lexique assommant !

Glossaire assommant !   par H.Tullon C.P.A de Rabat

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Lettre C

ça (quand on a de—)

Emploi du démonstratif neutre ça comme substitut de l’indéfini quelque chose.

282

caboche

(substd) Tête. (fig.) N'avoir rien dans la caboche. Il a une rude, une sacrée caboche! il est têtu. Cf. cabochard. PR

271

cabriole (faire la —)

Loc. imagée, probablet substd, non attestée par ailleurs, désignant clairement le fait de coïter. Cf., appartenant au même champ lexical et au même registre, se faire culbuter, s’envoyer en l’air.

330

cachette

La structure syntaxique semble, ici, faire de cachette le N d’action de cacher. Emploi très original, dont je n’ai pas trouvé d’autre exemple.

386

cadet

(vx) Individu, gaillard. HM

204

cafard

(vx) Personne qui affecte l'apparence de la dévotion. Cf. bigot, tartufe. PR. (par ext.) Hypocrite.

312

caillou

(substd) Tête.

433

caloquet

Probablt dérivé de calot/ calotte, lui-même d’origine obscure et dont la base a servi à faire toutes sortes de noms de coiffures (calette, caline, calipette…). BW

434

calotte

(1808) (fig. et substd) Tape sur la tête, la figure. Cf. claque, gifle. PR

87

camaro

(substd vx) Camarade. DA

315

cambuse

 (1875) (péj.) Chambre, logis pauvre, mal tenu. Cf. turne. PR

320

camisole

(vieilli) Vêtement court, à manches, porté sur la chemise. Cf. brassière, caraco, casaquin, gilet. PR

19

camoufle

(substd vx) Nom donné à diverses sources de lumière (chandelle, lampe…). DA

496

camphre

Substance de saveur âcre et aromatique, extraite du camphrier, aux propriétés stimulantes et antiseptiques. DH. Ici, par métaphore, le camphre ayant essentiellement un usage médical. La métaphore sera “filée” dans la réplique suivante de Coupeau.

411

canaille

(Adj) (1867) Vulgaire, avec une pointe de perversité. Cf. arsouille, gouape. Ce chapeau lui donne l'air canaille. Des manières canailles.

72

cancan

Bavardage calomnieux, bruit empreint de médisance, de malveillance. Cf. commérage, ragot. PR. Cf. aussi, p. 168, clabauder et note.

326

canon

Ancienne mesure de capacité. – Par ext. (XVIIIe) (substd) Bouteille et, surtout, verre de vin. Boire un canon. Un canon de rouge. PR

60

canulant

(substd vx) Ennuyeux. Cf. barbant, rasant. PR

131

caramboler

(substd) Posséder sexuellement. DA

436

carapater (se —)

(substd) S’enfuir. PR

511

carbonate de soude

(improprement appelé bicarbonate de soude p. 32, alors que ce dernier n’a que des usages pharmaceutiques) Substance alcaline anciennement utilisée comme détergent et détachant, et qui se présentait sous la forme des cristaux dont il est question trois lignes avant cette occurrence.

36

carne

1° (substd vieilli) Viande de mauvaise qualité (Cf. barbaque) ou très dure (Cf. semelle). « Cette carne bouillie des conserves » (Goncourt).

2° (substd vieilli) Vieux cheval. Une vieille carne. Cf. rosse. Personne (en général, femme) méchante, désagréable, insupportable. Cf. chameau, rosse, vache. Cette sale carne. – Appellatif injurieux Vieille carne! PR

44

caronade

Ancien canon court. PR

269

carrer (se —)

1° (vx) Prendre une attitude d'importance et de satisfaction. 

2° (XIXe) Se carrer dans un fauteuil, dans sa voiture, s'y installer confortablement ; s'y mettre à l'aise. Cf. se caler, s'étaler. PR

383

casaquin

1° (anciennt) Corsage de femme. 

2° (fig. et substd) Tomber, sauter sur le casaquin de qqn, se jeter sur qqn, le battre. PR

464

casse-poitrine

(substd) Eau-de-vie poivrée. HM

115

casser (— l’estomac)

(substd vieilli) Rendre malade

48

casser (se — les côtes)

(substd vieilli) Se donner du mal. Dans la langue actuelle, on a se casser le cul, la tête, le tronc… avec le même sens.

88

casser la gueule à qqn

 (substd) Le frapper violemment. Ici employé figurément en liaison avec la métaphore de la négresse pour la bouteille, avec peut-être une réminiscence de la loc. casser le goulot, cf. note suivante.

261

casser le goulot

Déboucher et boire. Première attestation de l’expression. DA

255

casser les jambes

(loc. imagée, probablt substd) Ôter tous les moyens.

384

catin

(vieilli) Prostituée. Cf. (substd) putain. PR

27

cato ou cathau

(substd) Diminutif de Catherine. Prostituée. Évolution semblable pour margot, cf. note à ce mot.

405

cauchemardé

Cf. note suivante.

511

cauchemarder (se —)

Faire des cauchemars. Ici figurément. On trouve également la forme simplifiée du Ppé avec une valeur nettement passive à la p. 511. Tout cela indique que cauchemarder a eu des emplois transitifs, au sens de provoquer des cauchemars. Pourtant je n’en trouve nulle attestation.

131

causer

(substd) Parler trop, avec indiscrétion. Cf. jaser. PR

35

cavaler (se —)

(substd) S'enfuir. PR

313

cavalier

(vieilli) Propre au cavalier.

(mod. péj.) Qui manque de considération. Cf. brusque, hardi, insolent. Procédé cavalier, réponse cavalière. Cf. impertinent. Plaisanterie un peu cavalière. Cf. inconvenant, leste. Il s'est montré bien cavalier avec vous. PR

239

Cayenne

En Guyane française (Amérique du Sud), a été, au XIXe s. et dans la 1ère moitié du XXe, le principal lieu de déportation des condamnés aux peines de “travaux forcés” qui s’étaient substituées aux “galères”, lors de la suppression de ces dernières à la fin du XVIIIe s.

294

cendre (dans la —)

Comme on conserve la braise, pour rallumer le feu au besoin.

347

chahut

(vx) Danse populaire désordonnée et souvent jugée indécente, à la mode entre 1830 et 1850. (mod.) Agitation désordonnée, vacarme. PR. Si on a le 1er sens ici, le 2nd se trouvera à la p. 484

206

484

chaîniste

(techn.) Ouvrier bijoutier qui fait des chaînes en métal précieux. PR

63

chameau

(1828 insulte envers une femme, fig. et substd) Personne méchante, désagréable (cf cochon, vache). « Ah! le chameau! Qu'est-ce qui lui prend à cette enragée-là! » (Zola). La chameau! – Adj. Ce qu'il (elle)  est chameau! PR. Le sens avancé par HM, sur la foi de Delveau, lui-même donné comme “source” de Zola, soit « Fille ou femme qui a renoncé depuis longtemps au respect des hommes » n’entre en tout cas plus dans l’usage actuel et, de plus, n’est pas ici particulièrement “en situation”.

42

champignon

Ce qui a la forme d'un champignon. PR

182

Charenton

Commune de la périphérie parisienne où se trouvait un célèbre asile d’aliénés.

510

charivari

Grand bruit discordant. PR

430

charmer ses puces

Les puces s’apaisent, soit effet indirect de l’alcool sur elles, soit insensibilité de leur victime sous cet effet. La loc., probablt familière, semble indiquer une griserie, une légère ivresse.

408

chauffeur

(vieilli) Personne qui est chargée d'entretenir le feu d'une forge, d'une chaudière. Chauffeur de locomotive. Mécaniciens et chauffeurs. PR

38

chenille

(par anal.) Passementerie veloutée en forme de chenille, qui peut se tricoter. Résille de chenille. Pull en chenille. PR

38

chenillon

Diminutif (péj. ? affectueux ?) de chenille.

379

cheulards

 (substd vieilli) Ivrognes. HM

60

cheveu (avoir les —x malades)

Variante de la loc. (substd) avoir mal aux cheveux, avoir mal à la tête pour avoir trop bu (cf. Avoir la gueule de bois). PR

326

cheveux (en —)

(vieilli) Nu-tête. PR

215

cheville

(techn.) 1ère occurrence d’un N qui reviendra plusieurs fois et dont le sens, propre à l’atelier du chaîniste, est immédiatement expliqué, « un bout de planchette que le frottement de ses mains avait poli ».

79

chicard

Probable doublet du N d’agent (substd vx) chiqueur, ivrogne, dérivé de (substd vx) se chiquer, s’enivrer. DA

502

chicotin

(vx) Suc très amer extrait d'un aloès ; poudre amère que l'on extrait de la coloquinte. (mod. loc.) Amer comme chicotin, très amer. PR

397

chien

(substd vieilli) Eau-de-vie. On dit aussi sacré chien, ici même p. 397. DA

63

chien

Possible réduction de la locution coup de chien, qui chez les marins désigne une forte bourrasque, du gros temps subit. Ici, pour le moment où l’activité redouble, est la plus intense dans le lavoir.

50

chien

On peut hésiter ici entre deux sens :

1° (fig., 1866) Charme, attrait (surtout des femmes). Cf. allure, chic. PR.

2° Possible réduction de la locution coup de chien (cf. note ci-dessus). Ici, le sens serait, p. ext., celui d’énergie, de punch, de dynamisme, de mordant, pour rester dans le même domaine métaphorique.

                Le 2nd sens me paraît préférable (d’autant que le 1er est assez rare et recherché), même si je ne puis alléguer l’autorité d’aucun lexicologue pour justifier l’extension que je propose. J’observe cependant que la langue substd contemporaine, du moins mon idiolecte personnel, possède un V niaquer (ou gnaquer ?) du sens de mordre, et son déverbatif niaque (ou gnaque), masc., du sens de mordant, énergie, punch (non-attestés ni l’un ni l’autre dans les instruments dont je dispose[1]).

                Interprétations analogues pp. 34 et 47, mais avec des nuances imposées par le contexte : la première occurrence suggère l’admiration Mme Boche pour l’énergie déployée par Gervaise ; la seconde annonce l’escalade de l’agressivité, de la violence dans la lutte que Virginie livre à Gervaise.

180

 

chien

(Adj) Dur, méchant. Il n'est pas trop chien. Je ne suis pas chienne, je vais t'aider. (spécialt) Avare. Cf. rat. PR

243

chien

Ici, avare. (cf. note ci-dessus).

308

chien couchant

Chien d'arrêt qui se couche sur le ventre quand il flaire le gibier. (loc.) Faire le chien couchant, être servile. PR

108

chienlit

 (vieilli ou littér.) Masque de carnaval. (fig.) Mascarade, déguisement grotesque. (auj.) Désordre. Cf. pagaille. PR

98

chier du poivre

(substd) S’esquiver, laisser tomber. DA

383

chiffe

1° Étoffe de mauvaise qualité. Cf. chiffon. 

2° (1798) (fig.) Personne d'un caractère faible. Cf. lavette. C'est une chiffe molle (cf. mou, veule). PR

404

chiffon

Terme évidemment insultant ici. Cf. note à chiffe.

433

chipoteur, –euse

Personne qui chipote [marchander mesquinement. Trouver à redire à tout. Cf. ergoter, pinailler.] Cf. pinailleur. PR

196

clabauder

 (rare et littér.) Crier sans motif ; protester sans sujet et de manière malveillante. Cf. aboyer, criailler. Clabauder sur, contre qqn. Cf. cancaner, dénigrer, médire. PR. Encore un exemple (puisque nous sommes selon toutes les apparences en SIL) d’un mot relevant d’un registre littéraire et conservé par la langue populaire du XIXe s.

168

clampin

(substd péj.) Individu désœuvré. DA

485

claque (en avoir sa —)

(substd) En avoir assez.

482

claquer

(substd) Mourir.

356

claquer

(substd vx) Manger. DA

478

cliques (prendre ses — et ses claques)

(loc. substd) S'en aller en emportant tout ce que l'on possède. PR

221

clou

(substd) Mont-de-piété (cf. note à mont-de-piété).

29

clouière

(techn., sans autre attestation à ma connaissance) Instrument utilisé dans la confection des clous, rivets, etc. Variante de cloutière (cf. RH) ?

204

cocarde

Soûlerie. Cf. note suivante.

262

cocarder (se —)

(substd vieilli) Se saouler. Également, avoir sa cocarde. RH

115

cochonnément

Néologisme de Zola ? Je n’ai pas trouvé d’autre attestation. Précédé de cochonnement en 1834, qui ne semble pas avoir eu plus de succès. RH

115

coco

Du nom de la noix de coco. (substd, par métaph., vx) Tête. – (auj.) Gosier, estomac. DA

282

coco

(substd vx) Boisson alcoolique de qualité médiocre. DA

313

cocotte

(substd vieilli) Fille, femme de mœurs légères. Cf. courtisane, demi-mondaine, (substd) poule. PR

250

cœur (par —)

(emploi substd de la loc. usuelle ? En tout cas, il reviendra souvent dans la suite du roman) Avec les souvenirs pour tout aliment.

344

coin (dans les —s)

(substd) En cachette.

312

coin de rue (en —)

(probablt loc. substd, fig., vieillie et dont je n’ai pas trouvé d’autre attestation) Peu avenant, rébarbatif. La métaphore peut s’appuyer sur le sème d’angle qu’emporte coin, ou sur celui d’espace extérieur public, dépourvu d’intimité, de lieu de passage, véhiculé par coin de rue en tant que l’expression peut désigner un carrefour.

193

collier

Comme un chien, avec le nom et l’adresse de son maître, pour que, perdu, il lui soit ramené.

43

colonne, jaseron, forçat, gourmette, corde

(techn.) Termes désignant les différentes sortes d’ouvrages que peut faire le chaîniste.

79

congé

Acte par lequel une partie fait connaître à l'autre sa volonté de résilier un bail. Donner congé à un locataire. Accepter le congé. PR

161

conjungo

(substd vieilli) Mariage. PR

115

connaissance

Une connaissance, (par méton.) une personne que l'on connaît. PR. Mais ici le contexte indique bien que Coupeau désigne ainsi la « petite amie » de l’apprenti.

145

coqueluche

(1625; cf. béguin [ici-même, p. 188 et note] avec lequel il partage le sens propre (vx) de coiffe, et les expressions être coiffé, toqué de, se toquer de) être la coqueluche de, être aimé, admiré de. « Beau, vigoureux, gaillard, la coqueluche des femmes » (France). RH+PR. On observe cependant ici que coqueluche peut difficilement être remplacé par « amour, admiration », les expressions cet amour/ cette admiration de tendresse paraissant pour le moins curieuses. Une autre hypothèse serait qu’il s’agisse, autre sens du terme, du nom de la maladie qui se caractérise par des accès, des quintes de toux convulsive, employé métaphoriquement, comme on dirait cet accès, cette quinte de tendresse.

285

coquille

Objet creux évoquant une coquille, un coquillage. Récipient creux. PR

245

corbeau

(substd vieilli) Prêtre, à cause de la couleur noire de leur soutane.

87

cordon

(anciennt) Petite corde permettant au concierge, au portier, d'ouvrir à ceux qui veulent entrer ou sortir. Cordon, s'il vous plaît! 

85

cornaline

Variété de calcédoine translucide rouge orangé, unie, utilisée en joaillerie. PR

431

cornard

(substd vieilli) Celui dont la femme est infidèle. Cf. cocu. PR

438

coterie

Réunion de personnes soutenant ensemble leurs intérêts. Peut prendre la valeur péj. de « clique, petit groupe » ou bien, sans péjoration, d’association de gens se fréquentant familièrement sur la base de goûts, d’intérêts communs. RH

410

côtes (les — lui poussaient en long)

Variante de la loc. substd Avoir les côtes en long, être paresseux. PR

404

cotret

(vx) Petit fagot de bois court et de grosseur moyenne. – (vieilli loc.) Être sec comme un cotret, très maigre. PR

433

cotte

(vx) Vêtement de travail, pantalon montant sur la poitrine. Cf. (mod.) combinaison, salopette. PR

22

coucher (elle l’envoya —)

(substd) Par analogie avec la manière dont sont traités les enfants, les animaux domestiques, elle lui opposa une fin de non-recevoir, un refus.

94

couches

(toujours plur. en ce sens ; vieilli) Alitement de la femme qui accouche, enfantement. PR

130

couchoter

Diminutif de (substd) coucher (avec qqn/ ensemble), avoir des relations sexuelles (avec/ ensemble). La nuance particulière qu’apporte le diminutif est celle du manque de passion qui préside à ces ébats.

299

couler ( [se] la — couler douce)

(loc. substd vieillie) dans laquelle le pronom clitique la représente probablement le N implicite vie , couler, passer une vie heureuse, sans se faire de soucis. La loc. s’emploie auj. avec le V à la forme pronominale, (substd) se la couler douce, qu’on trouve d’ailleurs p. 329.

295

329

couler (mettre —)

Construction ancienne de mettre avec un cplt à l’infinitif non précédé de la Prép à. Quant à l’emploi de couler absolument, il semble être une réduction justifiée en contexte de (vx) couler la lessive, i.e. « verser (sur le linge) la solution alcaline destinée à en détacher la saleté », expression elle-même vieillie. En gros la lavandière s’inquiète de ne pouvoir mettre à tremper le linge sale dès le jour même. Les archaïsmes, syntaxique et sémantique, signent une expression populaire.

On trouve, p. 33 : des chemises que vous auriez dû mettre à couler : construction mod. de mettre en à + inf., mais recatégorisation du COD de couler, qui n’est plus un nom de liquide mais de pièces de vêtements : indice probable que l’expression couler la lessive n’est plus comprise en son sens étymologique indiqué ci-dessus, mais qu’en relation avec l’évolution métonymique de lessive vers le sens de linge lavé/ à laver (cf. faire la lessive, etc.), elle est perçue comme signifiant tremper le linge sale.

173

couleur (à la —)

(substd vx) Renseigné, au courant. DA

476

coulisse (les yeux en —)

Les yeux regardant de biais, à la dérobée. PR

252

coup (les cent dix-neuf —s)

On dit aujourd’hui faire les quatre cents coups, faire beaucoup de bêtises, d'excès, mener une vie de débauche. PR

297

coup de feu

(cuis.) Moment où tout est en train de cuire. – (fig.) Moment de presse où l'on doit déployer une grande activité. PR

244

coup de fusil (en —)

Étroit et tout en longueur. La métaphore est évidente.

193»

coup de marteau

(substd vieilli) Coup de folie. DA

401

coup de torchon

(substd) Combat rapide et violent. DA

50

couper (— la chaussée)

Passer au milieu de, à travers. PR

55

couper (la — à qqn)

 (loc. substd) Couper la chique ou la couper à qqn, c’est l'interrompre brutalement, le rendre muet de surprise (également, couper le sifflet, cf. note suivante). DA

109

couper le sifflet

(mod. loc.) Couper le sifflet à qqn, lui couper la parole ; l'empêcher de s'exprimer (cf. Couper la chique [cf. note ci-dessus], river son clou). PR

411

coureur

(N) Personne à la recherche de multiples aventures amoureuses. Cf. débauché, dévergondé, dragueur. C'est un coureur de jupons, de filles, (absolt) c'est un coureur. Une petite coureuse. – (Adj) Il est très coureur. Cf. cavaleur, volage. PR

36

couronne d’oranger

Symbole de virginité. PR

433

couteaux tirés (à —)

(loc.) Être à couteaux tirés, en guerre ouverte. PR

193

coûter bon

(loc. substd, vieillie) Coûter cher.

165

crâne

(Adj) (vieilli) Qui a, qui montre du courage, de la bravoure. Un air crâne. Cf. brave, courageux, décidé.

48

crâner

(substd) Affecter la bravoure, le courage, la décision. Cf. fanfaronner, plastronner, poser (substd) jouer les durs. Je ne crânais pas (cf. Je n'en menais pas large). – Par ext., (péj.) Prendre un air fat, vaniteux. Cf. frimer. PR. Cf. crâne, p. 48 et note précédente.

307

crapoussin

(substd) Petit être. HM. Mot-valise constitué à partir de crapaud et poussin, deux désignations familières des enfants ?

133

craque

(substd) Mensonge par exagération. Cf. hâblerie. Il nous a raconté des craques. PR

385

cré coquin

(substd) Juron, de « sacré coquin ».

174

crêpage de chignons

(substd) Bagarre entre femmes.

376

creux

Vide intérieur dans un corps. Cf. cavité, enfoncement, trou. Se cacher dans un creux du sol. Sonner le creux, produire le son d'un objet creux frappé.

(loc. substd) Avoir un creux (à l'estomac), avoir faim. Un biscuit pour les petits creux. – (vieilli) Avoir un bon creux, une voix de basse profonde, bien timbrée. PR. Le creux en question est une dénomination métonymique de la cage thoracique ; aujourd’hui, on parlerait plutôt de coffre.

271

crevant

Épuisant.

95

crève-cœur

Peine profonde mêlée de regret. Cf. désappointement, peine, supplice. PR

330

crever la faim

(substd) Mourir de faim. PR. La forme crever de faim est peut-être auj. moins marquée.

362

cric

(substd vieilli) Eau-de-vie. DA

180

crier aux petits pâtés

Se dit d’une femme en mal d’enfant qui se plaint. HM. Expression populaire vieillie, dont je ne saisis pas l’origine.

128

crochait (se —)

(substd vx) Se battre à coups de pieds et de poings. DA

511

crotte

(substd, vieilli) Merde.

386

cuite

(substd) Ivresse. Cf. biture, (région.) caisse. Quelle cuite! Tenir une sacrée cuite. Prendre une cuite, s'enivrer. Cf. se cuiter. PR

174

cuivre (j’ai du — dans le coco […] j’ai eu le goût du cuivre)

Expressions curieuses, dont je n’ai trouvé nulle trace ailleurs. Le rapprochement de coco et de goût, dans l’une et l’autre propositions, semble indiquer que le 1er doit être compris comme gosier (cf. p. 282, coco et note). Mais que vient faire le cuivre dans cette affaire, d’autant que c’est un métal plutôt toxique, qui ne se prête pas tellement à la dégustation ? Une hypothèse serait celle de la conservation par la langue populaire du XIXe s. dans quelques expressions figées d’un homonyme du nom du métal qui, de l’ancien au moyen français, signifiait « chagrin, tourment, souffrances ». DAF+DMF. Les deux expressions signifieraient : « j’ai la gorge serrée de douleur… j’ai le chagrin en travers de la gorge ». Bien entendu, les locuteurs les employant ne seraient pas conscients de cette homonymie, le substantif cuivre signifiant « tourment, souffrances » ne pouvant plus s’employer librement. Un bon indice de cette confusion est que dans le discours de Coupeau, cuivre est bien masculin comme le nom du métal, alors que son homonyme était féminin. Je reste ouvert à toute autre suggestion.

351

352

culbute (faire la —)

(substd) 1° Être décapité

                 2° Être ruiné, faire faillite

                 3° Doubler sa mise. DA

Le contexte de médisance aigre semble exclure le 3e sens comme trop bienveillant ; pour autant, le 2nd (le plus courant) n’est guère plus satisfaisant : on ne voit pas en quoi la ruine du père pourrait améliorer le sort des enfants, auquel les Lorilleux feignent de compatir ; est-ce à dire qu’il faut entendre qu’ils souhaitent la mort de M. Madinier (1er sens, par ext.) pour éviter la ruine totale de ses héritiers ?

 

80

culotte

(substd vieilli) Forte ivresse. (substd) Grosse perte au jeu. DA. En ce 2nd sens, la langue substd actuelle emploie plus volontiers déculottée.

185

culotte

Cf. notes suivantes. Ici, on est bien entendu dans l’atténuation (fig.).

439

culotter (se —)

Cf. note précédente.

299

culotter (se —)

Culotter une pipe, laisser son fourneau, à force de la fumer, se couvrir d'une sorte de dépôt noir. PR. À l’instar d’une pipe, le teint de Coupeau s’assombrit. Ce sens de culotter est premier. Celui (substd) relevé aux pp. 185 et 299 (cf. notes précédentes) est dérivé, sur la base de l’équivalence entre noir et ivre, se noircir et se soûler. Encore une “allusion” (figure).

340

curé (il allait tomber des —s)

(loc. substd vieillie) Expression hyperbolique de il allait pleuvoir, fondée sur le rapprochement de la couleur noire de la soutane des curés et de celle du ciel avant l’orage. Connotations anticléricales. Cf. note à corbeau.

95

cuver

(fig. substd) Cuver son vin, dissiper son ivresse en dormant, en se reposant. Cf. digérer. (absolt) Il est en train de cuver. (par anal.) On le laissa cuver sa colère, se calmer. PR

184



[1] Je découvre incidemment une attestation de ce substantif, mais au féminin, dans le numéro du Monde daté du 23 sept. 2000, p. 6 : « Ce genre de truc lui donne la niaque. » (Propos attribués à un homme politique proche de Jacques Chirac sur la réaction de ce dernier à la révélation le même jour de l’existence d’une bande vidéo potentiellement très embarrassante pour lui.)