ìPour moi, l'architecture est une façon de vivreî
Antti Lovag, jeune homme
de 75 ans, un physique plus carré que rond, cheveux ras et allure
sportive, oeil clair et
brillant de malice. Une personnalité totalement originale, architecte
sans diplôme, inventeur
jamais en repos.
Antti Lovag est né
en Hongrie en 1925 d'un père russe et d'une mère finlandaise
- d'où l'origine
de son prénom.
Après des cours suivis
à l'école navale de Stockholm, cíest aux Beaux-Arts de Paris
(où il arrive
en 1947) quíil effectue des
études d'architecture, laissant tout en plan avant d'avoir obtenu
son
diplôme, comme d'autres
grands architectes avant lui
Ö Sans doute trop artiste
pour se couler dans le moule d'un parfait étudiant.
Devenu architecte, ou plutôt
ìhabitologueî, comme il préfère se définir (puisquíil
nía pas le
diplôme officiel),
il fera ses armes avec, en particulier Jean Prouvé, l'inventeur
des
murs-rideaux.
Dans les années 60,
il sera un des premiers, avec Pascal Haüsermann et Chanéac,
à
expérimenter en France
une architecture "organique", qui emprunte aux formes de la nature et
tend à une liaison
étroite avec les sites naturels (citons Wright ou Aalto pour les
plus connus) :
autoconstruction pour Antti
Lovag, maisons organiques pour Haüsermann, architecture
industrialisée et
paysage artificiel des "villes-cratères" chez Chanéac.
A partir de 1963, Antti Lovag
collabore avec Jacques Couëlle, líun des premiers architectes à
développer cette "architecture
organique", pour les Maisons Sculptures de Castellaras et
Port-La-Galère à
Théoule. Tout en participant à líassociation ìHabitat évolutifî
fondée par Pascal
Hausermann en 1971.
Cíest à cette époque
quíil rencontre Pierre Bernard, qui possédait un terrain dans le
petit village
de Port La Galère.
Pour líindustriel lyonnais, qui lui permettra de concrétiser ses
idées en
jouant le rôle du mécène,
Antti Lovag réalise son rêve : construire sa première
maison ronde :
ìjamais je ne pourrais vivre
ailleursî aime à dire cet admirateur inconditionnel díAntti
Lovag.
La seconde fut commencée
en 1975 et achetée en 1989 par Pierre Cardin.
Enfin, une troisième
maison bulle, connue comme "Maison Gaudet", est (toujours) en cours de
construction à Tourrettes
sur Loup. Désormais classée au répertoire des monuments
historiques par le Ministère
de la Culture(depuis janvier 99), son édification s'est effectuée
au fil
de trois décennies,
puisque la maquette expérimentale date de 1969. C'est l'un des rares
exemples de bâtiments
contemporains ayant été classés.
Sur la Côte díAzur,
Antti Lovag a ìsigné" par ailleurs la Maison des Jeunes Picaud
à Cannes, le
complexe astronomique du
collège Valeri, à Nice, le complexe ludique du collège
de l 'Estérel à
Saint-Raphaël, le laboratoire
d'interférométrie à l'observatoire astronomique de
la Côte d'Azur à
Calerne.
Quand je lui ai demandé
(en 1986) de résumer son itinéraire, il répond, à
sa manière non
conventionnelle : ìjíai
travaillé avec des industriels, des politiques, des religieux de
líAbbaye du
Thoronnet, des jeunes ìcinglésî
à Valence, des artistes pour lesquels jíorganise en été
des
stages díautoconstruction
à Tourettes sur Loup et j'enseigne l'architecture à Marseille
et à
Paris".
Aujourdíhui il vit, quasiment
en ermite à Tourrettes sur Loup, dans le premier petit module
(rond, cela va sans dire)
qu'il a façonné de ses mains en 1970.
A 75 ans, il se dit
"actuellement disponible pour tout projet hors du commun, et pour
transmettre ses techniques
et connaissances".
Le site d'Antti Lovag : memoria.mc/antti/lovag.htm
E-mail : prestige@prestige.mc