Glossaire assommant! (R-Z)

Glossaire assommant!  par H.Tullon du C.P.A de Rabat

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Lettres (R-Z)

 

rabibocher (se —)

(substd fig.) Se réconcilier. PR

344

rablé (sic ! galt orthographié râblé)

Qui a le dos large et puissant, est trapu et vigoureux. Un peu plus petit, « mais tout râblé, avec […] des épaules en devant de brouette » (Giono). PR. S’il s’agit bien du même mot (mais quel autre ?), sens figuré : « les Coupeau n’étaient guère résistants, solides. »

344

racaille

(substd) Fripouilles. PR. Galt, singulier collectif.

508

rafalé

(substd vx) Défait, décomposé. RH

476

rafaler

(substd vx) Tomber dans la misère. RH+HM

344

raide (N fém.)

(substd) Propos licencieux, osé, qui choque la décence. PR

418

râler

(1923[1]) Manifester sa mauvaise humeur, son dépit; récriminer. Cf. grogner, maronner, mau-gréer, ronchonner, rouspéter. PR

325

ramasser

(substd) Donner des coups, des réprimandes. PR

436

rancart (au —)

(loc. substd) Mettre au rancart, jeter, se débarrasser, se défaire (d'une chose inutile ou usée). PR

469

rapiat

(substd vieilli) Avare, cupide (avec une idée de mesquinerie, de goût pour les petites économies). Cf. pingre, radin, rat. Elle est rapiate, ou (inv.) elle est rapiat. – On trouve aussi rapia. PR

243

rat

Cf. notes à rapiat et chien.

243

rata

Cf. note à fricot.

465

ravisseur

Emploi adjectival, rare, du N.

268

rebéquer (se—)

(substd vx) Protester, regimber.

342

reconnaissance

(cour.) Reconnaissance de dette, acte écrit par lequel on se reconnaît débiteur envers qqn. – Reconnaissance du mont-de-piété, récépissé de l'objet remis en gage. PR

20

recta

(vieilli) Ponctuellement, très exactement. Payer recta. « Il payait recta sera toujours son plus bel éloge dans la bouche d'un commerçant » (Balzac). PR

166

regarder (ça me —)

(substd) Ça me concerne.

92

regarder (se — le blanc des yeux)

Loc. non attestée dans les instruments dont je dispose et qui semble équivaloir au plus moderne regarder qqn dans le blanc des yeux, bien en face. Étant entendu que le contexte suggère ici que ce serait bien ennuyeux (comme ça ≈ sans rien faire d’autre).

95

regarder la feuille à l’envers

Coïter dans un cadre champêtre. DA. L’expression est attestée depuis la fin du XVIIIe s. Il est cependant clair que l’image du feuillage vu par en dessous est perdue de vue et le contexte indique clairement que l’expression équivaut tout simplement à « tromper leur mari ».

376

réguiser

Probable variante orthographique de raiguiser, lui-même dérivé préfixal en r(e)- de aiguiser. Donné comme régional par le RH, avec valeur intensive du préfixe et sens propre du radical. Ici le contexte impose le sens de battre à nouveau, que justifie indirectement le DA qui cite la forme simplifiée du Ppé avec les sens (vx) de décavé, ruiné, abattu.

464

relicher

(probablt substd mais non attesté) Dérivé préfixal de licher, cf. notes à ce mot et à ses dérivés suffixaux. Le contexte n’interdit pas que le sens du radical ait ici été affaibli de telle manière que le verbe s’approche (paronomase aidant ?) de celui de reluquer (cf. note à ce mot) ; allant dans le même sens, cf. le plus récent lèche-vitrines, qui ne suppose de contact que visuel.

430

reluquer

(substd) Regarder avec intérêt, curiosité, convoitise. PR

416

remoucher

(substd) Dérivé préfixal de (fig. substd) moucher, remettre (qqn) vertement à sa place, lui dire son fait. Cf. rembarrer, réprimander (cf. Clouer le bec). Il s'est fait rudement moucher. PR. Comme fréquemment la préfixe re- emporte l’idée de réciprocité, de retour, cf. répondre…

347

renauder

(substd vx) Protester avec mauvaise humeur. Cf. râler, rouspéter. PR

344

repincer

(substd) Reprendre. Cf. note à pincé (être —).

54

requinquer (se —)

(substd) Reprendre des forces, retrouver sa forme, sa bonne humeur.

185

rester au diable

Habiter très loin. Cf. p. 284, il logeait chez un ami, là-bas, au diable. L’emploi de rester, en ce sens, est vieilli.

282

rester en arrière

(loc. substd fig.) Être redevable.

162

resucée

(substd)                 1° Nouvelle quantité (d'une chose qu'on boit). 

                               2° (péj.) Reprise, répétition. PR.

Ici, nettement péjoratif, mais le contexte impose plutôt le sens de « restes laissés par les autres ».

403

retape

(substd) Action, pour une prostituée, de guetter et d'accoster le client. Cf. racolage. PR

512

retaper (se —)

Se redonner superficiellement un aspect neuf, net. PR

434

ribambelle

Cf. notes à séquelle et tapées.

511

ribote

(vx ou plaisant) Joyeux excès de table et de boisson. Cf. bombance, noce, orgie. Faire ribote. PR

60

rien

(Adv) (fin XIXe) (substd vieilli) (par antiphr.) Très. Cf. drôlement, rudement. Il fait rien froid! « Elle sont rien drôles! » (Zola). « C'est rien bath ici! » (Queneau). PR

45

rigodon

(vx) Air de danse à deux temps, très vif. PR

501

rincé (être —)

(fig. substd) Être ruiné. Il s'est fait rincer (au jeu). Cf. lessiver. – Il est rincé, il a tout perdu. PR. La langue substd actuelle emploierait plutôt, outre lessivé, essoré, tous mots qui relèvent du même champ lexical.

318

ripaton

(substd vx) Soulier. Auj. au sens de pied. DA

476

ripopée

(vx) Mélange de choses disparates et sans valeur. RH

478

riquiqui

(vx, N masc.) 1789 Eau-de-vie. – (substd, Adj inv.) Petit, mesquin. PR

270

river son clou à qqn

(substd) Le faire taire. PR. Cf. note à la couper.

477

rocantin ou roquentin (galt vieux —)

(vx) Vieillard ridicule qui veut jouer au jeune homme. PR

429

rognonner

(substd vx) Grommeler, manifester son mécontentement en bougonnant. Cf. grogner, marmonner, rogner, ronchonner. PR

399

rogome

(substd vx) Liqueur forte. PR

446

 roi ( le — n’est pas son oncle)

Variante non répertoriée de la loc. prov. « Le roi n'est pas son cousin », il est très prétentieux, il ne connaît plus ses limites. D’après PR

261

rond comme une balle

Cf.  note à soûl comme une tique.

499

ronfler

(substd) S’endormir.

299

rosière

(vx) Jeune fille à qui, dans certains villages, on remettait solennellement une récompense (autrefois une couronne de roses) pour sa grande réputation de vertu. 

(substd, plais., vieilli) Jeune fille vertueuse, vierge. PR

403

rossard

(substd péj.) Forme masculine suffixée de rosse, cf. note.

464

rosse

(vieilli) Mauvais cheval (en ce sens, à la p. 262, p. ex.). Cf. canasson, haridelle. PR. D’où (fig. substd) « paresseuses » (en ce sens à la p. 227). HM. (mod. substd) Personne (en général, femme) méchante, désagréable, insupportable (en ce sens à la p. 44). Cf. chameau, carne. PR

44, 227 262

rouchie

(substd vx) Femme de mauvaise vie, prostituée de bas étage. DA

455

roulée

(substd vieilli) Volée de coups. Cf. raclée, tournée. « Elle ne sait pas encore la roulée qu'elle va recevoir » (Nerval). PR

221

rouler (— sur)

(substd vieilli) Aller et venir sur, traîner sur, parcourir. S’emploie aussi transitivement en ce sens, à l’époque de Zola, « rouler les boulevards » ou, ici même, rouler la province, p. 43 (Virginie à propos de Gervaise qui est d’origine provinciale, en guise d’insulte) et roul[er] le quartier, p. 453. La nuance péjorative de ce verbe, particulièrement quand le sujet en est une femme, transparaît dans les substantifs roulure et rouleuse que la langue familière applique à une prostituée, ou de manière injurieuse à une femme légère.

71

rouleuse

(1856) (vx) Fille de mœurs faciles. PR. Cf. note précédente.

337

roupie (— de sansonnet)

(vieilli) Roupie, goutte qui pend du nez, coule du nez. Cf. morve. – (substd) De la roupie de sansonnet [=étourneau], peu, chose insignifiante. D’après PR

131

rouscailler

(substd) Réclamer, protester. PR

430

roussin

(vx ou plais.) Policier (en ce sens, p. 511). PR. Par extension, injure, comme ici. HM. L’argot contemporain n’utilise plus que le substantif fém. rousse pour désigner la police (ici même, p. 512). DA

62

ruban de queue

(vx) Longue route. DA

399

rupin

(substd) Riche. PR

510

sabbat

(substd) Bruit d'enfer. Cf. chahut, tapage. « Voyez le beau sabbat qu'ils font à notre porte » (Racine). PR

389

sabot

De la loc. (substd vieillie) travailler, jouer comme un sabot, très mal (cf. Comme un pied, une savate). PR

423

sac (avoir le —)

(substd vx) Être riche. DA

428

sac plein (le —)

(substd) Ivre.

447

sacré

(substd) (généralement devant le nom quand il doit être pris en mauvaise part) Cf. maudit. Sacré farceur! Sacré menteur! – (Pour qualifier une chose dont on a quelque désagrément) Tu as un sacré culot! Cf. fameux. « Le téléphone, c'est une sacrée invention. On tourne la manivelle, et la demoiselle ne réagit pas » (Aragon). PR

35

sacré chien

Cf. p. 63, chien et note.

397

sacredié

(vieilli) Juron familier marquant l'impatience, l'étonnement ou appuyant une déclaration. – On dit aussi sacredieu, sacrédié et sacrebleu. PR

100

sacristain

Préposés à la sacristie, à l'entretien de l'église. Cf. marguillier.

91

Saint-Crépin

(vx) Ensemble des outils du cordonnier. PR

415

saint-frusquin

(substd) Ce qu'on a d'argent, d'effets ; tout ce qu'on possède. « Gervaise aurait bazardé la maison […] Tout le saint-frusquin y passait, le linge, les habits, jusqu'aux outils et aux meubles » (Zola).

(à la fin d'une énumération) ...et tout le saint-frusquin, et tout le reste. J'ai envoyé promener les parents, les copains et tout le saint-frusquin. PR. Cf. note à (et tout le) tremblement.

192

Saint-Lundi (fêter la —)

(substd vx) Se soûler. De (vx) Saint-Lundi, dénomination populaire des lundis où les travailleurs prolongent le repos et la fête du dimanche. HM

464

salière

(1611) Enfoncement derrière la clavicule, chez les personnes maigres. Son décolleté montrait ses salières. PR

430

sangs (avoir les — tournés)

(substd vieilli) Être complètement bouleversé.

46

sapin

(substd vx) Fiacre. (substd vieilli) Taxi. DA

109

saucée

(substd) Averse, forte pluie qui mouille, trempe.

95

saut (faire le —)

(vx) Prendre une/ des décision(s) hasardeuse(s). Loc. attestée dès le XIIe s. RH

212

sauver son lard

(loc. substd) Garder son embonpoint (en ne faisant rien).

404

scie

(substd vx) Personne ennuyeuse, (spécialt) femme légitime. DA

311

se retourner

Changer de ligne de conduite pour s’adapter à une situation nouvelle. PR

477

sécot

Suff. substd de sec. Sec, maigre. DA

397

séquelle

(vx péj.) Suite de gens attachés aux intérêts de qqn. PR. Cf. (substd) ribambelle.

71

signalé

(littér.) (dans certaines loc.) Remarquable, insigne. Il m'a rendu un signalé service. « Je vous en promets la plus signalée récompense » (Diderot). PR

137

singe

(substd vieilli) Patron. DA

63

sirop de grenouille

(substd) Eau. Périphrase appartenant à une série nombreuse, « sirop d’ablette, de barbillon, de canard… » DA

109

six-quatre-deux (à la —)

(substd) Avec précipitation, à la hâte ; sans soin, sans recherche. Cf. va-vite (à la). PR

403

société

(vieilli) Compagnie.

68

soiffer

(substd) Boire copieusement ou d’un trait. DA

412

soigné

(substd iron.) Excessif (en parlant d'une chose désagréable). Plutôt soignée l'addition! PR

153

sonner le sapin

(substd) Variante de l’expression sentir le sapin ; l’une et l’autre s’emploient, de manière plus ou moins plaisante, quand un décès menace, par allusion au bois dont sont souvent faits les cercueils des pauvres. DA

347

Sophie (faire sa —)

(substd) Avoir un comportement maniéré, affecté ; se montrer difficile. DA. Cf. aussi p. 499 et note suivante.

307

Sophie Tourne-de-l’œil

Nom parodique. Sophie est généralement péjoratif dans la langue populaire, ressenti comme “bourgeois”, peut-être par association à sopihistication. DA. (Cf. note précédente). Quant à Tourne-de-l’œil, il provient de la locution (substd) tourner de l’œil, s’évanouir, se trouver mal. PR

499

souhaiter de + inf.

Construction aujourd’hui sentie comme légèrement archaïque en regard de celle sans de.

265

soûl comme une tique

(substd) Comparaison hyperbolique sans autre attestation à ma connaissance, mais appartenant à une série nombreuse : rond comme une bille, une queue de pelle… (DA). Cf. ici même rond comme une balle, pp. 236 et 499. La comparaison s’explique par l’aspect parfaitement sphérique de la tique une fois gorgée de sang et par l’équivalence entre soûl et (substd) rond.

262

soulographie

(généralement orthographié soûlographie ; est-ce une coquille ?) (substd) Ivrognerie. – Excès de boisson. PR. Formation plaisante et faussement savante sur soûl et –graphie. DA

184

soupe de perroquet

(vx) Attesté au XVIIe s. pour désigner la soupe au vin, probablement en raison de sa couleur vive. RH

465

souris sur l’œil (avoir une —)

La métaphore, explicitée juste après, se fonde sur la petite taille et la discrétion proverbiales de l’animal.

430

stupide

(littér.) Muet ou paralysé de stupeur, d’étonnement. Sens étymologique fréquent dans L’Assommoir. Le sens actuel de sot, apathique est cependant attesté dès le XVIe s. PR. Cf. ici même stupidement, p. 484.

146

stupidement

Cf. note précédente.

484

sucert les pouces (se —)

(substd vieilli) N’avoir rien à manger.

474

suer (faire —)

(1678) (substd) Fatiguer, embêter (qqn). Cf. ennuyer; (substd) barber, raser ; emmerder (cf. Casser les pieds, faire chier). PR

444

suiffard

(substd vx) Élégant, bien mis. DA

478

surplis

Vêtement de lin à manches larges, souvent plissé, que les prêtres[2] portent sur la soutane, et qui descend à mi-jambe. Surplis de prélat. PR

91

taf

(substd vx) Peur. PR. (substd. mod.) Travail. DA

501

tannant

(fig. et substd) Qui tanne, lasse. Il est tannant avec ses questions. Cf. ennuyeux, fatigant, lassant. PR

180

tante

(substd) Homosexuel (souvent passif). P. ext., hommes méprisables ou haïssables. DA

449

tapé

(substd vieilli) Forme réduite de ce qui peut encore se dire « bien tapé », réussi, bien fait. Une réponse bien tapée, bien envoyée. D’après PR

100

tapée

(substd) Grande quantité. Cf. chiée. Ils ont une tapée d'enfants. Cf. flopée, ribambelle, tripotée. « Il paraît qu'il y a eu des tapées d'arrestations » (Nizan). Cf. masse. PR

189

tapissière

(vx) Grande voiture hippomobile, servant au transport de meubles ou de personnes. RH

480

tapon

(vieilli) Petite boule de matière pressée, chiffonnée. Cf. tampon. PR

402

tata (faire sa —)

 Se mêler de tout. RH

442

tatouille

 (substd vieilli) Correction infligée à qqn. DA

394

terme

(1690)    Époque fixée pour le paiement des baux. Cf. délai, échéance. « Mon terme était échu » (Beaumarchais). « Au terme d'octobre, elle […] se trouvait en retard d'un jour sur son loyer » (Zola).

                Période (généralement de trois mois au XIXe s.) qui s'achève au terme.

                Somme due au terme. Payer son terme. « Son propriétaire, à qui il devait trois termes, le menaçait d'une saisie » (Aymé). PR

125

tétais

(substd vx) Sein de femme. DA

414

tête de pioche

(substd) Expression appartenant à une série métonymique en tête de N et procurant des insultes nombreuses, tête de bois, tête à claques, tête de linotteTête de pioche, à l’adresse de quelqu’un qui manque de souplesse, qui a la tête dure, est vieilli. RH

347

Thomas

(vx) Pot de chambre. DA

397

tignasse

(substd péj.) Chevelure, cheveux. PR

205

tintouin

(substd) 1° Bruit fatigant, vacarme. Quel tintouin dans la rue! Cf. tintamarre. Ils ont fait du tintouin toute la nuit.

                               2° (fig.) Souci, tracas. « Quel tintouin, ces gosses » (Aymé). Avoir du tintouin. Se donner du tintouin, du mal. PR

399

tirage (il avait eu joliment du —)

(loc. substd, 1842) Il y a du tirage, des difficultés, des frictions entre personnes en désaccord. Il y a du tirage entre eux. PR. L’emploi personnel de la loc. paraît vieilli et ne semble pas impliquer de dimension conflictuelle, on comprend : il avait eu bien des difficultés.

159

tire-jus

(substd) Mouchoir.

385

tire-larigot (à —)

Beaucoup, en quantité. PR

412

tirer les pattes ou des pattes (se —)

(substd vieilli) S’en aller, s’enfuir. DA. La langue substd actuelle se contente de se tirer employé absolument.

453

toc

(Adj inv. et N) (courant) Sans valeur réelle, faux ; (substd) laid, désagréable, mauvais. DA

182

toilette

Cf. note à marchante à la toilette.

482

tondre (— un œuf)

(fig.) Tondre qqn, le dépouiller. « il y a pourtant un art de tondre le contribuable sans le faire crier » (France). (loc.) Il tondrait un œuf, il est d'une extrême avarice. PR

166

toquade ou tocade

(substd) Goût très vif, généralement passager, souvent bizarre et déraisonnable, pour une chose ou pour une personne. Cf. caprice, engouement, passade. PR. Cf. aussi, pour l’étymologie, béguin et coqueluche pp. 188 et 285 et notes.

310

toquante

(substd) Pendule.

463

toquer (se — de)

Cf. note à toquade.

433

torcher

(substd) Essuyer pour nettoyer. (particulièrement) Essuyer les excréments. PR

111

torcher (se — le nez de qqch)

(substd vx) S’en moquer, l’oublier. La langue actuelle emploi plutôt s’en torcher le derrière, le cul ou, absolument, s’en torcher. PR

465

torchon

Cf. note à chiffon.

436

torchon (le — brûle)

(loc. substd) Le torchon brûle (entre deux ou plusieurs personnes), il y a désaccord, l'atmosphère est à la dispute (cf. Il y a de l'eau dans le gaz). PR. Cf. note à coup (de torchon).

387

torgnole

(substd) Coup, gifle (qui fait tournoyer). Cf. taloche. PR

195

Tortillard (la —)

Appellatif formé par antonomase sur le N/ Adj (galt uniqut masc.) à suff. péj. tortillard, dérivé de tortiller. Vu le contexte agressif et le référent, le caractère injurieux de l’appellatif ne fait pas de doute, mais on peut hésiter sur son interprétation,

• ou bien il doit être compris comme un équivalent substd de boiteuse (DA) ;

• ou bien encore (cf. p. 180, tortillé et note) il qualifie Gervaise sur le chapitre de sa gourmandise (qui est avérée) ou sur celui de l’alcool (qui est surtout l’affaire de Coupeau, ce qui, par parenthèse, justifierait l’emploi du masculin) ;

• ou bien enfin il l’attaque sur le plan de ses mœurs, (cf. p. ex., p. 379 , Je te vois bien tortiller ton derrière, dit Coupeau en colère à sa fille, i.e. « remuer en ondulant pour aguicher » ; cf. aussi ces tortillons de filles, p. 420, à propos de Nana adolescente assez aguicheuse).

396

tortillé

(substd) Tortiller est attesté avec le sens de manger gloutonnement ou de boire avec avidité. DA. Cependant, ici à l’évidence, il doit être pris au sens de ivre, éméché, gris, comme dans d’autres endroits de L’Assommoir.

180

tortillé (être —)

(substd vx) Mourir promptement. DA. (≠ p. 180, cf. note précédente)

303

tortiller

Tordre à plusieurs tours (une chose souple), notamment par nervosité. PR. Ici, torturer. (≠ pp. 180, 303, 375, 396, 420 ; cf. notes)

434

tortiller (se —)

(substd) Se trémousser. Cf. notes ci-contre.

442

tortillon

(substd) Dérivé nominal péj. de tortiller, au 3e sens de la note p. 396.

420

touiller

(substd) Remuer, agiter (une pâte, un liquide). Touiller une sauce. Touiller un mélange de peinture. PR

465

toupet

(fig. substd) Hardiesse, assurance effrontée. Cf. aplomb, audace, (substd) culot, effronterie. PR

193

toupet

(1808) (fig. et substd) Hardiesse, assurance effrontée. Cf. aplomb, audace, (substd) culot, effronterie. PR

425

tourlourou

(substd vieilli) Simple soldat en temps de paix. RH

267

tourniquet

Selon toute apparence, jeu proche de la roulette [Jeu de hasard où une petite boule, lancée dans une cuvette tournante divisée en trente-sept cases numérotées, détermine le gain ou la perte du joueur. Jouer à la roulette. Le numéro qui sort à la roulette. – Par ext. La cuvette tournante elle-même. PR].

412

tous les trente-six de chaque mois

(loc.) (1888[3]) Jamais, très peu souvent. PR

394

tousser (c’est que je tousse)

(substd vx) Loc. qui a pour effet de signaler le caractère antiphrastique d’un élément environnant ; ici, il s’agit de la négation de la proposition précédente, qui doit en réalité se comprendre comme il est complètement soûl. La langue actuelle dirait « Alors je veux bien être pendu ».

419

tout de go

(loc. substd) Directement, sans préambule. PR

512

tracqueur ou traqueur

(substd vieilli) N dérivé de (substd) trac, peur d’affronter le public, de subir une épreuve, par le biais du V (vx) traquer, craindre, avoir peur. RH

403

traînée

(substd) Femme de mauvaise vie (qui « traîne » avec tous les hommes). Cf. prostituée. PR

27

tranchées

(toujours plur.) Tranchées utérines, ou (absolt) tranchées, contractions douloureuses de l'utérus après l'accouchement, faisant évacuer les lochies. PR

128

treize

Nombre de convives considéré superstitieusement comme portant malheur, en référence à la Cène, à laquelle le Christ entouré de ses douze apôtres ne survécut guère.

252

tremblement (tout le —)

(loc. substd, 1827) Tout le reste, tout ce qui va avec (cf. Tout le bataclan). PR. Souvent sous la forme « et tout le tremblement », en fin d’énumération.

116

trempette

(vx) Faire trempette, tremper du pain dans un aliment liquide, du sucre dans une boisson, une liqueur, avant de les manger. PR.

Auj. la loc. ne s’emploie plus qu’à propos d’une baignade “timide”.

465

trépignée

(substd vieilli) Volée de coups. RH

391

trifouiller

(substd vx) Donner une correction à qqn. La langue substd actuelle emploie le V au sens de « remuer au hasard un amas de choses, y fouiller, dans le dessein, plus ou moins d’y trouver qqch ». DA

396

trimbaler (se —)

(substd) Se déplacer.

310

trimer

(substd) Travailler.

61

tripotée

(substd) 1° (vieilli) Raclée, volée. « Ce Bismarck va nous flanquer une jolie tripotée » (Zola).

                               2° (1867, mod.) Grand nombre. Avoir une tripotée d'enfants. Cf. kyrielle. Il y en a des tripotées. PR

166

trogne

 (substd) Visage grotesque ou plaisant et, (spécialt) figure rubiconde d'un gros mangeur, d'un buveur. « Sa trogne enluminée par le soleil et par le vin » (Gautier). PR

394

trognon

1° Ce qui reste d'un fruit, d'un légume, quand on en a enlevé la partie comestible.

2° (1610) (substd) Terme d'affection désignant un enfant, une jeune fille. « Un petit trognon comme toi » (Mirbeau). PR

 Ici, la valeur affectueuse de trognon est entamée par bougre qu’il complète, et qui ne s’emploie ordinairement qu’avec des appellatifs injurieux. Cf., au contraire, p. 460.

394

460

trône

(substd) Siège des W.-C. DA. Ici, plutôt Chaise percée.

400

trotte

N fém. (substd), déverbatif de trotter. Distance à couvrir.

91

trou

Ici, logement. Les nombreuses occurrences de ce nom avec ce sens dans le roman font penser qu’il s’agissait d’une acception reçue de la langue populaire, même si les lexicographes n’en font pas état.

27

trou de balle

(substd) Anus. DA

401

troufignon

(substd) Anus. – (par ext.) Derrière. PR

393

trouilloter du goulot

(substd) Avoir mauvaise haleine. DA

432

turlupiner

(substd) Tourmenter. PR

502

turne

Cf. note à cambuse.

462

tuyauter

Orner (du linge) de tuyaux [Pli ornemental en forme de tube que l'on fait au linge au moyen d'un fer spécial.] en le repassant avec un fer cylindrique dit fer à tuyauter. PR

182

vache (faire la —)

(substd vx) Ne rien faire, s’avachir. Cf. note à vacherie.

482

vacherie

(substd) Avachissement, laisser-aller. DA

433

vadrouille

1° (mar.) Instrument de nettoyage formé d'un tampon de cordages et d'un manche. Cf. balai, faubert. – (région. Canada) Balai à franges. 

2° (1867) (fig., substd, vx) Femme de mauvaise vie, prostituée. « Je ne suis qu'une vadrouille » (Ch.-L. Philippe).

396

varlope

(techn.) Grand rabot à poignée, qui se manie à deux mains. PR

66

vas (je —)

(substd vieilli) Je vais.

44

va-te-laver

N composé non attesté par ailleurs qui reprend une formule substd insultante pour se débarrasser d’un importun en suggérant qu’il est malpropre.

307

veau (le petit —) et les veaux

 (substd vx) Emplois péjoratifs du N d’un animal réputé pour sa maladresse, sa paresse, sa sottise. DA+RH. Cf. note à bourrique.

395

veine

(mod.) Bonne chance, heureux hasard. PR. La langue actuelle emploierait plutôt l’article partitif, « avoir de la veine », là où l’on a ici le défini.

169

verre (sous —)

Comme on met à l’abri qqch de précieux (une gravure, p. ex.), pour le conserver en l’état.

347

viauper

(substd) Pleurer comme un veau. Cf. p. 351 et note. Peut-être dérivé sur une forme populaire ou régionale viau de veau, avec un suffixe –per tiré de saloper ? Ou bien influence de piauler (voir note à ce mot) ?

369

vider (se — les moelles)

Probablement expression ancienne conservée par la langue populaire, comme l’atteste l’emploi de moelles au pluriel (qui se retrouve en latin et en ancien français, chaque os contenant une moelle). Déjà anciennement, moelle avait acquis le sens de « ce qu’il y a d’essentiel, de plus profond et intime dans un être ». L’expression signifierait donc quelque chose comme « s’épuiser, (substd) se vider, s’esquinter».

172

vie de polichinelle

(vx) Vie déréglée. RH. Aujourd’hui, on emploierait plutôt la locution (substd) vie de bâton de chaise.

320

vieille

(ellipse usuelle) Vieille [eau-de-vie].

115

vinaigre

(1808) (substd) Mouvement rapide donné à la corde à sauter. Sauter à l'huile (lentement), au vinaigre (rapidement). – (substd) Faire vinaigre, se dépêcher. « Par ici!... Eh! les gars, faites vinaigre! » (Barbusse). PR

395

visiter

(vieilli) Examiner minutieusement pour trouver qqch. Cf. fouiller (dans). « Ils levèrent les tentures, ouvrirent les coffres, visitèrent les recoins » (Gobineau). Séraphie venait « visiter mes livres et fourrager mes papiers » (Stendhal). « Visiter un coffre-fort » (Romains). PR. Cette acception s’employait particulièrement dans le domaine médical, d’où encore (mod.) « visite médicale » et ici lui visiter le corps.

49

 vitriol

Huile de vitriol (1560), et ellipt (1876) vitriol, acide sulfurique concentré, très corrosif. – Par anal. (substd vieilli) Alcool très fort et de mauvaise qualité. Cf. tord-boyaux.

56

vivandière

(anciennt) Femme autorisée à suivre les armées pour leur vendre des vivres et des boissons. PR.

270

voir trente-six chandelles

(substd) Être toute étourdi.

393

voirie

(substd vx) Individu méprisable. DA

393

zig ou zigue

(substd) Individu, type. Cf. zèbre, zigoto. « Et avec ça, pourtant, un bon zig » (Maupassant). Un drôle de zig. PR

109



[1] Là encore erreur de datation du PR.

[2] Ainsi que les servants d’autel et autres enfants de chœur.

[3] Cf. n. 10.