Marche du siècle


Thème de l'émission

Son et images

Droits des malades: une loi?

Revue de presse

Actualités médicales

Liens

La loi du silence





Médisite

Hit-Parade

LA MARCHE DU SIECLE du 3 novembre 1999

Thème: La situation des hôpitaux dans notre pays. Depuis quelques années , la nécéssité de performance et d'économie, l'exigence de réduction des risques menacent l'existence de nombreux petites structures. Partout en France, des actions sont menées par les usagers et les personnels des établissements visés par ces politiques de restructuration.Un plaidoyer s'oppose à l'idée que la morbidité est plus importante dans les hôpitaux de proximité et dénonce l'argument économique avancé quant à leur côut excessif et se bat pour la notion de proximité et une politique de réseaux entre les établissments petits et grands. Les patients redoutent de devenir des numéros anonymes soignés dans de grands hôpitaux, certes performants, mais deshumanisés et éloignés de leur domicile.

Comment concilier la rentabilité du système de soins et les attentes spécifiques des malades et de leur entourage? Est-on bien soigné quel que soit l'endroit où l'on vit en France?

*******

LES SROS DE DEUXIEME GENERATION

www.sante.gouv.fr dossier de presse 4 nov 1999

Pourtant, d’après l’enquête réalisée auprès des ARH en août 1999, on peut estimer à près de 24.000 le nombre de lits susceptibles d’être supprimés ou reconvertis en médecine, en chirurgie ou en obstétrique sur la période 1999-2004.

Ces évolutions permettent de dégager des moyens pour prendre en charge des activités nouvelles, pour développer des alternatives à l’hospitalisation, pour mettre à disposition de tous les techniques les plus performantes.

 

THEMES

Nbre de régions concernées

OBJECTIF QUALITATIF ATTENDU

EFFETS EN TERMES DE RECOMPOSITION

URGENCE

25

à Améliorer la sécurité des soins par une meilleure répartition des sites d’urgence, leur identification et leur coordination.

à Organiser la régulation pré-hospitalière pour permettre une régulation optimale des urgences vitales

à Associer les médecins de ville à l’urgence, et à une meilleure prise en charge de l’urgence préhospitalière

Il est prévu d’autoriser 600 sites d’urgence (SAU-UPATOU-POSU)
PERINATALITE

21

à Mettre en réseau les établissements de santé, classés selon le niveau de soins de néonatalogie.

à Orienter les parturientes vers l’établissement le plus apte à prendre en charge la grossesse et l’accouchement en cas de risques décelés pour la mère et l’enfant

à Restructurer les établissements qui effectuent moins de 300 accouchements par an ou leur maintien pour des raisons d’accessibilité géographique

Transformation de 50 maternités en centres périnataux de proximité
CANCEROLOGIE

24

à Organiser l’offre de soins en niveaux selon les sites de plateaux techniques (circulaire du 24 mars 1998).

à Mise en place de réseaux de soins régionaux pour un exercice pluridisciplinaire de la cancérologie

Développement des 60 réseaux cancer
CARDIOLOGIE

17

à Améliorer les délais de prise en charge

à Réorganiser les soins intensifs en cardiologie pour améliorer la sécurité des soins (permanence médicale notamment)

à Recentrer certains sites de cardiologie interventionnelle sur les sites de chirurgie cardiaque afin de renforcer la sécurité des actes

. 30 reconversions de sites

. Ouverture d’une douzaine de sites nouveaux

. Concernant les soins intensifs, 27 fermetures sont retenues et 10 créations sont prévues

THEMES

Nbre de régions concernées

OBJECTIF QUALITATIF ATTENDU

EFFETS EN TERMES DE RECOMPOSITION

SOINS DE SUITE

16

à Améliorer la répartition géographique des capacités d’accueil Créer des places dans les régions déficitaires par reconversion de lits de MCO (Ile-de-France)
PERSONNES AGEES

13

à Assurer une prise en charge globale des personnes âgées avec le mise en place de filières de soins gériatriques lisibles, organisées et de proximité

à Création de pôles gériatriques de référence et d’équipes mobiles gériatriques

. Création de 86 équipes mobiles.

. Création de 20 centres experts pour la maladie d’Alzheimer

. Développement des 35 réseaux déjà installés

INSUFFISANCES RENALES CHRONIQUES

11

à Développer la prévention dans le domaine de l’IRC

à Adapter les prises en charge aux besoins des patients (notamment proposer la transplantation rénale chaque fois qu’elle est envisageable)

à Adapter l’amplitude d’ouverture des structures en tenant compte de la disponibilité des malades

à Développer et mieux répartir l’offre

. Développement de 13 réseaux d’insuffisance rénale chronique

. Création de 15 nouveaux centres et de 7 unités d’autodialyse

PERSONNES DEMUNIES

10

à Réduire les inégalités dans l’accès aux soins

à Mise en œuvre de la CMU

. Installation de 300 PASS (Permanence d’Accès aux soins de santé en 2000.
DOULEUR

9

à Répartir harmonieusement l’offre de soins sur le territoire en tenant compte des diversités régionales Augmentation de 70 % du nombre de sites de soins palliatifs dans les régions concernées (fin 99 une centaine seront installés).
SOINS PALLIATIFS

9

à Développement de réseaux de soins organisés et structurés Les SROS prévoient la création de 95 équipes mobiles dans 14 régions.

THEMES

Nbre de régions concernées

OBJECTIF QUALITATIF ATTENDU

EFFETS EN TERMES DE RECOMPOSITION

CHIRURGIE

6

à Réorganiser les sites chirurgicaux pour mieux garantir la sécurité des soins et tenir compte des progrès techniques. . Reconversion de 128 sites.
CHIRURGIE AMBULATOIRE

6

à Mettre en œuvre les alternatives à l’hospitalisation complète et favoriser la recomposition de l’offre de soins . Création de 44 unités dans 6 régions.

. Création de 1000 places supplémentaires

BILAN RESEAUX   à Organiser les réseaux régionaux, afin d’améliorer la prise en charge et maintenir une offre de soins de proximité . 255 à 270 réseaux correspondant aux priorités régionales retenues

****

- Les raisons de ma présence sur le plateau :

De nombreuses personnes dans mon entourage m'ont demandé comment j'avais fait pour participer à une telle émission! Eh bien, j'ai simplement envoyé un e-mail à l'émission avec l'adresse de mon site internet en expliquant que je me sentais trés concernée par tout ce qui touche à la sécurité dans les hôpitaux. C'est alors que l'on m'a contacté par téléphone pour me proposer de venir en parler en direct. Ce que j'ai accepté avec joie mais aussi avec angoisse (car il est trés difficile pour une mère en deuil de parler de ces choses là en direct), n'ayant toujours pas obtenu de RV pour une expertise médicale amiable( je rappelle que ma demande d'indemnisation datait du 2 Aôut 99 ).

Quelques temps après l'émission , j'ai enfin pu obtenir l'expertise médicale amiable que je réclamais depuis si longtemps...

- On peut consulter le forum de la Marche du siècle dont voici un extrait : http://www.france3.fr/forums

La Marche du siècle : lionard - 6/8/00 02:38 PM - Témoignage

--------------------------------------------------------------------------------

"
Depuis votre émission d'hier au soir je ne peux m’empêcher de penser qu'il faut que je réagisse. Eh bien voilà, votre émission m'a beaucoup touchée car je suis maman de trois enfants dont un est atteint d'un rétinoblastome ( cancer de la rétine ) bilatéral.
Je voudrais juste revenir sur deux points évoqués :
- le premier étant le rapport entre les médecins et les patients. Alors permettez-moi de vous dire qu'il y a encore énormément de progrès à faire quant à la psychologie avec laquelle ils peuvent vous annoncer un diagnostic.

Pour notre part, il n'y a eu aucun problème à nous dire froidement qu'il fallait enlever l'oeil de notre bébé de trois mois et que le deuxième était aussi atteint. De là, vous vous retrouvez dans le couloir à vous tenir à la rampe du mur, anéanti par ce que l'on vient de vous annoncer. Et là, personne, et je dis bien personne, à part votre mari, vous propose la moindre aide.
A celà, on vous dira après que les médecins sont obligés de garder des distances vis à vis du diagnostic qu'ils ont à annoncer car sinon ils ne pourraient pas continuer. C'est là aujourd'hui que j'ai envie de dire STOP, STOP, le patient n'est pas un numéro de dossier et ce n'est pas non plus du bétail ! Il suffirait pourtant de quelques mots dits avec chaleur et délicatesse pour que celà se passe mieux et ne vous marque pas à vie.
Ceci m'amène justement à évoquer le deuxième point : la douleur.
Hier au soir, vous nous avez montré comme exemple l'hôpital de la THIMONE où j'ai trouvée remarquable la prise en charge des malades. Là encore, j'ai été choquée à la fois agréablement et en même temps furieuse de voir des parents pouvoir enfin accompagner leur enfant jusqu'au bloc opératoire et assister à son endormissement en toute sérénité. Jamais, et je pense que beaucoup de parents sont dans notre cas, nous avons eu la possibilité d'accompagner notre bébé.
Mieux, lorsque le brancardier arrivait pour l'emmener, si je l'avais dans les bras, il me le faisait reposer dans son lit, m'expliquant, si je refusais, que c'était le Règlement ! C'est vrai, il est beaucoup plus humain et réglementaire de voir un enfant être réduit à l'état d'animal en cage, s'accrochant aux barreaux de son lit en hurlant et le brancardier de continuer son Travail !
Trouvez-vous aussi "normal» d’apercevoir à travers deux portes ( parce que le médecin vous a demandé de l'attendre devant l'entrée du bloc ), votre bébé hurlant "maman", seul dans son lit, alors que vous entendez le corps médical prendre son café dans la pièce d'à côté, attendant le tour du prochain numéro !
Tout celà et tout le reste, je ne souhaite à personne de le vivre et de l'avoir malheureusement en mémoire pour toute une vie.
Alors que l'on parle bien sûr de la douleur physique... mais que l'on n'oublie surtout pas la douleur morale qui grave derrière elle des séquelles profondes aussi bien pour les parents et encore plus pour les enfants. Car il faut quand même savoir que dans le service d'ophtalmologie de l'hôpital Edouard Herriot, où notre fils a été opéré, il n'y a aucune structure psychologique en place, donc évidemment aucune proposition de soutien.
Que l'on veuille l'égalité des soins pour tout le monde est parfaitement légitime, mais il reste encore beaucoup de chemin à faire quant à l'égalité de prise en charge d'un hôpital à l'autre.
Après maintenant trois ans et demi passés avec notre fils à se battre contre sa maladie, je tiens à dire qu'il a fallu que ce soit en SUISSE ( où il est actuellement suivi ) que l'on trouve des médecins plus humanisés, ne parlant pas aux gens comme à des incapables de comprendre le "langage médical".
J'espère donc qu'un jour en France aussi certains médecins descendront de leur piédestal et laisseront à juste titre la dignité à leur patient.
"

AUTRES TEMOIGNAGES

http://www.laprovence-presse.fr/forum/message.php?MSG=2470

Son et images :( extraits choisis)

"... la sécurité dans les hôpitaux !..."

" c'est le silence complet concernant ma demande d'expertise"

Droits des malades: une loi?

" on vous doit des comptes" "le respect de la personne" "on écrit sur un tableau tous les cas où on a fait des bêtises"

" une loi sur l'aléa thérapeutique et sur les droits des malades" "besoin d'humaniser les hôpitaux"

" plus d'infections dans les grandes structures "

" la formation des médecins"

"donner la main" " le pouvoir du blanc"

"des protocoles d'organisation"

" il faut réparer ses erreurs" "des sanctions"

 

"les gens viennent pour la convivialité"

-Un peu plus d'1 an plus tard, M.Field m'invitait à nouveau, mais hélas nous refusions pour cause de vacances d'hiver. Voici son message :À : <flo_ternisien@hotmail.com>
Objet : émission "Ce qui fait débat"
Date : Tue, 20 Feb 2001 15:29:00 +0100

Bonjour Florence,

Nous essayons de vous joindre par le biais de votre site, n'ayant pas de réponse après nos messages sur votre portable (le numéro de l'année dernière n'est peut-être plus le bon?!).
Michel Field présente cette année l'émission "Ce qui fait débat", la même que l'année dernière, exceptés le titre et le décor. Notre prochaine émission aura lieu le 28 février et aura pour thème : "Infirmières, Urgences, Sécurité des soins...: comment sauver l'hôpital". Nous y aborderons 4 thèmes: les maladies nosocomiales, les Urgences, Profession infirmière et l'hôpital psychiatrique.
Votre site nous apprend que votre situation a évolué dans le bon sens concernant ce que vous réclamiez à l'époque de votre passage à "La Marche": c'est pour Michel Field et toute l'équipe un réel plaisir d'apprendre que votre combat et vos démarches ont abouti.
Sachant que notre prochaine émission réservera une large place aux IN, comme s'y était engagé Michel Field, et 1 an après, nous souhaiterions à nouveau vous recevoir sur le plateau pour faire le point sur ce que vous avez obtenu. L'aboutissement de votre combat est un message d'espoir pour tous ceux qui sont confrontés à de tel drame.
Merci de prendre contact avec nous le plus rapidemment possible.

****

 


Santé - Médecine Première réunion publique à Nancy sur la qualité des hôpitaux

NANCY, 23 fév2001(AFP) - 13h00 - Une conférence grand public sur la qualité des hôpitaux et des cliniques sera organisée le 1er mars à Nancy par l'Agence nationale d'accréditation et d'évaluation en Santé (ANAES), pour développer la transparence dans les relations entre usagers et établissements de santé.
Cette réunion, qui est une première, vise à répondre aux interrogations des usagers sur la qualité et la sécurité des soins dans les établissements de santé, et à leur présenter la démarche d'accréditation des hôpitaux et cliniques de France, précise l'ANAES dans un communiqué.

L'accréditation, démarche d'évaluation de points forts et des points faibles des établissements de santé, est obligatoire et vise à faire progresser la qualité des établissements.

C'est l'ANAES, qui a été chargée en 1996, dans le cadre de la réforme du système de l'hospitalisation française, d'installer et de suivre l'accréditation des établissements de santé publics et privés.

Lors de la conférence, intitulée "Du nouveau sur la qualité de vos hôpitaux et cliniques", les usagers pourront poser leurs questions à l'ANAES, qui expliquera notamment ce que les patients peuvent attendre de cette accréditation, et quels seront leurs bénéfices.

Le Quotidien du Médecin du 4 Fevrier 2000

- Répondant à la demande de Bernard Kouchner, alors secrétaire d'Etat à la Santé, et d'Elisabeth Guigou, ministre de la Justice, l'IGAS (inspection générale de l'Action sociale) et l'IGSJ (inspection générale des Services judiciaires) proposent, dans un rapport que « le Quotidien » s'est procuré, l'instauration d'un dispositif d'expertises et d'un fonds d'indemnisation des victimes des aléas thérapeutiques graves et « non fautifs ». Deux mesures qui devraient être intégrées dans la loi sur la modernisation du système de santé soumise au Parlement au printemps prochain.

P LUS de vingt fois, le législateur a déjà remis son ouvrage. Sur la question de l'aléa thérapeutique et de son indemnisation, projets et propositions de loi en tous genres foisonnent depuis des décennies. Le Pr Bernard Debré, en 1987, Michel Poniatowski (ancien ministre de la Santé) en 1990, Paul Legatte (médiateur) la même année. Et puis Bruno Durieux (ministre délégué à la Santé), le Pr Claude Huriet, Jean-Louis Bianco (ministre des Affaires sociales) et son successeur, Simone Veil, Bernard Kouchner (ministre de la Santé) et son successeur, Philippe Douste-Blazy, sans oublier le Pr Jean-Michel Dubernard, notre liste n'est pas exhaustive de ceux et celles qui ont tenté, mais en vain, de répondre à l'incontestable nécessité d'indemniser les victimes d'aléas thérapeutiques, sans les obliger à en passer par les interminables et ruineuses péripéties des recours judiciaires (« le Quotidien » du 15 janvier 1997).

Dominique Gillot sera-t-elle, devant l'histoire, celle qui, après tous ces échecs, aura enfin réussi à mener à bien cet interminable chantier ?

- Le mardi 9 mai 2000 L'accès direct au dossier médical sort de l'impasse . Les derniers blocages ont été levés et le droit des patients pris en compte. Par ERIC FAVEREAU www.liberation.fr

Vendredi, la secrétaire d'Etat à la Santé a annoncé que le projet de loi serait présenté courant juin au Conseil des ministres.
'est une jolie réussite pour Dominique Gillot, secrétaire d'Etat à la Santé. Le projet de loi sur la modernisation du système de santé, avec son volet sur les droits des malades, est de nouveau sur les rails. Au début du printemps, ce projet suscitait de nombreuses interrogations, y compris de la part de la ministre de tutelle, Martine Aubry. Les derniers blocages ont été levés ce week-end, à l'issue d'une réunion, vendredi après-midi au ministère, avec tous les acteurs de la santé. Les participants sont tombés d'accord, en particulier sur des questions aussi symboliques que l'accès direct pour le patient à son dossier médical.

Aménagement. «Nous avons tout lieu d'être satisfait», note Pierre Lascoumes, président du Comité interusagers de la santé. «L'accès direct au dossier médical est affirmé comme principe de base.» Mieux encore, alors que certains redoutaient que les hôpitaux traînent à remettre les dossiers aux patients qui en feraient la demande, la ministre s'est engagée sur les délais. Elle a proposé un système où le patient, après en avoir fait la demande, disposera de deux jours pour se rétracter; ensuite, l'institution de soins aura huit jours pour le lui remettre. «Dans ce projet de loi, l'idée confuse de dossier médical n'a pas été reprise, car nul ne sait très bien ce dont il s'agit. Là, le patient a un accès direct à l'ensemble des informations concernant sa santé et aux documents ayant contribué à l'élaboration et au suivi du diagnostic et du traitement. C'est une formulation qui nous va très bien», précise Pierre Lascoumes.

Dominique Gillot n'a donc pas hésité. L'enjeu était important et la réunion a duré près de quatre heures. Autour d'elle, était rassemblé tout le ban et l'arrière-ban médical: le président du conseil national de l'Ordre des médecins, le président du Comité d'éthique, une kyrielle de représentants syndicaux des médecins et des associations de malades. «L'intérêt de ce projet de loi est qu'il est, d'une certaine manière, plus idéologique que technique, déclare en préambule Dominique Gillot. Il touche aux rapports de confiance entre médecins et malades.»


Comment va réagir le corps médical? Certains de ses représentants ne manifestaient pas le souhait de laisser au patient le choix du libre accès aux informations concernant sa santé. Ces médecins font valoir les problèmes posés par certaines «situations complexes»: que faire devant les malades atteints de troubles mentaux? Peuvent-ils, eux aussi, avoir accès à leur dossier? Quid des mineurs? Et que dire des appréciations personnelles du médecin: ces notes relèvent-elles de la propriété intellectuelle ?

Surprise: les participants se sont retrouvés en harmonie sur toutes ces questions. «Nous avons fait un grand effort de concertation et de pédagogie», explique Didier Tabuteau, en charge de ce dossier au ministère. Au final, il n'y aura donc aucune exception à l'accès direct; un malade, y compris mental, a les mêmes droits que les autres. Sur les notes personnelles? La ministre a suggéré que ne soient retenues que les informations «validées», excluant ainsi les notes d'un jeune externe hospitalier non relues par un médecin.

- Article du 28 Décembre 2000 - Associations de patients : l’épreuve de force
Le collectif interassociatif sur la santé (CISS) devrait annoncer son retrait des instances institutionnelles auxquels il participe au niveau national. Cette annonce pourrait avoir lieu début janvier selon un membre du collectif, lequel, après avoir trouvé reconnaissance et concertation suite aux premiers états généraux de la santé, s’engage dans une épreuve de force.

Le 24 octobre dernier les présidents des 23 associations de patients ou d’usagers membres du collectif adressaient un ultimatum à Lionel Jospin pour qu’il s’engage à présenter à l’Assemblée Nationale le projet de loi de modernisation du système de santé . Un texte qui outre un volet sur les droits des patients, un autre sur la qualité du système de santé, doit instituer un fonds d’indemnisation de l’aléa thérapeutique. La France étant l'un des rares pays d'Europe dénuée d'un tel système comme l'indique un récent rapport du Sénat.

C’est sans aucun doute sur le financement de ce fonds, vivement attendu tant par les représentants de patients que par le monde médical, que bute le gouvernement. Or, pas moins de 25 projets de fonds d’indemnisation de l’aléa ont été recensés depuis 1972 par le Lien, association d’information et de lutte contre les infections nosocomiales.

Alors au sein du collectif on s’inquiète de voir le texte définitivement enterré d’autant que le secrétariat d’Etat à la santé refuse désormais de recevoir les associations. Depuis la présentation de l’avant projet en juillet dernier, l’examen du texte en conseil des ministres prévu tout d’abord en septembre est sans cesse repoussé provoquant désarroi et colère du collectif. Les raisons du retard se sont succédées : encombrement de textes au Parlement, départ de Martine Aubry. Le sentiment d’avoir été mené en bateau prévaut. « Les états généraux n’ont sans doute été que de la poudre aux yeux » soupçonne Alain-Michel Ceretti, président du Lien. T. L.

Santé - Médecine Les demandes de dédommagements pour erreurs médicales se multiplient

LONDRES, 3 mai 2001(AFP) - 18h07 -
Les demandes de dédommagements au système de santé public britannique pour des erreurs médicales ou des soins inappropriés totalisent 3,9 milliards de livres (6,25 milliards d'euros, 5,6 milliards de dollars), selon un rapport officiel publié jeudi.
Ce chiffre est sept fois plus important qu'il y a cinq ans, a indiqué le National audit Office (NAO), soulignant le nombre considérable de personnes en attente d'un règlement reconnaissant ou non le bien-fondé de leur plainte, parfois injustifiée.

Le système est "lent et inefficace" et "les coûts financier et humain des erreurs sont énormes", a déploré son président John Bourn.

Quelque 850.000 erreurs médicales sont reconnues comme effectivement commises chaque année dans les hôpitaux britanniques et, pour l'heure, le système de santé publique (NHS - National Health Service) débourse en moyenne 400 millions de livres (640 millions d'euros) par an pour dédommager les victimes.

Mais les plaintes déposées sont beaucoup plus nombreuses. Selon le nouveau rapport, elles atteignaient 23.000 cas en mars dernier, représentant au total 2,6 milliards de livres.

En outre, des incidents pour lesquels aucune demande de dédommagements n'a été déposée, mais qui pourraient donner lieu à des poursuites, représentaient à la même date 1,3 milliard de livres.

Quand des patients se voient reconnaître le droit à un dédommagement, il leur faut en moyenne attendre cinq ans et demi pour en connaître le montant, selon l'étude.

Des enfants rendus sévèrement handicapés par une erreur ou une négligence médicales ont même dû attendre jusqu'à 10 ans avant d'obtenir une compensation financière.

Sur 10.000 nouvelles plaintes déposées en 1999-2000, un quart seulement ont abouti positivement, d'après le rapport, qui souligne que le coût des poursuites en justice dépasse souvent le montant des dédommagements accordés.

POUR OU CONTRE UNE LOI SUR L'ALEA THERAPEUTIQUE VOTEZ EN PAGE D'ACCUEIL

****

 

Le monde de la santé


Pr Denis Duboc
"En 2010, les plateaux techniques n'auront plus rien à voir avec ceux d'aujourd'hui !"

Denis Duboc, 44 ans, est un hospitalo-universitaire (hôpital Cochin, Paris). Cardiologue, il est bien placé pour savoir ce que la technique peut apporter à la médecine de demain. Cela ne l'empêche pas de voir le revers de la médaille...

L'avenir de la médecine ?
Cela dépend du côté que l'on observe ! Il y a une face positive qui ne peut que pousser à l'optimisme : la médecine fait actuellement l'objet de progrès considérables. Sur le plan des techniques, des connaissances des maladies et de leurs traitements, nous assistons en effet à une véritable révolution. Au sein de l'hôpital, ces progrès vont entraîner une modification profonde en termes de structures de soins : les hospitalisations seront bien plus courtes, focalisées sur un problème précis. Deux raisons à cela : une gestion optimisée (au sens économique du terme) et une modification du plateau technique. Celui-ci évolue à une telle vitesse qu'en 2010, il n'aura plus rien à voir avec ce que l'on va inaugurer très bientôt à l'hôpital Georges Pompidou ! Un seul exemple : le développement des transplantations, des greffes de cellules nous amenera à créer de grandes banques de cellules, des locaux spéciaux...


En fait, c'est toute la conception des hôpitaux qui devra être revue. Mais il y a une face négative, le revers de la médaille en quelque sorte : la place de la relation avec le patient - qui était fondamentale il y a encore une trentaine d'années -va diminuer. Les médecins, devenant de plus en plus techniciens, se focaliseront de plus en plus, qui sur l'artère coronaire à dilater, qui sur tel cancer et sur telle chimiothérapie. Si l'on veut être performant dans certains gestes - je pense à ceux des hémodynamiciens, des coronarographistes -, on ne peut guère s'intéresser dans le même temps aux autres spécialités et développer une relation médecin-malade.


Bref, la médecine de demain n'aura plus rien à voir avec la médecine humaniste du début du xxe siècle. On peut le regretter, mais avouons que les médecins n'avaient pas grand-chose d'autre à proposer que ce fameux " contact humain " !

Cette perte de qualité de la relation médecin-malade est sans doute le prix à payer pour les formidables progrès techniques qui sont en train de bouleverser la médecine. Il est évident, toutefois, que nous devrons tout faire pour minimiser ces effets. Peut-être faudra-t-il envisager deux niveaux de médecine. Imaginer des praticiens qui seront en première ligne pour les soins et d'autres qui assureront le relais et pourront parler avec le patient, expliquer. Pour un malade donné, on ira alors vers une équipe médicale où chacun a des compétences particulières : un médecin devra faire le lien entre tous les spécialistes et le patient.
Dans cette évolution, je perçois cependant un mouvement inverse, la probabilité d'une nouvelle démarche qui porterait une plus grande attention à l'individu. Je m'explique : actuellement, on demande aux médecins de soigner selon les règles des grands essais thérapeutiques internationaux, menés sur des patients qui ne correspondent pas forcément à ceux que l'on traite. C'est ainsi, par exemple, avec les hypocholestérolémiants qui ont été testés sur des populations (Finlandais, Irlandais) ayant peu à voir, sur le plan des maladies cardio-vasculaires, avec celles de nos régions. Or, les AMM sont conditionnées par les résultats de ces grandes études... Cela devrait changer. On devrait voir réapparaître, dans un futur proche, une certaine médecine de bon sens, mieux adaptée aux gens que l'on soigne directement.

****

L'Express du 02/01/1997 Aquilino Morelle «Vaincre la peur de la peur»
propos recueillis par Gérard Badou


Comme Janus, le progrès a une double face: il porte en lui à la fois le bien et le mal. Le bien, parce que le progrès limite ou supprime un certain nombre de risques. Le mal, parce que, simultanément, il engendre des périls liés à l'application de nouvelles techniques. En outre, le progrès scientifique est impuissant à corriger les défauts de notre système de santé publique: les mêmes causes produisent donc les mêmes effets. Un exemple frappant: les infections dites «nosocomiales», qui se développent dans les hôpitaux et tuent, en France, environ 10 000 personnes par an. Dues au manque d'hygiène du personnel soignant et à l'usage inconsidéré des antibiotiques, ces maladies sont le prolongement historique de ce qui existait déjà à la fin du xixe siècle.

Vous voulez dire que rien n'a changé en cent ans?
D'une certaine façon. Dès le xixe siècle, les enseignements de Pasteur - hygiène, antisepsie, asepsie - ont été mal perçus et mal intégrés en France. De même, la vaccination antivariolique n'y a été imposée que cinquante ans après son introduction dans les autres pays européens, ce qui a coûté des milliers de morts par année de retard. Pour qu'une découverte médicale entraîne une amélioration de l'état sanitaire de la population, il faut en effet qu'elle soit intégrée dans une politique de santé publique, avant d'être mise en application par le système de soins. Il est impératif que ces trois phases s'enchaînent harmonieusement. Or, en France, le maillon central - celui de la santé publique - est déficient. Voilà pourquoi notre pays peut être, à la fois, l'une des locomotives de la recherche médicale et l'une des lanternes rouges de la santé publique. Voilà pourquoi, au seuil du xxie siècle, la France représente encore une «sinistre exception», avec des indicateurs sanitaires anormalement mauvais.

Dans quels domaines?
La contamination par le virus du sida ou par celui de l'hépatite C des personnes transfusées. Sans oublier les enfants traités par l'hormone de croissance et qui ont été victimes de la maladie de Creutzfeldt-Jakob: la France totalise là, à elle seule, 50% des cas enregistrés dans le monde.

Comment expliquez-vous ces retards de la santé publique en France?
Par l'histoire. Ni l'Etat, par faiblesse politique, ni les médecins, par corporatisme, n'ont voulu favoriser le développement d'une vraie culture de santé publique. A cela s'ajoute la fascination française pour le projet hygiéniste, cette utopie sanitaire qui a joué contre la sécurité sanitaire. En France, nous avons historiquement toujours préféré la «conduite des conduites» privées, pour reprendre l'expression de Michel Foucault, à la protection de la santé publique. Notre pays a ainsi pris, dès le départ, un retard considérable dont nous payons encore le prix. En temps ordinaire, les carences de la santé publique sont, certes, compensées par l'efficacité du système de soins. Mais que survienne une crise, comme ce fut le cas avec l'apparition du sida, et la fragilité de notre organisation éclate au grand jour. Notre système de santé publique se comporte comme un rafiot: tant que la mer est calme, il flotte; mais qu'une tempête se lève, et c'est le naufrage.(...)

Le grand public pourra-t-il, à l'avenir, être suffisamment informé sur cet univers complexe que sera devenue la santé?
Les citoyens sont des adultes et doivent être considérés comme tels. Chaque fois qu'on a cherché à dissimuler des informations sous prétexte de ne pas inquiéter la population - dans l'affaire du sang contaminé, pour minimiser les graves conséquences des économies réalisées, ou sous le poids d'un lobby, dans l'affaire de l'amiante - le résultat a été détestable. Chaque fois, la peur de la peur s'est révélée être meurtrière. Au-delà, l'un des enjeux du débat démocratique est d'instituer le partage de l'information, qui ne saurait être confisquée par les seuls «décideurs».

Le progrès médical a aussi un coût, qui, dit-on, ruine la Sécurité sociale. Ne va-t-il pas buter contre ce mur de l'argent?
Je ne le crois pas. A condition d'instaurer en ce domaine une réelle transparence. Aujourd'hui, nous consacrons chaque année 700 milliards de francs aux dépenses de santé. Mais nous ne savons pas ce que nous remboursons. Nous ignorons quels sont les actes médicaux effectués. Le système souffre d'une regrettable opacité. Seule certitude: il existe un gaspillage considérable. Quantité d'examens médicaux et de soins sont inutiles. Pourquoi les appendicectomies sont-elles plus nombreuses dans tel département que dans tel autre, pourtant comparable? Pourquoi certaines poudres de perlimpinpin sont-elles encore homologuées et prescrites? En introduisant un minimum de clarté, on pourra au moins établir une hiérarchie des priorités qui manque cruellement à l'heure actuelle. En attendant l' «opération vérité» qui s'impose, toute limitation financière du progrès médical doit être réfutée.

*****

Et que pensent de nous les Québecois?

LE DEVOIR

France: au pays du médecin de famille . Un simple coup de fil permet de décrocher un rendez-vous dans la journée ! Christian Rioux Le samedi 29 avril 2000

Le système de santé français coûte cher et est porté sur le gaspillage. Mais les médecins prennent encore le temps de parler à leurs patients...

Depuis quelques semaines, le village des Touches est en émoi. Le médecin généraliste qui y pratiquait depuis 16 ans vient de fermer son cabinet et personne ne viendra le remplacer. Jean-Pierre Bretaud a rejoint une clinique dans le sud de la Loire. En apprenant la nouvelle, le maire et tous les responsables locaux ont remué ciel et terre et alerté les télévisions. Ils jugent inacceptable qu'une commune de 2000 habitants n'ait pas un généraliste sur place 24 heures sur 24.

Le feu n'est pourtant pas à la grange. Les habitants n'auront qu'à faire cinq kilomètres pour consulter les médecins de Nort-sur-Erdre, où ils vont déjà faire leurs emplettes chaque jour. Les médecins pourront visiter les personnes âgées qui en ont besoin. De quoi faire rêver les septuagénaires de n'importe quel village d'Abitibi et de Gaspésie.

Mais l'affaire est mal vécue par une population qui a toujours été habituée à avoir un généraliste à portée de main, disponible à quelques heures d'avis. Car le généraliste français est souvent au travail de 8h le matin jusqu'à tard dans la soirée. Si une urgence se déclare au village, c'est lui que l'on réveillera avant d'aller à l'hôpital ou d'appeler les services d'urgence. Outre ses rendez-vous réguliers, le généraliste consacre généralement une heure ou deux par jour aux urgences. Sans compter les visites à domicile, qui se font souvent le soir.

En France, un simple coup de fil permet la plupart du temps de décrocher un rendez-vous dans la journée chez n'importe quel généraliste et même chez de nombreux spécialistes. Généralistes, oculistes, pédiatres, gynécologues reçoivent dans la journée ou le lendemain. Dans la plupart des cas, un médecin pourra même passer chez vous en fin de journée. À l'échelle du pays, 20 % des consultations privées se font encore à domicile; dans certaines régions du nord, la proportion peut atteindre 30 %.


Comme au Québec...

La situation ressemble à celle qui régnait au Québec avant les grandes réformes des années 60, à l'époque où chacun avait son médecin de famille et se tenait loin des urgences des hôpitaux. Mais le cas des Touches n'est pas unique et les généralistes se regroupent aujourd'hui dans des villes plus grandes. Dans les agglomérations urbaines, ils abandonnent leur cabinet individuel pour rejoindre des cliniques mieux équipées. L'entrée massive des femmes dans la profession ne permet plus aux médecins d'être disponibles à toute heure du jour et de la nuit.

Depuis quelques années, les hôpitaux français commencent donc à connaître les maux québécois: urgences engorgées, délais d'attente plus longs, manque de spécialistes en région, etc. Mais la situation est sans commune mesure avec ce que vit le Québec. Du moins, pour l'instant, explique Yves Chassard, ancien conseiller en matière de santé auprès du Conseil européen.

Selon l'expert, la paix relative qui règne dans les hôpitaux français s'explique par le report constant des réformes qui auraient dû être mises en pratique depuis au moins dix ans. «Comme le régime d'assurance-maladie n'est pas directement administré par l'État (comme en Italie, en Suède, en Espagne et au Canada), mais par des mutuelles patronales-ouvrières, le réseau de santé n'a pas traversé de période de rationalisation. En fait, les réformes sont régulièrement reportées.»

Le régime français aurait le défaut d'être à la fois cher et porté sur le gaspillage. Alors que la Sécurité sociale est déficitaire depuis de nombreuses années, la France a moins de scanneurs à résonance magnétique que l'Allemagne, le Royaume-Uni et l'Espagne. Alors que les Français sont les plus grands consommateurs de médicaments au monde, jusqu'à tout récemment une partie de la population n'était couverte par aucune assurance-maladie. Quant aux hôpitaux, selon le ministère de la Santé, ils compteraient 24 000 lits en trop.

L'ennui, c'est que ce constat ne date pas d'hier.

«Habitués à avoir un hôpital ou une maternité à proximité, les Français descendent dans la rue chaque fois que la survie de l'un d'eux est en jeu», explique Yves Chassard. Contrairement à ce qui s'est produit au Québec, la rationalisation des services n'a avancé qu'à pas de fourmis.

Or la proximité a un coût. Selon un dossier du magazine L'Express, de nombreuses maternités font moins de 300 accouchements par année. Un tiers des services de chirurgie fonctionnent moins de deux heures par jour. Résultat: certains petits hôpitaux sont considérés comme un danger public.

En Île-de-France, huit établissements assurent 70 % des chirurgies thoraciques alors que 64 établissements font moins de 12 interventions par année. Même chose pour les tumeurs du sein. Dix établissements accueillent 46 % des patientes et 59 font à peine une intervention par mois.

«La solution est connue, dit Yves Chassard. Elle exige des fusions ou des disparitions souvent douloureuses. Mais chaque fois qu'il en est question, les syndicats et la population protestent. On n'arrive pas à réduire le nombre de lits et d'hôpitaux.»

Le tableau n'est pourtant pas tout noir. Entre 1994 et 1998, les administrations sont parvenues à supprimer 17 000 lits en médecine-chirurgie-obstétrique, 141 sites de chirurgie et 86 maternités. On s'attend à ce que le rythme s'intensifie d'ici 2004.

Certaines réformes timides tentent aussi de réduire la centralisation du système, souvent qualifié de «mammouth» à l'image de l'éducation nationale. Ainsi les hôpitaux publics n'ont-ils pas de conseil d'administration et les usagers n'ont souvent pas d'autre moyen de s'y faire entendre que de descendre dans la rue. C'est même le ministre de la Santé en personne qui nomme encore directement les chefs de service des hôpitaux.

«C'est comme si le ministre de l'Industrie désignait tous les directeurs d'usine du pays», disait récemment le professeur Jean de Kervasdoué, auteur de Santé, pour une révolution sans réforme (Gallimard). Mais, ajoute le professeur, l'hôpital fonctionne malgré tout en France plutôt mieux que la police ou l'éducation nationale.

Et puis, les médecins français ont généralement conservé la convivialité d'autrefois. Contrairement à ces robots spécialisés d'une efficacité redoutable qui circulent parfois dans les couloirs des hôpitaux, ils restent disponibles. Il n'est pas rare de les voir prendre un verre avec la famille d'un patient et discuter du dernier match de foot. Le Français moyen a d'ailleurs la conviction que cela est aussi essentiel à sa santé que les dernières nouveautés de la technique médicale.

Les autres textes de la série:

Un rapport propose de créer des hôpitaux privés
Les nouvelles façons de faire: 1-800-infirmière
Des citoyens investissent dans leur «hôpital»
Mexique: la médecine à deux vitesses
Une idée lumineuse au pays de l'épinette noire
Le Québec a laissé tomber la santé, clame Claude Castonguay
Quand a santé est cotée en Bourse
La justice se mêle de santé
Alberta: un remède appelé créativité
Ontario: à bout de souffle
ÉDITORIAL
La privatisation n'est pas la solution
PERSPECTIVES
Se faire ravir le RAVIES
Des coûteux équipements restent inutilisés, faute d'argent
Belgique: des listes d'attente! Où ça?
Une crise financière à l'échelle de l'Occident
La santé reste le ciment de la Belgique
La Grande-Bretagne, royaume des files d'attente
Le privé: un prétexte à l'absence de changement
Le débat sur la privatisation se nourrit de mythes
La tentation du privé
Le financement de la santé est en crise
Le vieillissement: une menace montée en épingle?
De la gestion à la mitaine?
L'innovation technologique fait craquer les budgets
France: au pays du médecin de famille
France: entre le public et le privé...

©Le Devoir 2000

http://www.ledevoir.com/san/2001a/clao180101.html Un médecin pour chaque Québécois, 24 heures sur 24
Robert Dutrisac
Le jeudi 18 janvier 2001
http://www.ledevoir.com/san/2001a/expe170101.html Le Devoir a sondé les experts: pour un système public productif et près des communautés
Michel Venne
LE DEVOIR
Le mercredi 17 janvier 2001
http://ledevoir.com/san/sante2.html

http://www.ledevoir.com/public/client-css/news-webview.jsp?newsid=7616 Un no fault pour les médecins. Trudel envisage une assurance-responsabilité pour les erreurs médicales
Jeanne Corriveau. Le mercredi 23 janvier 2002

Québec songe à instaurer un régime d'assurance-responsabilité sans égard à la faute pour indemniser les victimes d'erreurs médicales. L'heure est encore à la réflexion et un comité se penchera sur la question au cours des prochains mois. D'ici là, afin de mieux évaluer l'ampleur du problème, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Rémy Trudel, entend instaurer un registre national qui obligerait tous les établissements de santé à signaler les accidents médicaux qui surviennent en milieu hospitalier.

Lors du dévoilement de son plan d'action hier en réponse au rapport du comité Francoeur, le ministre a précisé qu'il préférait utiliser les termes «accidents médicaux évitables» car, selon des recherches américaines, 85 % des incidents sont attribuables à une organisation déficiente, plutôt qu'à une faute professionnelle.

Il est impossible au Québec de savoir combien de patients sont victimes d'erreurs médicales, une situation qu'avait déplorée le groupe de travail. Rémy Trudel compte y remédier en soumettant au printemps des amendements législatifs à la Loi sur les services de santé et les services sociaux afin que tous les établissements de santé disposent d'un plan de gestion des risques et que les erreurs médicales survenant dans l'institution soient répertoriées et transmises à la régie régionale et au ministère. Il s'agira dès lors, non seulement de colliger les informations mais aussi d'analyser les incidents afin qu'ils ne se répètent plus. Cette mesure ne s'appliquerait pas qu'aux médecins mais à tout le personnel.

Un comité de travail sera aussi créé pour étudier la pertinence et la faisabilité d'un régime d'indemnisation des victimes d'erreurs médicales sans égard à la responsabilité (no fault). Actuellement, les patients lésés doivent s'adresser aux tribunaux pour obtenir une compensation à la suite d'une erreur médicale. Les démarches, longues et coûteuses, rebutent beaucoup de victimes et leurs proches. Les spécialistes qui se pencheront sur la question devront convaincre le ministre qu'un tel régime servirait mieux les droits des victimes. «La première préoccupation des patients, ce n'est pas d'engager des poursuites pour obtenir un dédommagement, mais de comprendre ce qui s'est passé et faire en sorte que ça ne se reproduise plus», signale d'ailleurs le ministre. «Ce n'est pas une question à traiter à la légère, ajoute-t-il. Il faudra une discussion publique car c'est une décision de société.»

«C'est le jour le plus émotif depuis la perte de nos enfants!» s'est exclamé Jean Martel, présent à la conférence de presse. En 1998, son fils de 18 ans, admis à l'hôpital Sacré-Coeur pour une fracture à la jambe, est décédé à la suite d'une injection massive de soluté. M. Martel a entrepris des poursuites devant les tribunaux contre l'hôpital et les médecins traitants, réclamant du même coup une réforme en profondeur du traitement des plaintes. «Tous les éléments qui se retrouvent sur la table dans le plan d'action correspondent à ceux que nous avons soulevés comme parents», s'est-il réjoui.

M. Martel ne se décrit pas comme un partisan du no fault pour autant. Selon lui, il importe de prendre en charge sans tarder les victimes qui ne peuvent subvenir à leurs besoins à la suite d'une erreur thérapeutique. «Mais pour ce qui est d'une indemnité pour réparation d'un préjudice causé à une personne, je pense que chaque cas devrait être regardé en fonction de la gravité des erreurs commises. Il ne faut pas regarder ça à la légère et il ne faut pas traiter tous les cas dans le même contexte. Donc, continuons à avancer. Il y a six mois, le gouvernement ne voulait même pas regarder ce volet-là et aujourd'hui, on le ramène dans le plan d'action», rappelle-t-il.

Le président du Collège des médecins, le Dr Yves Lamontagne, voit d'un bon oeil l'instauration d'un régime du no fault, qu'il qualifie de «possibilité intéressante». Le Collège vient d'ailleurs de réviser son code de déontologie, qui obligera les médecins à divulguer leurs erreurs médicales aux patients. «Le no fault permettrait probablement d'indemniser davantage les victimes et ça diminuerait de beaucoup les frais d'avocats que doivent assumer les familles. Et de notre côté, ça favoriserait une médecine beaucoup moins défensive avec moins de secrets.»

Encore faut-il identifier l'origine des incidents qui surviennent dans les établissements de santé, de là l'importance d'un registre pour apporter des correctifs. Les médecins sont toutefois peu enclins à avouer leurs fautes, d'autant plus que leurs avocats leur imposent souvent de garder le silence. «Il va toujours rester des gens qui vont essayer de cacher des affaires. Il ne faut pas se leurrer, ce n'est pas différent en médecine que dans d'autres domaines», poursuit-il.

L'avocat Jean-Pierre Ménard, spécialisé dans les causes d'erreurs médicales, ne manifeste pas le même enthousiasme. Des expériences à l'étranger ont démontré les failles d'un tel système, explique-t-il. Un régime trop restrictif sert mal les victimes alors qu'un régime trop permissif ne peut survivre. Il cite le cas de la Nouvelle-Zélande et de son régime trop généreux rapidement pris d'assaut par les victimes. Les critères ont dû être resserrés, réduisant du même coup les bienfaits de ce système. «Il faut être prudent. Si on pense mettre en place un tel système uniquement pour mettre à l'abri des poursuites les médecins et le système de santé, je pense qu'on fait fausse route. Il faut qu'un régime protège les patients afin qu'ils soient mieux indemnisés et plus rapidement qu'actuellement», tranche-t-il.

Un régime du no fault exclurait-il les poursuites devant les tribunaux? Pas nécessairement, répond-il, et tout reste encore à déterminer. «On est très loin de ça encore. Et tant qu'on ne saura pas ce qu'on indemnisera, on ne saura pas combien il pourra coûter.» À l'époque de l'adoption du régime de l'assurance-automobile, le gouvernement disposait d'énormes données sur les accidents de la route, signale Me Pierre Deschamps, professeur à l'université McGill et spécialiste de la question. Ce qui n'est pas le cas actuellement pour les erreurs médicales, «mais ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas adopter des mesures à plus court terme», ajoute-t-il.

«Pour une fois que l'État aurait de façon contemporaine un réflexe de gauche, ça fait du bien!» lance pour sa part Paul Brunet, directeur général du Conseil pour la protection des malades. Le régime du no fault comporte plus d'avantages que d'inconvénients, l'assurance-automobile est là pour le prouver, dit-il, et il était temps qu'on y songe pour le système de santé. «Il y a de plus en plus de poursuites au Canada pour des fautes médicales, mais aussi de plus en plus d'abandons de poursuites sans qu'il y ait eu compensation. Les adversaires des patients sont tellement riches et tellement puissants que c'est devenu presque impossible d'agir avec la même force que l'adversaire. Dans ce sens-là, c'est bienvenu et enfin travaillerons-nous pour éviter les accidents dans l'avenir plutôt que pour s'en défendre. Je pense que c'est un signe de maturité d'une société», explique-t-il.

Rémy Trudel sera-t-il encore là quand viendra le temps d'appliquer son plan d'action? Jean Martel en doute compte tenu des rumeurs de remaniement ministériel qui courent à Québec et il n'a pas manqué de manifester son inquiétude au ministre lors de la conférence de presse. «C'est un engagement du gouvernement», a finalement répondu le ministre. Quoi qu'il arrive, M. Martel se promet bien de veiller au grain.

*****

 

Le Bouclier

Page d'accueil // grossesse et naissance // syndrome de noonan // séjour à la maison // hospitalisation // dossier médical // indemnisation // procédure juridique // expertise médicale // Liens // vos commentaires // la marche du siècle //