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Christian Haneuse, créateur de start-ups en principauté
 

A 43 ans, Christian Haneuse est à la tête de 5 entreprises de pointe, sur le créneau des nouvelles technologies. Les plus connues : Microtek et Tekworld, services et équipements informatiques, depuis le matériel de base jusqu’aux systèmes de paiement sécurisés pour Internet. Histoire d’un entrepreneur passionné, créateur de quelques unes des rares start-ups que compte la Principauté.

 

Belge de par la nationalité de ses parents, Christian Haneuse est monégasque de coeur. Son père, ingénieur, s’installe à Monaco comme entrepreneur du BTP dans les années 50 pour ne plus en partir, devenant même au passage administrateur de la station de radio Europe 1.
Né en 1957, Christian Haneuse deviendra un “enfant du pays”, effectuant toute sa scolarité au Lycée Albert 1er. Et c’est tout naturellement en Principauté qu’il créera ses entreprises.
Avant cela, il entreprend des études de gestion à Nice (IUT, fac de droit, CERAM). Il n’a pas encore obtenu son diplôme de gestionnaire de fortune qu’il commence - dès l’âge de 17 ans ! - une activité de gestionnaire de porte-feuille immobilier. Il explique cette précocité par le fait qu’il est “fasciné depuis tout petit par les mécanismes de la Bourse”.
C’est ainsi qu’il exerce ses talents durant quelques années (jusqu’en 1981, à l’âge de 24 ans), se passionnant pour l’aspect ludique de la Bourse ainsi que pour le “décryptage des informations économiques sur les entreprises et leurs stratégies”. Chance ou don ? Toujours est-il qu’il gagne, très jeune, de l’argent qu’il investira plus tard dans ses entreprises.
Ce n’est qu’indirectement qu’il en arrive à s’intéresser à l’informatique, en constatant que cette nouvelle technologie devient de plus en plus indispensable au monde boursier. Sans attendre, il ouvre - dès 1979 - une boutique, Microtek, pour vendre des ordinateurs. C’est le temps des pionniers, avec les premiers Apple II … où l’équipe de direction se forme, comprenant Olivier Merlin, directeur technique dès l’origine, et René Tain deux ans plus tard.
Flairant l’air du temps, il prend vers la même époque 15% des parts d’une société de services informatiques monégasque (MCC), avant de la racheter en 1986 pour la revendre deux ans plus tard, en profitant au passage pour apprendre “comment fonctionne une société de service”.

Microtek et Tekworld évoluent en fonction du marché

Résultat, Microtek devient une start-up à la monégasque qui passe en 6 ans de 0 à 10MF de CA tandis que l’équipe s’étoffe à 15 personnes.
Premier virage en 1986, Microtek se spécialise dans le secteur bancaire, depuis le développement de logiciels spécifiques jusqu’à la formation : on est bien loin de la boutique des débuts !
Aujourd’hui encore, Microtek compte 60 banques parmi ses clients, dont 35 sur Monaco. Grâce à quoi son CA enfle à 50MF.
Deuxième virage en 1993. Pour agrandir son marché à la région PACA, Christian Haneuse crée Microtek Méditerranée à Sophia Antipolis : une société qui emploie 30 personnes à ce jour pour un CA de 65MF.
En 1994, naissance d’un troisième bébé, Tekworld, filiale spécifique à Monaco pour “marier les télécoms et l’informatique”, c’est à dire tirer profit de l’évolution vers Internet. Clientèle visée : Monaco et l’international.
A ses débuts, Tekworld fut ISP (Internet Service Provider, fournisseur d’accès Internet) et aussi média center, proposant toutes solutions d’accès Internet. Si aujourd’hui Tekworld garde encore 500 clients, il est à noter que  “l’arrivée de Cegetel va changer la donne” : Tekworld devrait se retirer du secteur (d’ailleurs peu rentable) d’ici septembre.
Tekworld, se spécialisant de plus en plus, garde dans ses cordes le développement d’applicatifs pour Internet, la création de plate-formes de communication pour les grandes entreprises (mise aux “normes Internet” du système informatique) et l’e-business ou commerce électronique, qui démarre. Bientôt, Tekworld va devenir “la seule entité du groupe à assurer un rôle d’intégrateur, traitant globalement les besoins d’un client”, tandis que Microtek va se transformer en une petite équipe de 5 à 6 consultants de haut niveau.

Blue Wave vient de remporter un contrat mondial

Quatrième virage en 1995, création de Blue Wave Software pour “développer des logiciels bancaires et des logiciels d’infocentre sur Internet” (“business intelligence” en anglais).
A partir d’un logiciel existant (SQL Vision), l’équipe de Blue Wave a développé et mis au point (7 ans ont été nécessaire pour, entre autre, l’adapter à Internet) de nouvelles versions permettant, par exemple, la gestion de porte-feuille par Internet (pour la Banque Rothschild) ou encore, la gestion d’une flotte de véhicule (pour Europ Car).
Parmi ses clients, 20 banques, des laboratoires pharmaceutiques, la CCI-Côte d’Azur. Sans oublier de citer le contrat mondial, dont Christian Haneuse et son équipe sont très fiers, de plus de 30 MF remporté tout récemment auprès d’ABN-AMRO, au nez de la concurrence mondiale.
Passé de 4 à 22 personnes, cette start-up à la monégasque a un avenir prometteur. Malgré une concurrence limitée à 5 ou 6 sociétés, le créneau est en fort développement et de plus très rentable.
En mai 1999, Christian Haneuse démarrait une cinquième société, Tekline, (5 personnes, CA prévisionnel de 5MF)  pour  mettre en oeuvre des plateformes de commerce électronique et de gestion de point de vente dans le monde des croisières, hotels de luxe, complexes et club de villages, ports et plateformes pétrolières.
En février 2000, le groupe a vendu Microtek Méditerranée à Sivéa (100MF ensemble sur la région PACA) mais en restant actionnaire. Christian Haneuse a par ailleurs de grands projets au niveau national avec la BNP.
Avec Blue Wave, il a lancé en mars 2000 dans le cadre du forum Banque et Finance de Monaco,  E-bank-vision, un logiciel de gestion de portefeuille totalement conçue pour internet et déja achetée par la banque Rothschild, une filiale du CCF et la Monte-Paschi Banque. Enfin, il s’apprête à ouvrir sur Sophia-Antipolis (été 2000) un Institut destiné à la formation et au recrutement de collaborateurs E-business pour les grands groupes (20 personnes).
Entrepreneur jamais en repos, il trouve “agréable de se casser la tête pour séduire le client sur un produit banalisé”.
Enfin, désireux de “donner de l’ambition à une profession qui a tous les atouts”, il est à l’origine de la création toute récente de la Chambre syndicale monégasque des entreprises de l’informatique et des télécommunications. En tant que président de la CSEIT, et désormais soutenu par ses pairs, il rêve de faire de Monaco non seulement “une vitrine technologique” mais aussi un “creuset d’entreprises high-tech innovantes”.
 
Revenir à Monaco Lire mes autres Reportages en ligne   Florence CANARELLI