Glossaire assommant ! par H.Tullon C.P.A de Rabat
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Lettre C
|
ça (quand on a de—) |
Emploi du démonstratif neutre ça
comme substitut de l’indéfini quelque
chose. |
282 |
|
caboche |
(substd) Tête. (fig.) N'avoir rien dans la caboche. Il a une rude,
une sacrée caboche! il est têtu. Cf.
cabochard. PR |
271 |
|
cabriole (faire la —) |
Loc. imagée, probablet substd, non attestée par ailleurs, désignant
clairement le fait de coïter. Cf.,
appartenant au même champ lexical et au même registre, se faire
culbuter, s’envoyer en l’air. |
330 |
|
cachette |
La structure syntaxique semble, ici, faire de cachette le N d’action de cacher.
Emploi très original, dont je n’ai pas trouvé d’autre exemple. |
386 |
|
cadet |
(vx) Individu, gaillard. HM |
204 |
|
cafard |
(vx) Personne qui affecte l'apparence de la dévotion. Cf. bigot, tartufe. PR.
(par ext.) Hypocrite. |
312 |
|
caillou |
(substd) Tête. |
433 |
|
caloquet |
Probablt dérivé de calot/ calotte,
lui-même d’origine obscure et dont la base a servi à faire toutes
sortes de noms de coiffures (calette,
caline, calipette…). BW |
434 |
|
calotte |
(1808) (fig. et substd) Tape sur la tête, la figure. Cf.
claque, gifle. PR |
87 |
|
camaro |
(substd vx) Camarade. DA |
315 |
|
cambuse |
(1875) (péj.) Chambre,
logis pauvre, mal tenu. Cf.
turne. PR |
320 |
|
camisole |
(vieilli) Vêtement court, à manches, porté sur la chemise. Cf.
brassière, caraco, casaquin, gilet. PR |
19 |
|
camoufle |
(substd vx) Nom donné à diverses sources de lumière (chandelle,
lampe…). DA |
496 |
|
camphre |
Substance de saveur âcre et aromatique, extraite du camphrier, aux
propriétés stimulantes et antiseptiques. DH. Ici, par métaphore, le
camphre ayant essentiellement un usage médical. La métaphore sera “filée”
dans la réplique suivante de Coupeau. |
411 |
|
canaille |
(Adj) (1867) Vulgaire, avec une pointe de perversité. Cf.
arsouille, gouape. Ce chapeau lui donne l'air canaille. Des manières
canailles. |
72 |
|
cancan |
Bavardage calomnieux, bruit empreint de médisance, de malveillance. Cf.
commérage, ragot. PR. Cf.
aussi, p. 168, clabauder et
note. |
326 |
|
canon |
Ancienne mesure de capacité. – Par ext. (XVIIIe) (substd) Bouteille
et, surtout, verre de vin. Boire un canon. Un canon de rouge. PR |
60 |
|
canulant |
(substd vx) Ennuyeux. Cf. barbant,
rasant. PR |
131 |
|
caramboler |
(substd) Posséder sexuellement. DA |
436 |
|
carapater (se —) |
(substd) S’enfuir. PR |
511 |
|
carbonate de soude |
(improprement appelé bicarbonate
de soude p. 32, alors que ce dernier n’a que des usages
pharmaceutiques) Substance alcaline anciennement utilisée comme détergent
et détachant, et qui se présentait sous la forme des cristaux
dont il est question trois lignes avant cette occurrence. |
36 |
|
carne |
1° (substd vieilli) Viande de mauvaise qualité (Cf. barbaque) ou très dure (Cf.
semelle). « Cette carne bouillie des conserves » (Goncourt). 2° (substd vieilli) Vieux cheval. Une vieille carne. Cf.
rosse. Personne (en général, femme) méchante, désagréable,
insupportable. Cf. chameau, rosse, vache. Cette sale carne. – Appellatif
injurieux Vieille carne! PR |
44 |
|
caronade |
Ancien canon court. PR |
269 |
|
carrer (se —) |
1° (vx) Prendre une attitude d'importance et de satisfaction.
2° (XIXe) Se carrer dans un fauteuil, dans sa voiture, s'y installer
confortablement ; s'y mettre à l'aise. Cf. se caler, s'étaler. PR |
383 |
|
casaquin |
1° (anciennt) Corsage de femme.
2° (fig. et substd) Tomber, sauter sur le casaquin de qqn, se jeter
sur qqn, le battre. PR |
464 |
|
casse-poitrine |
(substd) Eau-de-vie poivrée. HM |
115 |
|
casser (—
l’estomac) |
(substd vieilli) Rendre malade |
48 |
|
casser (se — les côtes) |
(substd vieilli) Se donner du mal. Dans la langue actuelle, on a se
casser le cul, la tête, le tronc… avec le même sens. |
88 |
|
casser la gueule à qqn |
(substd) Le frapper
violemment. Ici employé figurément en liaison avec la métaphore de la négresse
pour la bouteille, avec peut-être une réminiscence de la loc. casser
le goulot, cf. note
suivante. |
261 |
|
casser le goulot |
Déboucher et boire. Première attestation de l’expression. DA |
255 |
|
casser les jambes |
(loc. imagée, probablt substd) Ôter tous les moyens. |
384 |
|
catin |
(vieilli) Prostituée. Cf. (substd) putain. PR |
27 |
|
cato
ou cathau |
(substd) Diminutif de Catherine. Prostituée. Évolution semblable
pour margot, cf. note à ce mot. |
405 |
|
cauchemardé |
Cf.
note suivante. |
511 |
|
cauchemarder (se —) |
Faire des cauchemars. Ici figurément. On trouve également la forme
simplifiée du Ppé avec une valeur nettement passive à la p. 511.
Tout cela indique que cauchemarder
a eu des emplois transitifs, au sens de provoquer des cauchemars. Pourtant
je n’en trouve nulle attestation. |
131 |
|
causer |
(substd) Parler trop, avec indiscrétion. Cf. jaser. PR |
35 |
|
cavaler (se —) |
(substd) S'enfuir. PR |
313 |
|
cavalier |
(vieilli) Propre au cavalier. (mod. péj.) Qui manque de considération. Cf. brusque, hardi, insolent. Procédé cavalier, réponse cavalière.
Cf. impertinent. Plaisanterie un
peu cavalière. Cf. inconvenant,
leste. Il s'est montré bien cavalier avec vous. PR |
239 |
|
Cayenne |
En Guyane française (Amérique du Sud), a été, au XIXe s. et dans
la 1ère moitié du XXe, le principal lieu de déportation des
condamnés aux peines de “travaux forcés” qui s’étaient substituées
aux “galères”, lors de la suppression de ces dernières à la fin du
XVIIIe s. |
294 |
|
cendre (dans la —) |
Comme on conserve la braise, pour rallumer le feu au besoin. |
347 |
|
chahut |
(vx) Danse populaire désordonnée et souvent jugée indécente, à la
mode entre 1830 et 1850. (mod.) Agitation désordonnée, vacarme. PR. Si
on a le 1er sens ici, le 2nd se trouvera à la p. 484 |
206 484 |
|
chaîniste |
(techn.) Ouvrier bijoutier qui fait des chaînes en métal précieux.
PR |
63 |
|
chameau |
(1828 insulte envers une femme, fig. et substd) Personne méchante, désagréable
(cf cochon, vache). « Ah! le
chameau! Qu'est-ce qui lui prend à cette enragée-là! » (Zola). La
chameau! – Adj. Ce qu'il (elle) est
chameau! PR. Le sens avancé par HM, sur la foi de Delveau, lui-même donné
comme “source” de Zola, soit « Fille ou femme qui a renoncé
depuis longtemps au respect des hommes » n’entre en tout cas plus
dans l’usage actuel et, de plus, n’est pas ici particulièrement “en
situation”. |
42 |
|
champignon |
Ce qui a la forme d'un champignon. PR |
182 |
|
Charenton |
Commune de la périphérie parisienne où se trouvait un célèbre
asile d’aliénés. |
510 |
|
charivari |
Grand bruit discordant. PR |
430 |
|
charmer ses puces |
Les puces s’apaisent, soit effet indirect de l’alcool sur elles,
soit insensibilité de leur victime sous cet effet. La loc., probablt
familière, semble indiquer une griserie, une légère ivresse. |
408 |
|
chauffeur |
(vieilli) Personne qui est chargée d'entretenir le feu d'une forge,
d'une chaudière. Chauffeur de locomotive. Mécaniciens et chauffeurs. PR |
38 |
|
chenille |
(par anal.) Passementerie veloutée en forme de chenille, qui peut se
tricoter. Résille de chenille. Pull en chenille. PR |
38 |
|
chenillon |
Diminutif (péj. ? affectueux ?) de chenille. |
379 |
|
cheulards |
(substd vieilli)
Ivrognes. HM |
60 |
|
cheveu (avoir les —x malades) |
Variante de la loc. (substd) avoir mal aux cheveux, avoir mal à la tête
pour avoir trop bu (cf. Avoir la
gueule de bois). PR |
326 |
|
cheveux (en —) |
(vieilli) Nu-tête. PR |
215 |
|
cheville |
(techn.) 1ère occurrence d’un N qui reviendra plusieurs
fois et dont le sens, propre à l’atelier du chaîniste, est immédiatement
expliqué, « un bout de
planchette que le frottement de ses mains avait poli ». |
79 |
|
chicard |
Probable doublet du N d’agent (substd vx) chiqueur, ivrogne, dérivé de (substd vx) se chiquer, s’enivrer. DA |
502 |
|
chicotin |
(vx) Suc très amer extrait d'un aloès ; poudre amère que l'on
extrait de la coloquinte. (mod. loc.) Amer comme chicotin, très amer. PR |
397 |
|
chien |
(substd vieilli) Eau-de-vie. On dit aussi sacré chien, ici même p. 397. DA |
63 |
|
chien |
Possible réduction de la locution coup
de chien, qui chez les marins désigne une forte bourrasque, du gros
temps subit. Ici, pour le moment où l’activité redouble, est la plus
intense dans le lavoir. |
50 |
|
chien |
On peut hésiter ici entre deux sens : 1° (fig., 1866) Charme, attrait (surtout des femmes). Cf.
allure, chic. PR. 2° Possible réduction de la locution coup de chien (cf. note
ci-dessus). Ici, le sens serait, p. ext., celui d’énergie, de punch, de
dynamisme, de mordant, pour rester dans le même domaine métaphorique.
Le 2nd sens me paraît préférable (d’autant que le 1er
est assez rare et recherché), même si je ne puis alléguer l’autorité
d’aucun lexicologue pour justifier l’extension que je propose.
J’observe cependant que la langue substd contemporaine, du moins mon
idiolecte personnel, possède un V niaquer
(ou gnaquer ?) du sens de mordre, et son déverbatif niaque
(ou gnaque), masc., du sens de mordant, énergie, punch (non-attestés
ni l’un ni l’autre dans les instruments dont je dispose[1]).
Interprétations analogues pp. 34 et 47, mais avec des nuances
imposées par le contexte : la première occurrence suggère
l’admiration Mme Boche pour l’énergie déployée par Gervaise ;
la seconde annonce l’escalade de l’agressivité, de la violence dans
la lutte que Virginie livre à Gervaise. |
180 |
|
chien |
(Adj) Dur, méchant. Il n'est pas trop chien. Je ne suis pas chienne,
je vais t'aider. (spécialt) Avare. Cf.
rat. PR |
243 |
|
chien |
Ici, avare. (cf. note
ci-dessus). |
308 |
|
chien couchant |
Chien d'arrêt qui se couche sur le ventre quand il flaire le gibier.
(loc.) Faire le chien couchant, être servile. PR |
108 |
|
chienlit |
(vieilli ou littér.)
Masque de carnaval. (fig.) Mascarade, déguisement grotesque. (auj.) Désordre.
Cf. pagaille. PR |
98 |
|
chier du poivre |
(substd) S’esquiver, laisser tomber. DA |
383 |
|
chiffe |
1° Étoffe de mauvaise qualité. Cf.
chiffon. 2° (1798) (fig.) Personne d'un caractère faible. Cf. lavette. C'est une chiffe molle (cf. mou, veule). PR |
404 |
|
chiffon |
Terme évidemment insultant ici. Cf.
note à chiffe. |
433 |
|
chipoteur, –euse |
Personne qui chipote [marchander mesquinement. Trouver à redire à
tout. Cf. ergoter, pinailler.] Cf.
pinailleur. PR |
196 |
|
clabauder |
(rare et littér.) Crier
sans motif ; protester sans sujet et de manière malveillante. Cf.
aboyer, criailler. Clabauder sur, contre qqn. Cf.
cancaner, dénigrer, médire. PR. Encore un exemple (puisque nous
sommes selon toutes les apparences en SIL) d’un mot relevant d’un
registre littéraire et conservé par la langue populaire du XIXe s. |
168 |
|
clampin |
(substd péj.) Individu désœuvré. DA |
485 |
|
claque (en avoir sa —) |
(substd) En avoir assez. |
482 |
|
claquer |
(substd) Mourir. |
356 |
|
claquer |
(substd vx) Manger. DA |
478 |
|
cliques (prendre ses — et ses claques) |
(loc. substd) S'en aller en emportant tout ce que l'on possède. PR |
221 |
|
clou |
(substd) Mont-de-piété (cf. note
à mont-de-piété). |
29 |
|
clouière |
(techn., sans autre attestation à ma connaissance) Instrument utilisé
dans la confection des clous, rivets, etc. Variante de cloutière (cf. RH) ? |
204 |
|
cocarde |
Soûlerie. Cf. note
suivante. |
262 |
|
cocarder (se —) |
(substd vieilli) Se saouler. Également, avoir sa cocarde. RH |
115 |
|
cochonnément |
Néologisme de Zola ? Je n’ai pas trouvé d’autre
attestation. Précédé de cochonnement
en 1834, qui ne semble pas avoir eu plus de succès. RH |
115 |
|
coco |
Du nom de la noix de coco. (substd,
par métaph., vx) Tête. – (auj.) Gosier, estomac. DA |
282 |
|
coco |
(substd vx) Boisson alcoolique de qualité médiocre. DA |
313 |
|
cocotte |
(substd vieilli) Fille, femme de mœurs légères. Cf. courtisane, demi-mondaine, (substd) poule. PR |
250 |
|
cœur (par —) |
(emploi substd de la loc. usuelle ? En tout cas, il reviendra
souvent dans la suite du roman) Avec les souvenirs pour tout aliment. |
344 |
|
coin (dans les —s) |
(substd) En cachette. |
312 |
|
coin de rue (en —) |
(probablt loc. substd, fig., vieillie et dont je n’ai pas trouvé
d’autre attestation) Peu avenant, rébarbatif. La métaphore peut
s’appuyer sur le sème d’angle qu’emporte coin,
ou sur celui d’espace extérieur public, dépourvu d’intimité, de
lieu de passage, véhiculé par coin
de rue en tant que l’expression peut désigner un carrefour. |
193 |
|
collier |
Comme un chien, avec le nom et l’adresse de son maître, pour que,
perdu, il lui soit ramené. |
43 |
|
colonne,
jaseron, forçat, gourmette,
corde |
(techn.) Termes désignant les différentes sortes d’ouvrages que
peut faire le chaîniste. |
79 |
|
congé |
Acte par lequel une partie fait connaître à l'autre sa volonté de résilier
un bail. Donner congé à un locataire. Accepter le congé. PR |
161 |
|
conjungo |
(substd vieilli) Mariage. PR |
115 |
|
connaissance |
Une connaissance, (par méton.) une personne que l'on connaît. PR.
Mais ici le contexte indique bien que Coupeau désigne ainsi la « petite
amie » de l’apprenti. |
145 |
|
coqueluche |
(1625; cf. béguin [ici-même,
p. 188 et note] avec lequel il partage le sens propre (vx) de coiffe,
et les expressions être coiffé,
toqué de, se toquer de) être
la coqueluche de, être aimé, admiré de. « Beau, vigoureux,
gaillard, la coqueluche des femmes » (France). RH+PR. On observe
cependant ici que coqueluche peut difficilement être remplacé par « amour,
admiration », les expressions cet
amour/ cette admiration de tendresse paraissant pour le moins
curieuses. Une autre hypothèse serait qu’il s’agisse, autre sens du
terme, du nom de la maladie qui se caractérise par des accès, des
quintes de toux convulsive, employé métaphoriquement, comme on dirait cet
accès, cette quinte de tendresse. |
285 |
|
coquille |
Objet creux évoquant une coquille, un coquillage. Récipient creux.
PR |
245 |
|
corbeau |
(substd vieilli) Prêtre, à cause de la couleur noire de leur
soutane. |
87 |
|
cordon |
(anciennt) Petite corde permettant au concierge, au portier, d'ouvrir
à ceux qui veulent entrer ou sortir. Cordon, s'il vous plaît!
|
85 |
|
cornaline |
Variété de calcédoine translucide rouge orangé, unie, utilisée en
joaillerie. PR |
431 |
|
cornard |
(substd vieilli) Celui dont la femme est infidèle. Cf.
cocu. PR |
438 |
|
coterie |
Réunion de personnes soutenant ensemble leurs intérêts. Peut
prendre la valeur péj. de « clique, petit groupe » ou bien,
sans péjoration, d’association de gens se fréquentant familièrement
sur la base de goûts, d’intérêts communs. RH |
410 |
|
côtes (les — lui poussaient en long) |
Variante de la loc. substd Avoir les côtes en long, être paresseux.
PR |
404 |
|
cotret |
(vx) Petit fagot de bois court et de grosseur moyenne. – (vieilli
loc.) Être sec comme un cotret, très maigre. PR |
433 |
|
cotte |
(vx) Vêtement de travail, pantalon montant sur la poitrine. Cf.
(mod.) combinaison, salopette. PR |
22 |
|
coucher (elle l’envoya —) |
(substd) Par analogie avec la manière dont sont traités les enfants,
les animaux domestiques, elle lui opposa une fin de non-recevoir, un
refus. |
94 |
|
couches |
(toujours plur. en ce sens ; vieilli) Alitement de la femme qui
accouche, enfantement. PR |
130 |
|
couchoter |
Diminutif de (substd) coucher
(avec qqn/ ensemble), avoir des relations sexuelles (avec/ ensemble).
La nuance particulière qu’apporte le diminutif est celle du manque de
passion qui préside à ces ébats. |
299 |
|
couler (
[se] la — couler douce) |
(loc. substd vieillie) dans laquelle le pronom clitique la
représente probablement le N implicite vie ,
couler, passer une vie heureuse, sans se faire de soucis. La loc.
s’emploie auj. avec le V à la forme pronominale, (substd) se
la couler douce, qu’on trouve d’ailleurs p. 329. |
295 329 |
|
couler (mettre —) |
Construction ancienne de mettre
avec un cplt à l’infinitif non précédé de la Prép à. Quant à l’emploi de couler
absolument, il semble être une réduction justifiée en contexte de (vx) couler
la lessive, i.e. « verser (sur le linge) la solution alcaline
destinée à en détacher la saleté », expression elle-même
vieillie. En gros la lavandière s’inquiète de ne pouvoir mettre à
tremper le linge sale dès le jour même. Les archaïsmes, syntaxique et sémantique,
signent une expression populaire. On trouve, p. 33 : des
chemises que vous auriez dû mettre à couler : construction mod.
de mettre en à + inf., mais recatégorisation du COD de couler, qui n’est plus un nom de liquide mais de pièces de vêtements :
indice probable que l’expression couler la lessive n’est plus comprise en son sens étymologique
indiqué ci-dessus, mais qu’en relation avec l’évolution métonymique
de lessive vers le sens de linge
lavé/ à laver (cf. faire
la lessive, etc.), elle est perçue comme signifiant tremper
le linge sale. |
173 |
|
couleur (à la —) |
(substd vx) Renseigné, au courant. DA |
476 |
|
coulisse (les yeux en —) |
Les yeux regardant de biais, à la dérobée. PR |
252 |
|
coup (les cent dix-neuf —s) |
On dit aujourd’hui faire les
quatre cents coups, faire beaucoup de bêtises, d'excès, mener une
vie de débauche. PR |
297 |
|
coup de feu |
(cuis.) Moment où tout est en train de cuire. – (fig.) Moment de
presse où l'on doit déployer une grande activité. PR |
244 |
|
coup de fusil (en —) |
Étroit et tout en longueur. La métaphore est évidente. |
193» |
|
coup de marteau |
(substd vieilli) Coup de folie. DA |
401 |
|
coup de torchon |
(substd) Combat rapide et violent. DA |
50 |
|
couper (—
la chaussée) |
Passer au milieu de, à travers. PR |
55 |
|
couper (la — à qqn) |
(loc. substd) Couper
la chique ou la couper à qqn,
c’est l'interrompre brutalement, le rendre muet de surprise (également,
couper le sifflet, cf. note
suivante). DA |
109 |
|
couper le sifflet |
(mod. loc.) Couper le sifflet à qqn, lui couper la parole ;
l'empêcher de s'exprimer (cf.
Couper la chique [cf. note
ci-dessus], river son clou). PR |
411 |
|
coureur |
(N) Personne à la recherche de multiples aventures amoureuses. Cf.
débauché, dévergondé, dragueur. C'est un coureur de jupons, de
filles, (absolt) c'est un coureur. Une petite coureuse. – (Adj) Il est
très coureur. Cf. cavaleur,
volage. PR |
36 |
|
couronne d’oranger |
Symbole de virginité. PR |
433 |
|
couteaux tirés (à —) |
(loc.) Être à couteaux tirés, en guerre ouverte. PR |
193 |
|
coûter bon |
(loc. substd, vieillie) Coûter cher. |
165 |
|
crâne |
(Adj) (vieilli) Qui a, qui montre du courage, de la bravoure. Un air
crâne. Cf. brave, courageux, décidé. |
48 |
|
crâner |
(substd) Affecter la bravoure, le courage, la décision. Cf.
fanfaronner, plastronner, poser (substd) jouer les durs. Je ne crânais
pas (cf. Je n'en menais pas large). – Par ext., (péj.) Prendre un
air fat, vaniteux. Cf. frimer.
PR. Cf. crâne, p. 48 et note précédente. |
307 |
|
crapoussin |
(substd) Petit être. HM. Mot-valise constitué à partir de crapaud
et poussin, deux désignations familières des enfants ? |
133 |
|
craque |
(substd) Mensonge par exagération. Cf. hâblerie. Il nous a raconté des craques. PR |
385 |
|
cré coquin |
(substd) Juron, de « sacré
coquin ». |
174 |
|
crêpage de chignons |
(substd) Bagarre entre femmes. |
376 |
|
creux |
Vide intérieur dans un corps. Cf.
cavité, enfoncement, trou. Se cacher dans un creux du sol. Sonner le
creux, produire le son d'un objet creux frappé. (loc. substd) Avoir un creux (à l'estomac), avoir faim. Un biscuit
pour les petits creux. – (vieilli) Avoir un bon creux, une voix de basse
profonde, bien timbrée. PR. Le creux
en question est une dénomination métonymique de la cage thoracique ;
aujourd’hui, on parlerait plutôt de coffre. |
271 |
|
crevant |
Épuisant. |
95 |
|
crève-cœur |
Peine profonde mêlée de regret. Cf.
désappointement, peine, supplice. PR |
330 |
|
crever la faim |
(substd) Mourir de faim. PR. La forme crever de faim est peut-être auj. moins marquée. |
362 |
|
cric |
(substd vieilli) Eau-de-vie. DA |
180 |
|
crier aux petits pâtés |
Se dit d’une femme en mal d’enfant qui se plaint. HM. Expression
populaire vieillie, dont je ne saisis pas l’origine. |
128 |
|
crochait (se —) |
(substd vx) Se battre à coups de pieds et de poings. DA |
511 |
|
crotte |
(substd, vieilli) Merde. |
386 |
|
cuite |
(substd) Ivresse. Cf. biture,
(région.) caisse. Quelle cuite! Tenir une sacrée cuite. Prendre une
cuite, s'enivrer. Cf. se cuiter.
PR |
174 |
|
cuivre (j’ai du — dans le coco […] j’ai
eu le goût du cuivre) |
Expressions curieuses, dont je n’ai trouvé nulle trace ailleurs. Le
rapprochement de coco et de goût,
dans l’une et l’autre propositions, semble indiquer que le 1er
doit être compris comme gosier
(cf. p. 282, coco et
note). Mais que vient faire le cuivre
dans cette affaire, d’autant que c’est un métal plutôt toxique,
qui ne se prête pas tellement à la dégustation ? Une hypothèse
serait celle de la conservation par la langue populaire du XIXe s. dans
quelques expressions figées d’un homonyme du nom du métal qui, de
l’ancien au moyen français, signifiait « chagrin, tourment,
souffrances ». DAF+DMF. Les deux expressions signifieraient :
« j’ai la gorge serrée de douleur… j’ai le chagrin en travers
de la gorge ». Bien entendu, les locuteurs les employant ne seraient
pas conscients de cette homonymie, le substantif cuivre
signifiant « tourment, souffrances » ne pouvant plus
s’employer librement. Un bon indice de cette confusion est que dans le
discours de Coupeau, cuivre est bien masculin comme le nom du métal, alors que son
homonyme était féminin. Je reste ouvert à toute autre suggestion. |
351 352 |
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culbute (faire la —) |
(substd) 1° Être décapité
2° Être ruiné,
faire faillite
3° Doubler sa mise.
DA Le contexte de médisance aigre semble exclure le 3e sens
comme trop bienveillant ; pour autant, le 2nd (le plus
courant) n’est guère plus satisfaisant : on ne voit pas en quoi la
ruine du père pourrait améliorer le sort des enfants, auquel les
Lorilleux feignent de compatir ; est-ce à dire qu’il faut entendre
qu’ils souhaitent la mort de M. Madinier (1er sens, par ext.)
pour éviter la ruine totale de ses héritiers ? |
80 |
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culotte |
(substd vieilli) Forte ivresse. (substd) Grosse perte au jeu. DA. En
ce 2nd sens, la langue substd actuelle emploie plus volontiers déculottée. |
185 |
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culotte |
Cf.
notes suivantes. Ici, on est bien entendu dans l’atténuation
(fig.). |
439 |
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culotter (se —) |
Cf. note précédente. |
299 |
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culotter (se —) |
Culotter une pipe, laisser son fourneau, à force de la fumer, se
couvrir d'une sorte de dépôt noir. PR. À l’instar d’une pipe, le
teint de Coupeau s’assombrit. Ce sens de culotter
est premier. Celui (substd) relevé aux pp. 185 et 299 (cf.
notes précédentes) est dérivé, sur la base de l’équivalence entre noir
et ivre, se noircir et se soûler. Encore
une “allusion” (figure). |
340 |
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curé (il allait tomber des —s) |
(loc. substd vieillie) Expression hyperbolique de il
allait pleuvoir, fondée sur le rapprochement de la couleur noire de
la soutane des curés et de celle du ciel avant l’orage. Connotations
anticléricales. Cf. note à corbeau. |
95 |
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cuver |
(fig. substd) Cuver son vin, dissiper son ivresse en dormant, en se
reposant. Cf. digérer. (absolt)
Il est en train de cuver. (par anal.) On le laissa cuver sa colère, se
calmer. PR |
184 |
[1] Je découvre incidemment une attestation de ce substantif, mais au féminin, dans le numéro du Monde daté du 23 sept. 2000, p. 6 : « Ce genre de truc lui donne la niaque. » (Propos attribués à un homme politique proche de Jacques Chirac sur la réaction de ce dernier à la révélation le même jour de l’existence d’une bande vidéo potentiellement très embarrassante pour lui.)