Belge de par la nationalité de ses parents,
Christian Haneuse est monégasque de coeur. Son père, ingénieur,
s’installe à Monaco comme entrepreneur du BTP dans les années
50 pour ne plus en partir, devenant même au passage administrateur
de la station de radio Europe 1.
Né en 1957, Christian Haneuse deviendra
un “enfant du pays”, effectuant toute sa scolarité au Lycée
Albert 1er. Et c’est tout naturellement en Principauté qu’il créera
ses entreprises.
Avant cela, il entreprend des études
de gestion à Nice (IUT, fac de droit, CERAM). Il n’a pas encore
obtenu son diplôme de gestionnaire de fortune qu’il commence - dès
l’âge de 17 ans ! - une activité de gestionnaire de porte-feuille
immobilier. Il explique cette précocité par le fait qu’il
est “fasciné depuis tout petit par les mécanismes de la Bourse”.
C’est ainsi qu’il exerce ses talents durant
quelques années (jusqu’en 1981, à l’âge de 24 ans),
se passionnant pour l’aspect ludique de la Bourse ainsi que pour le “décryptage
des informations économiques sur les entreprises et leurs stratégies”.
Chance ou don ? Toujours est-il qu’il gagne, très jeune, de l’argent
qu’il investira plus tard dans ses entreprises.
Ce n’est qu’indirectement qu’il en arrive à
s’intéresser à l’informatique, en constatant que cette nouvelle
technologie devient de plus en plus indispensable au monde boursier. Sans
attendre, il ouvre - dès 1979 - une boutique, Microtek, pour vendre
des ordinateurs. C’est le temps des pionniers, avec les premiers Apple
II … où l’équipe de direction se forme, comprenant Olivier
Merlin, directeur technique dès l’origine, et René Tain deux
ans plus tard.
Flairant l’air du temps, il prend vers la même
époque 15% des parts d’une société de services informatiques
monégasque (MCC), avant de la racheter en 1986 pour la revendre
deux ans plus tard, en profitant au passage pour apprendre “comment fonctionne
une société de service”.
Microtek et Tekworld évoluent en fonction du marché
Résultat, Microtek devient une start-up
à la monégasque qui passe en 6 ans de 0 à 10MF de
CA tandis que l’équipe s’étoffe à 15 personnes.
Premier virage en 1986, Microtek se spécialise
dans le secteur bancaire, depuis le développement de logiciels spécifiques
jusqu’à la formation : on est bien loin de la boutique des débuts
!
Aujourd’hui encore, Microtek compte 60 banques
parmi ses clients, dont 35 sur Monaco. Grâce à quoi son CA
enfle à 50MF.
Deuxième virage en 1993. Pour agrandir
son marché à la région PACA, Christian Haneuse crée
Microtek Méditerranée à Sophia Antipolis : une société
qui emploie 30 personnes à ce jour pour un CA de 65MF.
En 1994, naissance d’un troisième bébé,
Tekworld,
filiale spécifique à Monaco pour “marier les télécoms
et l’informatique”, c’est à dire tirer profit de l’évolution
vers Internet. Clientèle visée : Monaco et l’international.
A ses débuts, Tekworld fut ISP (Internet
Service Provider, fournisseur d’accès Internet) et aussi média
center, proposant toutes solutions d’accès Internet. Si aujourd’hui
Tekworld garde encore 500 clients, il est à noter que “l’arrivée
de Cegetel va changer la donne” : Tekworld devrait se retirer du secteur
(d’ailleurs peu rentable) d’ici septembre.
Tekworld, se spécialisant de plus en
plus, garde dans ses cordes le développement d’applicatifs pour
Internet, la création de plate-formes de communication pour les
grandes entreprises (mise aux “normes Internet” du système informatique)
et l’e-business ou commerce électronique, qui démarre. Bientôt,
Tekworld va devenir “la seule entité du groupe à assurer
un rôle d’intégrateur, traitant globalement les besoins d’un
client”, tandis que Microtek va se transformer en une petite équipe
de 5 à 6 consultants de haut niveau.
Blue Wave vient de remporter un contrat mondial
Quatrième virage en 1995, création
de Blue Wave Software pour “développer
des logiciels bancaires et des logiciels d’infocentre sur Internet” (“business
intelligence” en anglais).
A partir d’un logiciel existant (SQL Vision),
l’équipe de Blue Wave a développé et mis au point
(7 ans ont été nécessaire pour, entre autre, l’adapter
à Internet) de nouvelles versions permettant, par exemple, la gestion
de porte-feuille par Internet (pour la Banque Rothschild) ou encore, la
gestion d’une flotte de véhicule (pour Europ Car).
Parmi ses clients, 20 banques, des laboratoires
pharmaceutiques, la CCI-Côte d’Azur. Sans oublier de citer le contrat
mondial, dont Christian Haneuse et son équipe sont très fiers,
de plus de 30 MF remporté tout récemment auprès d’ABN-AMRO,
au nez de la concurrence mondiale.
Passé de 4 à 22 personnes, cette
start-up à la monégasque a un avenir prometteur. Malgré
une concurrence limitée à 5 ou 6 sociétés,
le créneau est en fort développement et de plus très
rentable.
En mai 1999, Christian Haneuse démarrait
une cinquième société, Tekline, (5 personnes, CA prévisionnel
de 5MF) pour mettre en oeuvre des plateformes de commerce électronique
et de gestion de point de vente dans le monde des croisières, hotels
de luxe, complexes et club de villages, ports et plateformes pétrolières.
En février 2000, le groupe a vendu Microtek
Méditerranée à Sivéa (100MF ensemble sur la
région PACA) mais en restant actionnaire. Christian Haneuse a par
ailleurs de grands projets au niveau national avec la BNP.
Avec Blue Wave, il a lancé en mars 2000
dans le cadre du forum Banque et Finance de Monaco, E-bank-vision,
un logiciel de gestion de portefeuille totalement conçue pour internet
et déja achetée par la banque Rothschild, une filiale du
CCF et la Monte-Paschi Banque. Enfin, il s’apprête à ouvrir
sur Sophia-Antipolis (été 2000) un Institut destiné
à la formation et au recrutement de collaborateurs E-business pour
les grands groupes (20 personnes).
Entrepreneur jamais en repos, il trouve “agréable
de se casser la tête pour séduire le client sur un produit
banalisé”.
Enfin, désireux de “donner de l’ambition
à une profession qui a tous les atouts”, il est à l’origine
de la création toute récente de la Chambre syndicale monégasque
des entreprises de l’informatique et des télécommunications.
En tant que président de la CSEIT, et désormais soutenu par
ses pairs, il rêve de faire de Monaco non seulement “une vitrine
technologique” mais aussi un “creuset d’entreprises high-tech innovantes”.
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