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Stéphane Valéri : Promocom d’abord
 

Après deux mandats politiques, le Monégasque Stéphane valéri a décidé de ne plus se représenter pour se consacrer à Promocom. Père de Florian (7 ans) et d’Estelle (3 ans), il estime qu’on se doit, “à 36 ans, de penser d’abord à assurer un avenir à sa famille”. D’où le spectaculaire développement de l’entreprise qu’il a créé voici plus de dix ans.

Quand il se tourne vers son passé d’homme politique, Stéphane Valéri se montre fier de son “bilan”. C’est (au moins en partie) grâce à son action que désormais “les femmes monégasques peuvent transmettre leur nationalité à leurs enfants, ayant ainsi acquis les même droits que les hommes”, que “l’Etat a construit plus de mille logements pour les  Monégasques dans tous les quartiers”, ou encore que “la loi 1118 datant de 1988, a été abrogé en 93, conservant un secteur protégé afin de permettre aux enfants du pays de se loger.”
Stéphane Valéri a toujours été précoce : fondateur à 24 ans de l’Association des Jeunes Monégasques, élu conseiller national à 26 ans, et devenant, au même âge, créateur d’entreprise …
Ses atouts : avoir fait ses études dans “une école européenne” (l’École des Affaires de la CCI de Paris), qui envoie ses étudiants un an à Berlin et un an à Oxford : “depuis lors, j’essaie d’intégrer trois cultures : la mienne bien sûr, la latine, où prime l’aspect humain, créativité, autonomie et sens de la famille. Avec le “hard working” des Anglais, où on motive son équipe par un intéressement financier, une partie des salaires étant liée aux résultats. Et avec la rigueur allemande, qui se traduit par exemple par des procédures internes écrites pour ses relations avec les fournisseurs.”

Promocom crée l’évènement

Créer des évènements est l’activité première de Promocom. A son actif, la Ficomias, foire exposition internationale désormais incontournable. Mais aussi Décoration et Jardin, la Fête de l’Enfant, Monte-Carlo Gastronomie et Monte-Carlo Antiquités, des salons plutôt haut de gamme dont le succès ne faiblit pas : en 1998, la Ficomias a reçu 20% de visiteurs en plus (65 000), et Décoration et Jardin 10% de plus  (11 000 personnes), même si le Salon de l’Enfant est resté stable (30 000 visiteurs).
Mais Stéphane Valéri, de par sa formation “européenne”, n’a pas peur de sortir du territoire de la Principauté. Les Français auront eu le loisir d’en juger avec Lyon Gastronomie, “le salon des saveurs et des tables de fête”, en novembre 1998. Sans oublier “Jouons ensemble”, le “salon des jeux, des jouets et du modélisme” destiné aux enfants marseillais (en novembre dernier, Parc Chanot).
Désireux de former un “groupe intégré d’organisation d’évènements”, Stéphane Valéri a mis en place en janvier 96 une filiale, Promexpo (7 personnes), spécialisée dans l’installation de stands, qui travaille bien sûr pour les salons de Promocom mais qui a depuis acquis son autonomie, avec des clients comme le Jumping International de Monte-Carlo ou le  Super-Yacht de Nice et sur toute la Côte.
Promocom possède aussi en son sein une régie publicitaire, Monte-Carlo Performance (5 personnes), qui commercialise des supports d’affichage comme les parkings et bus de Monaco, et des supports d’édition comme l’annuaire officiel du téléphone ainsi que les catalogues des salons Promocom.
Dernier “bébé” né en 1997, Monte-Carlo Events (2 personnes), qui a l’ambition de devenir “le spécialiste de l’organisation de salons professionnels”. Son premier salon en Principauté, s’est tenu en octobre dernier, un “Forum international sur les progrès de la médecine, avec des sommités comme le professeur Christian Cabrol, qui était aussi une réflexion sur les avancées de la médecine”.

Ambition : devenir un groupe européen

Résultat : un chiffre d’affaires qui augmente de 40 à 50% par an ces dernières années (autour de 20 millions de francs en 1998) et des effectifs qui enflent de la même façon : une équipe de 25 personnes en 1998 - Monégasques, Français et Italiens - sans compter de nombreux saisonniers.
Au prix d’un investissement important : un million de francs pour de nouveaux locaux de 300 mº à Fontvieille, un système Intranet et des logiciels sur-mesure.
Un développement qui se fait “surtout par promotion interne” plus quelques apports extérieurs. Et en misant sur le partenariat : “je crois beaucoup dans le joint-venture : si l’on choisit un partenaire compétent et complémentaire, un + un font trois !”
Ainsi du salon des Antiquaires, qui est le résultat d’un partenariat de Promocom avec  une société italienne.
Ayant acquis un savoir-faire et une clientèle fidèle, Stéphane Valéri cherche désormais à “exporter” ses idées, en France d’abord et bientôt en Europe. Ambition avouée : “devenir dans les trois ans un groupe européen, en axant notre développement sur la France, l’Italie et la Suisse … pour commencer !”
Lui qui aurait aimer être philosophe, il essaie d’appliquer le “connais toi toi-même” de Socrate : perfectionniste, faisant les choses trop à fond, il éprouve une certaine “méfiance à déléguer”.  Mais, connaissant ce défaut, il essaie de le corriger en “se faisant violence pour tendre vers plus de collégialité”.
Depuis qu’il a laissé de côté la politique - provisoirement ? - il se consacre à Promocom durant 13 heures par jour sur 5 jours et demi … Soit le double d’une “semaine de 35 heures” !
-  “A 36 ans, j’ai pris conscience que je me dois de penser à ma famille, afin de lui assurer un avenir”.
Pas d’angoisses, tout va bien pour Stéphane Valéri, qui aujourd’hui peut s’estimer  “heureux dans sa peau”.
 
Lire mes autres reportages en ligne Florence CANARELLI