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DIVERS COIN
DES ENFANTS
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53,463 Irlandais
arrivent au Québec entre 1825 et 1829,
185,953 entre 1830 et 1834;
200,000 durant la grande famine de 1845 à 1849
dont 100 000 durant la seule année de 1847.
À partir de 1815, l'économie irlandaise se porte mal et durant les annes 1830-37, des épidémies de choléra frappent l'Europe et les îles britanniques. De plus en plus d'Anglais, d'Ecossais et d'Irlandais quittent le pays à destination de Québec. On en acceuillent alors environ 30 000 par an. Les 2/3 de ces arrivants proviennent d'Irlande, soit déja environ 20 000 par an mais c'est lorsque la Grande Famine de 1847-1849 frappe, qu'ils émigrent en nombre record. On estime que 2 millions d'Irlandais ont à cette époque quitté leur terre natale.
Les récoltes de pommes de terre sont réduites à néant par la maladie, ce qui laisse la population sans moyens. La misère est terrible et les gens doivent quitter le pays pour survivre. En grand nombre, ils choisissent d'aller s'établir au Canada (dans les provinces maritimes, au Québec et en Ontario), aux États-Unis (principalement à New York, Boston ou Chicago), ou en Australie.
La traversée est longue et pénible et plusieurs décèdent avant même de voir leur nouvelle patrie. Sur des bateaux où ils sont entassés comme du bétail durant une traversée de 6 à 8 semaines, parfois même plus, les immigrants sont décimés par des épidémies de typhus et de choléra qui ne cessent de prélever des vies à bord des navires surnommés "bateaux cerceuils". Plus de 5000 morts sont rejetés en mer.
Les survivants se rendent à l'ile de Grosse-Ile près de Montmagny, lieu de quarantaine obligée. On dénombre là-bas plus de 5400 tombes d'immigrants irlandais décédés du durant la seule année de 1847. Devenue lieu historique et parc national, on peut aujourd'hui faire une visite émouvante de cette île, située à 47 kilomètres en aval de Québec.
Les
bien portants se dirigent ensuite vers les villes de Québec ou
Montréal ou encore, ils choisissent de s'établir à
la campagne, près de Québec, dans les Cantons de l'Est,
les Laurentides dans les diverses les régions du Québec.
QUÉBEC
Profitant des bateaux vides qui retournent à Québec après avoir déchargé leur cargaison de bois d'oeuvre en la Grande-Breatagne, nombre d'Irlandais s'embarquent pour Québec, surtout à partir de 1815. Les cargos sont insalubres et les voyageurs mal nourris, mais le voyage est peu dispendieux.
Beaucoup de ceux qui arrivent continuent en Ontario ou aux Etats-Unis, mais bon nombre d'arrivants s'installent à Québev ou dans les environs. Par exemple on retrouvait une forte population irlandaise à St-Raymond, Ste-Catherine de la Jacques Cartier, St-Gabriel de Valcartier, Shannon.
En 1847, la population de la ville de Québec s'éleve à 40 000 habitants. Cette année là elle passe subitement à plus de 100 000 personnes grâce aux arrivants irlandais. Parmi eux se trouvent des centaines de petits orphelins irlandais. Ils ont grandi dans des familles francophones qui les ont accueillis après le décès prématuré de leurs parents, emportés par la maladie lors de la traversée ou peu de temps après. Ces enfants ont adopté la langue et les coutumes de leur famille d'accueil quoique la plupart des orphelins de cette époque gardaient leur nom d'origine. Sur les papiers d'adoption on inscrivaient également le nom des parents naturels et celui du bateau les ayant transporté.
En août 2000, une croix celtique offerte aux Québécois par l'Irlande, a été inaugurée au Parc de l'Artillerie à Québec, en reconnaissance de l'exceptionnelle solidarité humaine envers les Irlandais manifestée lors de la Grande Famine.
Aujourd'hui les descendants irlandais ont toujours leur association
à Québec, Irish Heritage. Dan
Griffin, historien irlandais de Québec, estime que la région
compte aujourd'hui entre 30 000 et 35 000 Irlandais.
MONTRÉAL
À Montréal ils s'installent principalement dans le quartier Pointe St-Charles, où bientôt un cimetière de 6000 personnes doit être aménagé pour inhumer les nouveaux arrivants qui meurent en grand nombre, toujours victimes des épidémies. On peut d'ailleurs voir au pied du pont Victoria un monument élevé en leur souvenir.
Forts et travailllants, les Irlandais travaillent à la construction et à l'élargissement du canal Lachine. En 1815, on en compte déja 300 qui y travaillent et en 1843 ils sont 1300 à peiner dur en plein hiver, creusant au pic et à la pioche dans un sol gelé. Les conditions de travail sont effroyables et le salaire dérisoire. On les paie en bons échangeables auprès de certains magasins et ils sont logés misérablement. Cette année là, ils débrayent, obtenant au moins d'être payés en argent.
En 1834,
on fonde la St-Patrick's Society et on organise le premier défilé
de la St-Patrick. Le 17 mars 1847 on inaugure la basilique St-Patrick,
situé au 454 René-Lévesque.
CHAUDIÈRE APPALACHES
Dès le milieu des années 1700, la région voyait déja des colons anglais et irlandais arriver. La région compta l’une des premieres colonies de langue anglaise au Canada. Ces premiers colons furent suivis d’une deuxième vague au milieu du 19e siècle. Grosse-Ile, lieu de quarantaine mentionné ci-haut, est d'ailleurs situé dans cette région.
De nombreux
villages de la région compte un passé peuplé d'immigrants
irlandais. Par exemple, Coleraine, Saint-Malachie,
Armagh,
Saint-Colomban,
Saint-Jacques-de-Leeds,
St-Pierre
de Broughton, St-Adrien
d'Irlande et Kinnear's
Mills, où chaque été une reconstitution
historique explique la fondation du village au 19e siecle par des colons
écossais et irlandais. On retrouve en outre dans la MRC de l'Amiante
le Canton
d'Irlande et la ville d'Irlande.
CANTONS DE L'EST
Durant les années 20, des Irlandais fuyant les malheurs causés par les guerres de Napoléon ou les problèmes entre catholiques et protestants, s'installèrent dans la région de Mégantic (canton d'Ireland). Dans les années 40, une seconde vague (environ 3000) s'installa autour de Richmond, dans le comté de Shefford puis à Eaton, Tingwick, Lingwick, Kingsey, Dunham, Ely, Magog, Wolfertown et Sherbrooke.
La
Société St-Patrick de Richmond,
fut fondée en 1877 par le père Quinn, curé de la
paroisse Ste-Bibiane, dont les parents, les frères et les soeurs
sont inhumés à Grosse-Ile, tous tués par le typhus.
GASPÉSIE
Dans le secteur de la Pointe-de-Gaspé, on trouve encore aujourd'hui des noms irlandais (Cavannagh, Clements, Gaul, Fitzpatrick, O'brien, McColm, Macdonald, Dunn, Synnott, Cotton, Bond, Keighan, O`Connor, O'Connell, Rooney, Gleeton, Packwood et autres) quoique comme ailleurs au Québec bien des descendants irlandais portent maintenant des noms français, leurs ancêtres ayant épousé des francophones.
On recense les premiers Irlandais en Gaspésie dès la fin du 18ème siècle. La famille O'Hara, par exemple qui s'établit à Gaspé dans les années 1760. A Douglastown, on recense une première famille irlandaise au début des années 1800 et bientôt d'autres se joignent à eux, s'ajoutant ainsi aux immigrants loyalistes, français et anglais de la localité qui devient bientôt majoritairement irlandaise.
Éventuellement,
plusieurs s'installent sur la pointe de la péninsule. On les retrouve
à Jersey Cove, Rivière-au-Renard
ou Cap-des-Rosiers,
situé non loin de l'endroit où le Carrick's en provenance
de Sligo fit nauvrage en 1847. De ses 180 passagers tous périrent
sauf 48. Une croix de pierre le long de la route de Cap-des-Rosiers
indique l'endroit où 87 des malheureux ont été
inhumés. Plusieurs des rescapés du sinistre sont ensuite recueillis
par les familles environnantes et deviennent francophones.
LAURENTIDES ET LANAUDIÈRE
Durant tout le 19ème siècle, bon nombre de colons irlandais se sont installés dans les Laurentides mais plusieurs d'entres eux déménagèrent par la suite vers Montréal ou d'autres régions. On en dénombre entres autres à Sainte-Sophie, St-Colomban, Saint-Canut, Saint-Hippolyte, Morin-Heights, Wentworth, Entrelacs, Rawdon, Chertsey, Chilton, Wexford, Brandon, Rawdon, Shawbridge, St-Calixte (appellé alors Canton de Kilkenny), Montcalm.
"Les soeurs McGarrigle", chanteuses connues internationalement, sont nées de parents irlandais et ont grandi à Saint-Sauveur-des-Monts.
Heureusement, les choses ont bien changé. La situation est évidemment bien meilleure pour les descendants de ces gens courageux tant affligés pas le malheur. Grâce à leur tempérament fort et à leur persévérance, ils se sont très bien intégrés à la société de leur terre d'accueil et aujourd'hui on dénombre 40% de Québécois qui peuvent retracer un ancêtre irlandais. Bien sûr, ces origines remontent déja de quelques générations, mais la plupart de leurs descendants n'ont pas oublié leurs ancêtres qui sont venus de si loin dans des conditions bien difficiles en quête d'une vie meilleure.
Comment expliquer un pourcentage aussi élevé de descendants parmi les francophones? En grande partie, par l'affinité des caractères entre les francophones déja établis et les Irlandais qui comme eux aimaient fêter, chanter, danser, raconter des histoires. Dans les campagnes et villages, plus qu'à la ville, ils se côtoyaient bien souvent dans les mêmes écoles et de nombreux mariages furent célébrés entre eux puisqu'ils étaient également de même religion.
Comme
ma grand-mère et 5 de ses 7 frères et soeurs, bien de
ces immigrants irlandais ont une descendance qui est francophone et
fière du mélange de ses origines.
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© 2001-2003 - Maryse
Roux
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