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MONACO
William Piccione : un homme de communication William Piccione, 47 ans, est en Principauté un être à part. Non content du succès de Famadem dans le créneau de la para-pharmacie, ce “manager intuitif” se lance de nouveaux défis. Le chef d’entreprise veut devenir aussi un homme de communication, bientôt un éditeur. |
“Le rêve, c’est la vitamine du subconscient
… mais sans l’action, le rêve se meurt en illusion ou chimère”.
Une formule pour ses dernières cartes de voeux … et en même
temps une profession de foi signée William Piccione, qui dépeint
bien sa personnalité, «les pieds sur terre et la tête
dans le ciel».
Car ce chef d’entreprise “par hasard” se serait
bien vu aussi dans la peau d’un “médecin ou d’un guérisseur”.
D’une certaine façon, il sera à la fois l’un et l’autre,
puisqu’il commercialise avec Famadem des produits destinés à
guérir nos petits bobos quotidiens.
Né à Asti en Italie, de mère
monégasque et de père italien, ce Français de Monaco
est un autodidacte qui a fait quelques études de littérature
et de linguistique. Cependant, il préfère se définir
comme un “philosophe qui s’intéresse à tout”. A tout et même,
pourquoi pas, au monde du commerce.
C’est ainsi qu’en 1975, il croit faire une
bonne affaire en rachetant FAMADEM, une société de distribution
de matériel médical. Malheureusement, elle ne se porte pas
si bien qu’elle en a l’air. Dix ans durant, il tente de remonter la pente,
gérant son entreprise en “faisant confiance aux experts, selon les
règles classiques de l’économie et du marketing”.
| Il invente la gestion au feeling
Jusqu’en 1985, l’année qu’il qualifie d’”apocalyptique” où Famadem est au bord du dépôt de bilan. N’ayant plus rien à perdre, il prend la décision de faire désormais confiance à son instinct, inventant la “gestion au feeling”. C’est ainsi qu’il ’abandonne l’activité de grossiste pour se lancer dans la découverte de produits novateurs. C’est un virage radical pour Famadem. Mais William Piccione est enfin dans son élément : à l’affût d’idées nouvelles, il découvre l’existence d’un matériaux innovant qui permet d’amortir les chocs entre le pied et le sol… D’où l’idée des semelles Noène, dont il n’oubliera jamais la date de naissance : le 20 juin 1986. Et - miracle ? - les semelles Noène se taillent peu à peu une confortable part de marché (25% aujourd’hui). |
| Deuxième idée audacieuse qui
attire son attention : faire cicatriser les plaies, non pas à l’air
mais au contraire … en milieu humide ! Cette façon de “prendre le
contre-pied des idées reçues” lui plaît bien. Il lancera
Compeed
en 1989, le pansement “hydrocoloïde”. Il fallait oser, et pourtant,
ça marche. Les clients et les pharmaciens sont séduits, Compeed
trouve très vite une niche de marché (12% en volume et 25%
en valeur). Et William Piccione a trouvé un rôle qui lui convient
: jouer à David contre Goliath (en l’occurence un grand nom comme
Urgo).
Dans le même esprit, sera lancée en 1996 Oralgum, la “première brosse à dent en caoutchouc”. Naturelle, elle masse les gencives. Idéale à utiliser en complément du brossage au dentifrice : 500.000 exemplaires ont été vendus, soit 5% du marché des brosses à dent en volume et 9% en valeur. |
Après les succès de Topaz, le premier préservatif … avec applicateur, fruit de six ans de recherche-développement (12 millions de franc investis), de crèmes hydratantes pour les pieds ou de Mousti Click, le «premier anti-histaminique électrique», William Piccione se tourne vers de nouvelles aventures, dont il rêve depuis longtemps : la communication et l’édition.
Un sens inné de la communication
Vers une nouvelle aventure
Voila une entreprise qui marche si bien que
… William Piccione commence à s’ennuyer. Il a besoin de nouveaux
défis. Et que peut faire un homme de communication comme lui, si
ce n’est … de la communication ! D’où l’idée de créer
une agence sur ce créneau, Médiadem. Pourquoi les recettes
qui lui ont si bien réussi ne profiteraient pas à d’autres
? Mais, comme toujours, il choisit la difficulté : “redorer le blason
d’une marque, devenir le médecin de la communication”, voila son
objectif. Il s’agit de “cibler les grandes sociétés qui ont
un problème de cote d’amour. Car l’entreprise est souvent une sorte
de colosse métallique, qui doit s’humaniser, se mettre à
la portée de l’être humain.”
Avec une démarche originale, qui consiste
en “analyser en profondeur l’entreprise avant d’établir un plan
de stratégie en dix points”. Jouer au docteur, en quelque sorte,
mais un docteur qui “se garde le droit de refuser un patient qui ne respecterait
pas l’ordonnance” … Et qui de plus “souhaite lier une partie de ses honoraires
aux résultats”.
Conscient que le diagnostic est un moment douloureux
(proche de la psychanalyse), William Piccione est néanmoins persuadé
qu’une entreprise “doit savoir s’excuser, s’expliquer auprès de
ses clients. Tout en jouant le jeu des médias, dans le respect du
journaliste.”
Son client idéal ? Le Vatican ! “Attaché
de communication auprès du Saint Père”, voila un titre qui
le fait rêver !
Réfractaire à l’ordinateur, William
Piccione est un “homme de lettres” qui écrit à la main avec
un stylo à plume. Ce qui explique l’idée du logo de sa nouvelle
société Médiadem, en forme de plume dorée.
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