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Constats historiques concernant les heurs
Cette partie a pour objet de faire ressortir de la complexité de l'Histoire les signes de la présence des heurs chez les hommes qui y ont participé.
On pourra les chercher parmi les comportements de quelques personnages importants mais on regardera surtout de facon globale le résultat de ces sommes de facon de vivre.
On aboutira soit à une société à dominante émotive, ou est présent chez la plupart des individus l'orgueil, la fierté de l'appartenance à une civilisation, la glorification de cette communauté , soit à une société à dominante sexuelle, dont les valeurs sont rejettées par les communautés à dominante émotive ou par les individus à dominante émotive faisant partie de cette communauté.
Pour les sociétés à dominante émotive,ce genre de société affirme souvent une prétendue proximité divine de sa communauté et de tous ces membres.
Pour les sociétés à dominante sexuelle, on remarquera que dans ces sociétés Dieu est recherché et non pas connu et on verra quels sont les moyens et les conséquences de ces recherches.
Pour commencer nous allons revenir bien avant l'apparition des premiers hominidés qui ont eu les trois fonctions comportementales (sexuelle, émotive et nerveuse).
On sait que l'heur sexuelle a été la première des trois heurs à avoir eu une influence sur le comportement des individus. Ce comprtement se trouve parmi les permiers vertébrés du monde sous-marin et on appelle le frai cette période de dépendance sexuelle qui pousse l'individu à la recherche d'un ou une partenaire sexuel en vue de la procréation.
Mais cette heur n'avait alors qu'une influence périodique sur le comportement. Elle n'a commencé à avoir une influence permanente que parmi les premiers mammifères, ce qui s'est traduit par une augmentation du dimorphisme entre le mâle et la femelle. Il existait alors toujours une périodicité pendant laquelle l'influence de cette heur était plus forte. Mais la plupart du temps l'influence de cette heur était négligeable devant l'influence de la tension nerveuse. L'apparition de cette heur nerveuse a été portée par la surenchère des combats pour la nourriture.
Dès lors que la violence des combats a tendu à disparaître, ce qui était dans l'intérêt de tous, cette heur nerveuse s'est progressivement effacée jusqu'à devenir négligeable. L'arme de défense émotive se développa pour éviter ces combats mais ne réussit pas à endiguer cette montée.
Mais revenons à la naissance de la dépendance sexuelle en tant qu'heur, c'est-à-dire en tant que dépendance permanente et non plus périodique. Cette naissance se situe à l'époque des premiers mammifères. Le cycle sexuel qui était auparavant annuel s'est accéléré pour devenir plus rapproché.
Durant toute l'époque préhistorique, les individus cherchant à s'allouer un espace privé dans leur groupe mettaient ce dernier en péril. La veille émotionnelle naissante de tous ces individus prirent en compte cette menace et marginalisèrent l'individu plus fortement sexué en s'attribuant des priorités logiques sur les ressources compte tenu de leur disponibilité à l'égard des intérêts du groupe. On en trouve des exemples à l'âge de pierre où les meilleurs morceaux des gibiers ramenés de la chasse étaient réservés au sorcier du groupe. Mais cette période, toujours à dominante sexuelle, a vu également l'épanouissement des arts, qu'ils soient rupestres ou de parure. Et ces individus exprimaient constamment leur soumission aux forces surnaturelles qu'ils ne connaissaient pas.
Avec le néolithique s'opéra une révolution, ce fût un changement de prédominance de l'heur sexuelle en faveur de l'heur émotive. L'homme cesse d'être un chasseur nomade pour se sédentariser et s'initier à l'agriculture. C'est la naissance des villes et les débuts de la civilisation.
Cette réorientation de l'heur sexuelle vers l'heur émotive atteignit son apogée dans l'antiquité où les personnes émotives étaient aux postes clés de la société et écrasaient fortement les individus sexués et les chargeaient de tous les maux. Cette période marque en effet le début de ce qu'on appelle l'histoire. Le monde grec antique a posé les fondements de la civilisation occidentale. Ils avaient la conscience d'appartenir à une même communauté, par opposition au monde des « barbares ». Cette période est marquée par l'apparition des cités auxquelles les antiques étaient très attachés. Cette fierté était accompagnée d'un grand patriotisme qu'on retrouve chez tous les historiens romains. Leurs ½uvres sont à la gloire du « premier peuple de la terre ». Mais une instabilité importante vient s'immiscer dans cet ordre des choses. C'est le fait qu'une journée dure 24 heures et qu'il faut bien trouver quelque chose pour l'occuper. Les mammifères contrairement à certains poissons, ne passent pas leur temps à manger. Une ou deux heures par jour suffisent pour se nourrir. Le travail ou plus généralement la résolution des problèmes ne prend du temps que lorsqu'il y en a beaucoup, ce qui n'est pas le cas dans une société quasi totalement émotive et non industrialisée. Cette période antique valorisa pourtant les lettres, l'éloquence, les grands monuments, l'architecture. Les traces de beauté qui subsistaient dans cette communauté étaient donc très valorisées, mais par contre l'humanisme comme je l'ai défini n'était pas présent dans cette communauté. On sait que les nouveau-nés jugés trop chétifs par les vieillards étaient jetés dans les ravins. Cette communauté recherchait donc une dynamique qu'elle ne trouvait pas. Et l'orgueil continuait à monter, puisque c'était la seule voie ouverte. Naissent alors les emblèmes héraldiques. Chaque famille ou chaque corps se dotait d'enseignes qui la représentait. L'orgueil surenchérit sur l'orgueil et les familles, tout en étant d'accord sur le fait d'appartenir à la même communauté, se jetaient des regards arrogants. Cette communauté était comme un troupeau d'éléphants dont les défenses étaient devenues tellement grandes qu'ils ne pouvaient rester ensembles sans se cogner. Cet exemple montre bien le besoin d'augmenter son espace. Ne disons pas espace vital, disons seulement espace. L'idéologie à laquelle se rapporte cette allusion, étant scientifisée, est à imputer à la fois à l'heur émotive et à l'heur sexuelle.
Les Grecs et les spartes formaient deux communautés semblables, mais deux communautés différentes. L'orgueil de la participation à l'une des deux communautés n'empêchait donc pas une guerre avec l'autre communauté, qui permettrait de dégonfler cet orgueil. La guerre du Péloponnèse entre les cités grecques et spartes, non qu'elle soit souhaitée, s'imposait d'elle-même. Et c'est sous prétexte d'abattre l'arrogance des Péloponnésiens que les Grecs leur déclarèrent la guerre. Mais cette guerre ne marqua pas la fin de la période de dominance émotive, celle-ci dura jusqu'à ce que soit entendue « la voix qui crie dans le désert », celle des premiers prophètes.
Alors que L'empereur Constantin choisit la religion chrétienne débute le moyen âge en Europe. C'est la fin de l'antiquité et le début d'une période qu'on dit ténébreuse, avec le christianisme pour seule lumière. Il est difficile de comprendre à quoi est dû ce changement de polarité et l'inversion de prédominance entre l'heur sexuelle et l'heur émotive. On peut penser que l'accumulation des martyrs chrétiens a fait peser une charge morale sur l'heur émotive qui a fait passer le témoin à l'heur sexuelle. Saint-Augustin a fixé les objectifs du moyen âge en évoquant deux cités. La cité terrestre de laquelle il faut rejeter les biens et la cité céleste qu'il faut rechercher. La vie du moyen âge fût apparemment plus difficile que celle de l'antiquité. Dans les chaumières du monde rural, les enfants étaient souvent nés de plusieurs couches. Les autorités catholiques tentèrent de sacraliser les liens du mariage. Cette difficulté de l'épuration des m½urs est bien représentée par l'art roman qui symbolise la soumission de la société du haut moyen âge à un Dieu terrible. Au cours du temps l'art gothique a commencé à exprimer la spiritualité confiante d'une société médiévale plus affermie magnifiant le créateur.
Mais les ténèbres étaient toujours présentes en cette période troublée. Et les autorités catholiques ne parvinrent pas à entretenir la flamme qui permettrait de tenir la société moyenâgeuse. La crise du protestantisme fût la marque de cet essoufflement. Et c'est le début de la renaissance, qui est un retour en grâce de la période de l'antiquité. Ceux que les livres d'histoire appellent les « humanistes » exprimèrent une morale neuve pour laquelle l'engagement actif dans la vie publique a autant de valeur que pouvaient en avoir les vertus de renoncement prônées par le Moyen âge. De même que pour la fin de l'antiquité, il est possible que ce changement de prédominance en faveur de l'heur émotive soit due à la charge morale des ténèbres du moyen âge. Orientée vers le « bien total », cette période de la renaissance rechercha la beauté comme on avait cherché le bien au temps médiéval. L'éloquence fût revalorisée, on fit l'éloge des peintres florentins qui ont rendu à la peinture son ancienne dignité et son plus haut renom.
On se détournait dans tous les arts des chemins de l'idéalisme pour avoir les yeux ouverts sur la réalité quotidienne de l'homme, de son corps et de la nature qui l'entoure. On s'intéressa à l'art du portrait, l'art baroque est figé dans la statique. Au théâtre, la grandiloquence des discours est de règle. L'atrocité des sujets révèle l'orientation de l'heur émotionnelle à se procurer un choc émotionnel pour se libérer, tout comme on le fait depuis peu avec la fête d'halloween. En cette époque, on part à la recherche de pays légendaires et des paradis terrestres. On découvre l'Amérique qui faisait rêver par ses trésors. On admire Adam et Eve avec mélancolie, vivant dans un jardin où le temps n'a pas de prise. L'époque des lumières prolongera cette période de la renaissance avec l'époque des « salons » où les beaux discours sont à l'honneur. On voit aussi en cette période le style efféminé du rococo.
Mais les critiques des lumières ont commencé à dénoncer les menaces que faisait peser l'individualisme libéral sur la cohésion de la communauté. La bourgeoisie et l'essor industriel ont poussé tout au long du 18e et du 19e siècle en faveur du changement de prédominance et ont parfaitement tiré leur parti dans les révolutions françaises et anglaises.
C'est le 19e siècle qui vit la mise en place de la société libérale et du capitalisme. La bourgeoisie est la principale bénéficiaire de l'enrichissement économique. Et c'est de cette bourgeoisie que sont souvent issus les artistes romantiques. Le mot romantisme fait référence aux romans et aux contes moyenâgeux. Comme le dit Lessing : « Nuit du moyen âge, soit, mais nuit resplendissante d'étoiles ». Ce romantisme exalte l'expression des sentiments contre la raison des lumières. Cette époque proclame le vide de la raison et la grandeur de l'instinct.
Vers la fin du 19 ème siècle, la bourgeoisie voit son apogée avec la belle époque. Cette époque voit l'apparition de la science-fiction, de l'affichage publicitaire, la bande dessinée, la photographie, le cinéma. Tous les arts s'enrichissent avec l'impressionnisme, l'art abstrait, le symbolisme. Mais avec le capitalisme, on voit aussi la montée du nationalisme et de l'impérialisme avec toutes ces rivalités économiques et financières qui conduiront à la première guerre mondiale.
Et c'est la fin de cette période à prédominance sexuelle. Deux grosses pierres anti-individualistes tomberont sur cette aventure dès 1917. Le communisme et le fascisme portèrent la haine de la démocratie bourgeoise et du libéralisme. En Italie, c'est la troisième période d'exaltation nationaliste : après l'Antiquité et la Renaissance, c'est le Risorgimento.
La révolution russe de 1917 espère propager le communisme dans le monde entier, mais se heurte au puissant bloc libéral de l'Ouest. Et c'est principalement sur la façon de gérer les relations entre pays capitalistes et communistes que ces derniers se sépareront et se retourneront les uns contre les autres. L'Allemagne, l'Italie et le Japon forment un pacte anti-komintern tandis que la troisième internationale communiste désigne l'ennemi générique sous le terme de « fascisme ». Ces deux partis se livreront une guerre féroce pendant la deuxième guerre mondiale. Mais les puissances de l'Ouest sortirent vainqueur de ce conflit et même si elles étaient elles-aussi à dominante émotive, elles laissèrent en leur sein s'exprimer des forces sexuelles comme en mai 68 qui eurent les conditions matérielles nécessaires à leur émancipation.
Mais la société est restée et restera à dominante émotive et seule la complexité de l'organisation de la société laisse des espaces libres à l'heur sexuelle. Le graphique de la page suivante retrace l'évolution approximative de l'intensité des heurs sexuelles et émotives. J’ai utilisé pour ce graphique un papier semi-logarithmique de manière à pouvoir représenter une période d’un million d’années. Lorsque vous prenez le graphique de manière à pouvoir lire les légendes « heur sexuelle » (trait plein) et « heur émotive » (trait pointillé), l’échelle du temps se trouve à l’horizontale. A l’extrême droite on trouve l’an 2000 et à l’extrême gauche on trouve donc l’an 998 000 avant JC.
La naissance de JC se trouve donc en plein milieu.


Tableau Récapitulatif
|
PERIODE |
DOMINANCE |
DEBUT (Précurseur) |
APOGEE |
|
Préhistoire |
sexuelle |
Mammifères |
Paléolithique |
|
Antiquité |
émotive |
Néolithique |
Péloponnèse |
|
Moyen-Age |
sexuelle |
Constantin |
Croisades |
|
Renaissance |
émotive |
Humanistes |
Lumières |
|
Libéralisme |
sexuelle |
Bourgeoisie |
Belle Epoque |
|
Ere Moderne |
émotive |
Communistes |
Guerre froide |