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    Robertet prône le naturel
Philippe Maubert, PDG (photo DR)

Aujourd’hui cotée en bourse, Robertet est également une société à caractère familial installée à Grasse depuis 1850. C’est  en effet cette année-là que François Chauve, associé à son neveu Jean-Baptiste Maubert, fonde une fabrique qui traite “les fleurs et les plantes de la région provençale”.
 

Rachetée en 1875 par Paul Robertet, une nouvelle usine, conçue par l’ingénieur Gustave Eiffel, est construite avenue Sidi Brahim, où elle est encore à ce jour.
Si Paul Robertet développe de nouveaux procédés d’obtention des produits naturels -les “incolores” naturels (1935) et les “Butaflors” en 1950 - c’est à Maurice Maubert, le fils de Jean-Baptiste, qu’on doit l’ouverture du marché aux parfumeurs parisiens (Guerlain, Chanel, Patou).
Ses fils, Jean et Paul Maubert, parient sur la diversification : conquête de marchés extérieurs et nouveaux produits (les bases pour la parfumerie en 1953, les arômes alimentaires en 1964).
Dès 1966, commence la croissance externe de la société, avec le rachat de Cavallier.
Puis la constitution de filiales aux USA, en Argentine, Brésil, Mexique, Angleterre … Et d’unités technico-commerciales au japon puis en Suisse, Italie, Allemagne, Singapour.
Nommé président, Jean Maubert met l’accent sur la recherche, faisant construire un nouveau site ultra-moderne au Plan de Grasse.
Une famille Maubert qui tient à son indépendance : même si la société est cotée en bourse, au Second marché, dès 1984, elle veille à ce que la majorité des parts reste entre ses mains.
Avec la quatrième génération, Philippe, Christophe et Olivier, c’est l’offensive américaine : en 1986, Robertet rachète Jay Flavors, devenu Robertet Flavors, ce qui lui permet de travailler avec tous les grands noms de l’industrie alimentaire américaine.
Nommé président en 1993, Philippe Maubert poursuit cette offensive en achetant Novarôme, transformé en Robertet Fragances sur le marché américain de la parfumerie. Depuis lors, le groupe poursuit son développement en Afrique du Sud, tout en construisant des usines dans le New Jersey et à Mexico.
A l’aube de l’an 2000, légèrement en avance sur les prévisions, le cap du milliard de francs de chiffre d’affaires a été franchi, classant Robertet parmi les dix premières entreprises mondiales de l’aromatique.
Avec pour l’année 1999 un effectif record de 920 personnes et un bénéfice net non moins record de 58 millions de francs (45 millions en 98).
Le credo de Robertet : “pas de produits de synthèse”, selon les termes de son actuel président, Philippe Maubert. Car  Robertet “aime le naturel depuis ses débuts, et continue de miser sur le retour en force du naturel”,  comme ce fut le cas dans les années 70 où l’entreprise grassoise joua les précurseurs en extrayant de la nature ce qui faisait partie jusqu’alors de l’univers de la synthèse : les “isolats naturels”.
Pour ce faire, une équipe de 25 parfumeurs, formés, pour la plupart au sein de la société au cours d’un long apprentissage, utilisent des “matières premières naturelles traditionnelles ou issues des technologies de pointe”. Des spécialistes, de nationalités différentes et présents sur plusieurs sites à travers le monde, qui assimilent et anticipent les spécificités culturelles, techniques et artistiques propres aux différents marchés de la parfumerie mondiale. En liaison constante avec les services d’évaluation, de marketing et de vente.
Une autre originalité de Robertet : le dépôt de brevets.
Si le dépôt de brevet n’est pas possible pour les formules de parfums, il l’est “dans le cadre du développement de nouvelles matières premières aromatiques, de la mise en évidence de propriétés, autres qu’olfactives, de ces mêmes matières premières, ou encore sur des applications qui amélioreront les performances olfactives des parfums”.
Ainsi Robertet est-il à l’origine de plusieurs brevets, par exemple dans le domaine des produits cosmétiques et de la désodorisation d’atmosphère. En cosmétique, Robertet a mis en évidence la faculté de certaines matières aromatiques à inhiber spécifiquement la croissance de micro-organismes responsables des mauvaises odeurs corporelles. Ce qui lui permet de commercialiser un actif (qui a pour nom Deomix) capable de s’associer avec tout style de parfums. Applications : déodorants  corporels, désodorisants d’ambiance
Engagé dans le management qualité (norme ISO 9002) et dans le management environnemental (norme ISO 14001) pour satisfaire ses partenaires économiques et respecter l'environnement. Aujourd’hui, les principaux marchés de Robertet sont aux USA (à 40%), en Europe (38%) et en Amérique Latine (10%).