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Glossaire assommant !
Grammaire stylistique du 19ème siècle
Par Hubert Tullon de l'E.N.S de Rabat
|
abattage |
(substd vx) (1889[1])
Vive réprimande. RH |
315 |
|
abattis |
(fig. substd) Bras et jambes. (loc.) Numéroter ses abattis, se préparer
à une lutte comme si on risquait de perdre l'intégrité et la
disposition de ses membres. PR. Au même sens, numéroter ses os, cf.
ici même p. 488. |
109 |
|
abattis |
Ici, probablement pour abattage,
c.-à-d. démolition de vieilles maisons, rendue nécessaire par
l’ouverture des deux boulevards dont il est question ; ce sont ces
démolitions de vieilles bâtisses qui expliquent les traces de plâtre
encore visibles ; le PR note un sens proche, tout en le restreignant
à un usage régional (canadianisme) d’abattis,
c’est celui de bois dont les arbres ont été abattus et enlevés. |
479 |
|
abominer |
(littér.) Avoir en horreur. Cf.
abhorrer, détester, exécrer. PR |
343 |
|
abouler |
1° (V intr. ou pron.) (substd vx) Abouler ou s'abouler, arriver.
2° (V tr.) (substd) Donner. Aboule le fric! PR |
108 |
|
affaire |
Clairement, euphémisme pour sexe.
Les dictionnaires ne citent pas cet emploi, bien que la langue substd
contemporaine emploie le mot dans des contextes nettement sexuels. P. ex.,
pour désigner un bon partenaire sexuel ou, au pl., pour nommer les
menstrues de la femme. |
453 |
|
affaire (faire son — à qqn) |
(substd) Lui régler son compte. |
43 |
|
affectation |
(mil. XVIIe) Action d'adopter (une manière d'être ou d'agir) de façon
ostentatoire, mais seulement en apparence. PR |
81 |
|
agourmandie |
Je n’ai pas trouvé d’autre attestation de ce mot (populaire ?
néologisme zolien ?), mais sa morphologie dérivationnelle (a-gourmand-ie)
en indique clairement le sens, « devenue, rendue gourmande »,
sur le modèle des Ppé du type a-plat-i
de aplatir, en relation avec
l’Adj plat. |
236 |
|
aileron |
Le DA ne cite comme sens substd que ceux de bras/ main et d’oreille,
qui ne me semblent pas particulièrement adaptés au contexte (« <les>
épaules nues <de Clémence>…
<Coupeau> voulait voir… il
ne touchait pas, il regardait seulement… cette dessalée de Clémence…
elle pouvait se montrer pour deux sous et laisser tâter… ces
compliments crus… »), lequel me paraît clairement grivois. Je
ferais volontiers l’hypothèse que les « ailerons » désignent
ici les seins de Clémence, par analogie avec les nageoire triangulaires
de certains poissons qu’il peut aussi désigner (courant, PR).
D’ailleurs Coupeau, peu après, essayera bien d’y mettre les mains (p. 182).
Un autre argument en faveur de cette hypothèse est que l’une des désignations
argotiques répertoriées des seins de la femme est celle de « flotteurs »
(DA), dont la proximité sémantique avec ailerons est évidente. |
181 |
|
ailes |
(vx) Bords d’un chapeau. RH |
99 |
|
aller
(faire — les bras) |
(substd vieilli) Faire des signes avec les bras. |
64 |
|
aller s’asseoir |
(probablt loc. substd, fig. et vieillie, sans autre attestation à ma
connaissance) Aller au diable, aller se promener. |
196 |
|
allumage |
(substd vieilli) Griserie. (Cf. note
à allumé, p. 109) |
186 |
|
allumé |
(substd) Excité, stimulé, animé. Emploi fréquent dans L’Assommoir,
rare aujourd’hui, sauf pour évoquer une excitation nerveuse ou
sexuelle. DA |
40 |
|
allumé |
(substd vieilli) Éméché. RH |
109 |
|
allumer (—
qqch à qqch) |
Mettre le feu à qqch, l’enflammer en l’approchant d’un corps
incandescent. Ici, métaphore hyperbolique de l’éclat des yeux de
Gervaise. |
195 |
|
allumer (s’—) |
Cf.
note à allumé, ci-dessus. |
69 |
|
amadou (une peau d’—) |
L’amadou est une substance spongieuse provenant de l'amadouvier
(champignon), préparée pour être inflammable. Mèche d'amadou des
anciens briquets. PR. Je n’ai pas trouvé d’attestation de
l’expression. Dans ce contexte, qui est celui d’un SIL assez agressif
de Clémence en direction de Mme Putois, elle sonne comme une pique, comme
une pointe ; or l’expression « sec comme de l’amadou »
est bien attestée au XIXe s ; on peut imaginer que Clémence,
par cette métaphore, cherche à offenser Mme Putois en critiquant sa peau
très sèche, le narrateur ayant effectivement noté 2§§ plus haut que,
malgré la canicule, elle « repassait sans une goutte de sueur »
(p. 171). |
172 |
|
andouille (faire son —) |
(substd) Andouille, niais, imbécile. Quelle andouille, ce type! Faire
l'andouille, faire l'imbécile ou simuler la naïveté. PR |
289 |
|
aristo |
(substd, par réduction d’aristocrate) Qui a une position sociale
privilégiée ; p. ext., qui se croit plus que les autres. HM |
59 |
|
arlequin |
(substd vx) Ensemble d’aliments disparates vendus au rabais par les
restaurateurs. DA |
465 |
|
assommoir |
1° (vx) Instrument qui sert à assommer. Cf. casse-tête. (mod. fig.) Coup
d’assommoir, événement soudain qui assomme, accable ; prix
exorbitant. 2° (v. 1850 ; vieilli) Cabaret où les consommateurs s'assomment
d'alcool. PR |
15 |
|
attaque
(d’—) |
(loc. adjective) (fin XIXe) (substd) Être d'attaque, prêt à
affronter les fatigues, en pleine forme. Je me sens « assez d'attaque
pour prendre le train de 6 heures 50 du matin » (André Gide). PR.
Ici, la locution est substantivée par l'article indéfini, comme le sont,
juste avant les adjectifs bon et
chouette. La substantivation de la locution (à la différence de
celle des adjectifs) en renforce la coloration substd. |
63 |
|
attendre voir |
Aucun des instruments grammaticaux ou lexicographiques à ma
disposition ne semble faire état de cette construction directe d’un
infinitif derrière attendre ;
la loc. est pourtant encore fréquente, avec voir,
dans la langue familière actuelle, où elle équivaut à la construction
standard : attendre pour/ de voir. |
448 |
|
attrapage |
(substd) N d’action, auj. concurrencé par attrapade, correspondant au sens (substd) de attraper, c.-à-d. faire de
vifs reproches, gronder, réprimander. RH+PR |
344 |
|
aujourd’hui (au jour d’—) |
(loc. substd vieillie) Aujourd’hui, jusqu’à aujourd’hui. |
79 |
|
avaler son écharpe |
Loc. probablt substd, sûrt vieille, dont je ne trouve d’attestation
dans aucun des instruments à ma disposition. En raison de la progression
dans laquelle elle s’inscrit (les hypothèses déjà formulées pour
expliquer l’absence du maire ont successivement été celle de sa
paresse, puis celle d’une partie fine), je suis tenté de la rapprocher
de la série avaler son bulletin ou
son extrait de naissance, le goujon,
sa chique, sa cuiller, sa fourchette, sa gaffe, sa langue, etc., ou
simplt l’avaler, bien attestées
au sens de mourir. DA |
90 |
|
bacchanal (masc. sg) |
(genre et nombre vieillis, qui n’ont été employés
qu’occasionnellement au figuré, ≠ Bacchanales,
fém. pl., propret, « fêtes de Bacchus ») (fig.) Débauche
bruyante. Cf. orgie. RH |
263 |
|
bâcler |
(cour. substd) Faire (un travail) à la hâte et sans soin. Cf.
expédier ; (substd) cochonner, saloper, torcher. PR |
216 |
|
badigoinces |
(toujours pl., substd et plais.) Lèvres. Se lécher les badigoinces. Cf.
babines. PR |
464 |
|
baffre |
(substd) Variante vieillie de baffe,
gifle. DA |
453 |
|
bagatelle |
(mod. substd) L'amour physique, le sexe. Il est très porté sur la
bagatelle. PR |
54 |
|
baise cadet |
Expression de mépris qui sert à clore une discussion qui déplaît.
HM. Je n’ai trouvé aucune explication à cette locution. Néanmoins le
geste qui accompagne sa profération (se
donna une claque sur la fesse, en criant :…) suggère que cadet y désigne peut-être le postérieur (qui est après tout,
comme son nom l’indique, ce qui vient derrière, est secondaire) ;
en somme, dans une forme plus moderne, elle pourrait équivaloir littéralement
à un retentissant « Lèche-moi le cul ! ». |
115 |
|
baladeuse |
Cf.
rouleuse, p. 337 et note. |
338 |
|
balancer |
Cf.
p. 262, envoyer (le
monde à la balançoire) et note. |
315 |
|
ballantes |
Qui remuent, se balancent (faute d'être appuyées). PR |
19 |
|
balthazar |
(vx et rare) Festin, fête. D’après PR. |
483 |
|
bannière |
(substd vieilli) Pan de chemise ; chemise. PR. L’hilarité que
provoque chez Clémence elle-même comme chez Augustine la phrase prononcée
par la première, ainsi que la réprimande adressée à l’apprentie (« En
voilà une morveuse qui riait des mots qu’elle ne devait pas comprendre ! »)
sug-gèrent que l’expression « Ça,
c’est la bannière ! » a des connotations grivoises :
est-ce lié au fait qu’une bannière, par définition, requiert une
hampe, qui, dans le cas de la chemise d’homme, ne serait rien d’autre
que le phallus de ce dernier ? ou bien y a-t-il une allusion à
l’expression substd C’est la
croix et la bannière (qui signifie « C’est très difficile,
c’est toute une affaire ») où la croix serait, elle, prise comme
image de ce phallus ? |
181 |
|
barboter |
Emploi transitif direct, au sens de « faire tremper et remuer
dans l’eau », d’un V qui n’a plus aujourd’hui d’emploi
qu’intransitif dans la langue standard, au sens de « se remuer et
s’agiter dans l’eau » (cf.
ici même, p. 407). |
38 |
|
barboter |
S'agiter, remuer dans l'eau, la boue. Les canards barbotent dans la
mare. Barboter dans son bain. – Marcher dans une eau bourbeuse. Cf.
patauger. PR. Ici, le verbe est pris figurément, au sens de s’empêtrer,
ne pas réussir à se tirer d’affaire, qu’a patauger
dans la langue actuelle. |
208 |
|
barcarolle |
Chanson des gondoliers vénitiens. – (par ext.) Pièce de musique
vocale ou instrumentale sur un rythme berceur à trois temps. PR |
270 |
|
barrière |
(anciennt) Porte qui fermait l'entrée d'une ville, d'un château. PR.
À l’époque où se déroule le roman (dans les années 50 et 60 du XIXe
s.), il s’agit d’une réalité plus fiscale que militaire, cf note à octroi. |
20 |
|
bassin |
(substd vieilli) Personne importune. DA. Auj., on n’emploie plus que
le V (substd) bassiner dans le
sens d’ennuyer, importuner (cf. ici-même
p. 313). |
177 |
|
bassiner |
(substd) Ennuyer, fatiguer, importuner. Cf.
barber, raser. PR.
Cf. note précédente. |
313 |
|
bastringue |
Bal de guinguette, dancing populaire. L'orchestre « jetait au
loin sa musique de bastringue, maigre et sautillante » (Maupassant).
PR |
206 |
|
bateau |
Pièce d’ébénisterie formant parement latéral d’un lit et qui
se relève à ses extrémités en dessinant une courbe. Par appos., lit
bateau. D’après PR |
341 |
|
batterie |
(techn.) Emplacement réservé aux opérations du “battage” du
linge, à l’aide d’un “battoir”, comme celui que Gervaise récupère
en entrant dans le lavoir (§ précédent). La suite est d’ailleurs tout
à fait explicite, « Le long
des batteries, aux deux côtés de l’allée centrale, il y avait
des files de femmes, les bras nus jusqu’aux épaules, le cou nu, les
jupes raccourcies montrant des bas de couleur et des souliers lacés.
Elles tapaient furieusement… ». Même sens, tout aussi
explicite, au § 2 de la p. 34. |
32 |
|
batteries |
(vx) Querelle violente ; échange de coups. Cf. bagarre, bataille. PR. (≠ p. 32 et note
correspondante). |
123 |
|
battre l’œil (se — de) |
(substd) N’y accorder aucune importance. Cf. (substd) S’en ficher, s’en taper, s’en balancer. PR |
403 |
|
battre la campagne |
Battre la campagne, le pays, les chemins. Cf. fouiller, reconnaître. « On avait beau battre les forêts,
fouiller les buissons » (Maupassant) [cf. battue]. (loc.) Esprit qui bat la campagne. Cf. divaguer, extravaguer. PR |
400 |
|
bayadère |
Danseuse sacrée de l'Inde. PR |
270 |
|
beaux jours (il y a —) |
(substd vieilli) Il y a longtemps, belle lurette. |
283 |
|
bec |
(fig. substd) La bouche de l'homme, dans certains emplois. Puer du
bec. PR |
185 |
|
bedon |
(substd) Ventre. |
61 |
|
bégueule |
(N fém. et Adj) Qui manifeste une pudibonderie exagérée, souvent
affectée. Cf. prude. PR |
296 |
|
béguin |
(fig., substd, vieilli) Passion passagère. Avoir le béguin pour qqn.
« Décidément, c'était le grand béguin, […] la vraie amour »
(Queneau). – Personne qui en est l'objet. Cf.
amoureux, chéri. C'est son béguin. PR |
188 |
|
beigne |
(substd) Gifle. Cf. baffe.
PR |
393 |
|
bénédicité |
Prière que les catholiques pieux dis(ai)ent avant le repas et qui
commence par le mot latin Benedicite
(Bénissez). Dire le bénédicité. PR |
108 |
|
béquiller |
(substd vx) Dissiper, gaspiller. RH |
476 |
|
berdouille |
(substd vx) Ventre. RH |
514 |
|
beurre (faire son —) |
(loc. substd vieillie) Se contenter, se satisfaire. Auj. la même loc.
signifierait plutôt tirer un profit. |
87 |
|
beurre (mettre du — dans les épinards) |
(substd) Améliorer la situation matérielle. |
460 |
|
bibelotage |
N d’action dérivé sur le verbe bibeloter,
p. 284 et note. |
339 |
|
bibeloter |
V rare et vieilli, de bibelot
[Petit objet curieux, décoratif. Cf. babiole,
(substd) bricole. PR]. Généralement le V concerne l’activité du
collectionneur, de l’amateur de petits objets d’art. RH. Le
rapprochement du N avec bricole
suggéré par le PR incite également à rapprocher les deux verbes
correspondants ; or, bricoler
depuis le XIXe s. a évolué vers « exécuter ingénieusement de
menues besognes ». RH. Il
bibelotait quelque commerce dès lors se comprend comme « il se
livrait à quelque petit commerce, faisait quelques petites affaires ». |
284 |
|
billet (je vous en flanque mon —) |
(loc. substd vieillie) Je vous donne, je vous fiche mon billet que. Cf.
certifier, garantir, parier. PR |
444 |
|
birbe (galt
vieux —) |
(loc. substd) Vieillard ou homme d'âge mûr, ennuyeux et ratiocinant.
PR |
434 |
|
bisbille |
(substd) Petite querelle pour un motif futile. Cf. chamaillerie, dispute. PR |
344 |
|
blague dans le coin |
(substd vieilli) Plaisanterie mise à part. Aujourd’hui, on dirait
plutôt, dans le même registre familier, « Blague à part. » |
109 |
|
bleu (aussi :
— de lessive) |
(N vieilli) Colorant donnant des reflets bleutés, qu’on utilisait
pour parfaire l’impression de blancheur du linge propre par l’« azurage ».
RH. Pratique aujourd’hui abandonnée, mais peut-être faut-il faire
remonter à elle l’adj. composé contemporain blanc-bleu,
généralement employé figurément pour caractériser qqn/qqch de
« sans tache, au-dessus de tout soupçon ». |
31 |
|
bleu (voir —) |
(vieilli) Probable variante de (loc. fig.) « n'y voir que du
bleu », n'y rien voir, n'y rien comprendre. PR. Emploi figuré de
« bleu », cf. note
précédente, où cette couleur en tant que symbole de propreté parfaite
est assimilée à ce qui, étant sans tache, ne donne rien à voir. Cf.
aussi « n'y voir que du feu » : variante paronymique ? |
381 |
|
bleu (faire passer au—) |
(substd vx) Faire échapper, détourner, i.e. rendre invisible. Acception figurée de bleu, cf. les deux notes
ci-dessus. Auj., de manière symétrique mais en recourant au même champ
métaphorique, on emploie blanchir
et blanchiment, pour parler non
de détournement, mais de retour à la légalité, à ce qui est sans
tache, de ce qui a été précédemment détourné, était donc
“sale”. |
386 |
|
bœuf |
(Adj inv. substd) Un effet, un succès bœuf, très grand et étonnant.
Cf. énorme, monstre. PR |
442 |
|
boire un bouillon |
Avaler de l'eau en nageant ; (fig. substd) essuyer une perte, un
échec considérable par suite d'une mauvaise spéculation, d’un mauvais
calcul (cf. Boire la
tasse). PR |
292 |
|
boisseau |
(vx) Ancienne mesure de capacité. P. ext., récipient cylindrique ou
son contenu. RH |
465 |
|
boîte |
(substd) Entreprise. PR |
204 |
|
boléro |
Danse espagnole à trois temps, de mouvement très modéré. – Air
sur lequel on la danse. PR |
270 |
|
bon enfant |
SN cplt du N. (loc. substd) Sans complication, sans trop d’exigence. |
87 |
Bondy
|
Village où se trouvait la décharge à ordures de Paris. HM. Par métonymie,
être à Bondy, c’est être des
ordures. |
412 |
|
bonnichon |
(substd péj.) Resuffixation de bonnet
(cf. aussi p. 453) ;
ici, coiffure populaire, par opposition aux chapeaux
des “dames”. |
422 |
|
bordées |
(mar.) Route parcourue par un navire qui louvoie sans virer de bord.
Faire, courir une bordée. Tirer des bordées. Cf. louvoyer. (substd) (1833) Partie de débauche. (loc.) Tirer une bordée, courir
les bars, les cabarets. Cf. virée.
PR+DA |
184 |
|
borgne |
Mal famé. PR |
465 |
|
bosse |
Excès (de plaisir ou de débauche). HM |
89 |
|
bouche (pour la bonne —) |
Garder qqch. pour la bonne bouche, le manger en dernier pour en
conserver le goût agréable; (fig.) garder le meilleur pour la fin. PR |
277 |
|
bouche (sur leur —) |
Locution probablement populaire, dont je n'ai trouvé aucune
attestation dans les instruments dont je dispose. Vu le contexte étroit (pas
propres, noceuses ≠ au sérieux), on peut imaginer qu'elle
stigmatise les femmes qui en font trop pour ou par leur “bouche”, soit
celles qui ne songent qu'à manger et boire, soit celles qui sont médisantes. |
68 |
|
boueux |
(substd) Employé chargé d'enlever les ordures ménagères et les
boues sur la voie publique. Cf.
éboueur. PR |
465 |
|
bougre |
(substd) Drôle, gaillard. PR |
307 |
|
bouillon pointu |
Lavement. HM |
246 |
|
bouillonné |
(cout.) Ornement fait d'une bande froncée sur ses deux bords et posée
en applique. PR |
179 |
|
boule (perdre la —) |
(substd) Perdre la tête, ses esprits. |
456 |
|
boulotter |
(substd vx) Vivoter, aller doucement. DA. Auj. n’est plus employé
que transitivement au sens (substd) de manger. |
338 |
|
bourgeois |
(substd) Mari ou, en fait, ici, concubin, hors de tout considération
sociologique. Ailleurs dans le roman, occurrences au féminin. |
21 |
|
bourgeron |
(vx) Courte blouse de travail en grosse toile. PR |
22 |
|
bourrichon (se monter le —) |
(substd) Monter le bourrichon à qqn, lui monter la tête. « Il
faut se monter le bourrichon pour faire de la littérature »
(Flaubert). Cf. s'illusionner.
PR |
180 |
|
bourrique |
1° Âne, ânesse. – (loc.) Têtu comme une bourrique. Faire tourner
qqn en bourrique, l'abêtir à force d'exigences, de taquineries, de
contrordres (cf. Faire devenir
chèvre). 2° (fig. substd) Personne bête et têtue. Quelle bourrique! PR |
395 |
|
boursicot |
(substd vieilli) Petit pécule. Dim. de bourse. RH |
463 |
|
bousin |
1° (substd vx) Cabaret mal famé. Cf.
bouge. 2° (mod. substd) Vacarme, tumulte. Cf. (substd) boucan. Faire du bousin. Quel bousin ! PR. Cf.
aussi bousingot, p. 314 et note. |
386 |
|
bousingot |
Variante à suffixe substd –go(t)
de (substd vx) bousin, cabaret mal famé. Cf. bouge. PR |
314 |
|
boustifaille |
(substd) Nourriture, repas. Cf. bouffe.
Un congélateur plein de boustifaille. PR |
108 |
|
braise |
(substd vx) Argent (monnayé). PR |
475 |
|
breloque (battre la —) |
Être agité de forts tremblements. Malgré PR |
457 |
|
bricole |
Activité insignifiante, sans importance. Il me reste juste quelques
bricoles à faire. PR |
162 |
|
bride |
(substd vx) S’emploie notamment pour désigner la chaîne des
bagnards. DA. D’où, par métonymie, le forçat lui-même ? Ici, N
de qualité injurieux. |
313 |
|
brindezingues
(dans les —) |
(loc. substd vieillie) Ivre. – (Adj par dérivation impropre ;
substd), brindezingue
anciennement de même sens ; aujourd’hui signifiant plutôt
« un peu fou ». PR |
115 |
|
bringue (grande —) |
(substd et péj.) Une grande bringue, une grande fille dégingandée.
PR |
27 |
|
brûle-gueule |
Pipe à tuyau très court. Cf.
bouffarde. PR |
411 |
|
brûlot |
Eau-de-vie sucrée et flambée. PR |
115 |
|
brunisseuse |
(techn.) Ouvrière chargée des opérations de brunissage [(techn.) Opération
consistant à polir en frottant un métal fin, ou à roder la surface
soumise au frottement d'une pièce mécanique, ou à donner un certain
poli à un métal par une oxydation superficielle. Brunissage de l'or.].
PR |
19 |
|
bûcher (se —) |
(substd vx) Se battre. DA |
225 |