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Comment Menton rénove son patrimoine

Depuis l’élection de Jean-Claude Guibal à la mairie en 1989, une nouvelle dynamique s’est enclenchée, qui a commencé par une réflexion sur les espaces publics. La circulation des autos et des piétons a été ré-étudiée, puis l’architecture des immeubles neufs à construire. Il en fut ainsi de la nouvelle place Saint Roch, qui a été pensée en harmonie avec le reste du quartier datant du 19ème siècle.
Longtemps délaissée (car souvent insalubre et non accessible en voiture), la vieille ville médiévale compte bien retrouver une nouvelle jeunesse depuis son classement en “secteur sauvegardé”, en application de la loi Malraux du 4 août 1962.
Par contre, finie la liberté du propriétaire de faire “n’importe quoi”, selon l’expression de Paola Ocana, responsable adjointe du service patrimoine à la mairie (cliquez sur les images …)

Par exemple, les entreprises du bâtiment doivent respecter des règles strictes : utiliser de la chaux pour les murs de façade (car la chaux laisse respirer les murs anciens, évitant les traces d’humidité), du bois et de la ferronnerie pour les menuiseries,des tuiles "canal" (rondes) ou plates (pour les bâtiments du 19ème siècle). Idem pour les couleurs : seule est autorisée une gamme d’ocres jaunes et d’ocres rouges, typiques de la région, d’inspiration ligure.
Avant de parvenir à un classement en secteur sauvegardé (il en existe une centaine en France), il a fallu définir un périmètre. Ce qui ne fut fait qu’en 1993, par un arrêté ministériel du 25 mai, englobant le port ancien et le square Victoria.
Car rien n’est simple, d’autant que le règlement à mettre sur pied s’applique à chaque bâtiment (“POS à la parcelle”), qui est étudié sous toutes ses coutures : un spécialiste note les discordances et erreurs architecturales de restauration avant de faire ses recommandations. Un travail de longue haleine … voila pourquoi ce règlement n’est paru que tout récemment, en février 2001.

   Pour les couleurs : seule est 
   autorisée une gamme d’ocres jaunes 
   et d’ocres rouges, typiques de la région,
   d’inspiration ligure

Au cours de cette longue décennie d’études, la Ville n’est pas restée inerte : elle a par exemple créé le petit jardin public du Campanin (à droite), à la place d’une ancienne station-service. Elle s’est attelée également à la restauration des décors de façades peints, une caractéristique particulière au Pays Mentonnais.
Le plus bel exemple en est l’immeuble du 1, rue Edouard Sacardi (ci-dessous) qui a obtenu le Ruban du Patrimoine décerné par l’association des maires de France, et la fédération Française du Bâtiment.
Bien sûr, ce n’est pas la mairie elle-même qui restaure. Mais c’est elle qui repère les fresques existantes, le plus souvent quasiment effacées et fait ensuite appel à l’architecte des Bâtiments de France (qui représente l’État), qui vient faire un relevé des décors. C’est sur cette base qu’on incitera les propriétaires à refaire le décor à l’identique.
Parallèlement à ce classement de la vieille ville, la municipalité y a lancé en 1998 une Opération Programmée pour l’Amélioration de l’Habitat (OPAH). Pour rénover des logements qui “ne répondent pas aux exigences de confort moderne”, des subventions sont accordées par la ville (avec l’aide de l’État, du Conseil Régional et de l’Agence Française pour l’Amélioration de l’Habitat), à hauteur de 25% (et  jusqu’à 79%) du montant des travaux. Une opération qui, devant son succès (120 rénovations effectuées), a été prolongée d’un an, jusqu’en décembre 2001.
On ne dira pas que la mairie ne fait rien pour rendre sa vieille ville attractive. D’ailleurs, les Italiens, si nombreux à Menton, l’apprécient de plus en plus.
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