La hache est certainement un des premiers outils que le charpentier avait. Au fil des ans, la forme du fer fut modifiée pour mieux s'adapter à certains travaux. L'on trouve ainsi, photo
(21) la hache de charpentier ou "doloire",dont la lame a 24cm, comme celle sans manche, ce sont de loin les plus anciennes et sur la derniére, 5 coeurs sont incrustés en croix (marque de compagnons).
Sur photo
(22) une hache à large lame, peu épaisse, c'est la hache "à blanchir" qui sert à équarir les troncs d'arbre, lame de 27 cm.
Autres haches qui différent, leur lame, étant perpendiculaire au manche et légérement courbe ce sont les "herminettes appelées aussi essette"; l'autre pouvant être photo
(20) en forme de gouge, ou en marteau nommée alors "tille de charpentier" comme celle de gauche de la photo (
23), ou comme la
(19) perpendiculaire à l'autre lame "hache à double tranchant".
Une autre hache, celle à grand manche photo
(23) "hache de menuisier", lame de 18cn.
Photo
(19) l'on aperçoit un fil à plomb, indispensable pour vérifier les aplombs.
Sur la photo
(6)le ratelier à ciseaux, bédanes et gouges de menisiers, L.38 à 23cm manche compris, l.de 1 à 3,cm 5.
Sur la
(7), 1 scie à lame pliante (scie passe-partout)L. de la lame 30cm, et 2 scies à guichet. Au centre une peignette, dont la lame genre scie à une l. de 5cm. En haut à droite divers outils tranchants.
Photo
(14) 4 planes qui maneuvrées à deux mains permettaient de figoler certains travaux (manche, cheville etc...)
L'art premier du charpentier est le trait. Pour poser une charpente sur une maison , cette charpente sera d'abord tracée au sol, les bois alignés sur les traits, puis traçé minutieux des coupes, mortaises, tenons, repérage et numérotage de chaque emboîtement permettant ainsi quand , la charpente arrivée à pied d'oeuvre, son assemblage au sol.
L'assemblage terminé, la "ferme", qui est le nom de l'ensemble des bois, poinçon, arbalétrier, moise, jambettes etc..., lorsqu'ils sont assembés et chevillés, sera hissée sur les murs d'appui à l'aide d'un outil de levage "la chévre "
(représentée sur la girouette) qui est formée de deux poteaux de 6 à 7 métres attachés en triangle et réliés par des traverses horizontales. Au fâite une poulie
(15) dans la quelle passera une corde qui s'enroulera sur un cabestan de 1 m 30 de long, diamétre 20 cm, à un bout un roue dentée à cliquet et a 20 de de chaque extrémité un trou de 50mm percé dans le sens opposé à l'autre
(4) fixé dans le bas du triangle; treuil que l'on fait tourner avec un levier mis dans les trous. L'ensemble sera solidement haubanné avec des cables ou cordes attachés à des piquets enfoncés dans le sol.
Pour assembler les divers piéces avec des chevilles, il faut percer des trous, soit avec des tariéres, soit avec des méches. Il en existe différentes formes: à cuiller la plus ancienne, hélicoïdale, et la " méche à trois pointes", photo
(1) L.12 à 9 cm, diamétre 35mm à 12mm
Sur la photo
(5) une chignole assez ancienne L.30cm et un vilebrequin.
Pour percer des trous plus importants et plus profonds, l'on employait des grandes méches soit à cuiller les plus anciennes , les 4 à droite photo
(11) puis les tariéres de la photo
(17) L.52 à 37cm diamétre 30 à 22mm.
Les 5 outils à gauche sur la photo
(11) sont des gouges. Ces différentes méches étaient emmanchées perpendiculairement sur un manche en bois, comme celui représenté dans le bas de la photo des tariéres.
Ce manche me fait penser à une des caractéristique du pantalon du charpentier. La braguette du pantalon est croisée à l'inverse des autres, la partie droite recouvrant la gauche, ce qui évite au compagnon tournant la tariére dans le sens des aiguilles d'une montre, d'avoir la partie du manche qui dépasse de sa main, d'accrocher.
Sur la photo
(25), 2 rainettes, l'une fait par un forgeron, l'autre avec un bout en tourne-à-gauche (pour l'avoyage des scies) l'autre bout en lame pour traçer.
Lors de l'affûtage des ciseaux, gouges, bisaïgue et autres aprés le passage à la meule à eau, l'on passait sur une pierre enduite d'huile
(13)le tranchant de l'outil.
Pour avoir sous la main sur les chantiers, de la graisse, il mettait dans un morceau de bois évidé en son milieu de la graisse et un couvercle pivotant venait fermer
(9)
Sur la photo
(16) deux serrures en bois, celle du bas la plus ancienne taillée dans un rondin de bois fendu
D'autres outils sont exposés, grand compas en bois, grande fausse-équerre (sauterelle), régles, niveau à eau, rabots, maillet, mailloche (gros maillet dont on se servait à deux mains pour les assemblages) double-métre, cordeau imprégné d'ocre rouge pour le traçé au sol, tenaille etc...