Le cordonnier
L'échope du cordonnier.

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Si nous revenons 65 ans en arrière, comment étions nous chaussés ? s'il existait encore des sabots dans certaines régions et pour certains travaux, les bottes en caoutchouc n'existant pas encore, tout le monde portait des chaussures en cuir. Brodequins, qui étaient des chaussures montantes avec lacets, semelles en cuir épais clouté avec trois sortes de pointes, les "bombées ","les caboches", et sur le côté " les ailes de mouche". Souliers bas avec cuir plus souple et semelle plus fine, recouverte parfois par une semelle en caoutchouc, et pour les sorties souliers vernis. Quand les souliers étaient, soit usés, soit abîmés, contrairement à aujourd'hui on ne les jetait pas, on les portait chez le cordonnier, soit pour les ressemeler, soit les recoudre, ou mettre des pièces.

Le cordonnier avait, pour ces diverses réparations et aussi parfois pour faire des souliers neufs, quantité d'outils. Premier outil, le "rouleau à cylindrer"(6) dans lequel il passait le cuir préalablement trempé, afin de resserrer les pores de la peau, pour rendre le cuir étanche. Dans ce cuir il taillera suivant ses besoins, avec un tranchet ( a sur photo 0), ou avec un "couteau à pied" (5) pour les pièces
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avec la "presse à découper" (17), pour les semelles, machine qui est une presse appuyant sur des "emporte-piéces" (7) de la taille de la semelle ou du talon à faire .
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Dans la photo 0, 3 tranchets - dans celle du milieu sur l'établi, une machine à poser les oeillets 9 et un présentoir composé de 3 casiers ronds et mobiles 9a. A côté le pied à coulisse en bois
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Pour faire un soulier il faut une empeigne (partie du dessus et une semelle. Soit il achetait cette empeigne soit il la faisait lui-même. Le premier travail, était avec un "pied à coulisse (a photo 19) de prendre la taille du pied. Puis faire une semelle, choisissant un emporte-pièce de la taille voulue, après avoir introduit le cuir dans la machine à découper il posait cet emporte-piéce dessus et s'aidant du pied, il découpait la semelle. Il choisira alors une "forme à monter" ( 23 ) de la taille voulue, forme dont le dessous est en fer ( b sur la photo 24) sur laquelle il fixera la semelle intérieure, sur cette forme avec trois clous qui passeront dans trois espaces prévus.
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Prenant ensuite l'empeigne (a photo 24 )qu'il posera sur la forme, il la clouera sur la semelle (25)tirant avec "une pince à tirer" (b) sur la photo (27) pour bien la tendre. Les petits clous, quand ils rencontreront la plaque en fer se riveront assemblant ainsi l'empeigne à la semelle. Retirant les trois clous il aura l'ébauche du soulier.
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Il lui faudra ensuite coudre la semelle extérieure se servant soit d'une aiguille passant dans des trous faits à l'avance avec une "alêne" (1), soit avec la machine à coudre (16), remarquez le bras du dessous, sur lequel se fait la couture, le soulier étant emmanché dessus.
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La semelle posée s'il devait la clouter, il l'enfilait sur un pied en fer. Il en existe de toutes sortes, fixes sur un billot (19), ou amovibles (20), avec plusieurs dimensions de fer. Il existait aussi d'autres enclumes (21)que les particuliers avaient quand ils reclouaient eux-mêmes leurs souliers, ce qui était assez fréquent chez les paysans et les ouvriers.
.. Pour percer des petits trous, l'emporte-piéce à pinces ( a sur la photo suivante), qui supportait parfois quatre fers de tailles différentes, dont il se servait principalement pour des cuirs fins, pour des cuirs plus épais des emporte-piéce sur lesquels on frappait avec un marteau ( ).
a- 3 emporte-piéces. b- une pince à marteau qui permettait de s'en servir comme marteau. c- pince à poser les ferrets (petites plaques de cuivre fin), que l'on mettait sur le bout des lacets en tissu. d- drille sur laquelle on montait une méche, pour percer des petits trous. e- crochet avec manche bois, pour tirer ou remonter les rideaux métalliques qui fermaient les boutiques. f- marteaux spéciaux du cordonnier. Remarquez la panne courbe, et l'autre bout rond . Pour la pose des oeillets et des crochets qui retiendront le soulier sur le pied, avec des lacets , en cuir pour les brodequins, en toile pour les souliers bas avec deux petites machines(les mêmes que vous pouvez voir chez le bourrelier. Si c'est un brodequin qu'il a fait il lui reste à le graisser, si au contraire c'est un soulier plus fin il lui reste encore plusieurs travaux.
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Avec un "fer à mailloche" ou un" fer à former, (14) il travaillera la partie de la semelle qui déborde de l'empeigne , arrondissant les bords, traçant des raies pour l'embellir. La photo 3 représente un "chien" outil servant à tendre le cuir.
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Reste la finition au "banc de finition" (4) qui comporte plusieurs rouleaux, certains recouverts de papier de verre pour égaliser les bords et la semelle , soit de toile sur laquelle il y a du cirage, soit noir, soit marron et enfin pour faire briller deux brosses, une à poils durs, une plus fine.

Sur la photo (22), un crochet à bottine d pour enfiler les boutons cylindriques qui fermaient les bottines de nos grand-mére, à côté la drille b et à sa droite le "lacetier" aavec lequel le cordonnier faisait les lacets en cuir. Aprés avoir taillé un morceau de cuir de la largeur voulue, il le forcait à passer dans un trou qui se trouve au centre de la piéce ronde en fer qui est au bout du manche, de façon à arrondir les angles du lacet.
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La visite de l'échope du cordonnier se termine, avec ces deux photos , la (13) où en (a) l'on voit des "leggins' qui étaient en cuir et que l'on mettait sur les brodequins, avant l'apparition des bottes en caoutchouc. En (b) des embauchoir à brodequins, et en (c) pour bottes de cuir.
La (10) représente des embauchoirs réglables, qui permettaient de forcer un peu le cuir.
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