la revanche de Dieu", sont autant de faits symptomatiques d'un dépoussiérage du religieux. Pourtant, ce tournant ne semble pas vraiment profiter à la foi chrétienne traditionnelle. Le retour du religieux n'est un retour ni à l'Église conventionnelle en tant que institution, ni à ses dogme subtils et subversifs.  

Il y a quelque temps, un radical de gauche déçu, émit ces paroles: "Ce qu'il nous faut, disait-il, c'est un renouveau spirituel de l'humanité, mais ceci ne peut pas être un retour au christianisme." Cette opinion est devenue courante chez de nombreuses personnes qui sont en recherche. Le christianisme leur semble une voie sans issue pour des raisons souvent confuses, dont certaines sont des "tartes à la crème" et d'autres plus justifiées. Pour eux, le christianisme est la religion des conquistadors et des inquisiteurs, et par trop associé à la débâcle colonialiste et à la misère du tiers-monde. Il est la religion de l'anti-plaisir, de l'anti-féminisme, des dégâts écologiques, du dogme imposé et non de l'épanouissement personnel, des guerres de religion et non du développement pacifique... en bref, du passé et non de l'avenir.  Mais il faut dire que le christianisme dont il parle généralement est celui d'un Catholicisme Romain chimérique et d'un Protestantisme sclérosé.

Ces opinions, si elles ont perdu un peu de leur virulence d'antan, flottent toujours dans l'air de notre temps.

Pourtant, l'Évangile demeure la bête noire de nos contemporains, essentiellement à cause de son exclusivisme . Oser affirmer qu'un seul chemin mène à un seul vrai Dieu, en passant par un homme, vivant dans un lointain historique, et par une croix, celle sur laquelle il a été crucifié, relève de l'inacceptable. C'est dénier aux autres religions tout accès à Dieu et aux hommes de bonne volonté la possibilité d'être reconnus, si du moins Dieu existe. Pour la plupart des personnes autour de nous, toute religion a sa part de vérité et d'erreur, et nulle n'ignore que bien des non-croyants, font plus pour les malheureux que les croyants. L'important pour elles, est que chacun trouve sa voie et l'harmonie intérieure; peu importe les moyens, dès lors que la vie ici-bas est meilleure et que demeure l'espérance qu'il en sera de même après le passage dans "le grand bleu". "Si le christianisme est ton truc, tant mieux pour toi, mais laisse aux autres leurs découvertes !"

Une foi qui prétend être la seule véritable ne peut être qu'impérialiste et, par conséquent, favorable aux exclusions sur la terre et dans le ciel: elle est fondamentalement intolérante. Son Dieu n'est pas universel mais sectaire.

Nombreux sont aussi les chrétiens qui buttent sur cette difficulté. Et bien trop souvent, ils renoncent à l'idée que le christianisme est une religion unique permettant de connaître le "seul vrai Dieu" en Jésus-Christ. Ils admettent implicitement que toutes les religions ont le même Dieu, que "nous irons tous au paradis" car le parapluie de son amour nous couvrira tous. Ils estiment qu'en conséquence l'évangélisation est une entreprise douteuse. Cette conception est loin d'être l'exception dans le protestantisme contemporain et ses groupes de dissidents.

A la manière d'un rouleau compresseur, notre société aplatit et banalise tout jusque dans le domaine des croyances et des comportements sociaux où le bien et le mal sont des notions au sens incertain. Le possible, l'agréable et les choix personnels sont cool . Les attitudes les plus bizarres, le Gothique, le mariage homosexuel, les tireuses de bonnes aventures, etc... passent mieux qu'une lettre à la poste. Tout est en mouvement permanent; ce qui est admis aujourd'hui ne le sera pas nécessairement demain. La laïcité adoptée par d'anciens pays catholiques s'accommode sans hostilité de manifestations à caractère religieux liées à la qualité de citoyens. La tolérance sociale oblige à considérer les "valeurs" des autres comme égales aux nôtres. Nous sommes des individualistes primaires: le monde, c'est "Moi". Ainsi parle Lipovetsky: honni soit qui mal y pense !

Cette mentalité est présente dans l'Église institutionnalisée et chez plusieurs chrétiens qui se veulent maîtres de leur destin tout en se rendant esclave de leurs dénominations particulières.

L'universalisme dans le domaine du salut n'a-t-il pas pour corrélat inévitable le relativisme dans celui de l'éthique ?  Résultat: un christianisme-filtre au goût de consensus mou. Attention ! Ce christianisme-là met en danger la santé spirituelle... et le témoignage, si celui-ci importe encore.

"Puis j'entendis une autre voix du ciel, qui disait: Sortez du milieu d'elle, mon peuple; de peur que, participant à ses péchés, vous n'ayez aussi part à ses plaies;"  (Apoc. 18: 4)