Nice-aeroport.html COTE D’AZUR
 
Entre nuisances et sécurité, 
l’aéroport de Nice évite les 
                turbulences

 Deuxième aéroport français,  25ème européen, derrière Hambourg et Vienne mais devant Stuttgart ou Genève, deuxième pôle d’emplois des Alpes-Maritimes, 9 millions de voyageurs par an … L’aéroport de Nice Côte d’Azur bat chaque année ses propres  records. Frêt, ou    aviation d'affaires, un aéroport ne dort jamais.  Les contrôleurs aériens veillent sur votre sécurité tout en s'efforçant désormais de préserver l'environnement .  Prêt au décollage ?  Embarquement immédiat.

Au tout début du siècle, un terrain vague, dit “de la Californie”, sur lequel le Capitaine Ferber essayait de voler avec son planeur à moteur, suspendu à une sorte de manège tournant.
En 1925, une piste d’atterrissage de 700 mètres de long  … recouverte d’herbe.
Une première ligne Nice-Corse est ouverte en 1933, avec un avion à hélice, le Potez 56. Un premier projet d’aéroport est interrompu par la guerre, avant que, en 1944, les troupes américaines ne construisent une piste en dur, qui leur servira de base logistique pour la campagne d’Italie. Un an plus tard, Air France est la première compagnie à s’installer, pour assurer la liaison Paris-Nice. A la sortie de la guerre, l’aéroport est véritablement ouvert à la navigation aérienne commerciale, sous l’appellation “Nice-Le Var”.
1956 est l’année où l’exploitation de l’aéroport est confiée à la Chambre de Commerce et d’Industrie de Nice Côte d’Azur (CCI) par décision ministérielle. Celle aussi où le cap des 500.000 passagers est franchi. Un an plus tard, l’aérogare 1 est achevé : il subira par la suite de nombreuses extensions. Il faut attendre 1987 pour voir le nouvel aérogare 2 ouvrir ses portes d’embarquement : architecte, Paul Andreu. Quant au nombre de passagers, il n’a jamais cessé de s’envoler : 4 millions de passagers en 1983,  6 millions en 1993 … Le cap des 7 millions est franchi en 1997. Et ce n’est  pas fini.

Un aéroport qui décolle : 11 millions de passagers prévus en 2008

En effet, l’année 1997 a connu une croissance record de 12%. Plus de 8 millions de passagers en 1998, soit une hausse de 9,5%. Et  8,7 millions en 1999 (+ 7 %). Estimation pour l’an 2000 : 9,4 millions … Prévisions pour 2008 : 11 millions de passagers !
A ce jour, l'Aéroport Nice Côte d'Azur compte 45 compagnies régulières hors charters (10 françaises, 35 étrangères) reliant Nice Côte d'Azur à 85 destinations dans 27 pays.
L’année dernière, plusieurs facteurs ont encore stimulé le trafic : renforcement du hub d'Air Littoral, croissance continue des compagnies européennes, multiplication des fréquences sur leurs Hubs respectifs. Sans oublier le renforcement des compagnies "low cost" qui génèrent un nouveau potentiel de passagers sur des destinations déjà desservies depuis longtemps. Easyjet propose ainsi sur Londres 5 vols quotidiens et a également ouvert une ligne à destination de Genève.
Tendance remarquable : c’est le trafic international qui augmente le plus vite. Ces cinq dernières années, la part de l'international est passée de 36% à 45%.
Les retombées économiques sur le département produit par l'aéroport niçois sont estimées 31 milliards de francs, soit 12% du Chiffre d'Affaires des Alpes Maritimes.

D’extensions en agrandissements, la CCI investit 2,5 milliards sur 10 ans

Libéralisation du ciel européen, multiplication des fréquences des grandes compagnies sur leurs hubs respectifs, arrivée en  force des compagnies "low-cost" … à l'échelon mondial comme à Nice, le trafic aérien explose. Ajoutons à cela la reprise économique et  touristique de la Côte d'Azur et le développement du hub Air Littoral, et on comprendra pourquoi il faut, encore une fois, agrandir l’aéroport.
Pour ce faire, la CCI a conçu une stratégie de développement à long terme basée sur trois grands principes : “traiter  tous les types de vols indifféremment sur les deux terminaux (national, Schengen et international), augmenter le nombre de passerelles (de 11 en 1998 à …  38 en 2015), et  développer les correspondances en créant une galerie de liaison entre les deux terminaux à l'horizon 2006”.
A plus court terme, il s’agira d’adapter le Terminal 1 à la fonction “commuter”, (ce qui signifie navettes avec des avions de moins de 100 places), afin de “permettre à chaque compagnie des correspondances avions en moins de 25 minutes”.
 
 Le cône de verre signé 
         Paul Andreu
               (maquette)

 Comment ? Grâce à de nouvelles banques d'accueil correspondances et des “postes d'inspection filtrage”, les liaisons entre les deux terminaux se faisant par une navette de bus.
Mais le gros projet est l’extension du terminal 2. Un deuxième module sera ajouté, qui aura la forme d’un cône de verre de 120 mètres de diamètre, aux façades ouvertes sur la lumière et sur la Baie des Anges, sans piliers intérieurs. Une architecture transparente conçue par Paul Andreu, directeur de l'Architecture d'Aéroports de Paris, qui a déjà réalisé le premier module du terminal 2.
On y accédera par un double viaduc qui desservira le niveau départ, dont une voie sera réservée aux véhicules professionnels, l'autre à la "dépose minute" des passagers.
Une esplanade sera aménagée pour séparer flux véhicules et  piétons en privilégiant ces derniers. A l’intérieur, une large zone d'accueil équipée de 34 banques d'enregistrement , 4 tapis bagages, 2 salons club pour les compagnies, un grand choix de boutiques, 7 restaurants. Côté pistes, création de 6 passerelles télescopiques pour traiter le maximum d'avions "au contact" passerelles.
Ce sera rien moins que le plus grand chantier de la Côte d'Azur : 27 mois de travaux,  620 millions de francs, livraison en juin 2002.

Un nouvel aéroport devra être construit dans dix ans mais où ?

En octobre dernier, à l'issue d'un conseil des ministres, Lionel Jospin déclarait qu'il “convient de chercher un autre site pour l’aéroport de la Côte d'Azur, dans les Alpes-Maritimes ou le Var”.
En effet, à cause de l'explosion du trafic à un rythme qui approche les 10% par an, la plate-forme risque d'arriver à saturation d'ici une dizaine d'années.
Plusieurs sites ont déjà été passés en revue tout au long des vingt dernières années. Des études sommaires ont été faites pour le plateau de Saint Vallier, au dessus de Grasse. D’autres possibilités ont été envisagées dans le Var : l'extension de la base de l'armée de terre au Cannet des Maures ou de celle de l’aéronavale du Palyvestre, à Toulon. Le rachat de l'aéroport de Gênes a même été imaginé par la CCI … qui en est toujours au stade des “pré-études”.
Selon la récente Directive territoriale d’aménagement, qui émane de l’Etat français et fixe les grandes orientations à plus de dix ans, l’aéroport de Nice Côte d’Azur devra à l’avenir “optimiser les capacités aéroportuaires dans une emprise limitée”, ce qui signifie, en termes non technocratiques, qu’il sera désormais impossible de l’agrandir. Tout le monde semble d’accord sur ce point. Il deviendra donc de plus en plus urgent de trouver un nouveau site .
D’autant plus qu’il faudra également réduire “les nuisances sonores”, protéger “la qualité des eaux”, améliorer celle de l’air tout en diminuant  les “risques liés aux activités aéronautiques” : tout un programme …

                                                                                                                                     Florence CANARELLI
 
 
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