La levée en masse 2002 - Articles
 

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de la
Levée en Masse 2002

Par Christophe Constant

LA LEVEE EN MASSE 2002

Ce mois de Juin a vu se tenir les 22 et 23 la troisième édition de la " Levée en Masse ", manifestation annuelle du club " Figurine et Stratégie " du Kremlin Bicêtre.


Les stratèges en action

Organisée comme les années précédentes dans les locaux spacieux et fonctionnels du centre Pierre Brossolette, aimablement mis à disposition par la municipalité, cette rencontre a accueilli 4 tournois et de nombreuses démonstrations, mêlant ainsi la compétition et la découverte de périodes et de règles nouvelles.

Les joueurs de la période antique et médiévale formaient encore les plus gros bataillons des joueurs et se sont affrontés dans 2 tournois " DBM " en double : le Calame d'Ishtar à thème biblique et le Trophée des Stratèges qui couvrait cette fois la période troublée du 1er millénaire.

Malgré la multiplication des tournois sur le mois de Juin, ces 2 manifestations ont au total rassemblé le même nombre d'équipes que lors des éditions précédentes ce qui conforte la place qu'elles tiennent dans le calendrier ludique national. Si la période biblique semble marquer un léger essoufflement après 3 éditions, le Trophée des Stratèges a su se renouveler en choisissant une période peu pratiquée, ce qui a permis de voir des armées nouvelles et variées pour le plus grand plaisir de tous.

Le club des " Ludiques Troupiers " de Lagny organisait comme lors des éditions précédentes un tournoi Empire, cette année sur la règle " NPOW " (Napoléonic Principles of War). Celle ci rencontre de plus en plus d'adeptes parmi les amateurs de cette période, qui est pourtant celle qui offre le plus grand nombre de règles.


DBR

Enfin, nouveauté de cette année, la " Levée en Masse " accueillait un tournoi Renaissance sur la règle " DBR ". Ceci a permis aux joueurs de cette période de s'affronter quand bien même le tournoi traditionnel de la fin de saison n'avait pas pu se tenir à Limoges. Pris en charge par un des nouveaux adhérents du club, ce tournoi a rassemblé la fine fleur des joueurs Français.

A côté des compétitions, les participants ont pu découvrir plusieurs règles nouvelles lors de démonstrations.

Comme l'année dernière, il était possible de s'initier aux règles DBA (antique-médiéval) et HOTT (fantastique), qui ont le mérite de permettre des parties rapides et détendues et se jouent sur un terrain réduit avec un petit nombre de figurines.

Cela les rend idéales pour l'initiation et la détente, bien qu'elles soient bien plus subtiles qu'il n'y paraît.

Mais ce sont surtout les démonstrations de deux nouvelles règles Françaises qui ont marqué cette dernière édition, grâce notamment à la présence des auteurs eux-mêmes.

Ce sont tout d'abord les auteurs de " DSC " (De Sumer à Constantinople) qui ont animé plusieurs parties d'initiation le samedi. Cette nouvelle règle s'inspire de mécanismes existant dans des règles fantastiques mais très largement complétés et étendus pour prendre en compte les connaissances apportées par l'histoire. D'approche résolument historique, DSC encourage l'affrontement d'armées contemporaines.


Reconstitution d'Austerlitz (LdB)

Ensuite, c'est l'auteur de " Ligne de Bataille " qui a organisé une reconstitution de la bataille d'Austerlitz, réunissant plusieurs joueurs dans chaque camp durant presque le Dimanche entier. Cette nouvelle règle Empire prend le parti d'une approche " grande tactique " et permet des affrontements à très grande échelle. Elle se démarque ainsi d'autre règles plus détaillées mais moins adaptées à la reconstitution de batailles complètes du fait de leur échelle.

Enfin, une démonstration fort originale présentait la règle " Red Baron " qui fait revivre les combats aériens de la première guerre mondiale. Non content d'offrir un regard sur une période fort peu connue des joueurs de jeu d'histoire, cette démonstration a permis d'admirer de superbes modèles réduits d'avions de l'époque, entièrement réalisés et décorés à la main et a rencontré un beau succès auprès du jeune public.


Baron Rouge

On notera pour terminer au rayon des nouveautés la présence cette année d'une boutique où les joueurs ont pu s'approvisionner notamment en décors (de toute beauté).

En conclusion, si la " Levée en Masse " de cette année a connu le même succès que l'année dernière, on retiendra que cette édition a été encore une fois l'occasion d'aborder de nouveaux thèmes et de nouvelles activités.

C'est bien l'ambition de " Figurine et Stratégie " de continuer dans cette voie l'année prochaine pour la 4ème édition et d'offrir aux participants comme au public de nouveaux horizons pour faire découvrir le jeu avec figurines.


Par Erick Duponchel

Le week-end d’un organisateur

Samedi matin, nous arrivons à peine en vue de l’Espace Pierre Brossollette que déjà des joueurs nous attendent devant la porte. Pendant que l’accueil des inscrits est installé, je rattrape les joueurs qui ont pénétré dans la salle afin de les diriger vers le check-point où ils recevront un ticket pour un petit-déjeuner. Ils devront cependant encore patienter, le temps que les cafetières fassent leur ouvrage. Voilà, c’est reparti pour une 3e année et pas le temps de poser ses petites affaires.

Je m’installe à l’entrée en compagnie de Benoît, listes sous le nez, pour accueillir les participants aux quatre tournois que nous organisons. Ils arrivent par vague, laissant peu de répit entre chaque lame. Mais bon, le ticket que nous leur tendons les met en joie et ils se dirigent aussitôt vers le bar où ils retrouvent des connaissances. Une paire de joueurs se présente mais n’est pas sur la liste. Aïe ! Je les dirige vers l’arbitre du tournoi qui doit alors trouver une équipe impaire parmi les organisateurs. Pas facile. Le président s’en mêle et l’orage éclate mais tout rentre dans l’ordre. Il faudra encore attendre plus de neuf heures avant que les derniers joueurs de DBR soient tous au complet. Ouf, le premier gros morceau de la journée est passé.

J’ai maintenant le temps de passer au Bring & Buy et de jeter un coup d’œil à la télévision qui trône sur le réfrigérateur. Pas de but entre la Corée et l’Espagne. Quelques armées à vendre dont une, Leidang, composée de nombreux Huscarls et autres Bondi. Je me dirige alors vers la salle. J’effectue le tour des tables DBM, m’attachant particulièrement à celles où des membres du club, inscrits, joueurs de complément ou joueurs de la dernière minute sont engagés. Je m’attarde plus près des tables DBR. Notamment celle qui voit s’affronter les Savoyards de Frédéric Dufour aux Ottomans de Stéphane Theillaumas. Lorsque deux pointures s’affrontent, il est intéressant de suivre le déroulement de la partie pour tenter de percer les secrets qui leur permettent de l’emporter. En plus, l’armée de Stéphane est splendidement peinte, un vrai régal pour les yeux.

Un coup d’œil aux tables de NPOW et retour au bar, où il faut préparer les sandwichs. Les petits jeunes encadrés par le président et le vice-président s’affairent. Devant tant de volonté, je retraite vers le bring & buy où je retrouve l’armée Leidang qui semble intéresser beaucoup de monde. Hervé me fait part des calculs savants qu’il a effectué pour calculer le coût de la figurine. Voyant le cercle des vautours se réduire, je n’hésite plus et je pose la main sur la boîte : " j’achète ". Les joueurs arrivent au fur et à mesure pour se restaurer. Nos petits jeunots assurent avec ardeur le service. Je retourne dans la salle voir qui des Ottomans ou des Savoyards prend le dessus. C’est chaud ! Malgré l’ascendant pris par Frédéric, ses pertes sont importantes. Il finira par l’emporter mais Stéphane aura chèrement vendu son plomb. Mieux que l’Espagne qui échoue en quart de finale.

Alors que la plupart des joueurs entament le second round, j’ai à peine le temps de m’emparer d’un sandwich que je comptais savourer tranquillement que je me vois proposer une initiation à DSC. Les auteurs en personne nous présentent, à Hubert et moi, les principes de leur règle que nous allons appliquer dans un affrontement Goths contre Romains. Après un déploiement très simple, nos légions occupent deux collines centrales encadrées par la cavalerie et les troupes auxiliaires, la partie s’engage et la cavalerie barbare fonce sur notre aile gauche de cavalerie, le point faible de l’armée. Nous tentons de profiter du terrain accidenté sur notre aile droite pour déborder le flanc gauche adverse mais nous ne progressons pas assez vite à mon goût. Notre cavalerie se fait tailler en pièce et une première légion subit une charge.

Bientôt, les cavaliers vainqueurs attaquent notre flanc et la légion s’écroule. Une deuxième après avoir repoussé un assaut des guerriers goths succombe sous le coup de la cavalerie adverse sur son flanc. La troisième chargeant en bas de la colline, est complètement isolée. C’est mal parti, nous avons perdu la colline et je vois mal comment tenir la seconde avec seulement la moitié des légions. Je laisse Hubert se débrouiller et je fuis vers le Bring & Buy après avoir remercié nos sympathiques initiateurs.

La fin de journée approche. Tout semble aller pour le mieux. Je rentre chez moi, ma nouvelle armée sous le bras, pour organiser les tâches ménagères. Stupeur, les petits jeunes ne sont plus là et je dois faire moi-même la lessive et la cuisine.

Dimanche matin, bis repetita. Je distribue à nouveau les tickets pour le petit déjeuner. Au bar, entre deux gorgées de café, les joueurs se racontent leurs petits malheurs de la veille. Puis le grand cirque redémarre. La matinée est calme pour les organisateurs, aussi je m’installe derrière le Bring & Buy. Hubert m’a amené des originaux des bulletins de la Grande Armée publiés dans le Moniteur à l’époque de l’invasion de la Russie. Intéressant mais mes connaissances de la géographie russe sont insuffisantes pour apprécier les rapports détaillés. J’entame une conversation avec Couette-Couette, la fille de Guillaume Frémont qui me présente son lapin. Heureusement, elle trouvera l’après-midi un petit camarade plus réceptif avec le fils d’Yves. Formidable non, nous assurons également l’accueil des enfants des joueurs et nous leur trouvons des camarades de jeu afin que papa puisse se concentrer sur sa stratégie sans souci.

Après voir goûté aux délices de l’art culinaire de notre cafet’, le succulentissime sandwich au pâté de foie avec cornichons, préparé par nos petits jeunes qui ont fini par s’accaparer complètement le bar, je vais jeter un coup d’œil admiratif aux petits avions de Thierry de Fredy. A l’écouter, c’est simple. Il suffit de photocopier les profils des avions dans les livres pour obtenir un gabarit des ailes puis de poncer un bout de bois pour le fuselage. Avec une mini-perceuse pas de problème. Non, sincèrement, le plus long est la peinture. Bon, je note. Il faut aussi que je note les armées DBM pour désigner celle qui présente le plus bel effet. Mon choix se porte sur les Arméniens des frères Molière. L’homogénéité de l’armée étant sans doute pour beaucoup car les Blemmyes de la vallée du Nil m’ont également bien plu.

Maintenant un petit tour vers Ligne de Bataille et l’impressionnante table de démonstration de la bataille d’Austerlitz. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ça a de la gueule. Le plateau de Pratzen est présent au centre de la table. Les villages sont simulés par de petites maisons faites en scratch tandis que les forêts denses empêchent les troupes de progresser. Les colonnes ennemies se lancent à l’assaut. Promis, je vais constituer une armée napoléonienne. Français, Italiens, Autrichiens, Anglais, Prussiens, Russes ou pourquoi pas Wurtembourgeois ? J’hésite encore.

Les parties se terminent et, comme à son habitude, les tables de DBR sont rangées en premier. Le président annonce les résultats et remercie chacun d’avoir fait le déplacement jusqu’à chez nous, parfois de loin comme les Toulousains ou nos amis bataves qui participent pour la seconde fois au Trophée des Stratèges. En un tour de main, place nette est faite.

De retour au club où nous terminons d’entreposer notre matériel, nous fêtons avec quatre-quart et coca-cola cette troisième édition avant de rejoindre nos pénates. L’heure n’est pas au bilan mais faudra faire mieux l’an prochain. Tous à la Levée en Masse 2004 !