Menton.html ECONOMIE
 
Avec ses 29.266 habitants, Menton est une ville à taille humaine. Connue pour son “micro-climat à tendance subtropicale”, excentrée à l’est du département des Alpes-Maritimes, enclavée entre mer, montagne et frontière italienne, la ville des citrons et des retraités a longtemps été oubliée pour le développement économique. Mais un maire dynamique et des projets ambitieux ont déjà (et vont encore plus dans l’avenir proche) réveillé la belle assoupie.

L’histoire de Menton s’est longtemps confondu avec celle de la Principauté, la seigneurerie de Menton étant devenue, en 1346, propriété de Charles Grimaldi, seigneur de Monaco. Ce n’est qu’en 1848 que Menton est proclamée “ville libre”, sous protection sarde, avant d’être rattachée à la France en 1860.
La petite histoire raconte que c’est un médecin anglais, Henry Bennett, qui en fait une station balnéaire en vogue auprès des touristes anglais et des aristocrates russes. Palaces et villas de luxe fleurissent pour abriter têtes couronnées et artistes. En partie dévastée par les deux guerres, Menton ne retrouve son statut de station balnéaire que dans les années 60.
 
Pour la Chambre de Commerce de Nice, Menton n’existe pas !

Entre les deux recensement de 1990 et de 1999, la population est restée stable (environ 30.000 habitants) mais on observe une légère tendance au rajeunissement et au nombre croissant d'actifs. Cependant, que les choses soient claires, Menton reste en dehors du boom économique de la Côte d’Azur. Pour la Chambre de Commerce et d’Industrie de Nice (CCI), qui répertorie grâce à Sirius les “sites d’activités des Alpes Maritimes”, Menton n’existe pas !
Certes, Menton compte 12.000 actifs, employés dans 1373 établissements. Mais les principaux employeurs sont la Ville, l'hôpital et le Casino, le reste des emplois se répartissant dans de petites structures des secteurs hôtellerie et restauration, BTP, commerce, immobilier.
En réalité, depuis longtemps, domine l'activité touristique : 70% des emplois se trouvent dans le commerce et les services liés au tourisme, i compris l’immobilier, un secteur en plein essor.

Les touristes japonais viennent y fêter leurs noces

Moins de longs séjours de personnes âgées pendant la période d'hiver, mais plus de clientèle familiale qui recherche “une ville-village”, plus également de touristes “verts” et d'amoureux du patrimoine méditerranéen … La clientèle reste avant tout “familiale et de seniors actifs”,  composée à moitié de Français, suivis par les Italiens (40%), les 10% restant étant surtout des Anglais, Canadiens et Allemands. Même si, phénomène nouveau, les visiteurs viennent de plus en plus loin (quelques américains, russes ou scandinaves). Les Japonais, parait-il, ont un faible pour Menton, le "must" pour eux étant d'y célébrer ses noces dans la salle des mariages décorée par Cocteau.
Avec ses 46 hôtels, deux résidences hôtelières, deux campings et une centaine de restaurants, Menton est à même de recevoir une petite partie (un million de nuitées par an) des 9,8 millions de touristes azuréens. En été, la Ville accueille plus de 80.000 personnes tandis qu’en février, la célèbre Fête du Citron attire quelques 400.000 amateurs, et les chiffres sont en hausse.
Patricia Mertzig, de l’Office du Tourisme, note un “bon maintien malgré les événements de septembre”.
L'activité du Casino Municipal, réouvert en 1991 et dont la gestion est assurée par le groupe Barrière, a des retombées non négligeables sur l'économie, à la fois en matière d'emplois (130 emplois directs) et de finances : la Ville perçoit chaque année une redevance de plus de 15 millions de francs. De plus, avec ses 150 machines à sous et ses jeux traditionnels, il ajoute à l'attraction touristique de la ville.
Côté tourisme d'affaires, Menton ne fait pas le poids en comparaison de Cannes, Nice et Monaco, spécialisées dans l'accueil de grands congrès. Cependant, elle reçoit colloques et séminaires de taille plus modeste dans son Palais de l'Europe, adapté également aux soirées de gala.


 
Une hôtellerie familiale de bonne qualité

L’hôtellerie y est “familiale de bonne qualité” si l’on en croit le syndicat des hôteliers de Menton et du Mentonnais (hotelmenton.com).
Sur les 36 hôtels affiliés au syndicat, le luxe est mal représenté, avec un seul hôtel 4 étoiles (Les Ambassadeurs). Bien plus nombreux sont les trois et deux étoiles, dont une partie aime les noms à consonance anglaise : Prince de galles, Royal Wesminster, Claridge’s, Edwards et même un hôtel de Londres.
Selon Gil Castellana, directeur de l’hôtel Paris Rome et président du syndicat, leur nombre n’est pas suffisant pour une ville touristique, d'autant que ces dernières années, quelques hôtels ont été vendus et transformés en appartement, par et pour une clientèle italienne.
 - “Mais s'il devait y avoir beaucoup de créations d'hôtels, il faudrait redéfinir une politique touristique pour attirer plus de monde”.
Les hôteliers se félicitent du rajeunissement de la clientèle observé ces dernières années, “grâce à l'action énergique de l'Office du Tourisme de Menton”.
La construction de la para-hôtellerie (Pierre&Vacances, Orion) a sans doute également contribué au rajeunissement de la clientèle.
 

Exemple-type de l’hôtellerie familiale mentonnaise, l’hôtel Paris Rome, propriété de la famille Castellana depuis 1908 : une “maison de charme” de style méditerranéen, entièrement rénovée, face au port de plaisance de Garavan, à 20 mètres des plages. Avec son patio intérieur fleuri de “jasmin, mimosa, camélia et magnolia” , ses “chambres personnalisées” et son “espace Fitness en rez-de-jardin”, c’est un petit hôtel qui a tout le confort d’un grand (TV satellite, sèche cheveux, climatisation) à prix doux (à partir de 53 euros la chambre double).
 
Citrons, bâtiment et immobilier

Depuis plusieurs années, la Ville soutient le renouveau de l'agrumiculture : plus de 5000 arbres ont été plantés et l'installation de jeunes agrumiculteurs favorisée. Ils sont une douzaine à produire dans la région près de 50 tonnes de citrons par an. Sur la commune de Menton, l'exploitation de François Mazet, (citronniers, mais aussi cédrats, pomélos, bergamotes et kumquats), fournit les grandes tables françaises (Bocuse, Troisgros, Vergès).
A Menton, ne cherchons pas les grandes entreprises, il n’y en a pas. On trouve seulement quelques petites entreprises artisanales et familiales, par exemple dans le secteur du bâtiment, qui se sont développées grâce à la politique municipale en matière de réhabilitation de la vieille ville.
Citons aussi la société Bonsignore Olivetta, qui réalise depuis trente ans les structures métalliques servant à confectionner les motifs géants d'agrumes pour la Fête du Citron : son savoir-faire en matière de traitement de l'acier a été salué notamment par l'équipe de Disney (partenaire de la Fête du Citron en 1995).
Enfin, le secteur immobilier se porte bien : 40 agences immobilières pour une petite ville de moins de 30.000 habitants !
Plusieurs sont sur le web, chez casaland.com, un “portail national de l’immobilier”, quelques unes ont même leur site en propre, comme domus-immobilier.fr ou meetingagency.com.
Mais celle qui annonce la couleur sans détours, c’est l’Agence franco-italienne, qui propose ses “locations saisonnières en direct” sur giotto.fr, avec des bureaux à Vintimille et Bordighera. Car on l’aura compris, les premiers acheteurs sont les Italiens, dont tout le monde vous dira qu’ils “font flamber les prix”.
Résultat, Menton est la ville la plus chère du département (prix du neuf autour de 3350 euros, environ 22.000 francs le mètre carré).

                                                                                        Florence CANARELLI


 
Maxime Pérégrini, créateur du “guide du pays mentonnais”

Menton.com n’est pas le site de la Ville de Menton, qu’on se le dise. Ouvert en septembre 2000, c’est seulement un “site personnel” devenu un acteur majeur du tourisme (600 visiteurs par jour). Remarquablement bien fait, attractif et professionnel, ce “guide du pays mentonnais” n’est que le “bébé” d’un informaticien amoureux de sa région, Maxime Pérégrini.
Grâce à son père Maurice, propriétaire de l’hôtel Wesminster du Cap Martin, Maxime possède “suffisamment de connaissances sur le tourisme et l'hôtellerie” pour réaliser ainsi un “portail” efficace, répertoriant par exemple la vingtaine d’hôtels possédant un site internet.

 

Une Maison des Entreprises relookée

Vitrine des activités de la CCI, la Maison des Entreprises (MDE) du Bassin Mentonnais se veut un “partenaire de proximité pour les entreprises locales” entre Cap d’Ail et Tende, soit 2500 entreprises pour 7000 salariés.
Une antenne existait à Menton depuis une dizaine d’années mais elle vient d’être “relooké et renforcée récemment, sous l’impulsion de l’actuel président, Francis Perugini, passant d’une personne à temps partiel à 2 personnes (dont une à temps partiel)”, selon la nouvelle directrice, Isabelle Guiol.
Après travaux, la MDE a réouvert ses portes en novembre dernier dans les mêmes locaux réhabilités et peints de couleurs pimpantes.
Parmi les missions d’Isabelle Guiol, la formation continue : la MDE propose des stages  en bureautique, Internet, langues mais aussi en création d’entreprises (commerces surtout) en ateliers (25 euros) et séminaires (220 euros).



Isabelle Guiol dirige la MDE de Menton

 
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