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MONACO 

Marsu Productions, un petit éditeur qui fait des bonds
                                   … de géant !
 

Son pelage est jaune à tâches noires,  il est farceur et utilise sa queue démesurée pour faire des bonds en poussant son célèbre cri “Houba houba” : qui est-ce ? …  Les amateurs de BD auront reconnu le Marsupilami, universel et immortel héros de bandes dessinées depuis près de 40 ans. Mais sait-on que cet étrange animal sorti de l’imagination du dessinateur belge André Franquin, a élu domicile en Principauté voici bientôt 15 ans ?

980.000 francs pour une planche de Spirou dessinée par Franquin, tirée de l’album “Le nid du Marsupilami”, c’est le record mondial battu lors d’une vente Tajan du 24 mars 2001. Soit deux fois plus que le record d’Hergé !
-  “Avec Hergé, Franquin est le plus génial dessinateur de son siècle”, s’enthousiasme Jean-François Moyersoen, son éditeur monégasque.
Né à Bruxelles en 1924, André Franquin débute comme dessinateur dans le Journal de Spirou. Il y crée les personnages de Spirou et Fantasio en 1951, début d’une longue série d’albums d’aventures où apparaît de temps à autre le Marsupilami. De son imagination débordante, naîtront ensuite Modeste et Pompon (1955) et Gaston Lagaffe (1957). Après une période de déprime d’où sortira “Idées Noires” (1977), il cède les droits de Spirou et Fantasio au dessinateur Fournier mais garde ceux du Marsupilami, son personnage fétiche … Jusqu’à 1986, où son ami Jean-François Moyersoen réussit à le convaincre de reprendre les aventures interrompues de la bestiole à longue queue.
 

Jean-François Moyersoen lit une BD par jour
 

(ici en compagnie de son jeune collaborateur, Alexandre Hourdequin)

sites web

- gastonlagaffe.com
- marsupilami.com
- comics-itrade.com
- franquin.com
 

Résident monégasque de nationalité belge, cet ex-banquier (il dirigeait à Londres une banque d’investissement) est également un passionné de BD. En achetant à Franquin les droits du Marsupilami, Jean-François Moyersoen se fait plaisir tout en redonnant vie à ce personnage mythique.
Ainsi naîtra la SAM Marsu Productions, petite maison d’édition entièrement vouée, à ses débuts, à la cause du Marsupilami.
Bien joué, car le Marsupilami est aujourd’hui une valeur sûre de la bande dessinée. Le premier album édité à Monaco,  “La queue du Marsupilami", qui parait en 1987, se vendra à plus de 600.000 exemplaires.
A ce jour, une dizaine d’albums sont parus, au rythme d’un par an. Pour le seconder, Franquin choisira Batem, jeune dessinateur belge à qui il confiera une part grandissante du dessin. Franquin est décédé en 1997, laissant derrière lui un ultime album revisité par Batem : “C’est quoi ce cirque ?”. Personnage universel, le Marsupilami se vendra dans 30 pays, confirmant sa place dans le club des best-sellers.
Entre-temps, en 1992, Marsu productions fait une autre grosse acquisition, toujours auprès de Franquin : les droits de Gaston Lagaffe.
Auparavant chez Dupuis, ce personnage “très lié à la culture européenne”, connait un grand succès dans les pays francophones (Belgique, Suisse), en Allemagne et dans les pays nordiques. Étonnant mais vrai, Gaston ne plaît pas au Québec, ni surtout aux USA : son auto-dérision et sa désinvolture vis à vis du travail passent mal dans les pays où on a le culte du travail !

un petit éditeur qui fait des bonds … de géant

Aujourd’hui, l’éditeur monégasque détient les droits d’une dizaine de personnages : Chaminou de Macherot et Saive, Ratapoil de Wasterlain, Natacha et P’tit Bout D’Chique de Walthéry, Leonid et Spoutnika de Bercovici et Yann … Sans oublier un nouveau talent français, qui, sous le pseudonyme de Désert, débute une série racontant les aventures humoristiques du motard “Phil Traère” : le premier album s’est vendu à 12.000 exemplaires.
Dans ses bureaux du stade Louis II, la petite équipe de Marsu Productions (trois permanents) effectue un “énorme travail de coordination”, entre les différents intervenants de par le monde - auteurs et scénaristes mais aussi coloristes, photograveurs, imprimeurs, distributeurs - mis en concurrence sur appel d’offres.
Son chiffre d’affaires tourne autour de 20 millions de francs - avec une pointe à  25 millions en 1999, grâce au grand succès de l’album 19 de Gaston Lagaffe, vendu à 800.000 exemplaires.
Récemment, Jean-François Moyersoen s’est adjoint les services d’Alexandre Hourdequin, en tant que responsable des sites web. Son expérience dans une start-up parisienne lui est bien utile pour mettre en place le projet qui devrait voir le jour cet été : un portail destiné aux enfants où l’on trouvera aussi bien aide à l’enseignement et disques à acheter que jeux, fonds d’écran, e-cards … Et bien sûr le Club (déjà 36.000 membres actifs).
Car le lectorat privilégié de Marsu Productions, on l’aura deviné, a entre 4 et 11 ans. Bien qu’on ne puisse exclure les grands enfants jusqu’à 77 ans !
Cependant, comme le rappelle Jean-François Moyersoen, “même si l’environnement  de travail est sympa, il nous faut discipline et rigueur !”
Certes. Mais qui n’aimerait être à sa place : entouré de peluches, à lire une BD par jour et à collectionner les automates ?
 
 
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