Glossaire assommant! par H.Tullon du C.P.A de Rabat
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Lettres (R-Z)
|
rabibocher (se —) |
(substd fig.) Se réconcilier. PR |
344 |
|
rablé (sic ! galt orthographié râblé) |
Qui
a le dos large et puissant, est trapu et vigoureux. Un peu plus petit, «
mais tout râblé, avec […] des épaules en devant de brouette »
(Giono). PR. S’il s’agit bien du même mot (mais quel autre ?),
sens figuré : « les Coupeau n’étaient guère résistants,
solides. » |
344 |
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racaille |
(substd) Fripouilles. PR. Galt, singulier collectif. |
508 |
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rafalé |
(substd vx) Défait, décomposé. RH |
476 |
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rafaler |
(substd vx) Tomber dans la misère. RH+HM |
344 |
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raide (N
fém.) |
(substd) Propos licencieux, osé, qui choque la décence. PR |
418 |
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râler |
(1923[1]) Manifester sa mauvaise
humeur, son dépit; récriminer. Cf. grogner, maronner, mau-gréer, ronchonner, rouspéter. PR |
325 |
|
ramasser |
(substd) Donner des coups, des réprimandes. PR |
436 |
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rancart (au —) |
(loc. substd) Mettre au rancart, jeter, se débarrasser, se défaire
(d'une chose inutile ou usée). PR |
469 |
|
rapiat |
(substd vieilli) Avare, cupide (avec une idée de mesquinerie, de goût
pour les petites économies). Cf.
pingre, radin, rat. Elle est rapiate, ou (inv.) elle est rapiat. – On
trouve aussi rapia. PR |
243 |
|
rat |
Cf.
notes à rapiat et chien. |
243 |
|
rata |
Cf. note à fricot. |
465 |
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ravisseur |
Emploi adjectival, rare, du N. |
268 |
|
rebéquer (se—) |
(substd vx) Protester, regimber. |
342 |
|
reconnaissance |
(cour.) Reconnaissance de dette, acte écrit par lequel on se reconnaît
débiteur envers qqn. – Reconnaissance du mont-de-piété, récépissé
de l'objet remis en gage. PR |
20 |
|
recta |
(vieilli) Ponctuellement, très exactement. Payer recta. « Il
payait recta sera toujours son plus bel éloge dans la bouche d'un commerçant
» (Balzac). PR |
166 |
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regarder (ça me —) |
(substd) Ça me concerne. |
92 |
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regarder (se — le blanc des yeux) |
Loc. non attestée dans les instruments dont je dispose et qui semble
équivaloir au plus moderne regarder
qqn dans le blanc des yeux, bien en face. Étant entendu que le
contexte suggère ici que ce serait bien ennuyeux (comme
ça ≈ sans rien faire d’autre). |
95 |
|
regarder la feuille à l’envers |
Coïter dans un cadre champêtre. DA. L’expression est attestée
depuis la fin du XVIIIe s. Il est cependant clair que l’image du
feuillage vu par en dessous est perdue de vue et le contexte indique
clairement que l’expression équivaut tout simplement à « tromper
leur mari ». |
376 |
|
réguiser |
Probable variante orthographique de raiguiser, lui-même dérivé préfixal en r(e)- de aiguiser. Donné
comme régional par le RH, avec valeur intensive du préfixe et sens
propre du radical. Ici le contexte impose le sens de battre à nouveau, que justifie indirectement le DA qui cite la
forme simplifiée du Ppé avec les sens (vx) de décavé, ruiné, abattu. |
464 |
|
relicher |
(probablt substd mais non attesté) Dérivé préfixal de licher,
cf. notes à ce mot et à ses dérivés suffixaux. Le contexte
n’interdit pas que le sens du radical ait ici été affaibli de telle
manière que le verbe s’approche (paronomase aidant ?) de celui de reluquer
(cf. note à ce mot) ; allant dans le même sens, cf.
le plus récent lèche-vitrines,
qui ne suppose de contact que visuel. |
430 |
|
reluquer |
(substd) Regarder avec intérêt, curiosité, convoitise. PR |
416 |
|
remoucher |
(substd) Dérivé préfixal de (fig. substd) moucher, remettre (qqn) vertement à sa place, lui dire son fait. Cf.
rembarrer, réprimander (cf.
Clouer le bec). Il s'est fait rudement moucher. PR. Comme fréquemment la
préfixe re- emporte l’idée de réciprocité, de retour, cf.
répondre… |
347 |
|
renauder |
(substd vx) Protester avec mauvaise humeur. Cf. râler, rouspéter. PR |
344 |
|
repincer |
(substd) Reprendre. Cf. note
à pincé (être —). |
54 |
|
requinquer
(se —) |
(substd) Reprendre des forces, retrouver sa forme, sa bonne humeur. |
185 |
|
rester au diable |
Habiter très loin. Cf. p. 284,
il logeait chez un ami, là-bas, au diable. L’emploi de rester,
en ce sens, est vieilli. |
282 |
|
rester en arrière |
(loc. substd fig.) Être redevable. |
162 |
|
resucée |
(substd)
1° Nouvelle quantité (d'une chose qu'on boit).
2° (péj.) Reprise, répétition. PR. Ici, nettement péjoratif, mais le contexte impose plutôt le sens de
« restes laissés par les autres ». |
403 |
|
retape |
(substd) Action, pour une prostituée, de guetter et d'accoster le
client. Cf. racolage. PR |
512 |
|
retaper (se —) |
Se redonner superficiellement un aspect neuf, net. PR |
434 |
|
ribambelle |
Cf.
notes à séquelle et tapées. |
511 |
|
ribote |
(vx ou plaisant) Joyeux excès de table et de boisson. Cf.
bombance, noce, orgie. Faire ribote. PR |
60 |
|
rien |
(Adv) (fin XIXe) (substd vieilli) (par antiphr.) Très. Cf.
drôlement, rudement. Il fait rien froid! « Elle sont rien drôles!
» (Zola). « C'est rien bath ici! » (Queneau). PR |
45 |
|
rigodon |
(vx) Air de danse à deux temps, très vif. PR |
501 |
|
rincé (être —) |
(fig. substd) Être ruiné. Il s'est fait rincer (au jeu). Cf.
lessiver. – Il est rincé, il a tout perdu. PR. La langue substd
actuelle emploierait plutôt, outre lessivé,
essoré, tous mots qui relèvent du même champ lexical. |
318 |
|
ripaton |
(substd vx) Soulier. Auj. au sens de pied. DA |
476 |
|
ripopée |
(vx) Mélange de choses disparates et sans valeur. RH |
478 |
|
riquiqui |
(vx, N masc.) 1789 Eau-de-vie. – (substd, Adj inv.) Petit, mesquin.
PR |
270 |
|
river son clou à qqn |
(substd) Le faire taire. PR. Cf.
note à la couper. |
477 |
|
rocantin
ou roquentin (galt vieux —) |
(vx) Vieillard ridicule qui veut jouer au jeune homme. PR |
429 |
|
rognonner |
(substd vx) Grommeler, manifester son mécontentement en bougonnant. Cf.
grogner, marmonner, rogner, ronchonner. PR |
399 |
|
rogome |
(substd vx) Liqueur forte. PR |
446 |
|
roi ( le — n’est pas son oncle) |
Variante non répertoriée de la loc. prov. « Le roi n'est pas
son cousin », il est très prétentieux, il ne connaît plus ses
limites. D’après PR |
261 |
|
rond comme une balle |
Cf. note à soûl comme une tique. |
499 |
|
ronfler |
(substd) S’endormir. |
299 |
|
rosière |
(vx) Jeune fille à qui, dans certains villages, on remettait
solennellement une récompense (autrefois une couronne de roses) pour sa
grande réputation de vertu. (substd, plais., vieilli) Jeune fille vertueuse, vierge. PR |
403 |
|
rossard |
(substd péj.) Forme masculine suffixée de rosse, cf. note. |
464 |
|
rosse |
(vieilli) Mauvais cheval (en ce sens, à la p. 262, p. ex.). Cf. canasson, haridelle. PR.
D’où (fig. substd) « paresseuses » (en ce sens à la p.
227). HM. (mod. substd) Personne (en général, femme) méchante, désagréable,
insupportable (en ce sens à la p. 44). Cf.
chameau, carne. PR |
44, 227 262 |
|
rouchie |
(substd vx) Femme de mauvaise vie, prostituée de bas étage. DA |
455 |
|
roulée |
(substd vieilli) Volée de coups. Cf.
raclée, tournée. « Elle ne sait pas encore la roulée qu'elle va
recevoir » (Nerval). PR |
221 |
|
rouler (—
sur) |
(substd vieilli) Aller et venir sur, traîner sur, parcourir.
S’emploie aussi transitivement en ce sens, à l’époque de Zola,
« rouler les boulevards » ou, ici même, rouler
la province, p. 43 (Virginie à propos de Gervaise qui est
d’origine provinciale, en guise d’insulte) et
roul[er] le quartier, p. 453.
La nuance péjorative de ce verbe, particulièrement quand le sujet en est
une femme, transparaît dans les substantifs roulure et rouleuse que
la langue familière applique à une prostituée, ou de manière
injurieuse à une femme légère. |
71 |
|
rouleuse |
(1856) (vx) Fille de mœurs faciles. PR. Cf. note précédente. |
337 |
|
roupie (— de sansonnet) |
(vieilli) Roupie, goutte qui pend du nez, coule du nez. Cf.
morve. – (substd) De la roupie de sansonnet [=étourneau], peu,
chose insignifiante. D’après PR |
131 |
|
rouscailler |
(substd) Réclamer, protester. PR |
430 |
|
roussin |
(vx ou plais.) Policier (en ce sens, p. 511). PR. Par extension,
injure, comme ici. HM. L’argot contemporain n’utilise plus que le
substantif fém. rousse pour désigner
la police (ici même, p. 512). DA |
62 |
|
ruban de queue |
(vx) Longue route. DA |
399 |
|
rupin |
(substd) Riche. PR |
510 |
|
sabbat |
(substd) Bruit d'enfer. Cf.
chahut, tapage. « Voyez le beau sabbat qu'ils font à notre porte »
(Racine). PR |
389 |
|
sabot |
De la loc. (substd vieillie) travailler, jouer comme un sabot, très
mal (cf. Comme un pied, une savate). PR |
423 |
|
sac
(avoir le —) |
(substd vx) Être riche. DA |
428 |
|
sac plein (le —) |
(substd) Ivre. |
447 |
|
sacré |
(substd) (généralement devant le nom quand il doit être pris en
mauvaise part) Cf. maudit. Sacré
farceur! Sacré menteur! – (Pour qualifier une chose dont on a quelque désagrément)
Tu as un sacré culot! Cf. fameux.
« Le téléphone, c'est une sacrée invention. On tourne la manivelle, et
la demoiselle ne réagit pas » (Aragon). PR |
35 |
|
sacré chien |
Cf.
p. 63, chien et note. |
397 |
|
sacredié |
(vieilli) Juron familier marquant l'impatience, l'étonnement ou
appuyant une déclaration. – On dit aussi sacredieu, sacrédié et
sacrebleu. PR |
100 |
|
sacristain |
Préposés à la sacristie, à l'entretien de l'église. Cf.
marguillier. |
91 |
|
Saint-Crépin |
(vx) Ensemble des outils du cordonnier. PR |
415 |
|
saint-frusquin |
(substd) Ce qu'on a d'argent, d'effets ; tout ce qu'on possède.
« Gervaise aurait bazardé la maison […] Tout le saint-frusquin y
passait, le linge, les habits, jusqu'aux outils et aux meubles »
(Zola). (à la fin d'une énumération) ...et tout le saint-frusquin, et tout
le reste. J'ai envoyé promener les parents, les copains et tout le
saint-frusquin. PR. Cf. note à
(et tout le)
tremblement. |
192 |
|
Saint-Lundi (fêter la —) |
(substd vx) Se soûler. De (vx) Saint-Lundi,
dénomination populaire des lundis où les travailleurs prolongent le
repos et la fête du dimanche. HM |
464 |
|
salière |
(1611) Enfoncement derrière la clavicule, chez les personnes maigres.
Son décolleté montrait ses salières. PR |
430 |
|
sangs (avoir les — tournés) |
(substd vieilli) Être complètement bouleversé. |
46 |
|
sapin |
(substd vx) Fiacre. (substd vieilli) Taxi. DA |
109 |
|
saucée |
(substd) Averse, forte pluie qui mouille, trempe. |
95 |
|
saut (faire le —) |
(vx) Prendre une/ des décision(s) hasardeuse(s). Loc. attestée dès
le XIIe s. RH |
212 |
|
sauver son lard |
(loc. substd) Garder son embonpoint (en ne faisant rien). |
404 |
|
scie |
(substd vx) Personne ennuyeuse, (spécialt) femme légitime. DA |
311 |
|
se retourner |
Changer de ligne de conduite pour s’adapter à une situation
nouvelle. PR |
477 |
|
sécot |
Suff. substd de sec. Sec,
maigre. DA |
397 |
|
séquelle |
(vx péj.) Suite de gens attachés aux intérêts de qqn. PR. Cf.
(substd) ribambelle. |
71 |
|
signalé |
(littér.) (dans certaines loc.) Remarquable, insigne. Il m'a rendu un
signalé service. « Je vous en promets la plus signalée récompense »
(Diderot). PR |
137 |
|
singe |
(substd vieilli) Patron. DA |
63 |
|
sirop de grenouille |
(substd) Eau. Périphrase appartenant à une série nombreuse,
« sirop d’ablette, de barbillon, de canard… » DA |
109 |
|
six-quatre-deux (à la —) |
(substd) Avec précipitation, à la hâte ; sans soin, sans
recherche. Cf. va-vite (à la).
PR |
403 |
|
société |
(vieilli) Compagnie. |
68 |
|
soiffer |
(substd) Boire copieusement ou d’un trait. DA |
412 |
|
soigné |
(substd iron.) Excessif (en parlant d'une chose désagréable). Plutôt
soignée l'addition! PR |
153 |
|
sonner
le sapin |
(substd) Variante de l’expression sentir
le sapin ; l’une et l’autre s’emploient, de manière plus
ou moins plaisante, quand un décès menace, par allusion au bois dont
sont souvent faits les cercueils des pauvres. DA |
347 |
|
Sophie (faire sa —) |
(substd) Avoir un comportement maniéré, affecté ; se montrer
difficile. DA. Cf. aussi p. 499
et note suivante. |
307 |
|
Sophie Tourne-de-l’œil |
Nom parodique. Sophie est généralement
péjoratif dans la langue populaire, ressenti comme “bourgeois”, peut-être
par association à sopihistication.
DA. (Cf. note précédente).
Quant à Tourne-de-l’œil, il
provient de la locution (substd) tourner
de l’œil, s’évanouir, se trouver mal. PR |
499 |
|
souhaiter de
+ inf. |
Construction aujourd’hui sentie comme légèrement archaïque en
regard de celle sans de. |
265 |
|
soûl comme une tique |
(substd) Comparaison hyperbolique sans autre attestation à ma
connaissance, mais appartenant à une série nombreuse : rond comme
une bille, une queue de pelle… (DA). Cf.
ici même rond comme une balle,
pp. 236 et 499. La comparaison s’explique par l’aspect parfaitement
sphérique de la tique une fois gorgée de sang et par l’équivalence
entre soûl et (substd) rond. |
262 |
|
soulographie |
(généralement orthographié soûlographie ;
est-ce une coquille ?) (substd) Ivrognerie. – Excès de boisson.
PR. Formation plaisante et faussement savante sur soûl et –graphie. DA |
184 |
|
soupe de perroquet |
(vx) Attesté au XVIIe s. pour désigner la soupe au vin, probablement
en raison de sa couleur vive. RH |
465 |
|
souris sur l’œil (avoir une —) |
La métaphore, explicitée juste après, se fonde sur la petite taille
et la discrétion proverbiales de l’animal. |
430 |
|
stupide |
(littér.) Muet ou paralysé de stupeur, d’étonnement. Sens étymologique
fréquent dans L’Assommoir. Le
sens actuel de sot, apathique est cependant attesté dès le XVIe s. PR. Cf.
ici même stupidement, p. 484. |
146 |
|
stupidement |
Cf.
note précédente. |
484 |
|
sucert les pouces (se —) |
(substd vieilli) N’avoir rien à manger. |
474 |
|
suer (faire —) |
(1678) (substd) Fatiguer, embêter (qqn). Cf. ennuyer; (substd) barber, raser ; emmerder (cf.
Casser les pieds, faire chier). PR |
444 |
|
suiffard |
(substd vx) Élégant, bien mis. DA |
478 |
|
surplis |
Vêtement de lin à manches larges, souvent plissé, que les prêtres[2]
portent sur la soutane, et qui descend à mi-jambe. Surplis de prélat. PR |
91 |
|
taf
|
(substd vx) Peur. PR. (substd. mod.) Travail. DA |
501 |
|
tannant |
(fig. et substd) Qui tanne, lasse. Il est tannant avec ses questions. Cf.
ennuyeux, fatigant, lassant. PR |
180 |
|
tante |
(substd) Homosexuel (souvent passif). P. ext., hommes méprisables ou
haïssables. DA |
449 |
|
tapé |
(substd vieilli) Forme réduite de ce qui peut encore se dire « bien
tapé », réussi, bien fait. Une réponse bien tapée, bien envoyée.
D’après PR |
100 |
|
tapée |
(substd) Grande quantité. Cf.
chiée. Ils ont une tapée d'enfants. Cf.
flopée, ribambelle, tripotée. « Il paraît qu'il y a eu des tapées
d'arrestations » (Nizan). Cf.
masse. PR |
189 |
|
tapissière |
(vx) Grande voiture hippomobile, servant au transport de meubles ou de
personnes. RH |
480 |
|
tapon |
(vieilli) Petite boule de matière pressée, chiffonnée. Cf.
tampon. PR |
402 |
|
tata (faire sa —) |
Se mêler de tout. RH |
442 |
|
tatouille |
(substd vieilli)
Correction infligée à qqn. DA |
394 |
|
terme |
(1690) Époque fixée
pour le paiement des baux. Cf. délai,
échéance. « Mon terme était échu » (Beaumarchais).
« Au terme d'octobre, elle […] se trouvait en retard d'un jour sur
son loyer » (Zola).
Période (généralement de trois mois au XIXe s.) qui s'achève au
terme.
Somme due au terme. Payer son terme. « Son propriétaire, à
qui il devait trois termes, le menaçait d'une saisie » (Aymé). PR |
125 |
|
tétais |
(substd vx) Sein de femme. DA |
414 |
|
tête de pioche |
(substd) Expression appartenant à une série métonymique en tête
de N et procurant des insultes nombreuses, tête
de bois, tête à claques, tête de linotte… Tête de
pioche, à l’adresse de quelqu’un qui manque de souplesse, qui a
la tête dure, est vieilli. RH |
347 |
|
Thomas |
(vx) Pot de chambre. DA |
397 |
|
tignasse |
(substd péj.) Chevelure, cheveux. PR |
205 |
|
tintouin |
(substd) 1° Bruit fatigant,
vacarme. Quel tintouin dans la rue! Cf.
tintamarre. Ils ont fait du tintouin toute la nuit.
2° (fig.) Souci, tracas. « Quel tintouin, ces gosses »
(Aymé). Avoir du tintouin. Se donner du tintouin, du mal. PR |
399 |
|
tirage (il avait eu joliment du —) |
(loc. substd, 1842) Il y a du tirage, des difficultés, des frictions
entre personnes en désaccord. Il y a du tirage entre eux. PR. L’emploi
personnel de la loc. paraît vieilli et ne semble pas impliquer de
dimension conflictuelle, on comprend : il avait eu bien des difficultés. |
159 |
|
tire-jus |
(substd) Mouchoir. |
385 |
|
tire-larigot (à —) |
Beaucoup, en quantité. PR |
412 |
|
tirer les pattes ou des pattes (se —) |
(substd vieilli) S’en aller, s’enfuir. DA. La langue substd
actuelle se contente de se tirer
employé absolument. |
453 |
|
toc |
(Adj inv. et N) (courant) Sans valeur réelle, faux ; (substd)
laid, désagréable, mauvais. DA |
182 |
|
toilette |
Cf.
note à marchante à la toilette. |
482 |
|
tondre (— un œuf) |
(fig.) Tondre qqn, le dépouiller. « il y a pourtant un art de tondre le contribuable sans le
faire crier » (France). (loc.) Il tondrait un œuf, il est d'une
extrême avarice. PR |
166 |
|
toquade
ou tocade |
(substd) Goût très vif, généralement passager, souvent bizarre et
déraisonnable, pour une chose ou pour une personne. Cf. caprice, engouement, passade. PR. Cf. aussi, pour l’étymologie, béguin
et coqueluche pp. 188 et 285 et
notes. |
310 |
|
toquante |
(substd) Pendule. |
463 |
|
toquer (se — de) |
Cf.
note à toquade. |
433 |
|
torcher |
(substd) Essuyer pour nettoyer. (particulièrement) Essuyer les excréments.
PR |
111 |
|
torcher (se — le nez de qqch) |
(substd vx) S’en moquer, l’oublier. La langue actuelle emploi plutôt
s’en torcher le derrière, le cul
ou, absolument, s’en torcher.
PR |
465 |
|
torchon |
Cf.
note à chiffon. |
436 |
|
torchon (le — brûle) |
(loc. substd) Le torchon brûle (entre deux ou plusieurs personnes),
il y a désaccord, l'atmosphère est à la dispute (cf. Il y a de l'eau dans le gaz). PR. Cf. note à coup (de
torchon). |
387 |
|
torgnole |
(substd) Coup, gifle (qui fait tournoyer). Cf. taloche. PR |
195 |
|
Tortillard (la —) |
Appellatif formé par antonomase sur le N/ Adj (galt uniqut masc.) à
suff. péj. tortillard, dérivé
de tortiller. Vu le contexte
agressif et le référent, le caractère injurieux de l’appellatif ne
fait pas de doute, mais on peut hésiter sur son interprétation, • ou bien il doit être compris comme un équivalent substd de boiteuse
(DA) ; • ou bien encore (cf. p.
180, tortillé et note) il
qualifie Gervaise sur le chapitre de sa gourmandise (qui est avérée) ou
sur celui de l’alcool (qui est surtout l’affaire de Coupeau, ce qui,
par parenthèse, justifierait l’emploi du masculin) ; • ou bien enfin il l’attaque sur le plan de ses mœurs, (cf.
p. ex., p. 379 , Je te vois
bien tortiller ton derrière, dit Coupeau en colère à sa
fille, i.e. « remuer en ondulant pour aguicher » ; cf.
aussi ces tortillons de filles, p. 420, à propos de Nana
adolescente assez aguicheuse). |
396 |
|
tortillé |
(substd) Tortiller est attesté avec le sens de manger gloutonnement
ou de boire avec avidité. DA. Cependant, ici à l’évidence, il doit être
pris au sens de ivre, éméché, gris, comme dans d’autres endroits de L’Assommoir. |
180 |
|
tortillé (être —) |
(substd vx) Mourir promptement. DA. (≠ p. 180, cf.
note précédente) |
303 |
|
tortiller |
Tordre à plusieurs tours (une chose souple), notamment par nervosité.
PR. Ici, torturer. (≠ pp. 180, 303, 375, 396, 420 ; cf.
notes) |
434 |
|
tortiller (se —) |
(substd) Se trémousser. Cf.
notes ci-contre. |
442 |
|
tortillon |
(substd) Dérivé nominal péj. de tortiller,
au 3e sens de la note p. 396. |
420 |
|
touiller |
(substd) Remuer, agiter (une pâte, un liquide). Touiller une sauce.
Touiller un mélange de peinture. PR |
465 |
|
toupet |
(fig. substd) Hardiesse, assurance effrontée. Cf. aplomb, audace, (substd) culot, effronterie. PR |
193 |
|
toupet |
(1808) (fig. et substd) Hardiesse, assurance effrontée. Cf.
aplomb, audace, (substd) culot, effronterie. PR |
425 |
|
tourlourou |
(substd vieilli) Simple soldat en temps de paix. RH |
267 |
|
tourniquet |
Selon toute apparence, jeu proche de la roulette [Jeu de hasard où
une petite boule, lancée dans une cuvette tournante divisée en
trente-sept cases numérotées, détermine le gain ou la perte du joueur.
Jouer à la roulette. Le numéro qui sort à la roulette. – Par ext. La
cuvette tournante elle-même. PR]. |
412 |
|
tous les trente-six de chaque mois |
(loc.) (1888[3])
Jamais, très peu souvent. PR |
394 |
|
tousser (c’est que je tousse) |
(substd vx) Loc. qui a pour effet de signaler le caractère
antiphrastique d’un élément environnant ; ici, il s’agit de la
négation de la proposition précédente, qui doit en réalité se
comprendre comme il est complètement
soûl. La langue actuelle dirait « Alors je veux bien être
pendu ». |
419 |
|
tout de go |
(loc. substd) Directement, sans préambule. PR |
512 |
|
tracqueur ou
traqueur |
(substd vieilli) N dérivé de (substd) trac, peur d’affronter le public, de subir une épreuve, par le
biais du V (vx) traquer,
craindre, avoir peur. RH |
403 |
|
traînée |
(substd) Femme de mauvaise vie (qui « traîne » avec tous les
hommes). Cf. prostituée. PR |
27 |
|
tranchées |
(toujours plur.) Tranchées utérines, ou (absolt) tranchées,
contractions douloureuses de l'utérus après l'accouchement, faisant évacuer
les lochies. PR |
128 |
|
treize |
Nombre de convives considéré superstitieusement comme portant
malheur, en référence à la Cène, à laquelle le Christ entouré de ses
douze apôtres ne survécut guère. |
252 |
|
tremblement (tout le —) |
(loc. substd, 1827) Tout le reste, tout ce qui va avec (cf.
Tout le bataclan). PR. Souvent sous la forme « et tout le
tremblement », en fin d’énumération. |
116 |
|
trempette |
(vx) Faire trempette, tremper du pain dans un aliment liquide, du
sucre dans une boisson, une liqueur, avant de les manger. PR. Auj. la loc. ne s’emploie plus qu’à propos d’une baignade
“timide”. |
465 |
|
trépignée |
(substd vieilli) Volée de coups. RH |
391 |
|
trifouiller |
(substd vx) Donner une correction à qqn. La langue substd actuelle
emploie le V au sens de « remuer au hasard un amas de choses, y
fouiller, dans le dessein, plus ou moins d’y trouver qqch ». DA |
396 |
|
trimbaler (se —) |
(substd) Se déplacer. |
310 |
|
trimer |
(substd) Travailler. |
61 |
|
tripotée |
(substd) 1° (vieilli) Raclée,
volée. « Ce Bismarck va nous flanquer une jolie tripotée »
(Zola).
2° (1867, mod.) Grand nombre. Avoir une tripotée d'enfants. Cf. kyrielle. Il y en a des tripotées. PR |
166 |
|
trogne |
(substd) Visage grotesque
ou plaisant et, (spécialt) figure rubiconde d'un gros mangeur, d'un
buveur. « Sa trogne enluminée par le soleil et par le vin »
(Gautier). PR |
394 |
|
trognon |
1° Ce qui reste d'un fruit, d'un légume, quand on en a enlevé la
partie comestible. 2° (1610) (substd) Terme d'affection désignant un enfant, une jeune
fille. « Un petit trognon comme toi » (Mirbeau). PR Ici, la valeur
affectueuse de trognon est entamée
par bougre qu’il complète, et
qui ne s’emploie ordinairement qu’avec des appellatifs injurieux. Cf.,
au contraire, p. 460. |
394 460 |
|
trône |
(substd) Siège des W.-C. DA. Ici, plutôt Chaise percée. |
400 |
|
trotte |
N fém. (substd), déverbatif de trotter.
Distance à couvrir. |
91 |
|
trou |
Ici, logement. Les nombreuses occurrences de ce nom avec ce sens dans
le roman font penser qu’il s’agissait d’une acception reçue de la
langue populaire, même si les lexicographes n’en font pas état. |
27 |
|
trou de balle |
(substd) Anus. DA |
401 |
|
troufignon |
(substd) Anus. – (par ext.) Derrière. PR |
393 |
|
trouilloter du goulot |
(substd) Avoir mauvaise haleine. DA |
432 |
|
turlupiner
|
(substd) Tourmenter. PR |
502 |
|
turne |
Cf.
note à cambuse. |
462 |
|
tuyauter |
Orner (du linge) de tuyaux [Pli ornemental en forme de tube que l'on
fait au linge au moyen d'un fer spécial.] en le repassant avec un fer
cylindrique dit fer à tuyauter. PR |
182 |
|
vache (faire la —) |
(substd vx) Ne rien faire, s’avachir. Cf. note à vacherie. |
482 |
|
vacherie |
(substd) Avachissement, laisser-aller. DA |
433 |
|
vadrouille |
1° (mar.) Instrument de nettoyage formé d'un tampon de cordages et
d'un manche. Cf. balai, faubert.
– (région. Canada) Balai à franges.
2° (1867) (fig., substd, vx) Femme de mauvaise vie, prostituée.
« Je ne suis qu'une vadrouille » (Ch.-L. Philippe). |
396 |
|
varlope |
(techn.) Grand rabot à poignée, qui se manie à deux mains. PR |
66 |
|
vas (je —) |
(substd vieilli) Je vais. |
44 |
|
va-te-laver |
N composé non attesté par ailleurs qui reprend une formule substd
insultante pour se débarrasser d’un importun en suggérant qu’il est
malpropre. |
307 |
|
veau
(le petit —) et les veaux |
(substd vx) Emplois péjoratifs
du N d’un animal réputé pour sa maladresse, sa paresse, sa sottise.
DA+RH. Cf. note à bourrique. |
395 |
|
veine |
(mod.) Bonne chance, heureux hasard. PR. La langue actuelle
emploierait plutôt l’article partitif, « avoir de la veine »,
là où l’on a ici le défini. |
169 |
|
verre (sous —) |
Comme on met à l’abri qqch de précieux (une gravure, p. ex.), pour
le conserver en l’état. |
347 |
|
viauper |
(substd) Pleurer comme un veau. Cf.
p. 351 et note. Peut-être dérivé sur une forme populaire ou régionale
viau de veau, avec un suffixe –per
tiré de saloper ? Ou bien
influence de piauler (voir note
à ce mot) ? |
369 |
|
vider (se — les moelles) |
Probablement expression ancienne conservée par la langue populaire,
comme l’atteste l’emploi de moelles
au pluriel (qui se retrouve en latin et en ancien français, chaque os
contenant une moelle). Déjà anciennement, moelle
avait acquis le sens de « ce qu’il y a d’essentiel, de plus
profond et intime dans un être ». L’expression signifierait donc
quelque chose comme « s’épuiser, (substd) se vider, s’esquinter». |
172 |
|
vie de polichinelle |
(vx) Vie déréglée. RH. Aujourd’hui, on emploierait plutôt la
locution (substd) vie de bâton de
chaise. |
320 |
|
vieille |
(ellipse usuelle) Vieille [eau-de-vie]. |
115 |
|
vinaigre |
(1808) (substd) Mouvement rapide donné à la corde à sauter. Sauter
à l'huile (lentement), au vinaigre (rapidement). – (substd) Faire
vinaigre, se dépêcher. « Par ici!... Eh! les gars, faites
vinaigre! » (Barbusse). PR |
395 |
|
visiter |
(vieilli) Examiner minutieusement pour trouver qqch. Cf.
fouiller (dans). « Ils levèrent les tentures, ouvrirent les coffres,
visitèrent les recoins » (Gobineau). Séraphie venait « visiter mes
livres et fourrager mes papiers » (Stendhal). « Visiter un coffre-fort
» (Romains). PR. Cette acception s’employait particulièrement dans le
domaine médical, d’où encore (mod.) « visite médicale »
et ici lui visiter le corps. |
49 |
|
vitriol |
Huile de vitriol (1560), et ellipt (1876) vitriol, acide sulfurique
concentré, très corrosif. – Par anal. (substd vieilli) Alcool très
fort et de mauvaise qualité. Cf. tord-boyaux. |
56 |
|
vivandière |
(anciennt) Femme autorisée à suivre les armées pour leur vendre des
vivres et des boissons. PR. |
270 |
|
voir trente-six chandelles |
(substd) Être toute étourdi. |
393 |
|
voirie |
(substd vx) Individu méprisable. DA |
393 |
|
zig ou
zigue |
(substd) Individu, type. Cf. zèbre,
zigoto. « Et avec ça, pourtant, un bon zig » (Maupassant). Un
drôle de zig. PR |
109 |