Lexique assommant! L-Q

Glossaire assommant!  par H.Tullon du C.P.A de Rabat

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Lettres  L-Q

 

lâcher le coude

(substd vieilli) Laisser partir.

185

lambrequin

Bordure à festons, garnie de franges, de houppes, servant à décorer une galerie de fenêtre, un ciel de lit. Le lambrequin d'un dais. PR. Ici le lambrequin orne le dais qui constitue la couverture, le toit du corbillard.

354

lanterner

Tarder, traîner.

410

lapin des lapins

(substd, vieilli) Sacré gaillard. DA. Expression hyperbolique qui combine les connotations de vitalité (notamment sexuelle) généralement prêtée au lapin, et la structure superlative le Nx des Nx, héritée des langues sémitiques par le biais du latin d’Église (cf. ar. malik al-mulûk).

203

large des épaules

(fig.) Dissimulateur, dépourvu de franchise.

243

lavage

(substd vieilli) Vente à bas prix. DA

462

lever une femme

(substd) La séduire et l’entraîner avec soi. Cf. draguer. PR

450

levrette

Variété petite du lévrier d'Italie. Levrette mâle. La levrette, chien de luxe. PR. Ici comme symbole des chiens de luxe.

463

liard (un rouge —)

L’épithète de couleur se justifie par le fait que le liard était une monnaie de cuivre (cf. note ci-dessus). Son antéposition traduit le fait que la couleur n’a pas ici de valeur classificatoire, le liard étant forcément rouge.

236

liards

Ancienne monnaie française de cuivre, qui valait le quart d'un sou [lui-même, (vieilli) vingtième du franc ou cinq centimes]. PR

214

lichade

N d’action et, par ext., N concret (aussi lichée, avec une suffixation différente) du V licher. Cf. aussi licher et licheuse, et notes.

337

licher

Cf. note suivante.

312

licheur, –euse

N d’agent dérivé de (vx, région.) licher, lécher. (substd vieilli) Boire. Licher un petit verre. PR. Une licheuse est donc une femme qui boit.

131

louche

(vx) Qui manque de clarté, de transparence. Vin louche. Cf. trouble. « Une lumière louche, un éclairage livide d'orage » (Zola). PR

325

louchon

(substd vieilli) Personne qui louche. Cf. loucheur, -euse. « son apprentie, ce petit louchon d'Augustine » (Zola). PR

169

loupiat

(substd vieilli) Paresseux, fainéant. RH+DA

323

lune (voir la — par le même trou que les autres)

Probablt expression proverbiale qui, le contexte est clair, suggère l'identité de la condition humaine au-delà des différences sociales. Reste que n’est pas clairement déterminé le référent de trou : désigne-t-il métonymiquement les yeux ou bien repose-t-il sur une cosmographie populaire faisant de la voûte céleste une surface au travers des orifices de laquelle la lumière des astres est perceptible ?

D’autre part, probable “allusion” (figure) : le rapprochement de lune et de trou, dans un contexte de mariage [et donc de lune de miel], n’est pas nécessairement dépourvu de connotations érotiques…

318

machine

(substd vieilli) Manière de désigner des référents qu’on ne peut pas (ou, dans d’autres cas, qu’on ne veut pas) désigner plus précisément. A été remplacé dans l’usage contemporain par machin. Cf. aussi truc, bidule. D’après RH + PR

100

magot (croquer le –)

(substd vieilli) Dépenser une somme d’argent qu’on tenait en réserve, cachée. PR

27

maigrir

I (V. intr.) Devenir maigre ; perdre du poids.

II (V. tr.)

1° (littér.) Rendre maigre. – Par ext. Faire paraître maigre.

2° (techn.) Amincir (une pièce de bois). PR

Joli exemple d’un sens aujourd’hui réputé littéraire, conservé par la langue populaire du XIXe siècle.

156

maillot

(anciennt) Pièce ou bandes d'étoffe dont on enveloppait le corps d'un jeune enfant et qui enfermaient les bras et les jambes ; lange qui enfermait les jambes et le corps du nouveau-né jusqu'aux aisselles (cf emmailloter). – Loc. Enfant au maillot, en bas âge. PR

24

main (se faire la —)

S’exercer. PR. Ici, gagner en habileté, en efficacité.

44

mains de beurre

Mains qui laissent tout échapper. PR. Ici, qui ne sont pas faites pour le travail.

382

maison à gros numéro

(substd vx) Maison close. DA

446

man(n)ezingue

(substd vx) Bistrotier, marchand de vin. DA

186

manger (— le bon Dieu dans les églises)

Périphrase familière (vieillie) signifiant communier, au sens du rite chrétien.

132

manger (pour nous — le nez)

(loc. substd) Pour nous disputer.

107

manger (se —)

(métaph.) Se disputer. Auj., on dirait plutôt s’entredévorer.

297

manquer à qqn

(vieilli) Commettre une faute à son égard. « Si j'ai manqué en cela, dites-le-moi » (Gautier). PR

108

marchande à la toilette

(vx) Marchande, revendeuse à la toilette, qui vendait des vêtements, des objets de parure (d'occasion), et qui, souvent, pratiquait l'usure. PR. L’expression provient de la toile dans laquelle elles enveloppaient leur marchandise.

339

margot

Diminutif substd du prénom Marguerite. Ici, employé comme nom commun dans un contexte nettement péjoratif (cf. notamment le Dét démonstratif) ; il est effectivement attesté au sens de femme aux mœurs légères au XVIe s. DMF. On le retrouvera p. 414 dans un contexte, qui pour être moins vulgaire, ne laisse guère de doute sur le sens du mot.

347

margoulette

(substd vieilli) Cf. gueule. PR

185

Marie-bon-bec

Appellatif composé d’un prénom commun et d’un syntagme caractérisant, le tout étant pris comme dénomination d’un type humain ou social (cf. aussi une marie-couche-toi-là, une marie-salope, un jean-foutre…). Ici, le caractérisant fait inévitablement songer au refrain de la Ballade des femmes de Paris de François Villon (1431 ou 32–après 1463) 

Il n’est bon bec que de Paris.

Chez Villon le bon bec des Parisiennes est une métonymie doublée d’une métaphore de leur bien parler, elles qui sont belles langagères et très bonnes caquetères. Au reste, ce bon bec appartient à la langue familière. Dans le présent contexte, il ne pourrait être qu’ironique, puisque Coupeau reproche précisément à Gervaise de fai[re s]a gueule, c.-à-d. de rester silencieuse. Mais on peut aussi comprendre bec comme désignation substd de la bouche en tant qu’elle permet de manger et de boire (cf. le surnom de Bec-Salé qui est celui d’un camarade de travail de Goujet), or c’est là un trait de Gervaise bien connu. Cf. note à bec.

409

marlou

(substd) Proxénète ; petit voyou ; concubin. DA

252

marquer à la fourchette

(substd vx.) Exagérer l’addition. HM

412

mastoc

(substd péj.) Qui a une forme, une silhouette massive. PR

411

mastroquet

(substd vieilli)      1° Marchand de vin au détail, tenancier d'un débit de boissons. Cf. cafetier.

                               2° (1862) Café, débit de boissons. Aujourd’hui (substd) troquet. PR

185

mâtine

Fém. de (vx) mâtin

1° Grand et gros chien de garde ou de chasse.

2° (XVe)  Homme désagréable, grossier, laid. (substd) Personne malicieuse, turbulente. Cf. coquin, luron. Ah! La mâtine! 

3° Interjection exprimant la surprise, l'admiration. « Mâtin, vous ne vous refusez rien, vous! » (Huysmans). PR

Ici, la nuance d’admiration qu’emporte l’interjection est transférée à un N de qualité (suivant la terminologie de Milner) qui s’applique à Gervaise, comme le montre l’accord au féminin.

34

matou

(substd p. métaph.) Mâle, amant. DA

425

mauvais teint

SN cplt du N lainage.

38

mea culpa

Formule liturgique de repentance, par laquelle les catholiques reconnaissent leurs fautes, leur culpabilité.

435

mécaniser

(vx) Avilir. Ce sens dérivé de celui, étymologique, de « exercer un métier manuel » a été réactivé au XIXe s. par la “mécanisation” qui “rendait semblable à une machine”. RH

449

mener les poules pisser

(substd vieilli) Sous un prétexte fallacieux. RH

476

merlan

(substd) Coiffeur.

434

mine longue

Mimique triste, morose, insatisfaite. Cf. (loc. substd) avoir une mine longue comme un jour sans pain. Cf. ici même note à nez qui s’allongeait.

252

mioche

(substd) Enfant. Cf. gosse. Père qui joue avec sa mioche. « Des mioches font des pâtés de sable » (André Gide). PR

71

modiste

(mod.) Fabricant et marchand de coiffures féminines. Ouvrière qui confectionne les chapeaux de femme pour un modiste, une maison de couture. PR

24

mont-de-piété

Établissement de prêt sur gage. Cf. crédit (municipal) et (substd) ma tante. Engager sa montre au mont-de-piété (cf. mettre au clou). Des monts-de-piété. PR

20

morue

1° Grand poisson (gadidés), qui vit dans les mers froides. Banc de morues. Pêche à la morue. – Morue fraîche, franche. Cf. cabillaud. Morue séchée. Cf. merluche, stockfisch. Morue verte, salée mais non séchée. Dessaler de la morue. Huile de foie de morue.

2° (1849) (substd vieilli) Prostituée. – Terme d'injure pour une femme. PR

44

moucharder

(substd) (vieilli) Surveiller, espionner. HM. (mod.) Dénoncer. PR Ce sens mod. apparaît clairement à la p. 294.

25

294

mouchettes

(au plur. galt, vx) Ciseaux qui servaient à moucher les chandelles. « Ayant pris les mouchettes pour moucher la chandelle » (Zola).

463

moutard

(substd) Enfant, sans distinction de sexe. Cf. mioche, môme, mouflet. PR

96

moutardier

 (substd) Postérieur, fessier. DA

394

mouvette

(vx, techn.) Instrument qui sert à mouvoir, à remuer. Dérivé sur le doublet mouver, propre au N de la France, de mouvoir. BW

240

mufes

Déformation populaire de mufle. RH. (1840) (fig.) Individu mal élevé, grossier et indélicat. Cf. butor, goujat, malotru, pignouf, rustre. Se conduire comme un mufle. – (Adj) Ce qu'il peut être mufle! PR

60

muser

1° (vieilli ou littér.) Perdre son temps à des bagatelles, à des riens. Cf. s'attarder, flâner, musarder, traîner. « J'aime à muser […] toute la journée sans ordre et sans suite » (Rousseau).

2° (vénerie) Être en rut, en parlant du cerf. PR

Ici, il est assez clair que c’est le 1er sens qui, tout d’abord, est convoqué ; on prendra garde cependant que cerfs se trouve à peine deux lignes auparavant et que son emploi, fût-il métaphorique, est de nature à activer la polysémie de muser, à un moment où il est question de la tendance de Nana à “courir”.

420

nabot

(péj.) Personne de très petite taille. Cf. avorton, nain. PR

411

nanan

(substd vx) Friandise. « Les nanans dont nous sommes friands » (Balzac). (mod. loc.) C'est du nanan, c'est très agréable, très facile (cf. C'est du gâteau). PR

176

négresse

 (substd vieilli) Bouteille de vin rouge. DA

261

nénai

Orthographe vieillie pour néné ; on a également eu nénet. (substd) Sein de femme. Cf. lolo, nichon. De gros nénés. PR

172

nette comme torchette

Expression dont la paronomase indique probablt le caractère proverbial. En l’occurrence, torchette est tout simplement un diminutif de torchon, avec changement de suffixe. RH

340

nettoyé (être —)

(substd) Se retrouver sans le sou, ruiné, dépouillé de tout.

35

nettoyer

(1844) (substd) Éliminer, liquider, détruire, tuer. PR.

116

nez (faire son —)

Cf. p. 249, pif et note.

314

nez creux (il a le —)

(substd) Flair, intuition. « Il devine facilement ». PR

108

nez qui s’allongeait

Cf. p. 249, pif et note.

343

nipper (se —)

(substd) S’habiller (cf. note à nippes)

27

nippes (N. fém. svt pl.)

1° (vx) Objet servant à l'ajustement et à la parure. « De belles nippes, du linge fin, […] des bijoux » (Gautier). 

2° (péj.) Cf. hardes. « Des nippes qui ne valent pas quatre sous » (Hugo). 

3° (substd vieilli) Vêtements. Cf. fringues. PR

20

noceur, –euse

(substd) Qui aime faire la noce, la fête. Cf. débauché, fêtard, viveur. PR

68

nounou

(lang. enfantin) Nourrice. PR

414

octroi

Contribution indirecte que certaines municipalités étaient autorisées à établir et à percevoir sur les marchandises de consommation locale (droits d'entrée).

(par ext.) Administration qui était chargée de cette contribution. Le bureau, la barrière de l'octroi. – Lieu où était perçue cette taxe, aux limites de la ville. PR

21

œil (faire l’—)

(substd vx) Faire crédit. DA. La langue actuelle n’a conservé que la locution à l’œil, sans payer.

313

œil-de-bœuf

Fenêtre, lucarne ronde ou ovale, pratiquée dans un mur, un comble. Cf. oculus. PR. Mais le contexte indique clairement ici qu’il ne peut s’agir que d’une horloge, probablement ronde et accrochée en hauteur (cf. au-dessus de la glace), à l’instar de la forme et de la position des lucarnes du même nom.

94

oignon

En argot, oignon désigne l’anus, et par extension le postérieur. DA. Le personnage de Boche étant régulièrement présenté comme assez “coureur”, peut-être Mme Lerat entend-elle dans l’aveu de son goût des petits oignons celui de son amour des « petits culs » ? Allez savoir…

110

opalisé

Qui a la couleur laiteuse et les reflets irisés de l’opale (pierre semi-précieuse) PR

37

ordure

Propos, écrit, acte vil, sale ou obscène. Cf. cochonnerie, grossièreté, obscénité, saleté, (substd) saloperie. Dire, écrire des ordures. Ce livre est une ordure. « Il répondit par un flot d'ordures » (Zola). PR

Ici, comme souvent dans L’Assommoir, c’est le sème de l’obscénité qui domine. Emploi qui me paraît vieilli.

110

oreille (s’en fourrer jusqu’aux —s)

(substd vieilli) Manger jusqu’à n’en plus pouvoir, avec excès. La langue substd mod. préfère le verbe mettre (s’en mettre, en l’occurrence) et fait alterner jusqu’aux oreilles, jusqu’aux yeux, jusque-là. DA

261

os (numéroter ses —)

(loc. substd) Cf. note à abattis.

488

où vous savez

Euphémisme du même type que quelque part p. 445, cf. note.

464

ours

(par allus. aux mœurs solitaires, à l'aspect lourdaud de l'ours)  Homme insociable, hargneux, qui recherche la solitude. Quel ours! C'est un vieil ours. – Ours mal léché. – (Adj) « La mère et le fils semblaient un peu ours » (Zola). PR

134

ouvrage

(vieilli) Métier, travail.

54

paf

(substd) Ivre. PR. Adj inv. en genre, parfois comme ici en nombre. Par contre il sera accordé en nombre à la p. 408.

277

paillasse à soldats

(paillasse de corps de garde 1680) (substd vieilli) Prostituée de bas étage. Cf. pouffiasse. « Pas en peine pour trouver des lits chez les autres, ces paillasses-là » (Aragon). PR

43

pain bénit

(loc. substd) C'est pain bénit, c'est une aubaine. PR

80

paletot

(vieilli) Vêtement de dessus, généralement assez court boutonné devant. Cf. manteau, pardessus. PR. Ici, élément de la tenue d’un corps de métier. Ailleurs (p. ex., p. 449), vêtement du “bourgeois”, par opposition à la blouse (cf aussi note à bourgeron) de l’ouvrier.

23

panade

Bouillie de pain, de beurre et d’eau. DA

465

panier aux crottes

(substd vieilli) Derrière, postérieur. Remuer ou secouer son panier à crottes, danser. Aujourd’hui, ne subsiste que la loc. substd et grivoise mettre la main au panier de qqn, risquer une caresse érotique sur le postérieur de qqn [généralement une femme]. DA

86

panne

(substd vx) Misère. DA

344

pantalon rouge

(vx) Soldat. D’après la couleur, à l’époque, de cette pièce de l’uniforme dans l’infanterie française.

455

papa (à la —)

(loc. substd) (1808) Sans hâte, sans peine, sans risques. Conduire à la papa. Cf. tranquillement. PR

299

papier (fumer du —)

Fumer des cigarettes, comme Lantier par ex., alors que les ouvriers, eux, fumaient la pipe.

59

paroissien

Livre de messe. Cf. missel. PR

363

passe

(techn. modes) Bord d'un chapeau de femme. PR

179

passer

(vieilli) Mourir.

325

patagueule

(substd vx) Pénible, lourd. De la locution fais pas ta gueule, arrête de bouder.

477

patatoire, ventrouilloire

N plaisants (il s’agit d’une chanson enfantine traditionnelle) d’instruments imaginaires, dérivés respectivement sur les N patte et ventre, à l’aide du suffixe –(at)oire, dans le second cas augmenté de –ouill–. Le caractère plaisant est accentué par le fait qu’ordinairement le suffixe –(at)oire s’applique soit à des radicaux verbaux pour former des N (observer Þ observatoire) soit à des N pour former des Adj (mérite Þ méritoire).

353

355

patoche

(substd vieilli) Mains, pattes. Cf. paluche. PR

379

patraque

(substd) Un peu malade, en mauvaise forme. Cf. souffrant, (substd) mal fichu. PR

325

patte

(substd) Jambe. À pattes, à pied.

88

payer des lapins aux dames

Le contexte comme ce qu’on sait de Boche ne favorise pas une lecture littérale de lapins. Par contre, le RH cite, (en 1878-79), l’expression (substd) faire cadeau d’un lapin à une fille, « ne pas rétribuer ses faveurs » (à l’origine de l’actuel poser un lapin, « ne pas se rendre à un rendez-vous »). L’expression est très proche de celle que nous avons ici, mais on perçoit comme une distorsion dans le fait que Boche détourne une partie de l’argent du ménage “pour” payer des lapins. Peut-être faut-il comprendre que les sommes en jeu ne sauraient lui permettre de rétribuer lesdites dames, seulement de leur faire miroiter une telle rétribution pour parvenir à ses fins ?

386

pedzouille

(1886[1] ; pézouille « rustre » 1800; o. i.) (substd et péj.) Paysan. Cf. péquenaud, plouc. « C'est le vrai pedzouille […] il pue, il parle mal son gros patois de plouk » (Sarrazin). – Par ext. Personne naïve et ignorante des usages de la ville. PR

347

peignée

(substd) Coups. Cf. raclée, rossée, volée. Donner, flanquer, recevoir une peignée. PR

464

peine (être en —)

(loc. substd) S’inquiéter.

151

peloter

(substd) Caresser, flatter.

344

peloteur, –euse

(substd) Personne qui aime caresser, peloter. PR. Ici, bien entendu, métaphorique. Cf. flatteur, enjôleur.

468

pelure

(substd) Habit, vêtement. PR

450

pelurer

V dérivé sur le N pelure, qui provient lui-même de peler par suffixation en –ure. Je n’ai trouvé aucune autre attestation de ce verbe dans les instruments dont je dispose. Formation populaire ? Néologisme zolien ?

128

pépin (avoir avalé un —)

Être enceinte. HM+DA

99

perse

Tissu d'ameublement à décor floral, toile peinte originaire de l'Inde (mais que l'on croyait être de Perse). PR

19

pétard

(1859) (substd) Derrière. Cf. cul. « Ces femmes moutonnantes, avec leurs pétards plantureux » (Montherlant). PR

347

pétard

Éclat dissonant, ici dans l’ordre visuel.

365

pétaudière

Lieu où manquent l’ordre, l’organisation et où règne l’anarchie. RH

463

Pètesec (Mme —)

De pète-sec (substd), personne autoritaire au ton hargneux et cassant. Quels pète-sec! Une institutrice tyrannique et pète-sec. Un air pète-sec. PR

347

petoche (galt pétoche)

(substd) Le seul sens attesté par les dictionnaires est celui de peur (PR, RH, DA), qui ne convient pas particulièrement bien ici, et qui ne semble pas antérieur à la guerre de 14-18 (argot des “poilus”). Je comprends plutôt l’expression en petoche comme plein d’ardeur, insistant, pressant, qui s’explique peut-être par des expressions comme péter le feu, être plein d’entrain, d’énergie.

433

peton

(substd) Pied.

62

piaulement

Cri aigu et plaintif des petits poulets et de certains oiseaux. Cf. piaillement. PR. Ici, par analogie.

24

piauler

(substd) Crier en pleurnichant. Cf. piailler. PR. Cf. note précédente.

404

pif

(substd) Gros nez, et (par ext.) toutes sortes de nez. PR. Ici le mot est pris de manière fig. comme dans les expressions faire un nez, un drôle de nez ou, absolt, faire un [de ces] nez, qui toutes traduisent une mine de désappointement, de mécontentement.

249

piger

(substd)                 1° (vx) Prendre, attraper.

                               2° (1835) (mod.) Saisir, comprendre. Cf. (substd) entraver. PR

515

pincé (être —)

Être pincé, se faire pincer, être attrapé, se laisser attraper (par qqn, par une maladie, par l'amour). Il commençait « à sentir en lui cette présence constante de l'absente […] Et il se disait " Je crois bien que je suis pincé " » (Maupassant). Cf. mordu. PR

69

pincer

(substd, vieilli avec un COD-hum ) Attraper. Cf. note précédente.

283

pingre

(N) Avare particulièrement mesquin. C'est un vieux pingre. – (Adj) Il, elle est un peu pingre. PR

166

pioncer

(substd) Dormir.

344

pique-nique

(vx, en ce sens) Repas où chacun apporte son plat, paie son écot. PR

86

piquer (ça — dur)

(substd) Le froid est très vif.

22

piquer (se — le nez)

(loc. substd) S’enivrer. PR

177

piquer une tête

(substd vieilli) Tomber la tête la première. Auj. la loc. s’emploie pour plonger, faire un plongeon, au sens propre. PR

419

piquet

Jeu de cartes où le joueur doit réunir le plus de cartes de même couleur, ainsi que certaines figures ou séquences. PR

316

piqueton ou picton

(substd) Vin, généralement acide et de mauvaise qualité. Cf. piquette. DA

261

pisser à l’anglaise

La loc. à l’anglaise s’est employée à partir de la fin du XIXe s. combinée avec des verbes comme fuir, s’esquiver, (substd) filer, pour dire s’échapper sans prendre congé ni être aperçu. RH+PR. Sa combinaison avec (substd) pisser pourrait apparaître comme un jeu verbal amené par le contexte, s’il n’y avait l’attestation de la “source” de Zola invoquée par HM, ainsi que l’antériorité chronologique de cette source et de l’attestation même de L’Assommoir.

448

pituite

(mod. méd.) Liquide glaireux que certains malades (alcooliques) rejettent le matin à jeun ; vomissement habituel de ce liquide. PR

397

plan (mettre en —)

(substd vx) Trace d’une vieille expression remontant au moyen français et signifiant proprement « mettre (ou laisser, ou rester) […] en prison » ; s’appliquant à un objet, elle se comprend comme « mettre (ou laisser, ou rester) […] au mont-de-piété ». RH. La langue actuelle ne connaît plus guère que « laisser […] en plan », au sens d’abandonner qqn, de laisser qqch en suspens, qui semble indiquer une confusion avec l’homonyme de plan signifiant projet du plan, sorti de l’usage, signifiant prison.

339

plante

(vieilli) Face inférieure des pieds. « J'ai usé mes plantes pendant trois heures sur la route » (Zola). – (plus cour.) La plante du pied, des pieds. PR

109

planter là

(XVe) Quitter, abandonner brusquement. Cf. (substd) plaquer.

346

pleine lune du père Colombe, une vraie vessie de saindoux

Métaphores de la rondeur du tenancier de l’Assommoir, de son obésité.

411

pleurer comme un veau

Sangloter bruyamment. PR

351

plomb

(vx, tj plur.) Cuvette qui servait à l'évacuation des eaux sales. « Un escalier suffocant où plombs et latrines répandaient leurs épouvantables exhalaisons » (Bloy). PR

372

plomb

(substd vx) Bouche, gueule. DA. Emploi métaphorique de plomb au sens de la note précédente.

446

plomber (se —)

Plomber, donner à (qqch.) une teinte livide qui rappelle celle du plomb. « C'est la ville que le jour plombe » (Verhaeren). – Pronom. « Sa peau se plombait » (Hugo). PR

397

pochard

(substd) Ivrogne misérable, sans tenue. Cf. poivrot. PR

362

poche (mettre qqch dans sa — avec son mouchoir par-dessus)

(loc. substd) Y renoncer, à propos de sentiments. PR

224

poil (avoir un — dans la main)

(loc. substd) Être paresseux.

59

poils ou poil (à —)

(substd vx) Courageux, viril. DA. Auj., l’expression équivaut à nu.

307

pointe (avoir sa —

(substd vx) Ressentir les premiers effets de l’ivresse. DA

262

poire

(1896[2]) (substd) Personne qui se laisse tromper facilement, se laisse faire. Cf. naïf. Quelle poire, ce type! Cf. imbécile, sot. PR.

183

poireau (faire le —)

(loc. substd) (1877[3]) Rester planté comme un poireau, faire le poireau, attendre (cf. Faire le planton). Cf. poireauter. – Par ext. Un poireau, une personne qui attend. PR

108

poivre

(Adj substd vieilli) Ivre. Cf. note ci-dessous.

235

poivre (mine à —)

Le poivre est, au XIXe s., l’une des désignations, aujourd’hui vieillie, de l’eau-de-vie dans la langue populaire –soit parce qu’on y mêlait parfois cette épice, soit par allusion à sa force. RH. On en déduit aisément que la mine à poivre, c’est le cabaret, le débit de boissons. HM, s’appuyant sur les « sources » de Zola, précise qu’il s’agit d’un débit où l’alcool est distillé sur place. La langue familière moderne n’a guère retenu que poivrot pour désigner l’ivrogne et poivrade, plus rare, pour une beuverie.

60

polisson

(rare) Personne portée à la licence dans ses manières, ses propos.

(Adj) (1685) (choses) Un peu grivois, licencieux. Cf. canaille, égrillard, leste, osé. Conte polisson. – (plus cour.) Des yeux, des regards polissons. Cf. fripon. PR

96

pommé

(substd vx) Parfait, achevé. RH

502

pompadour

(Adj inv.) Du nom de la marquise de Pompadour, favorite officielle de Louis XV, de 1745 à 1750. Style décoratif aux formes imitées des coquillages, des plantes, des rochers, en vogue sous Louis XV. Cf. rocaille, rococo. DH

163

pomper (tu vous pompes)

Emploi substd de pomper au sens de boire goulûment, rapidement. Quant à vous, c’est ce qu’on appelle traditionnellement un “datif éthique”, cf. GA, p. 500.

410

pompette

(substd) Un peu ivre. Cf. éméché. PR.

174

pomponner (se —)

Se parer avec soin et coquetterie. PR

415

popote

(substd) Embourgeoisé et tranquille. Cf. (substd) pantouflard. RH

343

porte Saint Denis (passer sous la —) La porte Saint-Denis est (avec la porte Saint-Martin) l’un des deux emplacements de portes de l’ancienne muraille entourant Paris marqués par un monument en forme d’arc de triomphe. D’une part, elle matérialise la “frontière” entre le faubourg où se déroule L’Assommoir et la ville “bourgeoise”, l’ancienne ville. Mais, d’autre part, on est certainement ici en présence d’une expression populaire parisienne, suggérant selon toutes les apparences que “la paire de cornes“ symbolisant le cocuage de Poisson (cf. même page, début de l’alinéa suivant) a atteint de telles dimensions que la porte Saint-Denis, pourtant monumentale, ne saurait plus lui laisser le passage. [Interprétation due à Abdelmounaim Nazim]

376

porter (— une santé à)

(substd vieilli) Boire à la santé de. La langue std actuelle emploie porter un toast à.

115

poser (faire —)

(vx) Faire attendre. RH

432

poseur

(1842)  Personne qui prend une attitude affectée pour se faire valoir. Cf. fat, pédant. « On s'accordait à me trouver poseur, voire insolent? » (Céline). – Adj. Elle est un peu poseuse. Cf. affecté, maniéré, prétentieux. PR

80

possible

(1859) (Choses ou personnes) Acceptable, convenable, supportable.

88

pot-bouille

(vx) Popote, ordinaire du ménage. « Pot-Bouille », roman de Zola. PR

63

poudre d’escampette (prendre la —)

(substd) S’en aller sans autre forme de procès, s’enfuir.

435

pouf

(vx, auj. région.) Dette impayée. PR+RH+DA

338

pouilleux

1° Couvert de poux, de vermine. Un vieux mendiant pouilleux. – N. Un pouilleux.

2° (vieilli) Qui est dans une extrême misère. – N. Un pouilleux, une pouilleuse. Cf. gueux, misérable, pauvre. PR

372

poule

Terme ambigu, tantôt appellatif affectueux, tantôt désignation péj. d’une femme aux mœurs légères. PR

415

poussier

(substd vieilli) Lit. DA

462

pratique

(vieilli) Client.

196

puce

(en appos. ou n. m. inv.) Brun-rouge assez foncé (rappelant la couleur de la puce). Des habits puce. « Vêtue d'une robe sombre […] entre le puce et le caca d'oie » (Zola). PR

93

puce (secouer les —s)

(substd mod.) Secouer les puces à qqn, le réprimander vivement. PR. (≠ p. 185 et note)

419

puce (secouer ses —s)

(substd vieilli) Secouer ses puces, s'étirer, s'ébrouer en se levant. PR. (≠ p. 419 et note)

185

putassier

(substd). Relatif aux prostituées, digne d'une prostituée. Langage putassier. – Un comportement putassier, servile, obséquieux. PR

400

quart

(mar.) Période de quatre heures (autrefois de six heures : le quart de 24 h), pendant laquelle une partie de l'équipage, à tour de rôle, est de service. PR. P. métaph., station d’une prostituée « sur le trottoir », dans l’attente de clients.

44

qué

Transcription d’une prononciation populaire de quel. Outre le titre de la chanson, tiré du refrain, les deux couplets qui suivent aux pp. 278-9 contiennent de nombreuses traces de telles altérations de la prononciation.

277

que (c’est moi — je séduis les belles)

C’est moi […] qui séduis les belles. Syntaxe typiquement populaire, dans laquelle on observe un décumul des marques du relatif ; le morphème invariable que sert de démarcatif de subordination à la relative, à l’intérieur de laquelle l’antécédent moi est repris par un pronom clitique coréférentiel, en l’occurrence marqué comme sujet puisque c’est sa fonction dans cette relative, je.

267

quelque part

(euphémisme substd) Dans le cul.

445

quenotte

(substd) Petite dent d'enfant. PR

459

queue (faire des —s)

(substd vieilli) Faire des infidélités. DA

423

quille

(substd) Jambe. DA

174

quinquet

Ancienne lampe à double courant d'air, et à réservoir supérieur. PR

454

quiqui

 (substd vx) Volaille, poulet. DA

394

quiqui

Ici métaphore hypocoristique. Cf. note précédente.

473

quitter (lui — le bras)

Aujourd’hui on aurait plutôt lui laisser le bras (avec la construction spécifique aux parties inaliénables) ou bien quitter son bras (avec la construction standard).

19



[1] Autre erreur de datation du PR.

[2] Idem.

[3] Ce serait donc là la première attestation de l’expression.