Glossaire assommant! par H.Tullon du C.P.A de Rabat
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Lettres D-K
|
dalle (se rincer la —) |
(substd) Dalle, gorge, gosier (dans des loc.). Se rincer la dalle,
boire. (1881) Avoir la dalle
en pente, aimer à boire. – Avoir la dalle, avoir faim (Cf. casse-dalle, casse-croûte). PR |
186 |
|
danse |
(substd vieilli) Correction. PR |
454 |
|
danse devant le buffet |
Nominalisation de (substd) danser
devant le buffet (vide) (ici
même, p. 404), n’avoir rien à manger. PR |
384 |
|
débandé |
En désordre. |
58 |
|
débarrasser le plancher |
(substd) S’en aller. |
186 |
|
débarrasser le plancher |
(substd) Partir. |
449 |
|
débine |
(substd vieilli) Misère. PR |
344 |
|
décaniller |
(substd) Partir, s’enfuir. PR |
379 |
|
décarrer |
(substd) Partir, sortir. DA |
510 |
|
décatissage |
Emploi non technique, rare, du subst. dérivé de l’Adj décati ,
usé, vieilli, qui a perdu de sa fraîcheur, de sa force. RH |
404 |
|
dèche |
(substd) Manque d'argent, grande gêne. Cf. débine, misère, pauvreté. PR |
404 |
|
découcher |
Coucher hors de chez soi ; rester absent la nuit entière
(souvent avec connotations érotiques). PR |
19 |
|
découplé |
(vx) Qui a de l'aisance
dans les mouvements. (mod) Bien découplé, de belle taille, bien bâti.
PR |
215 |
|
décrochez-moi-ça |
(substd vx) Boutique de fripier. |
99 |
|
décrotter |
(substd vx) Manger jusqu’à l’os. PR |
260 |
|
défiler la parade |
(substd vx) S’échapper. RH. La langue actuelle substd emploie le
pronominal se défiler avec le même
sens. |
509 |
|
dégaine |
Allure. |
43 |
|
dégelée |
Volée (de coups). PR. Cf.
aussi, avec le même sens, avalanche,
averse. DA |
396 |
|
dégingandé |
Qui est disproportionné dans sa haute taille et déséquilibré dans
la démarche, l'allure. PR |
32 |
|
dégo(t)ter |
(substd vx) Abattre, faire tomber ; tuer. Aujourd’hui, (substd)
trouver. DA |
211 |
|
dégobiller |
(substd) Vomir. Dégobiller son repas. (absolt) Il a envie de dégobiller. Cf.
(substd) dégueuler, gerber. PR |
102 |
|
dégoiser |
(substd et péj.) Débiter, dire. PR. Auj. s’emploie plutôt
absolument au sens de médire |
366 |
|
dégoûtation |
Apparemt néologisme –zolien ou populaire ?–, mais qui n’a
pas réussi à supplanter le déverbal dégoût. |
324 |
|
démantibuler (— le tempérament) |
(substd) Ruiner, démolir la santé. Encore un exemple, avec tempérament,
de la conservation par la langue populaire d’un sens ancien, sorti de
l’usage std. |
185 |
|
demeurer (ou :
rester) en peinture |
(substd) Supporter sans réagir. |
463 |
|
demi-grosse |
(comm. vieilli) Six douzaines, la grosse équivalant à douze
douzaines. PR |
204 |
|
dépêcher |
Emploi transitif direct, aujourd’hui vieilli, au sens de exécuter
rapidement. |
91 |
|
dépenaillé |
Qui est en haillons ; dont la mise est tout à fait négligée.
PR |
488 |
|
dépiauter (se —) |
S’arracher la peau, s’écorcher. PR |
221 |
|
dépuceleur de nourrices ou de
femmes enceintes |
(substd vieilli) Fanfaron, fier-à-bras grotesque. DA |
477 |
|
dérocher |
(techn.) (1671) Nettoyer la surface d’un métal des corps gras, des oxydes. Cf.
décaper ; dérochage. (absolt) Dérocher au moyen de borax,
d'acide sulfurique. PR |
81 |
|
dessaler |
1° Rendre moins salé ou faire cesser d'être salé. Dessaler de la
morue en la faisant tremper. (intrans.) (1680) Mettre des harengs à
dessaler. (pronom.) L'eau de mer se dessale par distillation. 2° (1880[1]) (fig. et substd) Rendre
moins niais, plus déluré. Cf. dégourdir,
déniaiser. – (pronom.) Il commence à se dessaler. – (Ppé adj.)
(1585) Elle est bien dessalée. Cf. affranchi,
dégourdi, déluré. PR En outre, ici, à l’évidence, jeu sur la polysémie de dessaler
et celle de morue
(“allusion” [figure]), cf note
à morue. |
44 |
|
dinde |
(vieilli) Femme facile, dévergondée. Cf. catin. PR. Dans ce contexte, l’expression grosse
dinde est doublement antiphrastique. |
129 |
|
dinguer |
(substd) (surtout inf., apr. un verbe) Tomber, être projeté. Envoyer dinguer, repousser violemment, et (fig.) éconduire sans ménagement.
Cf. rabrouer. « Si c'était
moi qui avais voulu les lui présenter, ce qu'il m'aurait envoyé dinguer »
(Proust). Cf. bouler, paître.
PR |
156 |
|
dodo |
(auj. uniqut enfantin) Lit. PR |
344 |
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donner (s’en —) |
Se donner du plaisir. |
172 |
|
donner des coups de canif dans le contrat [de mariage] |
Tromper son conjoint. PR |
389 |
|
donzelle |
Jeune fille ou femme prétentieuse et ridicule. PR |
437 |
|
dos (faire le gros —) |
Comme un chat qui bombe le dos en raidissant les pattes postérieures,
dans l’attente que le danger passe. |
218 |
|
doublé |
(1755) (vieilli) Orfèvrerie faite d'un métal ordinaire recouvert,
par soudure, d'une mince plaque de métal précieux. Cf. plaqué. Doublé or. Des doublés argent. Bracelet en doublé.
PR |
431 |
|
drogue |
Ici, clairement, ce N désigne Gervaise. Soit il s’agit d’un
emploi métaphorique du substantif que nous avons conservé, au sens de
personne désagréable, dure à avaler, comme les potions des médecins[2].
RH. Soit il s’agit d’un emploi, métonymique cette fois-ci, d’un
homonyme, disparu auj., issu d’un V
droguer (cf. note suivante)
et qui signifiait maraudage, mendicité. DA. Dans un cas comme dans
l’autre, la nuance péjorative est nette. |
512 |
|
droguer |
(substd vx) Faire/ laisser droguer qqn, le faire/ laisser attendre.
« Le campagnard ne vous fait droguer que lorsqu'il est sûr de votre
patience » (Romains). PR |
116 |
|
drolichon |
Dim. substd de drôle. |
442 |
|
eau (revenir sur l’—) |
Refaire surface, reprendre pied. |
27 |
|
eau seconde |
Solution d'acide nitrique employée comme décapant. PR |
81 |
|
échigné |
Variante substd vieillie de échiné,
Ppé de (vx) échi(g)ner, casser
l'échine, les reins de (qqn). Cf.
éreinter. – Mettre à mal. RH. (Cf.
à la p 261 la variante orthographique échiné). |
225 |
|
effilé |
Frange formée en effilant la chaîne d'un tissu, et qui sert à
border une étoffe. Les effilés d'un châle, d'une serviette. PR |
93 |
|
égrillard |
(Adj) Qui se complaît dans des propos ou des sous-entendus
licencieux. Cf. grivois,
libertin, paillard, polisson. Dès qu'il a un peu bu, il devient égrillard.
« Un ton plaisantin, parfois même égrillard » (André Gide). Histoire
égrillarde. Cf. gaulois, libre,
osé, salé. « L'œil moitié égrillard, moitié attendri » (Loti). PR |
102 |
|
emmieller |
(substd par euphémisme) Emmerder. PR |
259 |
|
emmoutarder |
(substd, vx, par euphémisme) Emmerder. Cf. p. 259, emmieller et
note. |
315 |
|
émotionner |
(substd vieilli) Toucher, agiter par une émotion. Cf.
émouvoir. « Je ne dirai pas que cet ouvrage […] émeut, mais
il émotionne ; mauvais mot, mauvaise chose » (Sainte-Beuve).
PR |
130 |
|
empaumer |
(substd vieilli) Posséder (qqn) en trompant, en enjôlant. « Tout
malin que tu es, tu te fais empaumer » (B. Clavel). Cf. duper, rouler. PR |
468 |
|
empois |
Produit à base d'amidon, employé à l'apprêt du linge (Cf.
empeser). PR |
54 |
|
emporter |
Enlever avec violence, arracher, i.e.,
en parlant du linge, user exagérément, déchirer. |
33 |
|
empoté |
(substd) Maladroit, lent. PR |
475 |
|
encloué |
(substd, vx, sans autre attestation, sinon ici même, p. 413) N
de qualité suivant la terminologie de Milner. Insulte qui repose sur le
Ppé de enclouer, au sens (substd
vx) du simple clouer, mettre en
prison ? ou bien paronyme euphémistique de enculé ? |
315 |
|
endêver |
(substd vx) Rager, enrager, devenir fou. – (vieilli ou méridional)
Faire endêver qqn, le faire enrager. Cf.
tourmenter. « Je la faisais endêver en cachant ses balais »
(France). PR + RH |
107 |
|
endormir (s’— sur le rôti) |
(loc. substd vieillie) Se laisser aller à la satisfaction au lieu de
rester actif et vigilant. Rôti
peut être remplacé par bifteck ou
mastic. DA |
179 |
|
enfariné |
(substd péj. vieilli) Fardé. Dans la langue substd contemporaine
s’emploie pour hébété, ayant l’air de ne rien comprendre (par
allusion à Pierrot ?). |
252 |
|
enfer (d’—) |
(loc. adj.) Qui évoque l'enfer, affreux, violent. – (substd)
Remarquable, sensationnel (cf.
Du tonnerre). Un plan d'enfer, un
projet génial. Un look d'enfer, qui attire le regard. PR |
152 |
|
enfoncer |
Faire aller vers le fond, l’abîme. |
436 |
|
enlever le ballon |
(substd) Botter les fesses. HM. Cf.note
suivante. |
419 |
|
enlever le derrière |
Je comprends, « priver [de l’usage] du derrière », c.-à-d..,
principalement, s’asseoir, pour cause de fessée trop soigneusement
appliquée. Probable locution familière, dont je n’ai cependant trouvé
aucune trace. Cf.note à (enlever le) ballon,
de même sens mais plus imagé. |
225 |
|
enquiquiner |
(substd) Agacer, ennuyer, importuner (euphém. pour emmerder
dont il a tous les sens figurés). PR |
398 |
|
entortillé |
(substd vx) N de qualité suivant la terminologie de Milner. Insulte
qui repose sur le Ppé de entortiller,
au sens de tromper ; la langue substd actuelle emploie avec le même
sens entaulé/ entôlé, enculé,
entubé, enfiotté… et pigeon. |
313 |
|
entre-deux |
(cout.) Bande de tulle, de dentelle, de broderie qui coupe un tissu.
PR |
179 |
|
entripaillé |
Comparable à entortillé, cf.
note. |
464 |
|
envoyer à Chaillot |
(substd vx) Envoyer promener, se faire voir, au diable. HM. Expression
typiquement parisienne, Chaillot étant un toponyme désignant une colline
(actuel 16e arrt) annexée à Paris seulement sous le 2nd
Empire (c.-à-d. à l’époque où se situent les faits de L’Assommoir) pour être urbanisée. |
315 |
|
envoyer flûter |
Envoyer promener. Cf. note
à envoyer à Chaillot. Loc.,
probablt substd, en tout cas vieillie, sans autre attestation à ma
connaissance. Elle peut reposer sur le sens ancien de flûter, jouer de la flûte, dès longtemps sorti d’usage, de même
que mon idiolecte dispose parallèlement de envoyer baller où l’on reconnaît l’ancien verbe baller
signifiant danser, lui aussi sorti de l’usage au XVIIe s. Mais elle peut
aussi avoir été influencée par l’interjection (substd vieillie) flûte
marquant l’impatience, la déception, la désapprobation (PR). Dans ce
cas, envoyer flûter serait un délocutif,
au sens de Benveniste. |
411 |
|
envoyer le monde à la balançoire |
(substd, fig. et vieilli) Ne faire aucun cas du monde, des autres, les
mépriser, les déprécier. Repose sur le sens par extension du V balancer,
« jeter », d’où (substd et fig.) « se débarrasser de ».
Aujourd’hui, l’argot emploie encore ce V, mais au sens de « dénoncer ».
RH |
262 |
|
épate |
(substd) Action d'épater. Cf. ostentation ;
(substd) bluff, chiqué, esbroufe, frime.
« Il fait un peu d'épate, il en met plein la vue »
(Martin du Gard). – (loc.) Le faire à l'épate, agir en visant à
l'effet. PR |
138 |
|
épinée |
Dérivé suffixal (dont je n’ai pas trouvé d’autre attestation ;
vieilli ou technique ?) du substantif épine qui s’emploie (aujourd’hui généralement avec l’épithète
dorsale) pour désigner la
colonne vertébrale de l’homme ou des animaux. Aujourd’hui, en termes
de boucherie, on parle plutôt d’échine.
PR+BW |
238 |
|
esbigner (s’—) |
(substd vieilli) Se sauver. Cf. décamper.
PR |
419 |
|
esbrouf(f)er |
(substd) En imposer à (qqn) en fanfaronnant. Cf. bluffer, épater. Il cherche à nous esbroufer (moins cour.
que Faire de l'esbroufe). PR |
115 |
|
escoffier |
(substd vx) Tuer. DA |
510 |
|
espagnolette |
Ferrure à poignée tournante servant à fermer et à ouvrir les châssis
d'une fenêtre. Cf. crémone. PR |
28 |
|
estrangouiller |
(substd) V non attesté, mais dans lequel on reconnaît aisément la
base de e(s)trangl-er et le
suffixe substd, souvent péj. ou fréquentatif, -ouiller ;
cf. crachouiller, grattouiller,
merdouiller… Le maintien du -s-
en appui décèle peut-être une origine méridionale. |
512 |
|
établir (s’—) |
Se fixer, s’installer et exercer une profession stable. PR |
27 |
|
étouffer |
(substd vieilli) Dissimuler. |
476 |
|
être d’un +
Adj. subst. au masc. sg. |
Être particulièrement, très + Adj. |
221 |
|
être d’un +
Adj. subst. |
Être particulièrement, très + Adj. |
221 |
|
façon
(ouvriers à —) ou façonniers |
Artisans qui exécutent un travail sans fournir la matière première.
PR |
482 |
|
fagoté |
(1585) (fig. et cour.)
Arrangé, habillé mal, sans goût. Cf.
accoutrer, affubler, (substd) ficeler. PR |
93 |
|
faire qqch à qqn |
(substd) Le lui dérober. |
385 |
|
farce (d’un—) |
(loc. adj. sur le N abstrait, par dérivation impropre de l’Adj ;
à la mode au XIXe s.) (substd vieilli) Cf.
amusant, burlesque, cocasse, comique, drôle. PR |
174 |
|
fardier |
(vx) Chariot à deux ou quatre roues servant à transporter des
fardeaux très pesants (blocs de pierre, troncs d'arbres, madriers). PR |
480 |
|
feignant |
(substd) Paresseux invétéré. Quel feignant! Cf. fainéant, paresseux. « Tu te la coules douce, c'est un
métier de feignant que le tien » (Queneau). – Adj. Ce qu'il est
feignant! PR |
471 |
|
fendant |
(vx ou régional) Fier-à-bras. RH |
512 |
|
ferme (et — !) |
Emploi adverbial de l'adjectif. |
69 |
|
festonner |
Orner de festons, c.-à-d. de guirlandes et (cout.) de bordures dentelées
et brodées. – (intr., p. métaphore, vx) Tituber. RH |
278 |
|
ficelle |
(Adj) (1792) (vx) Malin, retors. « Cadet Rousselle est très
ficelle » (chans.). PR |
189 |
|
ficher (je t’en fiche) |
(loc. substd vieillie) Il n’en est pas question. |
470 |
|
ficher la paresse |
(substd vieilli) Je “fais”, me livre à la paresse. Cf.
note à foutre la misère. |
471 |
|
fier |
(avant le nom) cf fameux,
fieffé. (vieilli) (personnes) « Il y a de fières canailles »
(Boylesve). (mod.) Il a un fier culot! Cf.
(substd) sacré. Devoir
une fière chandelle à qqn. PR |
68 |
|
fiérot |
(dim. de fier) Prétentieux, fat d'une manière puérile. Il est un peu fiérot ;
il fait le fiérot. PR |
307 |
|
fifrelin
(pas un —) |
(substd) Pas le moindre sou. PR |
476 |
|
fil-en-quatre |
(substd vieilli) Eau-de-vie. DA |
411 |
|
filer un vilain coton |
Variante de la loc. Filer un mauvais coton, être dans une situation
dangereuse (au physique (santé) ; ou au moral (situation, réputation)).
PR |
397 |
|
fin (ouvrière de —) |
Fin est ici l’adjectif substantivé pour désigner un travail fin,
raffiné, qui exige des qualités particulières. Emploi vieilli. |
138 |
|
flafla |
(substd) Recherche de l'effet. Cf.
chichi, chiqué, esbroufe, façon, tralala. PR. Orthographié fla-fla
et nettement invariable p. 511. |
115 |
|
flâne |
(rare et vieilli) N. d’action fém. sg. Dérivé régressif de
« flâner ». RH |
24 |
|
flâne |
N d’action (cf p. 24)
appliqué par antonomase à l’apprenti. |
145 |
|
flânocher |
(substd, vieilli, rare) Dérivé de flâner
(RH), à l’aide du suffixe –ocher
à valeur fréquentative et péjorative, dont le correspondant nominal et
adjectival est –oche. |
186 |
|
flaquée |
Dérivé suffixal de flaque, comme poignée sur poing… |
50 |
|
flopée |
Cf.
note sur tapée. |
190 |
|
foire d’empoigne |
(loc. cour.) (1867) C'est une vraie foire d'empoigne, une mêlée, un
affrontement où chacun cherche à obtenir la meilleure part par tous les
moyens. PR |
431 |
|
folichon |
(galt en emploi négatif) Amusant, drôle. PR |
434 |
|
fontainier |
(vx) Ouvrier chargé de l’entretien des fontaines publiques ou de ménage.
RH |
480 |
|
fouille-au-pot |
N composé (substd) non attesté autrement, mais dont l’interprétation
ne fait guère de doute, pot étant
une appellation (substd) du postérieur bien documentée, cf. DA. |
433 |
|
fouiller (se —) |
(substd) Fouiller signifie,
par métaphore, posséder sexuellement. DA. Par extension, pouvoir se fouiller signifie devoir renoncer à qqch, ne pas
devoir y compter. PR |
63 |
|
fouler (se la —) |
Forme abrégée de (fig., substd, vieilli) se fouler la rate, se
donner du mal, de la peine. – (mod. pronom. absolut) Ne pas se fouler,
ne pas se donner beaucoup de peine. |
315 |
|
fourniture |
(vx) Fines herbes. RH |
297 |
|
fourrer |
(substd vx) Donner. RH |
192 |
|
foutre la misère |
(substd vx) Mener une existence misérable. |
437 |
|
française (vin à la —) |
Apparemment, il s’agit d’une préparation particulière à base de
vin, mais je n’en trouve nulle trace dans les instruments dont je
dispose. Qqn en sait-il plus ? |
448 |
|
friande |
(litt.) Attirante, en parlant d’une femme. RH |
414 |
|
fricandeau |
(cuis.) Médaillon (de veau) taillé dans la sous-noix, lardé et mis
à braiser. PR |
111 |
|
fricasser |
1° Faire cuire en fricassée. Cf.
ici même, pp. 169 et 308 et notes. 2°
(fig. vx) Gaspiller, dissiper (de l'argent). Il « l'accusa d'avoir
fricassé les cinq francs, à de la boisson » (Zola). PR |
405 |
|
fricot |
(substd) Viande en ragoût (modeste ou de qualité médiocre). Cf.
fricassée. (par ext.) Mets grossièrement cuisiné, mauvaise cuisine. Cf.
rata. PR. Cf. note suivante. |
308 |
|
fricoter |
(substd) Accommoder en ragoût, préparer (un plat), cuisiner. Cf.
fricasser. Fricoter des abattis de canard. PR |
169 |
|
frigousse |
(substd vx) Aliment cuisiné, mets. HM. Possiblement apparenté à fricot,
fricoter, fricasser, fricandeau…, cf. pp. 111, 169, 308, 405 et noteà
ces mots ; mais la sonorisation du -g-,
comme le suffixe –ousse sont
peu clairs. Origine dialectale ? |
469 |
|
frimousse |
(substd) Visage agréable (d'enfant, de personne jeune). Cf.
bouille, minois. PR |
459 |
|
fringale |
(substd) Faim violente et pressante. J'ai une de ces fringales! PR |
465 |
|
friser à plat |
(loc. substd plaisante) Ne pas friser du tout. |
433 |
|
frusques |
(toujours pl., substd, dérivé régressif de saint-frusquin, cf. note
à ce mot) Habits, et spécialt mauvais habits. Cf. fringues, hardes, nippe. |
225 |
|
fumer |
(substd) Ressentir une colère, un dépit violents. Cf.
fulminer, pester, rager ; fumasse. PR |
263 |
|
gâcheuse |
Ouvrières qui gâchent, bâclent leur travail. S’oppose à l’(ouvrière
de) fin, cf. p. 138 et
note. |
385 |
|
gadoue |
(substd vieilli) Femme de mauvaise vie. HM |
44 |
|
galette |
(substd) Argent. DA |
433 |
|
galfâtre |
Goinfre ou abruti, idiot. HM |
87 |
|
galopé |
(vx, p. métaph.) Poursuivi, serré de près. RH |
399 |
|
galopiner |
(substd, rare, vieilli) Dénominatif de galopin ([(courant) Gamin des rues. – Enfant espiègle, effronté.
Cf. chenapan, garnement,
polisson, vaurien. PR]. RH |
189 |
|
gambiller |
(substd) Danser sur un rythme très vif. Cf. se trémousser. PR |
489 |
|
gants (mettre des —) |
(substd) Prendre, mettre des gants, agir avec ménagement, précaution
(cf. Y mettre des formes). « Il
n'a pas pris de gants pour le lui dire » (Balzac). Prendre des gants avec
qqn. – (littér.) Se donner les gants de qqch., de (et inf.), s'en
attribuer l'honneur, le mérite, généralement mal à propos. PR |
396 |
|
gargamelle |
(substd vx) Gorge, gosier. Cf.
gargoulette. PR |
439 |
|
gargariser (se —) |
1° Se rincer l'arrière-bouche, la gorge avec de l'eau ou un liquide
médicamenteux. 2° (fig. substd) Cf. se délecter,
savourer. Des « vieillards qui se gargarisent de formules héroïques »
(Martin du Gard). PR |
408 |
|
gargot |
(péj. vx) Synonyme de gargote.
RH |
465 |
|
garni |
(Adj) (vieilli) Meublé, à propos d’une chambre (comme ici), d’un
appartement donnés en location. Peut être substantivé en ce sens au
masculin, « louer un garni ». PR |
19 |
|
gaupe |
(substd vx) Femme malpropre (cf.
souillon) ; prostituée. PR |
488 |
|
gaviot |
(substd vx) Probable variante de (substd vx) gave, gosier, estomac. DA |
464 |
|
gazouiller |
(substd) Sentir mauvais. Homonyme du verbe signifiant « produire
un bruit léger, modulé et doux » (PR), dérivé sur gaz, qui, en argot, peut avoir le sens de mauvaise odeur. DA |
173 |
|
gibelote |
Ragoût fait de morceaux de viande blanche ou de volaille (et par ext.
d'agneau, de poisson), sautés au beurre, puis mijotés dans une sauce au
vin blanc. PR |
110 |
|
gigoter |
(substd) Remuer vivement les jambes, et, par ext., Agiter ses membres,
tout son corps. Cf. se trémousser.
PR. Cf. p. 500 et note. |
516 |
|
gigue |
(substd vieilli) Jambe. PR. Cf. p.
516 et note. |
500 |
|
girie |
(substd vx) Plainte affectée. Cf.
jérémiade. « Elle malade? Mais c'est des giries »
(Balzac). – Manière affectée. Cf.
chichi. PR |
172 |
|
gnangnan |
(substd) Mou, sans énergie. Cf.
mollasse. « Une histoire d'amour gnangnan et une fin morale »
(L'Express, 1979). Cf. mièvre ;
cucul. |
169 |
|
gnognotte |
(substd) Chose négligeable, de peu de valeur. PR |
477 |
|
gnon |
(substd) Coup. Cf. jeton.
Donner, recevoir un gnon, des gnons. Il « riposta par un gnon en
pleine tronche » (Queneau). PR |
174 |
|
gobé |
(vieilli) Estimé, apprécié. PR |
328 |
|
gobelotter |
(substd vieilli) Boire de l’alcool avec excès (dénom. de gobelet,
avec altération vocalique). RH |
185 |
|
goberger (se —) |
(substd) Prendre ses aises, faire bombance. PR |
195 |
|
godailler |
(substd) Être en érection, éprouver un fort désir sexuel ;
copuler. De goder, même
signification. DA. Les sens proposés par HM (« courir les cabarets
/ flâner ») semblent particulièrement inadaptés au contexte et,
à la vérité, sont ceux d’un homonyme familier, dénominatif de godaille (« ripaille ») qu’on rencontrera à la p.
192. Cf.
DA. |
112 |
|
godailler |
(substd) Festoyer. DA. Il s’agit de l’homonyme du godailler
de la p. 112, évoqué dans la note ci-dessus. |
192 |
|
godelureau |
Jeune élégant prétentieux. Cf.
freluquet, gandin. PR |
448 |
|
godiche |
(substd) Cf. benêt,
maladroit, niais. « Plutôt qu'aux freluquets à l'air godiche ou
sec » (Verlaine). Cf. emprunté,
gauche. PR |
157 |
|
godiveau |
(cuis.) Hachis de viande façonné en boulettes oblongues (cf
quenelle), pochées à l'eau bouillante salée. PR |
109 |
|
gouailleur |
Qui gouaille, qui aime à railler. Cf.
goguenard, moqueur, narquois, railleur. Sourire gouailleur. « Un ton
d'assurance un peu gouailleur » (André Gide). |
68 |
|
gouape |
(substd) Cf. frappe,
vaurien, voyou. PR |
185 |
|
gouaper |
Dénominatif de gouape, cf.
note précédente. (substd) Faire la fête, la noce. RH |
281 |
|
gouapeur |
(substd vieilli) N d’action de gouaper,
cf. note précédente. |
484 |
|
gourgandine |
(vieilli) Femme facile, dévergondée. Cf. catin. PR |
129 |
|
goutte |
(substd) Petit verre d'alcool, d'eau-de-vie. PR. P. ext., eau-de-vie. |
53 |
|
goutte |
Diathèse,
souvent héréditaire, caractérisée par des poussées inflammatoires
douloureuses autour des articulations, avec dépôt d'urates (cf.
tophus). Avoir la goutte. – (spécialt) Goutte articulaire ou (absolt
std) la goutte, qui se présente sous forme d'accès douloureux. Attaques
de goutte. Goutte aux pieds (cf.
podagre). PR |
90 |
|
grabuge |
(substd) Dispute, querelle bruyante ; désordre qui en résulte.
PR |
35 |
|
graisser ses bottes |
(loc. substd) Se préparer à partir, (fig.) à mourir. PR |
356 |
|
«grand-tétasse» |
Les guillemets soulignent la néologie. Au reste, ce nom composé est
aisé à comprendre ; tétasse est
un N substd péj. désignant un sein de femme galt flasque et flétri. DA.
Ici, par métonymie, il s’applique à Gervaise en tant qu’elle a une
poitrine de ce genre ; l’absence d’accord de grand
en fait une sorte d’Adv modifiant tétasse,
celle qui est grandement tétasse, i.e.
qui a de gros seins mous et flétris. |
405 |
|
gratte |
(1838) (substd) Petit profit obtenu en grappillant. Cf.
grappillage. Faire de la gratte. PR |
434 |
|
grelot (un fichu —) |
(substd vieilli) Un sacré bagou. HM |
62 |
|
greluchon |
(vx) Amant de cœur d’une femme entretenue par un autre homme. P.
ext., (mod.) jeune homme insignifiant. RH. Ici, le second sens semble
mieux convenir vu le contexte. Cependant, le RH –seul à faire état de
ce second sens– ne le date que du XXe s.[3] |
449 |
|
gringuenaude |
(vx) Crotte, petite ordure. DMF |
434 |
|
gros |
“Allusion” (figure) : on comprend grosses comme pansues, ventrues.
Mais l’ensemble des connotations sexuelles du festin permet également
d’actualiser le sens d’enceintes.
Confirmation, 2 pages plus loin, quand un badaud lance à l’une des
convives, « Ohé ! la grosse mère, je vas chercher l’accoucheuse !… »
(p. 263) |
261 |
|
guenillon |
Diminutif de guenille. |
434 |
|
guetter (il […] guettait sortir
leurs paroles) |
Construction assez inhabituelle du V guetter, comme un verbe de perception suivi d’une proposition
subordonnée infinitive. » « Il
écoutait attentivement sortir leurs paroles ». |
108 |
|
gueulardise |
(substd vx) Gourmandise. N dérivé sur (substd) gueulard, -e :
1° (vieilli) Porté sur la bonne chère.
2° (mod.) Qui aime à protester, faire des éclats. PR |
169 |
|
guibolle |
(substd) Jambe. PR |
185 |
|
guigne (comme d’une —) |
Guigne, petite cerise à longue queue, à chair molle, rouge et très
sucrée, dont la forme rappelle celle du bigarreau (Cf. guignier). (loc. substd) Se soucier de qqn, de qqch. comme d'une guigne, très
peu, pas du tout. PR |
139 |
|
guigner |
Regarder à la dérobée (et généralement avec convoitise). PR |
369 |
|
guilledou (courir le —) |
(loc. substd vieillie) Aller en quête d'aventure galante. PR |
495 |
|
guimbarde |
(vx) Femme maladroite, méprisable, sans initiative. RH+DA |
478 |
|
habiller |
(substd) Couvrir de griefs, de charges, d’imprécations[4].
DA |
275 |
|
haquet |
(vx) Charrette étroite et longue, sans ridelles. PR |
480 |
|
haridelle |
Mauvais cheval maigre et efflanqué. Cf. rosse, rossinante. PR. Ici, métaphorique. |
475 |
|
heure (à cette —) |
Maintenant, désormais. Locution substd fréquente dans L’Assommoir. |
396 |
|
impériale |
(1817) Barbe à l'impériale,
et subst. une impériale, petite
touffe de poils qu'on laisse pousser sous la lèvre inférieure. Cf.
barbiche. PR |
216 |
|
indiquer (— les couverts) |
(vieilli) Indiquer les places à table. |
108 |
|
jaboter |
(substd vieilli) Bavarder à plusieurs. Cf. cancaner, caqueter. PR |
515 |
|
jambe (les —s leur rentraient dans le corps) |
(loc. substd) Ils étaient épuisés d’avoir marché et de s’être
tenus debout. |
102 |
|
jaune (peindre en —) |
(vieilli) Tromper, cocufier. RH. En vertu d’une des valeurs
symboliques de la couleur. |
328 |
|
jeanjean
ou jean-jean |
(vx) Niais, naïf. RH |
299 |
|
jeter (— du cœur sur du carreau) |
(loc. substd vieillie) Jolie “allusion” (figure) : cœur
et carreau se comprennent a
priori comme noms de deux “couleurs” du jeu de cartes, et jeter,
c.-à-d. jouer, de la première sur la seconde est une manœuvre prohibée
dans certains jeux. Mais cœur doit,
en contexte, se comprendre avec son sens ancien d’estomac (cf
« avoir mal au cœur, soulever le cœur, écœurer… ») et carreau
avec celui de carrelage recouvrant le sol, auquel cas l’expression
signifie « vider (le contenu de) son estomac sur le sol, vomir »
(RH), conduite au reste généralement considérée comme déplacée en
public. |
176 |
|
jobard |
(vieilli) Crédule jusqu'à la bêtise. Cf. naïf, niais. PR. (mod. substd) Fou. DA. En fait la langue
contemporaine substd utilise essentiellement son verlan barjo(t), avec ce sens de fou. |
252 |
|
jobarder |
(rare) Duper, tromper, comme on abuse un jobard. PR. Cf.
note précédente. |
331 |
|
joliment |
Emploi familier, un peu vieilli aujourd’hui mais très fréquent
dans L’Assommoir, de cet
adverbe pour former des superlatifs absolus de supériorité. En plus,
dans cette occurrence, son sens premier fait oxymore avec l’adjectif
auquel il s’applique (dégoûtant).
L’aAdj joli a parallèlement
des emplois mélioratifs. |
39 |
|
jour de sainte-touche |
(substd vieilli) Jour où les ouvriers et employés “touchaient”
leur paie. DA |
385 |
Kermesse
|
En Hollande, Belgique, dans le nord de la France, Fête patronale
villageoise, foire annuelle célébrée avec de grandes réjouissances en
plein air. Cf. ducasse. PR |
102 |