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Qui est Lionel Jospin
?
Lionel Jospin est né le 12 juillet
1937 à Meudon, dans une famille de quatre enfants,
dont le père est militant SFIO.
Il entame le cursus classique : Institut
d'Etudes Politiques de Paris en 1956 puis l'ENA. C'est aussi
le moment où il commence à militer. Bien sûr
à l'UNEF contre la guerre d'Algérie. Il adhère
à l'UGS de Jean Poperen en 1958, puis au PSU dès
1960. Il rejoint enfin le Parti socialiste après
Epinay en 1971.
A sa sortie de l'ENA, Lionel Jospin
intègre le Quai d'Orsay et se spécialise dans
les questions économiques. A l'écart des événements
de mai 68, il ne poursuit pas sa carrière de haut
fonctionnaire et de diplomate A partir la rentrée
1970, il devient Professeur d'économie à l'Université
de Paris XI. Il y enseignera jusqu'à son élection,
en 1981, comme député de Paris.
Dès l'origine, Jospin croit
à l'indispensable utilité de l'unité
de la gauche. Son ascension est rapide. Il appartient à
une génération de jeunes sur lesquels Mitterrand
s'appuie pour rénover le nouveau Parti. Dès
1973, il entre au Bureau Exécutif et devient Secrétaire
national à la Formation, puis au Tiers-Monde en 1975,
puis en 1979, au Congrès de Metz, aux Relations Internationales,
chargé de la Coordination. De fait, c'est lui le
numéro deux du PS puisqu'en l'absence de François
Mitterrand, c'est lui qui préside les instances de
direction. A partir de 1975, il est aussi chargé
de suivre les relations entre le Parti Socialiste et le
Parti Communiste. Lors de la vague rose aux municipales
de 1977, Lionel Jospin devient élu du XVIIIe arrondissement
de Paris.
En janvier 1981, au Congrès
de Créteil, François Mitterrand est désigné
comme candidat du PS à l'élection présidentielle
et Lionel Jospin élu, à l'unanimité
du Comité Directeur, Premier secrétaire. Il
assumera cette fonction difficile pendant toute la durée
du premier septennat de François Mitterrand.
Le Parti perd son âme pendant
une période pendant laquelle il doit affronter de
concert l'épreuve du pouvoir, la crise de plein fouet
et les effets qu'elle produit. Le Parti est devenu un objet
de rejet pour l'opinion qui accepte mal le " tournant
de la rigueur " que Jospin s'efforce de définir
comme une " parenthèse " et un objet de
convoitise pour tous les courtisans du Prince. En 1986,
alors que la gauche a perdu les élections législatives,
Lionel Jospin devient député puis conseiller
général de Haute-Garonne. En 1987, affrontant
Le Pen à la télévision, il se fait
remarquer par un discours politique qui tranche avec la
lepénisation en cours et l'incompréhension
du phénomène frontiste qui se note chez beaucoup
de leaders politiques. La montée de Laurent Fabius,
brillant énarque et Premier ministre à 40
ans conduit un clivage de plus en plus marqué. Entre
l'Icare qui veut moderniser le socialisme en réhabilitant
l'entreprise et " l'austère qui se marre ",
le conflit ne va pas tarder à éclater. Il
y a deux cultures et deux héritiers de Mitterrand,
lequel ne choisit pas
De 1988 à 1992, Lionel Jospin
est ministre de l'Education. Il lance alors la politique
de réforme la plus importante depuis des années
: le plan Université 2000, la réforme de la
formation des enseignants et la relance de la politique
des ZEP. De la maternelle à l'Université d'importantes
réformes permettent de donner plus de droits aux
lycéens, de créer de nouvelles universités
et de mieux adapter l'école à une population
scolarisée de deux millions de jeunes dans un pays
de trois millions de chômeurs. L'ancien premier secrétaire
fait donc partie des protagonistes du Congrès de
Rennes du printemps de la même année. Ce congrès
où la bataille des courants atteint son paroxysme
d'autant plus qu'il laisse un parti sans projet et sans
orientation, avec de profonds clivages. Marqué par
cette période, il démissionne de ses fonctions
à la direction du parti. Un an après le Congrès
de Rennes, il rassemble ses réflexions politiques
dans L'invention du possible.
Ce n'est que pour accepter de participer
à la conduite des Assises de la Transformation Sociale
lancées par Michel Rocard qu'il revient dans les
instances nationales en 1994.
Le 5 février 1995, après avoir obtenu plus
de 65 % des voix des adhérents du Parti Socialiste,
il est désigné comme candidat du PS à
l'élection présidentielle. Contre toute attente,
Lionel Jospin arrive en tête au premier tour devant
Jacques Chirac et Édouard Balladur. Dès lors,
il devient le chef de l'opposition, qui, à peine
remise de ses défaites des années 1993 et
1994, remporte de grands succès aux élections
municipales de la même année. Redevenu Premier
secrétaire du PS, Lionel Jospin a introduit une innovation,
l'élection par tous les militants. Le nouveau chef
de la gauche s'atèle à la rénovation
du PS, exerçant un " droit d'inventaire "
pour réconcilier le PS et les Français
d'autant que le mouvement social de novembre 1995 marque
le rejet de plus en plus net par la population de la politique
de la droite. Parallèlement, il poursuit l'aventure
entamée lors des Assises en la traduisant dans une
alliance politique. La gauche plurielle voit le jour et
elle gagne les élections législatives anticipées
du printemps 1997. Lionel Jospin est nommé Premier
Ministre le 2 juin 1997.
Le ministère Jospin connaît
une popularité qui s'inscrit dans la durée.
L'homme apparaît comme quelqu'un qui est revenu de
loin et qui a su convaincre sur son discours sur l'éthique,
la méthode et le contrat avec les Français.
Austère, simple, parfois rigide, le Premier ministre
s'installe aux affaires et gagne la confiance de l'opinion.
La relance économique permet de faire baisser le
chômage (1 million en quatre ans) et de redonner confiance
au pays. Figure incontournable de la social-démocratie
européenne, Jospin milite pour un modèle qui
doit inventer une alternative à la société
du marché.
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