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| Vers la fin du XVIème siècle,
Jacob Arminius (ministre protestant d’Amsterdam en Hollande)
commença à prêcher des choses contraires à la confession
des églises réformées de son pays (La Confession de Foi de
Belgique). Considérant qu’Arminius, comme tous les autres
ministres, s’était engagé à soutenir et à prêcher les
doctrines énoncées dans la Confession, cela constituait une
grave offense par laquelle il fut appelé à rendre compte.
Mais rapidement, et malgré son
rengagement à soutenir la doctrine réformée, sa prédication
révéla à nouveau qu’il s’était éloigné de la
position réformée, particulièrement en ce qui concerne
l’oeuvre de Dieu dans le salut. Une grande controverse
s’ensuivit; Arminius mourut entre temps, mais ses disciples
continuèrent à répandre ses enseignements. Les tenant de
ces doctrines opposées à la Réforme furent appelés «arminiens»,
nom évidemment tiré de Jacob Arminius, et en 1610 ils présentèrent
un document dans lequel ils énonçaient cinq articles de loi
touchant la sotériologie (la doctrine du salut) en opposition
précise aux enseignements des réformateurs. Ces articles
furent connus sous l’appellation des «Cinq Remontrances».
Les arminiens déclaraient :
- que l’élection de Dieu est
motivée par le fait que Dieu «voyait à l’avance» que
tel homme se repentirait et croirait de son propre «libre
arbitre»;
- que la mort de Christ n’assure
véritablement le salut d’aucun homme en particulier,
mais rend seulement possible à tous les hommes d’être
sauvés;
- le besoin de la régénération;
(Une explication de ceci révélait cependant que même là
ils n’étaient pas d’accord avec les réformateurs
quant à la nature de la régénération ou de la dépravation
de la nature humaine);
- que l’on peut entièrement résister
à la grâce de Dieu i.e. que Dieu pouvait «tenter» de
convertir un homme et faillir;
- qu’un chrétien pouvait à nouveau
se perdre après avoir antérieurement été sauvé.
En 1618, un grand concile fut convoqué dans
la ville hollandaise de Dort dans le but d’examiner
l’enseignement des arminiens à la lumière de la Parole de
Dieu. Des représentants de toutes les églises «réformées»
d’Europe, incluant l’Angleterre, furent réunis. Après
plus de six mois de délibérations prudentes, le synode
rendit publique des décisions et constatations. Les doctrines
d’Arminius furent prouvées dépourvues de fondements
bibliques et le synode, en réponse aux Cinq Remontrances,
produisirent cinq articles exposant la vérité scripturaire.

Les églises de la Réforme déclaraient
:
- que la nature de l’homme est
totalement affectée par le péché, ce qui veut dire que
sa volonté est aussi touchée par le péché et est
asservie à sa nature pécheresse; le salut de l’homme
ne peut donc pas dépendre de son «libre arbitre» (ou
volonté libre);
- que l’élection de Dieu ne fut pas
motivée par le fait que Dieu voyait à l’avance la foi
de l’homme, mais qu’elle est «selon le bon plaisir de
sa volonté». Ephésiens 1:5;
- que la mort de Christ assure et rend
certain le salut des élus, les acquérant tous les dons nécessaires
à ce salut (y compris la foi et la repentance), et que,
dans sa disposition, elle ne s’étendait qu’aux élus;
- que la grâce de Dieu réalise
toujours la fin qu’elle s’était proposée;
- que les élus de Dieu persévèrent
jusqu’à la fin dans la foi et la sainteté, étant gardés
par la puissance de Dieu.
Il est important de remarquer que ce n’était
pas là de nouvelles doctrines mais bien celles sur lesquelles
la Réforme s’était édifiée. De même que
l’enseignement d’Arminius fut connu sous le nom
d’arminianisme, de même la position des églises réformées
et du synode de Dort fut connue sous le nom de «calvinisme»,
et les cinq articles opposant le nouvel enseignement d’Arminius
furent appelés «les cinq points du calvinisme» ou
T.U.L.I.P.
Le nom de Calvin fut rattaché à ces
doctrines pour la simple raison qu’il était le plus grand
théologien de la Réforme et qu’il était celui qui avait
exposé le mieux, de façon systématique, les doctrines
bibliques prêchées par les réformateurs. Ces doctrines ne
sont pas apparues avec lui mais proviennent tout droit de la
Parole de Dieu, elles avaient déjà été habilement exposées
longtemps avant par Augustin, IV - Ve siècle ap. J-C.
Jean Calvin (1509-1564)
Comme nous l’avons déjà mentionné,
le calvinisme, parce qu’il était l’enseignement de la Réforme,
est appelé «théologie réformée», et à cause de son
accent sur la grâce de Dieu, il est souvent appelé «doctrines de la grâce». Calvinisme, théologie réformées,
T.U.L.I.P., doctrines de la grâce veulent dire la même chose et présentent
la vérité de la souveraineté de Dieu en toutes choses, mais
particulièrement dans le salut. Deux auteurs, MM. Steele et
Thomas, présentent dans leur livre un tableau très utile
pour nous aider à comprendre les deux systèmes :
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Les
5 points de l'Arminianisme
|
Les
5 points du Calvinisme
|
| 1. le Libre
arbitre ou capacité de l'homme |
1. La dépravation
totale ou incapacité totale |
| Quoique la nature humaine ait été
sérieusement affectée par la chute, l’homme n’a
pas été laissé dans un état de faiblesse
spirituelle totale. Dieu dans sa miséricorde rend
chaque pécheur capable de se repentir et de croire,
mais il le fait de manière à ne pas s’interposer
dans la liberté de l’homme. Chaque pécheur possède
une volonté libre et sa destinée éternelle dépens
de l’usage qu’il en fait. La liberté de l’homme
consiste dans sa capacité de choisir le bien au lieu
du mal dans les choses spirituelles; sa volonté
n’est pas asservie à sa nature pécheresse. Le pécheur
a le pouvoir soit de coopérer avec l’esprit de Dieu
et être régénéré, soit de résister à la grâce
de Dieu et périr. Le pécheur a besoin de
l’assistance de l’Esprit, mais n’a pas besoin
d’être régénéré par l’esprit avant de pouvoir
croire, car la foi est un acte de l’homme et elle précède
la nouvelle naissance. La foi est le don du pécheur
à Dieu; c’est la contribution de l’homme au
salut. |
Par suite de la chute, l’homme
par lui-même est incapable de croire à l’évangile
pour son salut. Le pécheur est mort, aveugle et sourd
aux choses de Dieu; son coeur est tortueux et méchant.
Sa volonté n’est pas libre, elle est asservie à sa
nature pécheresse de sorte qu’il ne va pas (il ne
peut même pas) choisir le bien au lieu du mal dans le
domaine spirituel. En conséquence, il faut plus que
l’assistance de l’Esprit pour amener un pécheur
à Christ; il faut la régénération par laquelle
l’Esprit donne la vie au pécheur et lui donne une
nouvelle nature. La foi n’est pas la contribution de
l’homme à son salut mais, est elle-même une partie
du don de Dieu pour le salut; elle est le don de Dieu
au pécheur, et non le don du pécheur à Dieu. |
| 2. L'Élection
conditionnelle |
2. L'Élection
inconditionnelle |
| Dieu a choisi certains individus
avant la fondation du monde pour qu’ils soient sauvés.
Ce choix était motivé par le fait que Dieu voyait à
l’avance que ces individus répondraient à son
appel. Dieu savait qui seraient ceux qui librement
allaient croire à l’évangile; ce sont ceux-là
qu’il a choisis. L’élection fut donc déterminée
ou conditionnée par ce que l’homme ferait. La foi
que Dieu voyait à l’avance et qui motivait son
choix n’était pas son don (elle n’était pas créée
par la puissance régénératrice du Saint-Esprit),
mais résultait uniquement de la volonté libre de
l’homme. Il appartenait entièrement à l’homme de
déterminer s’il est élu pour le salut. Dieu
connaissait, et a choisi ceux qui, de leur propre
volonté libre, allaient choisir Christ. Ainsi,
c’est le choix de Christ de la part du pécheur, et
non le choix du pécheur de la par de Dieu, qui est la
cause ultérieure du salut. |
Dieu a choisi certains individus
avant la fondation du monde pour qu’ils soient sauvés.
Ce choix était uniquement motivé par sa propre
volonté souveraine. Il n’a pas choisi certains pécheurs
parce qu’il prévoyait une réponse ou une obéissance
de leur part, comme la foi, la repentance, etc. Au
contraire, Dieu accorde la foi et la repentance à
chaque individu qu’il a choisi. Ces actes sont le résultat
et non la cause du choix de Dieu. L’élection ne fut
donc pas conditionnées par quelque qualité vertueuse
ou quelque action prévue dans l’homme. Ceux que
Dieu a élus souverainement, il les amène par la
puissance de l’Esprit à une acceptation volontaire
de Christ. Ainsi, c’est le choix du pécheur de ;a
part de Dieu, et non le choix de Christ de la part du
pécheur, qui est la cause ultime du salut. |
| 3. La Rédemption
universelle ou expiatoire générale. |
3. La Rédemption
particulière ou expiation limitée. |
| L’oeuvre rédemptrice de Christ
a rendu le salut possible à chacun, mais n’a véritablement
assuré le salut de personne. Quoique Christ soit mort
pour tous les hommes, il n’y a que ceux qui croient
en lui qui soient sauvés. Sa mort rendit Dieu capable
de pardonner aux pécheurs à la condition qu’ils
croient, mais, elle n’a véritablement enlevé le péché
de personne. La rédemption ne devient effective que
si l’homme choisit de l’accepter. |
L’oeuvre rédemptrice de Christ
était destinée à sauver les élus seulement, et
elle leur a véritablement assuré le salut. Sa mort
consistait à souffrir la peine du péché à la place
de certains pécheurs déterminés (substitution). En
plus d’enlever le péché des élus, la rédemption
de Christ a assuré tout ce qui était nécessaire à
leur salut, incluant ;a foi qui les unit à lui. Le
don de la foi est infailliblement attribué à tous
ceux pour lesquels Christ est mort, garantissant ainsi leur salut. |
| 4. Le pécheur
peut vraiment résister au Saint-Esprit |
4. L'appel
efficace de l'Esprit ou grâce irrésistible |
| L’Esprit appelle intérieurement
tous ceux qui sont extérieurement appelés au moyen
de la prédication de l’évangile. Il fait tout ce
qu’il peut pour amener chaque pécheur au salut,
mais vu que l’homme est libre, ce dernier peut
arriver à résister à l’appel de l’Esprit. L’Esprit
ne peut régénérer un pécheur tant que celui-ci
n’a pas cru. La foi (qui est la contribution de
l’homme) précède et rend possible la nouvelle
naissance. Ainsi, le libre arbitre de l’homme limite
l’Esprit dans l’application de l’œuvre du salut
de Christ. Le Saint-Esprit ne peut attirer à Christ
que ceux qui le laissent agir en eux. Tant que le pécheur
n’a pas répondu, l’Esprit ne peut donner la vie.
La grâce de Dieu n’est donc pas invincible; elle
peut-être opposée et contrecarrée par l’homme. |
En plus de l’appel général extérieur
qui est fait à tous ceux qui entendent l’évangile,
le Saint-Esprit lance aux élus un appel intérieur spécial
qui les amène inévitablement au salut. L’appel extérieur
(lancé à tous sans exception) peut-être (et souvent
est) rejeté. Mais l’appel intérieur (qui lui
n’est fait qu’aux élus) ne peut être rejeté; il
amène toujours à une conversion. Par cet appel spécial,
l’Esprit attire irrésistiblement les pécheurs à
Christ. Il n’est pas limité par la volonté de
l’homme dans son oeuvre d’application du salut,
pas plus qu’il ne dépend de la coopération de
l’homme pour atteindre son but. L’Esprit amène
miséricordieusement le pécheur élu à coopérer, à
croire, à se repentir, à venir librement et
volontairement à Christ. La grâce de Dieu est donc
invincible; elle ne faillit jamais dans l’atteinte
de son but, i.e. le salut de ceux à qui elle s’étend. |
| 5. Déchoir de
la grâce |
5. La persévérance
des saints |
| Ceux qui croient et qui sont véritablement
sauvés peuvent perdre leur salut en échéant à
conserver leur foi, etc. (Les arminiens ne
s’entendent pas tous sur ce point). Quelques uns ont
soutenu la sécurité éternelle des cotant en Christ,
i.e. une fois qu’il est régénéré le pécheur ne
peut jamais être perdu. |
Tous ceux qui furent choisis par
Dieu, rachetés par Christ et auxquels l’Esprit a
donné la foi sont sauvés éternellement. Ils sont
gardés dans la foi par la puissance du Dieu
tout-puissant et, par conséquent, persévèrent
jusqu’à la fin. |
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TEXTES
BIBLIQUES concernant
l'élection et la prédestination
- I Paroles
de Jésus-Christ.
- Mt 11:25-27; 13:11-15;
16:17; 19:11, 25-26; 22:14; 24:22, 31, 40-42; 25:34.
- Mc 4:11-12; 10:40; 13:20,
26.
- Lc 10:20, 22; 17:34-37;
18:7, 26-27.
- Jn 5:21; 6:37, 44-45, 65;
10:3, 26:30; 13:18b; 15:16, 19-20; 17:2, 6, 9, 11-12, 24.
- II
Paroles des Apôtres.
- Jn 1:13; (Jean Baptiste
en 3:27); 12:39-40, = Es 6:10.
- Ac 2:39; 9:15-16; 10:40;
13:2, 48; 15:7b; 22:14; 26:16-17.
- Rm 1:6; 8:28-30, 33;
9:10-29; 11:4-7, 28-29.
- 1 Co 12:3, 18; 2 Co
13:5-6.
- Ga 1:15-16.
- Ep 1:4-14; 2:8-10; 3:11.
- Ph 1:29; 2:13.
- Col 1:12; 3:12.
- 1 Th 1:4; 5:9; 2 Th 2:13.
- 2 Tm 1:9; 2:10. Tt 1:1-2.
- Hé 1:14.
- 1 P 1:1-2; 5:13; 2 P
1:10; 1 Jn 1:13; Jude 1:3 in fine.
- Ap 13:8; 17:8, 14; 20:15.
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