stylistique de L'Assommoir

Page d'accueil             aller au           Devoir de Grammaire-stylistique 19ème 

Glossaire assommant !

Grammaire stylistique du 19ème siècle

Par Hubert Tullon de l'E.N.S de Rabat

Zola, L’Assommoir, [1877], Gallimard, Folio classique, fév. 2000  
 
Lettres (A-B)      (C)(D-K) , (L-Q)(R-Z)

Notes destinées à faciliter la lecture

(version alphabétique, pagination de l’édition de référence)

         Je me suis efforcé de relever systématiquement ce qui pourrait vous arrêter dans votre lecture ou vous induire en erreur. Mes choix sont évidemment arbitraires, mais je me tiens à votre disposition pour tenter d’éclairer toute autre difficulté que vous rencontreriez. De même, n’ayant pas toujours trouvé de réponse aux questions que je me posais dans les ouvrages que j’ai sous la main, j’ai parfois été amené à me contenter d’hypothèses, nécessairement sujettes à caution : si vous en avez de concurrentes, je suis prêt à les examiner avec vous.

À côté d’une syntaxe à de rares exceptions près parfaitement conforme à la norme, la principale difficulté de la langue de L’Assommoir provient de la place très grande qu’y tiennent les registres familier, vulgaire, populaire et argotique, y compris fréquemment dans la langue du narrateur. Cependant la distinction même de ces registres, outre le fait qu’ils opèrent à des niveaux différents (communicatif vs objectif vs sociologique), me paraît souvent aléatoire et éminemment subjective, à comparer les jugements émis par les lexicologues. Cela découle largement du fait que l’argot ne cesse d’alimenter la langue populaire, laquelle à son tour est le terreau de la langue familière. Encore ces processus, pour être rapides, n’ont-ils rien de régulier. C’est pourquoi j’ai préféré subsumer ces diverses catégories sous celle du substandard (substd), par opposition à une langue standard (std) qui recoupe une certaine norme, le tout combiné à des indications diachroniques dont le repère est la langue actuelle : mod. pour des emplois plus récents que d’autres (mais qui peuvent remonter parfois aux XVIIe ou XVIIIe s.) et encore vivants ; vieilli pour des emplois qui restent accessibles au locuteur contemporain mais de manière généralement passive ; vx pour des emplois complètement sortis de l’usage et requérant une compétence lexicographique particulière.

Pour le reste, on ne trouvera que des abréviations usuelles, mis à part celles relatives à mes sources, que je reprends ci-dessous :

• BW : Dictionnaire étymologique de la langue française, O. Bloch et W. von Wartburg, PUF, 1968

• DA : Dictionnaire de l’argot, J.-P. Colin, J.-P. Mével et Chr. Leclère, Larousse, 1994

• DAF : Dictionnaire de l’ancien français, A. J. Greimas, Larousse, 1968

• DH : Dictionnaire Hachette multimédia encyclopédique CD-Rom, 1997

• DMF : Dictionnaire du moyen français, A. J. Greimas et T. M. Keane, Larousse, 1992

• GA : La grammaire d’aujourd’hui, M. Arrivé, F. Gadet, M. Galmiche, Flammarion, 1986

• HM : Glossaire de l’édition de référence, dont nous sommes redevables à Henri Mitterand

• PR : Le Petit Robert CD-Rom, 1996

• RH : Le Robert Dictionnaire historique de la langue française, 2. vol., 1995 

N.B. : Il va de soi que des coquilles m’auront échappé : excusez-m’en et merci de me les signaler.  

pages de l'édition du concours

abattage

(substd vx) (1889[1]) Vive réprimande. RH

315

abattis

(fig. substd) Bras et jambes. (loc.) Numéroter ses abattis, se préparer à une lutte comme si on risquait de perdre l'intégrité et la disposition de ses membres. PR. Au même sens, numéroter ses os, cf. ici même p. 488.

109

abattis

Ici, probablement pour abattage, c.-à-d. démolition de vieilles maisons, rendue nécessaire par l’ouverture des deux boulevards dont il est question ; ce sont ces démolitions de vieilles bâtisses qui expliquent les traces de plâtre encore visibles ; le PR note un sens proche, tout en le restreignant à un usage régional (canadianisme) d’abattis, c’est celui de bois dont les arbres ont été abattus et enlevés.

479

abominer

(littér.) Avoir en horreur. Cf. abhorrer, détester, exécrer. PR

343

abouler

1° (V intr. ou pron.) (substd vx) Abouler ou s'abouler, arriver. 

2° (V tr.) (substd) Donner. Aboule le fric! PR

108

affaire

Clairement, euphémisme pour sexe. Les dictionnaires ne citent pas cet emploi, bien que la langue substd contemporaine emploie le mot dans des contextes nettement sexuels. P. ex., pour désigner un bon partenaire sexuel ou, au pl., pour nommer les menstrues de la femme.

453

affaire (faire son — à qqn)

(substd) Lui régler son compte.

43

affectation

(mil. XVIIe) Action d'adopter (une manière d'être ou d'agir) de façon ostentatoire, mais seulement en apparence. PR

81

agourmandie

Je n’ai pas trouvé d’autre attestation de ce mot (populaire ? néologisme zolien ?), mais sa morphologie dérivationnelle (a-gourmand-ie) en indique clairement le sens, « devenue, rendue gourmande », sur le modèle des Ppé du type a-plat-i de aplatir, en relation avec l’Adj plat.

236

aileron

Le DA ne cite comme sens substd que ceux de bras/ main et d’oreille, qui ne me semblent pas particulièrement adaptés au contexte (« <les> épaules nues <de Clémence>… <Coupeau> voulait voir… il ne touchait pas, il regardait seulement… cette dessalée de Clémence… elle pouvait se montrer pour deux sous et laisser tâter… ces compliments crus… »), lequel me paraît clairement grivois. Je ferais volontiers l’hypothèse que les « ailerons » désignent ici les seins de Clémence, par analogie avec les nageoire triangulaires de certains poissons qu’il peut aussi désigner (courant, PR). D’ailleurs Coupeau, peu après, essayera bien d’y mettre les mains (p. 182). Un autre argument en faveur de cette hypothèse est que l’une des désignations argotiques répertoriées des seins de la femme est celle de « flotteurs » (DA), dont la proximité sémantique avec ailerons est évidente.

181

ailes

(vx) Bords d’un chapeau. RH

99

aller (faire — les bras)

(substd vieilli) Faire des signes avec les bras.

64

aller s’asseoir

(probablt loc. substd, fig. et vieillie, sans autre attestation à ma connaissance) Aller au diable, aller se promener.

196

allumage

(substd vieilli) Griserie. (Cf. note à allumé, p. 109)

186

allumé

(substd) Excité, stimulé, animé. Emploi fréquent dans L’Assommoir, rare aujourd’hui, sauf pour évoquer une excitation nerveuse ou sexuelle. DA

40

allumé

(substd vieilli) Éméché. RH

109

allumer (— qqch à qqch)

Mettre le feu à qqch, l’enflammer en l’approchant d’un corps incandescent. Ici, métaphore hyperbolique de l’éclat des yeux de Gervaise.

195

allumer (s’—)

Cf. note à allumé, ci-dessus.

69

amadou (une peau d’—)

L’amadou est une substance spongieuse provenant de l'amadouvier (champignon), préparée pour être inflammable. Mèche d'amadou des anciens briquets. PR. Je n’ai pas trouvé d’attestation de l’expression. Dans ce contexte, qui est celui d’un SIL assez agressif de Clémence en direction de Mme Putois, elle sonne comme une pique, comme une pointe ; or l’expression « sec comme de l’amadou » est bien attestée au XIXe s ; on peut imaginer que Clémence, par cette métaphore, cherche à offenser Mme Putois en critiquant sa peau très sèche, le narrateur ayant effectivement noté 2§§ plus haut que, malgré la canicule, elle « repassait sans une goutte de sueur » (p. 171).

172

andouille (faire son —)

(substd) Andouille, niais, imbécile. Quelle andouille, ce type! Faire l'andouille, faire l'imbécile ou simuler la naïveté. PR

289

aristo

(substd, par réduction d’aristocrate) Qui a une position sociale privilégiée ; p. ext., qui se croit plus que les autres. HM

59

arlequin

(substd vx) Ensemble d’aliments disparates vendus au rabais par les restaurateurs. DA

465

assommoir

1° (vx) Instrument qui sert à assommer. Cf. casse-tête.

(mod. fig.) Coup d’assommoir, événement soudain qui assomme, accable ; prix exorbitant.

2° (v. 1850 ; vieilli) Cabaret où les consommateurs s'assomment d'alcool. PR

15

attaque (d’—)

(loc. adjective) (fin XIXe) (substd) Être d'attaque, prêt à affronter les fatigues, en pleine forme. Je me sens « assez d'attaque pour prendre le train de 6 heures 50 du matin » (André Gide). PR. Ici, la locution est substantivée par l'article indéfini, comme le sont, juste avant les adjectifs bon et chouette. La substantivation de la locution (à la différence de celle des adjectifs) en renforce la coloration substd.

63

attendre voir

Aucun des instruments grammaticaux ou lexicographiques à ma disposition ne semble faire état de cette construction directe d’un infinitif derrière attendre ; la loc. est pourtant encore fréquente, avec voir, dans la langue familière actuelle, où elle équivaut à la construction standard : attendre pour/ de voir.

448

attrapage

(substd) N d’action, auj. concurrencé par attrapade, correspondant au sens (substd) de attraper, c.-à-d. faire de vifs reproches, gronder, réprimander. RH+PR

344

aujourd’hui (au jour d’—)

(loc. substd vieillie) Aujourd’hui, jusqu’à aujourd’hui.

79

avaler son écharpe

Loc. probablt substd, sûrt vieille, dont je ne trouve d’attestation dans aucun des instruments à ma disposition. En raison de la progression dans laquelle elle s’inscrit (les hypothèses déjà formulées pour expliquer l’absence du maire ont successivement été celle de sa paresse, puis celle d’une partie fine), je suis tenté de la rapprocher de la série avaler son bulletin ou son extrait de naissance, le goujon, sa chique, sa cuiller, sa fourchette, sa gaffe, sa langue, etc., ou simplt l’avaler, bien attestées au sens de mourir. DA

90

bacchanal (masc. sg)

(genre et nombre vieillis, qui n’ont été employés qu’occasionnellement au figuré, ≠ Bacchanales, fém. pl., propret, « fêtes de Bacchus ») (fig.) Débauche bruyante. Cf. orgie. RH

263

bâcler

(cour. substd) Faire (un travail) à la hâte et sans soin. Cf. expédier ; (substd) cochonner, saloper, torcher. PR

216

badigoinces

(toujours pl., substd et plais.) Lèvres. Se lécher les badigoinces. Cf. babines. PR

464

baffre

(substd) Variante vieillie de baffe, gifle. DA

453

bagatelle

(mod. substd) L'amour physique, le sexe. Il est très porté sur la bagatelle. PR

54

baise cadet

Expression de mépris qui sert à clore une discussion qui déplaît. HM. Je n’ai trouvé aucune explication à cette locution. Néanmoins le geste qui accompagne sa profération (se donna une claque sur la fesse, en criant :…) suggère que cadet y désigne peut-être le postérieur (qui est après tout, comme son nom l’indique, ce qui vient derrière, est secondaire) ; en somme, dans une forme plus moderne, elle pourrait équivaloir littéralement à un retentissant « Lèche-moi le cul ! ».

115

baladeuse

Cf. rouleuse, p. 337 et note.

338

balancer

Cf. p. 262, envoyer (le monde à la balançoire) et note.

315

ballantes

Qui remuent, se balancent (faute d'être appuyées). PR

19

balthazar

(vx et rare) Festin, fête. D’après PR.

483

bannière

(substd vieilli) Pan de chemise ; chemise. PR. L’hilarité que provoque chez Clémence elle-même comme chez Augustine la phrase prononcée par la première, ainsi que la réprimande adressée à l’apprentie (« En voilà une morveuse qui riait des mots qu’elle ne devait pas comprendre ! ») sug-gèrent que l’expression « Ça, c’est la bannière ! » a des connotations grivoises : est-ce lié au fait qu’une bannière, par définition, requiert une hampe, qui, dans le cas de la chemise d’homme, ne serait rien d’autre que le phallus de ce dernier ? ou bien y a-t-il une allusion à l’expression substd C’est la croix et la bannière (qui signifie « C’est très difficile, c’est toute une affaire ») où la croix serait, elle, prise comme image de ce phallus ?

181

barboter

Emploi transitif direct, au sens de « faire tremper et remuer dans l’eau », d’un V qui n’a plus aujourd’hui d’emploi qu’intransitif dans la langue standard, au sens de « se remuer et s’agiter dans l’eau » (cf. ici même, p. 407).

38

barboter

S'agiter, remuer dans l'eau, la boue. Les canards barbotent dans la mare. Barboter dans son bain. – Marcher dans une eau bourbeuse. Cf. patauger. PR. Ici, le verbe est pris figurément, au sens de s’empêtrer, ne pas réussir à se tirer d’affaire, qu’a patauger dans la langue actuelle.

208

barcarolle

Chanson des gondoliers vénitiens. – (par ext.) Pièce de musique vocale ou instrumentale sur un rythme berceur à trois temps. PR

270

barrière

(anciennt) Porte qui fermait l'entrée d'une ville, d'un château. PR. À l’époque où se déroule le roman (dans les années 50 et 60 du XIXe s.), il s’agit d’une réalité plus fiscale que militaire, cf note à octroi.

20

bassin

(substd vieilli) Personne importune. DA. Auj., on n’emploie plus que le V (substd) bassiner dans le sens d’ennuyer, importuner (cf. ici-même p. 313).

177

bassiner

(substd) Ennuyer, fatiguer, importuner. Cf. barber, raser. PR. Cf. note précédente.

313

bastringue

Bal de guinguette, dancing populaire. L'orchestre « jetait au loin sa musique de bastringue, maigre et sautillante » (Maupassant). PR

206

bateau

Pièce d’ébénisterie formant parement latéral d’un lit et qui se relève à ses extrémités en dessinant une courbe. Par appos., lit bateau. D’après PR

341

batterie

(techn.) Emplacement réservé aux opérations du “battage” du linge, à l’aide d’un “battoir”, comme celui que Gervaise récupère en entrant dans le lavoir (§ précédent). La suite est d’ailleurs tout à fait explicite, « Le long des batteries, aux deux côtés de l’allée centrale, il y avait des files de femmes, les bras nus jusqu’aux épaules, le cou nu, les jupes raccourcies montrant des bas de couleur et des souliers lacés. Elles tapaient furieusement… ». Même sens, tout aussi explicite, au § 2 de la p. 34.

32

batteries

(vx) Querelle violente ; échange de coups. Cf. bagarre, bataille. PR. (≠ p. 32 et note correspondante).

123

battre l’œil (se — de)

(substd) N’y accorder aucune importance. Cf. (substd) S’en ficher, s’en taper, s’en balancer. PR

403

battre la campagne

Battre la campagne, le pays, les chemins. Cf. fouiller, reconnaître. « On avait beau battre les forêts, fouiller les buissons » (Maupassant) [cf. battue].

(loc.) Esprit qui bat la campagne. Cf. divaguer, extravaguer. PR

400

bayadère

Danseuse sacrée de l'Inde. PR

270

beaux jours (il y a —)

(substd vieilli) Il y a longtemps, belle lurette.

283

bec

(fig. substd) La bouche de l'homme, dans certains emplois. Puer du bec. PR

185

bedon

(substd) Ventre.

61

bégueule

(N fém. et Adj) Qui manifeste une pudibonderie exagérée, souvent affectée. Cf. prude. PR

296

béguin

(fig., substd, vieilli) Passion passagère. Avoir le béguin pour qqn. «  Décidément, c'était le grand béguin, […] la vraie amour » (Queneau). – Personne qui en est l'objet. Cf. amoureux, chéri. C'est son béguin. PR

188

beigne

(substd) Gifle. Cf. baffe. PR

393

bénédicité

Prière que les catholiques pieux dis(ai)ent avant le repas et qui commence par le mot latin Benedicite (Bénissez). Dire le bénédicité. PR

108

béquiller

(substd vx) Dissiper, gaspiller. RH

476

berdouille

(substd vx) Ventre. RH

514

beurre (faire son —)

(loc. substd vieillie) Se contenter, se satisfaire. Auj. la même loc. signifierait plutôt tirer un profit.

87

beurre (mettre du — dans les épinards)

(substd) Améliorer la situation matérielle.

460

bibelotage

N d’action dérivé sur le verbe bibeloter, p. 284 et note.

339

bibeloter

V rare et vieilli, de bibelot [Petit objet curieux, décoratif. Cf. babiole, (substd) bricole. PR]. Généralement le V concerne l’activité du collectionneur, de l’amateur de petits objets d’art. RH. Le rapprochement du N avec bricole suggéré par le PR incite également à rapprocher les deux verbes correspondants ; or, bricoler depuis le XIXe s. a évolué vers « exécuter ingénieusement de menues besognes ». RH. Il bibelotait quelque commerce dès lors se comprend comme « il se livrait à quelque petit commerce, faisait quelques petites affaires ».

284

billet (je vous en flanque mon —)

(loc. substd vieillie) Je vous donne, je vous fiche mon billet que. Cf. certifier, garantir, parier. PR

444

birbe (galt  vieux —)

(loc. substd) Vieillard ou homme d'âge mûr, ennuyeux et ratiocinant. PR

434

bisbille

(substd) Petite querelle pour un motif futile. Cf. chamaillerie, dispute. PR

344

blague dans le coin

(substd vieilli) Plaisanterie mise à part. Aujourd’hui, on dirait plutôt, dans le même registre familier, « Blague à part. »

109

bleu (aussi : — de lessive)

(N vieilli) Colorant donnant des reflets bleutés, qu’on utilisait pour parfaire l’impression de blancheur du linge propre par l’« azurage ». RH. Pratique aujourd’hui abandonnée, mais peut-être faut-il faire remonter à elle l’adj. composé contemporain blanc-bleu, généralement employé figurément pour caractériser qqn/qqch de « sans tache, au-dessus de tout soupçon ».

31

bleu (voir —)

(vieilli) Probable variante de (loc. fig.) « n'y voir que du bleu », n'y rien voir, n'y rien comprendre. PR. Emploi figuré de « bleu », cf. note précédente, où cette couleur en tant que symbole de propreté parfaite est assimilée à ce qui, étant sans tache, ne donne rien à voir. Cf. aussi « n'y voir que du feu » : variante paronymique ?

381

bleu (faire passer au—)

(substd vx) Faire échapper, détourner, i.e. rendre invisible. Acception figurée de bleu, cf. les deux notes ci-dessus. Auj., de manière symétrique mais en recourant au même champ métaphorique, on emploie blanchir et blanchiment, pour parler non de détournement, mais de retour à la légalité, à ce qui est sans tache, de ce qui a été précédemment détourné, était donc “sale”.

386

bœuf

(Adj inv. substd) Un effet, un succès bœuf, très grand et étonnant. Cf. énorme, monstre. PR

442

boire un bouillon

Avaler de l'eau en nageant ; (fig. substd) essuyer une perte, un échec considérable par suite d'une mauvaise spéculation, d’un mauvais calcul (cf. Boire la tasse). PR

292

boisseau

(vx) Ancienne mesure de capacité. P. ext., récipient cylindrique ou son contenu. RH

465

boîte

(substd) Entreprise. PR

204

boléro

Danse espagnole à trois temps, de mouvement très modéré. – Air sur lequel on la danse. PR

270

bon enfant

SN cplt du N. (loc. substd) Sans complication, sans trop d’exigence.

87

Bondy

Village où se trouvait la décharge à ordures de Paris. HM. Par métonymie, être à Bondy, c’est être des ordures.

412

bonnichon

(substd péj.) Resuffixation de bonnet (cf. aussi p. 453) ; ici, coiffure populaire, par opposition aux chapeaux des “dames”.

422

bordées

(mar.) Route parcourue par un navire qui louvoie sans virer de bord. Faire, courir une bordée. Tirer des bordées. Cf. louvoyer.

(substd) (1833) Partie de débauche. (loc.) Tirer une bordée, courir les bars, les cabarets. Cf. virée. PR+DA

184

borgne

Mal famé. PR

465

bosse

Excès (de plaisir ou de débauche). HM

89

bouche (pour la bonne —)

Garder qqch. pour la bonne bouche, le manger en dernier pour en conserver le goût agréable; (fig.) garder le meilleur pour la fin. PR

277

bouche (sur leur —)

Locution probablement populaire, dont je n'ai trouvé aucune attestation dans les instruments dont je dispose. Vu le contexte étroit (pas propres, noceuses ≠ au sérieux), on peut imaginer qu'elle stigmatise les femmes qui en font trop pour ou par leur “bouche”, soit celles qui ne songent qu'à manger et boire, soit celles qui sont médisantes.

68

boueux

(substd) Employé chargé d'enlever les ordures ménagères et les boues sur la voie publique. Cf. éboueur. PR

465

bougre

(substd) Drôle, gaillard. PR

307

bouillon pointu

Lavement. HM

246

bouillonné

(cout.) Ornement fait d'une bande froncée sur ses deux bords et posée en applique. PR

179

boule (perdre la —)

(substd) Perdre la tête, ses esprits.

456

boulotter

(substd vx) Vivoter, aller doucement. DA. Auj. n’est plus employé que transitivement au sens (substd) de manger.

338

bourgeois

(substd) Mari ou, en fait, ici, concubin, hors de tout considération sociologique. Ailleurs dans le roman, occurrences au féminin.

21

bourgeron

(vx) Courte blouse de travail en grosse toile. PR

22

bourrichon (se monter le —)

(substd) Monter le bourrichon à qqn, lui monter la tête. « Il faut se monter le bourrichon pour faire de la littérature » (Flaubert). Cf. s'illusionner. PR

180

bourrique

1° Âne, ânesse. – (loc.) Têtu comme une bourrique. Faire tourner qqn en bourrique, l'abêtir à force d'exigences, de taquineries, de contrordres (cf. Faire devenir chèvre). 

2° (fig. substd) Personne bête et têtue. Quelle bourrique! PR

395

boursicot

(substd vieilli) Petit pécule. Dim. de bourse. RH

463

bousin

1° (substd vx) Cabaret mal famé. Cf. bouge. 

2° (mod. substd) Vacarme, tumulte. Cf. (substd) boucan. Faire du bousin. Quel bousin ! PR. Cf. aussi bousingot, p. 314 et note.

386

bousingot

Variante à suffixe substd –go(t) de (substd vx) bousin, cabaret mal famé. Cf. bouge. PR

314

boustifaille

(substd) Nourriture, repas. Cf. bouffe. Un congélateur plein de boustifaille. PR

108

braise

(substd vx) Argent (monnayé). PR

475

breloque (battre la —)

Être agité de forts tremblements. Malgré PR

457

bricole

Activité insignifiante, sans importance. Il me reste juste quelques bricoles à faire. PR

162

bride

(substd vx) S’emploie notamment pour désigner la chaîne des bagnards. DA. D’où, par métonymie, le forçat lui-même ? Ici, N de qualité injurieux.

313

brindezingues (dans les —)

(loc. substd vieillie) Ivre. – (Adj par dérivation impropre ; substd), brindezingue anciennement de même sens ; aujourd’hui signifiant plutôt « un peu fou ». PR

115

bringue (grande —)

(substd et péj.) Une grande bringue, une grande fille dégingandée. PR

27

brûle-gueule

Pipe à tuyau très court. Cf. bouffarde. PR

411

brûlot

Eau-de-vie sucrée et flambée. PR

115

brunisseuse

(techn.) Ouvrière chargée des opérations de brunissage [(techn.) Opération consistant à polir en frottant un métal fin, ou à roder la surface soumise au frottement d'une pièce mécanique, ou à donner un certain poli à un métal par une oxydation superficielle. Brunissage de l'or.]. PR

19

bûcher (se —)

(substd vx) Se battre. DA

225



[1] Ce serait donc ici, en dépit du RH, la 1ère attestation de ce sens.