Glossaire assommant! D-K

Glossaire assommant!   par H.Tullon du C.P.A de Rabat

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Lettres  D-K

 

dalle (se rincer la —)

(substd) Dalle, gorge, gosier (dans des loc.). Se rincer la dalle, boire. (1881)  Avoir la dalle en pente, aimer à boire. – Avoir la dalle, avoir faim (Cf. casse-dalle, casse-croûte). PR

186

danse

(substd vieilli) Correction. PR

454

danse devant le buffet

Nominalisation de (substd) danser devant le buffet (vide) (ici même, p. 404), n’avoir rien à manger. PR

384

débandé

En désordre.

58

débarrasser le plancher

(substd) S’en aller.

186

débarrasser le plancher

(substd) Partir.

449

débine

(substd vieilli) Misère. PR

344

décaniller

(substd) Partir, s’enfuir. PR

379

décarrer

(substd) Partir, sortir. DA

510

décatissage

Emploi non technique, rare, du subst. dérivé de l’Adj décati , usé, vieilli, qui a perdu de sa fraîcheur, de sa force. RH

404

dèche

(substd) Manque d'argent, grande gêne. Cf. débine, misère, pauvreté. PR

404

découcher

Coucher hors de chez soi ; rester absent la nuit entière (souvent avec connotations érotiques). PR

19

découplé

 (vx) Qui a de l'aisance dans les mouvements. (mod) Bien découplé, de belle taille, bien bâti. PR

215

décrochez-moi-ça

(substd vx) Boutique de fripier.

99

décrotter

(substd vx) Manger jusqu’à l’os. PR

260

défiler la parade

(substd vx) S’échapper. RH. La langue actuelle substd emploie le pronominal se défiler avec le même sens.

509

dégaine

Allure.

43

dégelée

Volée (de coups). PR. Cf. aussi, avec le même sens, avalanche, averse. DA

396

dégingandé

Qui est disproportionné dans sa haute taille et déséquilibré dans la démarche, l'allure. PR

32

dégo(t)ter

(substd vx) Abattre, faire tomber ; tuer. Aujourd’hui, (substd) trouver. DA

211

dégobiller

(substd) Vomir. Dégobiller son repas. (absolt) Il a envie de dégobiller. Cf. (substd) dégueuler, gerber. PR

102

dégoiser

(substd et péj.) Débiter, dire. PR. Auj. s’emploie plutôt absolument au sens de médire

366

dégoûtation

Apparemt néologisme –zolien ou populaire ?–, mais qui n’a pas réussi à supplanter le déverbal dégoût.

324

démantibuler (— le tempérament)

(substd) Ruiner, démolir la santé. Encore un exemple, avec tempérament, de la conservation par la langue populaire d’un sens ancien, sorti de l’usage std.

185

demeurer (ou : rester) en peinture

(substd) Supporter sans réagir.

463

demi-grosse

(comm. vieilli) Six douzaines, la grosse équivalant à douze douzaines. PR

204

dépêcher

Emploi transitif direct, aujourd’hui vieilli, au sens de exécuter rapidement.

91

dépenaillé

Qui est en haillons ; dont la mise est tout à fait négligée. PR

488

dépiauter (se —)

S’arracher la peau, s’écorcher. PR

221

dépuceleur de nourrices ou de femmes enceintes

(substd vieilli) Fanfaron, fier-à-bras grotesque. DA

477

dérocher

(techn.) (1671) Nettoyer la surface d’un métal des corps gras, des oxydes. Cf. décaper ; dérochage. (absolt) Dérocher au moyen de borax, d'acide sulfurique. PR

81

dessaler

1° Rendre moins salé ou faire cesser d'être salé. Dessaler de la morue en la faisant tremper. (intrans.) (1680) Mettre des harengs à dessaler. (pronom.) L'eau de mer se dessale par distillation. 

2° (1880[1]) (fig. et substd) Rendre moins niais, plus déluré. Cf. dégourdir, déniaiser. – (pronom.) Il commence à se dessaler. – (Ppé adj.) (1585) Elle est bien dessalée. Cf. affranchi, dégourdi, déluré. PR

En outre, ici, à l’évidence, jeu sur la polysémie de dessaler et celle de morue (“allusion” [figure]), cf note à morue.

44

dinde

(vieilli) Femme facile, dévergondée. Cf. catin. PR. Dans ce contexte, l’expression grosse dinde est doublement antiphrastique.

129

dinguer

(substd) (surtout inf., apr. un verbe) Tomber, être projeté.

Envoyer dinguer, repousser violemment, et (fig.) éconduire sans ménagement. Cf. rabrouer. « Si c'était moi qui avais voulu les lui présenter, ce qu'il m'aurait envoyé dinguer » (Proust). Cf. bouler, paître. PR

156

dodo

(auj. uniqut enfantin) Lit. PR

344

donner (s’en —)

Se donner du plaisir.

172

donner des coups de canif dans le contrat [de mariage]

Tromper son conjoint. PR

389

donzelle

Jeune fille ou femme prétentieuse et ridicule. PR

437

dos (faire le gros —)

Comme un chat qui bombe le dos en raidissant les pattes postérieures, dans l’attente que le danger passe.

218

doublé

(1755) (vieilli) Orfèvrerie faite d'un métal ordinaire recouvert, par soudure, d'une mince plaque de métal précieux. Cf. plaqué. Doublé or. Des doublés argent. Bracelet en doublé. PR

431

drogue

Ici, clairement, ce N désigne Gervaise. Soit il s’agit d’un emploi métaphorique du substantif que nous avons conservé, au sens de personne désagréable, dure à avaler, comme les potions des médecins[2]. RH. Soit il s’agit d’un emploi, métonymique cette fois-ci, d’un homonyme, disparu auj., issu d’un V droguer (cf. note suivante) et qui signifiait maraudage, mendicité. DA. Dans un cas comme dans l’autre, la nuance péjorative est nette.

512

droguer

(substd vx) Faire/ laisser droguer qqn, le faire/ laisser attendre. « Le campagnard ne vous fait droguer que lorsqu'il est sûr de votre patience » (Romains). PR

116

drolichon

Dim. substd de drôle.

442

eau (revenir sur l’—)

Refaire surface, reprendre pied.

27

eau seconde

Solution d'acide nitrique employée comme décapant. PR

81

échigné

Variante substd vieillie de échiné, Ppé de (vx) échi(g)ner, casser l'échine, les reins de (qqn). Cf. éreinter. – Mettre à mal. RH. (Cf. à la p 261 la variante orthographique échiné).

225

effilé

Frange formée en effilant la chaîne d'un tissu, et qui sert à border une étoffe. Les effilés d'un châle, d'une serviette. PR

93

égrillard

(Adj) Qui se complaît dans des propos ou des sous-entendus licencieux. Cf. grivois, libertin, paillard, polisson. Dès qu'il a un peu bu, il devient égrillard. « Un ton plaisantin, parfois même égrillard » (André Gide). Histoire égrillarde. Cf. gaulois, libre, osé, salé. « L'œil moitié égrillard, moitié attendri » (Loti). PR

102

emmieller

(substd par euphémisme) Emmerder. PR

259

emmoutarder

(substd, vx, par euphémisme) Emmerder. Cf. p. 259, emmieller et note.

315

émotionner

(substd vieilli) Toucher, agiter par une émotion. Cf. émouvoir. « Je ne dirai pas que cet ouvrage […] émeut, mais il émotionne ; mauvais mot, mauvaise chose » (Sainte-Beuve). PR

130

empaumer

(substd vieilli) Posséder (qqn) en trompant, en enjôlant. « Tout malin que tu es, tu te fais empaumer » (B. Clavel). Cf. duper, rouler. PR

468

empois

Produit à base d'amidon, employé à l'apprêt du linge (Cf. empeser). PR

54

emporter

Enlever avec violence, arracher, i.e., en parlant du linge, user exagérément, déchirer.

33

empoté

(substd) Maladroit, lent. PR

475

encloué

(substd, vx, sans autre attestation, sinon ici même, p. 413) N de qualité suivant la terminologie de Milner. Insulte qui repose sur le Ppé de enclouer, au sens (substd vx) du simple clouer, mettre en prison ? ou bien paronyme euphémistique de enculé ?

315

endêver

(substd vx) Rager, enrager, devenir fou. – (vieilli ou méridional) Faire endêver qqn, le faire enrager. Cf. tourmenter. « Je la faisais endêver en cachant ses balais » (France). PR + RH

107

endormir (s’— sur le rôti)

(loc. substd vieillie) Se laisser aller à la satisfaction au lieu de rester actif et vigilant. Rôti peut être remplacé par bifteck ou mastic. DA

179

enfariné

(substd péj. vieilli) Fardé. Dans la langue substd contemporaine s’emploie pour hébété, ayant l’air de ne rien comprendre (par allusion à Pierrot ?).

252

enfer (d’—)

(loc. adj.) Qui évoque l'enfer, affreux, violent. – (substd) Remarquable, sensationnel (cf. Du tonnerre). Un plan d'enfer,  un projet génial. Un look d'enfer, qui attire le regard. PR

152

enfoncer

Faire aller vers le fond, l’abîme.

436

enlever le ballon

(substd) Botter les fesses. HM. Cf.note suivante.

419

 enlever le derrière

Je comprends, « priver [de l’usage] du derrière », c.-à-d.., principalement, s’asseoir, pour cause de fessée trop soigneusement appliquée. Probable locution familière, dont je n’ai cependant trouvé aucune trace. Cf.note à (enlever le) ballon, de même sens mais plus imagé.

225

enquiquiner

(substd) Agacer, ennuyer, importuner (euphém. pour emmerder dont il a tous les sens figurés). PR

398

entortillé

(substd vx) N de qualité suivant la terminologie de Milner. Insulte qui repose sur le Ppé de entortiller, au sens de tromper ; la langue substd actuelle emploie avec le même sens entaulé/ entôlé, enculé, entubé, enfiotté… et pigeon.

313

entre-deux

(cout.) Bande de tulle, de dentelle, de broderie qui coupe un tissu. PR

179

entripaillé

Comparable à entortillé, cf. note.

464

envoyer à Chaillot

(substd vx) Envoyer promener, se faire voir, au diable. HM. Expression typiquement parisienne, Chaillot étant un toponyme désignant une colline (actuel 16e arrt) annexée à Paris seulement sous le 2nd Empire (c.-à-d. à l’époque où se situent les faits de L’Assommoir) pour être urbanisée.

315

envoyer flûter

Envoyer promener. Cf. note à envoyer à Chaillot. Loc., probablt substd, en tout cas vieillie, sans autre attestation à ma connaissance. Elle peut reposer sur le sens ancien de flûter, jouer de la flûte, dès longtemps sorti d’usage, de même que mon idiolecte dispose parallèlement de envoyer baller où l’on reconnaît l’ancien verbe baller signifiant danser, lui aussi sorti de l’usage au XVIIe s. Mais elle peut aussi avoir été influencée par l’interjection (substd vieillie) flûte marquant l’impatience, la déception, la désapprobation (PR). Dans ce cas, envoyer flûter serait un délocutif, au sens de Benveniste.

411

envoyer le monde à la balançoire

(substd, fig. et vieilli) Ne faire aucun cas du monde, des autres, les mépriser, les déprécier. Repose sur le sens par extension du V balancer, « jeter », d’où (substd et fig.) « se débarrasser de ». Aujourd’hui, l’argot emploie encore ce V, mais au sens de « dénoncer ». RH

262

épate

(substd) Action d'épater. Cf. ostentation ; (substd) bluff, chiqué, esbroufe, frime.  « Il fait un peu d'épate, il en met plein la vue » (Martin du Gard). – (loc.) Le faire à l'épate, agir en visant à l'effet. PR

138

épinée

Dérivé suffixal (dont je n’ai pas trouvé d’autre attestation ; vieilli ou technique ?) du substantif épine qui s’emploie (aujourd’hui généralement avec l’épithète dorsale) pour désigner la colonne vertébrale de l’homme ou des animaux. Aujourd’hui, en termes de boucherie, on parle plutôt d’échine. PR+BW

238

esbigner (s’—)

(substd vieilli) Se sauver. Cf. décamper. PR

419

esbrouf(f)er

(substd) En imposer à (qqn) en fanfaronnant. Cf. bluffer, épater. Il cherche à nous esbroufer (moins cour. que Faire de l'esbroufe). PR

115

escoffier

(substd vx) Tuer. DA

510

espagnolette

Ferrure à poignée tournante servant à fermer et à ouvrir les châssis d'une fenêtre. Cf. crémone. PR

28

estrangouiller

(substd) V non attesté, mais dans lequel on reconnaît aisément la base de e(s)trangl-er et le suffixe substd, souvent péj. ou fréquentatif, -ouiller ; cf. crachouiller, grattouiller, merdouiller… Le maintien du -s- en appui décèle peut-être une origine méridionale.

512

établir (s’—)

Se fixer, s’installer et exercer une profession stable. PR

27

étouffer

(substd vieilli) Dissimuler.

476

être d’un + Adj. subst. au masc. sg.

Être particulièrement, très + Adj.

221

être d’un + Adj. subst.

Être particulièrement, très + Adj.

221

façon (ouvriers à —) ou façonniers

Artisans qui exécutent un travail sans fournir la matière première. PR

482

fagoté

(1585)  (fig. et cour.) Arrangé, habillé mal, sans goût. Cf. accoutrer, affubler, (substd) ficeler. PR

93

faire qqch à qqn

(substd) Le lui dérober.

385

farce (d’un—)

(loc. adj. sur le N abstrait, par dérivation impropre de l’Adj ; à la mode au XIXe s.) (substd vieilli) Cf. amusant, burlesque, cocasse, comique, drôle. PR

174

fardier

(vx) Chariot à deux ou quatre roues servant à transporter des fardeaux très pesants (blocs de pierre, troncs d'arbres, madriers). PR

480

feignant

(substd) Paresseux invétéré. Quel feignant! Cf. fainéant, paresseux. « Tu te la coules douce, c'est un métier de feignant que le tien » (Queneau). – Adj. Ce qu'il est feignant! PR

471

fendant

(vx ou régional) Fier-à-bras. RH

512

ferme (et — !)

Emploi adverbial de l'adjectif.

69

festonner

Orner de festons, c.-à-d. de guirlandes et (cout.) de bordures dentelées et brodées. – (intr., p. métaphore, vx) Tituber. RH

278

ficelle

(Adj) (1792) (vx) Malin, retors. « Cadet Rousselle est très ficelle » (chans.). PR

189

ficher (je t’en fiche)

(loc. substd vieillie) Il n’en est pas question.

470

ficher la paresse

(substd vieilli) Je “fais”, me livre à la paresse. Cf. note à foutre la misère.

471

fier

(avant le nom) cf fameux, fieffé. (vieilli) (personnes) « Il y a de fières canailles » (Boylesve). (mod.) Il a un fier culot! Cf. (substd)  sacré. Devoir une fière chandelle à qqn. PR

68

 fiérot

 (dim. de fier) Prétentieux, fat d'une manière puérile. Il est un peu fiérot ; il fait le fiérot. PR

307

fifrelin (pas un —)

(substd) Pas le moindre sou. PR

476

fil-en-quatre

(substd vieilli) Eau-de-vie. DA

411

filer un vilain coton

Variante de la loc. Filer un mauvais coton, être dans une situation dangereuse (au physique (santé) ; ou au moral (situation, réputation)). PR

397

fin (ouvrière de —)

Fin est ici l’adjectif substantivé pour désigner un travail fin, raffiné, qui exige des qualités particulières. Emploi vieilli.

138

flafla

(substd) Recherche de l'effet. Cf. chichi, chiqué, esbroufe, façon, tralala. PR. Orthographié fla-fla et nettement invariable p. 511.

115

flâne

(rare et vieilli) N. d’action fém. sg. Dérivé régressif de « flâner ». RH

24

flâne

N d’action (cf p. 24) appliqué par antonomase à l’apprenti.

145

flânocher

(substd, vieilli, rare) Dérivé de flâner (RH), à l’aide du suffixe –ocher à valeur fréquentative et péjorative, dont le correspondant nominal et adjectival est –oche.

186

flaquée

Dérivé suffixal de flaque, comme poignée sur poing…

50

flopée

Cf. note sur tapée.

190

foire d’empoigne

(loc. cour.) (1867) C'est une vraie foire d'empoigne, une mêlée, un affrontement où chacun cherche à obtenir la meilleure part par tous les moyens. PR

431

folichon

(galt en emploi négatif) Amusant, drôle. PR

434

fontainier

(vx) Ouvrier chargé de l’entretien des fontaines publiques ou de ménage. RH

480

fouille-au-pot

N composé (substd) non attesté autrement, mais dont l’interprétation ne fait guère de doute, pot étant une appellation (substd) du postérieur bien documentée, cf. DA.

433

fouiller (se —)

(substd) Fouiller signifie, par métaphore, posséder sexuellement. DA. Par extension, pouvoir se fouiller signifie devoir renoncer à qqch, ne pas devoir y compter. PR

63

fouler (se la —)

Forme abrégée de (fig., substd, vieilli) se fouler la rate, se donner du mal, de la peine. – (mod. pronom. absolut) Ne pas se fouler, ne pas se donner beaucoup de peine.

315

fourniture

(vx) Fines herbes. RH

297

fourrer

(substd vx) Donner. RH

192

foutre la misère

(substd vx) Mener une existence misérable.

437

française (vin à la —)

Apparemment, il s’agit d’une préparation particulière à base de vin, mais je n’en trouve nulle trace dans les instruments dont je dispose. Qqn en sait-il plus ?

448

friande

(litt.) Attirante, en parlant d’une femme. RH

414

fricandeau

(cuis.) Médaillon (de veau) taillé dans la sous-noix, lardé et mis à braiser. PR

111

fricasser

1° Faire cuire en fricassée. Cf. ici même, pp. 169 et 308 et notes.

2° (fig. vx) Gaspiller, dissiper (de l'argent). Il « l'accusa d'avoir fricassé les cinq francs, à de la boisson » (Zola). PR

405

fricot

(substd) Viande en ragoût (modeste ou de qualité médiocre). Cf. fricassée.

(par ext.) Mets grossièrement cuisiné, mauvaise cuisine. Cf. rata. PR. Cf. note suivante.

308

fricoter

(substd) Accommoder en ragoût, préparer (un plat), cuisiner. Cf. fricasser. Fricoter des abattis de canard. PR

169

frigousse

(substd vx) Aliment cuisiné, mets. HM. Possiblement apparenté à fricot, fricoter, fricasser, fricandeau…, cf. pp. 111, 169, 308, 405 et noteà ces mots ; mais la sonorisation du -g-, comme le suffixe –ousse sont peu clairs. Origine dialectale ?

469

frimousse

(substd) Visage agréable (d'enfant, de personne jeune). Cf. bouille, minois. PR

459

fringale

(substd) Faim violente et pressante. J'ai une de ces fringales! PR

465

friser à plat

(loc. substd plaisante) Ne pas friser du tout.

433

frusques

(toujours pl., substd, dérivé régressif de saint-frusquin, cf. note à ce mot) Habits, et spécialt mauvais habits. Cf. fringues, hardes, nippe.

225

fumer

(substd) Ressentir une colère, un dépit violents. Cf. fulminer, pester, rager ; fumasse. PR

263

gâcheuse

Ouvrières qui gâchent, bâclent leur travail. S’oppose à l’(ouvrière de) fin, cf. p. 138 et note.

385

gadoue

(substd vieilli) Femme de mauvaise vie. HM

44

galette

(substd) Argent. DA

433

galfâtre

Goinfre ou abruti, idiot. HM

87

galopé

(vx, p. métaph.) Poursuivi, serré de près. RH

399

galopiner

(substd, rare, vieilli) Dénominatif de galopin ([(courant) Gamin des rues. – Enfant espiègle, effronté. Cf. chenapan, garnement, polisson, vaurien. PR]. RH

189

gambiller

(substd) Danser sur un rythme très vif. Cf. se trémousser. PR

489

gants (mettre des —)

(substd) Prendre, mettre des gants, agir avec ménagement, précaution (cf. Y mettre des formes). « Il n'a pas pris de gants pour le lui dire » (Balzac). Prendre des gants avec qqn. – (littér.) Se donner les gants de qqch., de (et inf.), s'en attribuer l'honneur, le mérite, généralement mal à propos. PR

396

gargamelle

(substd vx) Gorge, gosier. Cf. gargoulette. PR

439

gargariser (se —)

1° Se rincer l'arrière-bouche, la gorge avec de l'eau ou un liquide médicamenteux. 

2° (fig. substd) Cf. se délecter, savourer. Des « vieillards qui se gargarisent de formules héroïques » (Martin du Gard). PR

408

gargot

(péj. vx) Synonyme de gargote. RH

465

garni

(Adj) (vieilli) Meublé, à propos d’une chambre (comme ici), d’un appartement donnés en location. Peut être substantivé en ce sens au masculin, « louer un garni ». PR

19

gaupe

(substd vx) Femme malpropre (cf. souillon) ; prostituée. PR

488

gaviot

(substd vx) Probable variante de (substd vx) gave, gosier, estomac. DA

464

gazouiller

(substd) Sentir mauvais. Homonyme du verbe signifiant « produire un bruit léger, modulé et doux » (PR), dérivé sur gaz, qui, en argot, peut avoir le sens de mauvaise odeur. DA

173

gibelote

Ragoût fait de morceaux de viande blanche ou de volaille (et par ext. d'agneau, de poisson), sautés au beurre, puis mijotés dans une sauce au vin blanc. PR

110

gigoter

(substd) Remuer vivement les jambes, et, par ext., Agiter ses membres, tout son corps. Cf. se trémousser. PR. Cf. p. 500 et note.

516

gigue

(substd vieilli) Jambe. PR. Cf. p. 516 et note.

500

girie

(substd vx) Plainte affectée. Cf. jérémiade. « Elle malade? Mais c'est des giries » (Balzac). – Manière affectée. Cf. chichi. PR

172

gnangnan

(substd) Mou, sans énergie. Cf. mollasse. « Une histoire d'amour gnangnan et une fin morale » (L'Express, 1979). Cf. mièvre ; cucul.

169

gnognotte

(substd) Chose négligeable, de peu de valeur. PR

477

gnon

(substd) Coup. Cf. jeton. Donner, recevoir un gnon, des gnons. Il « riposta par un gnon en pleine tronche » (Queneau). PR

174

gobé

(vieilli) Estimé, apprécié. PR

328

gobelotter

(substd vieilli) Boire de l’alcool avec excès (dénom. de gobelet, avec altération vocalique). RH

185

goberger (se —)

(substd) Prendre ses aises, faire bombance. PR

195

godailler

(substd) Être en érection, éprouver un fort désir sexuel ; copuler. De goder, même signification. DA. Les sens proposés par HM (« courir les cabarets / flâner ») semblent particulièrement inadaptés au contexte et, à la vérité, sont ceux d’un homonyme familier, dénominatif de godaille (« ripaille ») qu’on rencontrera à la p. 192. Cf. DA.

112

godailler

(substd) Festoyer. DA. Il s’agit de l’homonyme du godailler de la p. 112, évoqué dans la note ci-dessus.

192

godelureau

Jeune élégant prétentieux. Cf. freluquet, gandin. PR

448

godiche

(substd) Cf. benêt, maladroit, niais. « Plutôt qu'aux freluquets à l'air godiche ou sec » (Verlaine). Cf. emprunté, gauche. PR

157

godiveau

(cuis.) Hachis de viande façonné en boulettes oblongues (cf quenelle), pochées à l'eau bouillante salée. PR

109

gouailleur

Qui gouaille, qui aime à railler. Cf. goguenard, moqueur, narquois, railleur. Sourire gouailleur. « Un ton d'assurance un peu gouailleur » (André Gide).

68

gouape

(substd) Cf. frappe, vaurien, voyou. PR

185

gouaper

Dénominatif de gouape, cf. note précédente. (substd) Faire la fête, la noce. RH

281

gouapeur

(substd vieilli) N d’action de gouaper, cf. note précédente.

484

gourgandine

(vieilli) Femme facile, dévergondée. Cf. catin. PR

129

goutte

(substd) Petit verre d'alcool, d'eau-de-vie. PR. P. ext., eau-de-vie.

53

goutte

Diathèse, souvent héréditaire, caractérisée par des poussées inflammatoires douloureuses autour des articulations, avec dépôt d'urates (cf. tophus). Avoir la goutte. – (spécialt) Goutte articulaire ou (absolt std) la goutte, qui se présente sous forme d'accès douloureux. Attaques de goutte. Goutte aux pieds (cf. podagre). PR

90

grabuge

(substd) Dispute, querelle bruyante ; désordre qui en résulte. PR

35

graisser ses bottes

(loc. substd) Se préparer à partir, (fig.) à mourir. PR

356

«grand-tétasse»

Les guillemets soulignent la néologie. Au reste, ce nom composé est aisé à comprendre ; tétasse est un N substd péj. désignant un sein de femme galt flasque et flétri. DA. Ici, par métonymie, il s’applique à Gervaise en tant qu’elle a une poitrine de ce genre ; l’absence d’accord de grand en fait une sorte d’Adv modifiant tétasse, celle qui est grandement tétasse, i.e. qui a de gros seins mous et flétris.

405

gratte

(1838) (substd) Petit profit obtenu en grappillant. Cf. grappillage. Faire de la gratte. PR

434

grelot (un fichu —)

(substd vieilli) Un sacré bagou. HM

62

greluchon

(vx) Amant de cœur d’une femme entretenue par un autre homme. P. ext., (mod.) jeune homme insignifiant. RH. Ici, le second sens semble mieux convenir vu le contexte. Cependant, le RH –seul à faire état de ce second sens– ne le date que du XXe s.[3]

449

gringuenaude

(vx) Crotte, petite ordure. DMF

434

gros

“Allusion” (figure) : on comprend grosses comme pansues, ventrues. Mais l’ensemble des connotations sexuelles du festin permet également d’actualiser le sens d’enceintes. Confirmation, 2 pages plus loin, quand un badaud lance à l’une des convives, « Ohé ! la grosse mère, je vas chercher l’accoucheuse !… » (p. 263)

261

guenillon

Diminutif de guenille.

434

guetter (il […] guettait sortir leurs paroles)

Construction assez inhabituelle du V guetter, comme un verbe de perception suivi d’une proposition subordonnée infinitive. » « Il écoutait attentivement sortir leurs paroles ».

108

gueulardise

(substd vx) Gourmandise. N dérivé sur (substd) gueulard, -e :

                               1° (vieilli) Porté sur la bonne chère.

                               2° (mod.) Qui aime à protester, faire des éclats. PR

169

guibolle

(substd) Jambe. PR

185

guigne (comme d’une —)

Guigne, petite cerise à longue queue, à chair molle, rouge et très sucrée, dont la forme rappelle celle du bigarreau (Cf. guignier). 

(loc. substd) Se soucier de qqn, de qqch. comme d'une guigne, très peu, pas du tout. PR

139

guigner

Regarder à la dérobée (et généralement avec convoitise). PR

369

guilledou (courir le —)

(loc. substd vieillie) Aller en quête d'aventure galante. PR

495

guimbarde

(vx) Femme maladroite, méprisable, sans initiative. RH+DA

478

habiller

(substd) Couvrir de griefs, de charges, d’imprécations[4]. DA

275

haquet

(vx) Charrette étroite et longue, sans ridelles. PR

480

haridelle

Mauvais cheval maigre et efflanqué. Cf. rosse, rossinante. PR. Ici, métaphorique.

475

heure (à cette —)

Maintenant, désormais. Locution substd fréquente dans L’Assommoir.

396

impériale

(1817) Barbe à l'impériale, et subst. une impériale, petite touffe de poils qu'on laisse pousser sous la lèvre inférieure. Cf. barbiche. PR

216

indiquer (— les couverts)

(vieilli) Indiquer les places à table.

108

jaboter

(substd vieilli) Bavarder à plusieurs. Cf. cancaner, caqueter. PR

515

jambe (les —s leur rentraient dans le corps)

(loc. substd) Ils étaient épuisés d’avoir marché et de s’être tenus debout.

102

jaune (peindre en —)

(vieilli) Tromper, cocufier. RH. En vertu d’une des valeurs symboliques de la couleur.

328

jeanjean ou jean-jean

(vx) Niais, naïf. RH

299

jeter (— du cœur sur du carreau)

(loc. substd vieillie) Jolie “allusion” (figure) : cœur et carreau se comprennent a priori comme noms de deux “couleurs” du jeu de cartes, et jeter, c.-à-d. jouer, de la première sur la seconde est une manœuvre prohibée dans certains jeux. Mais cœur doit, en contexte, se comprendre avec son sens ancien d’estomac (cf « avoir mal au cœur, soulever le cœur, écœurer… ») et carreau avec celui de carrelage recouvrant le sol, auquel cas l’expression signifie « vider (le contenu de) son estomac sur le sol, vomir » (RH), conduite au reste généralement considérée comme déplacée en public.

176

jobard

(vieilli) Crédule jusqu'à la bêtise. Cf. naïf, niais. PR. (mod. substd) Fou. DA. En fait la langue contemporaine substd utilise essentiellement son verlan barjo(t), avec ce sens de fou.

252

jobarder

(rare) Duper, tromper, comme on abuse un jobard. PR. Cf. note précédente.

331

joliment

Emploi familier, un peu vieilli aujourd’hui mais très fréquent dans L’Assommoir, de cet adverbe pour former des superlatifs absolus de supériorité. En plus, dans cette occurrence, son sens premier fait oxymore avec l’adjectif auquel il s’applique (dégoûtant). L’aAdj joli a parallèlement des emplois mélioratifs.

39

jour de sainte-touche

(substd vieilli) Jour où les ouvriers et employés “touchaient” leur  paie. DA

385

Kermesse

En Hollande, Belgique, dans le nord de la France, Fête patronale villageoise, foire annuelle célébrée avec de grandes réjouissances en plein air. Cf. ducasse. PR

102



[1] Idem.

[2] On a une métaphore comparable à la p. 379 : « Quel lavement, quand il est paf » murmura Gervaise impatientée.

[3] Ou bien serait-ce encore une erreur de datation ?

[4] Apparemment, 1ère attestation de ce sens, que le DA ne fait remonter qu’à 1883.