Dès le milieu des années 80, l’Office
Monégasque des Télécommunications (OMT) mettait en
service un central téléphonique électronique et connectait
Monaco au satellite Telecom 1 pour faciliter les communications transcontinentales.
Depuis lors, l’OMT n’a jamais été en retard pour assurer
la télédistribution par câble (1992), construire un
téléport (été 93) et entamer sa privatisation
(mars 99). Passée dans le giron de Cegetel, la nouvelle entité
Monaco Telecom expérimente dès janvier 2000 l’Internet à
haut débit en lançant l’ADSL et crée en mars une filiale,
Monaco Télécom Multimédia, à vocation d’éditeur
(d’une chaîne d’information sur le net) et de studio de développement
de l'e-business.
Aujourd’hui, la Principauté peut s’enorgueillir
de posséder une infrastructure de top niveau : 109 lignes téléphoniques
pour 100 habitants (68 en Suède, 60 aux USA, 51 en France),
21 mobiles pour 100 habitants (29 en Suède, 4 en France), un ratio
d’équipement en ligne RNIS de 16% (8% en Allemagne, 6% en France)
et un trafic par ligne installée parmi les plus élevés
au monde.
Deux belles sagas de la nouvelle économie
| A 43 ans, Christian Haneuse est aujourd’hui à la tête de 5 start-ups sur le créneau des nouvelles technologies. Belge mais “monégasque de coeur” (il a fait sa scolarité au Lycée Albert 1er), il interrompt ses études de gestion pour, dès l’âge de 17 ans,devenir “gestionnaire de porte-feuille immobilier”, fasciné qu’il est “par les mécanismes de la Bourse”. Entrepreneur dans l’âme, il investit cet argent gagné très jeune dans une première “boutique” destinée à vendre des ordinateurs. On est en 1979, Microtek est né. Progressivement, flairant les besoins du marché, il fera de Microtek une société de services informatiques spécialisée dans le développement de logiciels pour le secteur bancaire. En 1993, pour agrandir son marché à la région PACA, Christian Haneuse crée Microtek Méditerranée à Sophia Antipolis, en 1994,Tekworld, filiale qui saura évoluer au même rythme que l’Internet. D’abord fournisseur d’accès Internet, Tekworld se spécialisera ensuite dans le commerce électronique. En 1995, création de Blue Wave Software pour développer des logiciels bancaires et des logiciels d’infocentre sur Internet. Enfin, en mai 1999, lancement de Tekline ! | ![]() |
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Encore une belle saga monégasque. Né à Monaco voici 54 ans, Jean-Marie Binucci est un “petit imprimeur” qui vit son univers basculer en 1989, lorsqu’il effectue comme ses confrères le “passage au numérique”. Déçu de constater que l’image perd de ses qualités entre la numérisation et l’impression, il se met à “bricoler” un logiciel à ses heures de loisir. Deux ans de travail plus tard, “binuscan ColorPro” est né, procédé qui corrige automatiquement les couleurs des images numériques. Premier gros client, le journal VSD, bientôt suivi par quasiment toute la presse française, puis européenne. Depuis lors, Jean-Marie Binucci ne s’endort pas sur ses lauriers. Sur l’idée de “rendre le PC aussi facile d’emploi qu’une télévision”, il s’entoure d’une équipe de développeurs de haut niveau. Trois ans de R&D plus tard, voici “Watch & Smile”, un logiciel utilisant le langage universel de la télé pour traiter l’image et le son “comme un jeu d’enfant”. Sorti dans la monde entier, Watch & Smile est disponible à la Fnac pour 490 francs. |
Une éclosion de nouveaux (jeunes) acteurs de l’Internet
L’histoire dira que c’est un Anglais qui a joué
le rôle du pionnier de l’Internet en Principauté. Ingénieur
en informatique expérimenté, Steve Gale
ouvre à
Monaco une petite “boutique” en 1988, Gale Force Computing. Revendeur de
matériel informatique et de jeux pour PC, il développe également
des logiciels pour le shipping et la comptabilité multi-devises,
pratique l’assemblage d’ordinateurs sur-mesure (dès 1991) et surtout,
il est en 1994 le “premier point d’accès public à Internet
du sud de la France”. Le nombre de ses clients augmente très vite
(le centre de presse ou les hôtels Métropole et Loews) tandis
qu’il investit sans cesse pour améliorer son accès internet.
Véritable phénomène en Principauté, Steve Gale
fait aussi de la publication sur Internet. On lui doit “Monaco on
line” (monaco.mc) et “Gale Force
F1”, qui suit l’actualité et donne les résultats des
courses en temps réel : 40.000 personnes en moyenne consultent
son serveur les dimanche de course.
Georges Dick, 36 ans, aime aussi à
se considérer comme un “pionnier de l’Internet”. C’est en 1992 qu’il
a créé sa société Internix, devenue dès
1994 “un acteur d'Internet” à part entière. Depuis
lors, il offre “tout ce qui fait l'internet : fourniture d'accès,
hébergement de sites, développement de logiciels …”. Mieux,
sa société, rebaptisée “Monaco Internet”, a lancé
début janvier 2000, “le moteur de recherche de la Principauté”
: un an de travail pour ce “portail” (monaco.net)
qui classe par rubriques les sites web monégasques. Un portail tout
neuf qui en est déjà à “plus de 350 000 pages servies
chaque mois”, et est amélioré en permanence : Monaco
Internet y teste actuellement l’hébergement gratuit. A la tête
de 7 personnes, Georges Dick est membre de l'Internet Society, ce
qui lui donne le droit de créer des noms de domaines.
Philippe Zunino, 34 ans, est un autre
“enfant du pays” qui se lança en 1996 sur le créneau d’Internet.
Monte-Carlo Multimédia (MCM) est aujourd’hui une start-up qui a
la particularité d’être rentable, avec un CA qui croit régulièrement
: “Nous n’avons pas de visées mondiales, assure Philippe Zunino,
ni envie d’être côté en bourse. Nous voulons seulement
créer une niche sur Monaco”.
MCM, c’est une petite équipe de trois
jeunes gens dans la trentaine, qui assure les prestations désormais
classiques (hébergement, création de sites …) mais en insistant
sur “le réferencement de nos clients dans les moteurs
de recherche et annuaires”. Originalité : MCM a mis en place un
portail d’entrée sur Monaco (monte-carlo.mc)
qui est visité par 20.000 personnes par mois. Un site qui cible
“ceux qui veulent investir”, à qui on explique les “rouages juridico-financiers
de la Principauté”.
Pour son concepteur, ce site “représente
une adresse prestigieuse utilisée par 500 entités monégasques
dont la Chambre Immobilière et des nombreuses agences immobilières,
plusieurs petits hôtels et quelques restaurants … et même une
banque, la CMB, tous monégasques”. Autre originalité
: ces clients paient un loyer mensuel pour l’hébergement et la mise
à jour de leur site. Et il suffit à une agence immobilière
de faire un location par an par le biais de son site pour rentabiliser
!
De création plus récente (1997),
IMCN a été rachetée récemment par une “web
solution company” milanaise, 21 Network. Elle fournit services informatiques
et internet pour des clients comme Amadeus, la gare de Monaco ou Gianfranco
Ferre.
Également fondée en 1997, Net-State
est une jeune société de création de sites Internet.
A son actif, cyber-monaco.mc, un serveur “présentant la Principauté
dans ses différents aspects” et bénéficiant de plus
de 12.000 accès par jour.
Informatique et télécoms : enfin un syndicat !
C’est à Christian Haneuse que revient
l’initiative d’avoir créer la Chambre syndicale monégasque
des entreprises de l’informatique et des télécommunication
(CSMEIT). C’était en mars 1999, un “moment bien choisi, à
l’heure de la privatisation de Monaco Telecom”. Parmi les 8 membres fondateurs
(un tiers des entreprises du secteur), on trouve deux installateur de réseaux,
un créateur de logiciels pour la finance et la communication par
Internet, plusieurs sociétés de services et d’équipements
informatiques, depuis le matériel de base jusqu’aux serveurs vocaux
en passant par des systèmes de paiement sécurisés
pour Internet, un hébergeur de services vocaux.
Rêvant de “faire de Monaco une vitrine
technologique”, le tout nouveau président se donne pour objectif
de “fédérer et donner de l’ambition à une profession
qui a tous les atouts. Si l’on additionne les compétences présentes
en Principauté, on atteint un bon niveau. Il manque seulement une
concertation avec l’État et une volonté financière”.
Monaco semble bien partie pour décoller
avec l’Internet.
| Lire mes autres reportages en ligne | Florence CANARELLI |