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Ce sont plus d'une vingtaine d'ouvriers spécialisés que Jacques Simonet recruta en Bourgogne et en Franche-Comté. Ces hommes partirent seuls ou avec femmes et enfants et fondèrent une petite communauté bourguignonne à Trois-Rivières. Tous les personnages que Claude Saulnier, notre héros imaginaire, a rencontré, ont réellement existé. Jacques Simonet fut envoyé par le ministre Maurepas en Nouvelle-France afin de prendre en main les forges du Saint-Maurice et de les rentabiliser. Auparavant, son nom apparaît sur les relevés de taille de Haute-Bourgogne en tant que "maître de forges et fourneaux" . Pourquoi notre héros imaginaire passe-t-il par Paris au lieu de prendre la route la plus directe pour se rendre à La Rochelle ? Peut-être à cause du magnétisme qu'exerce déjà la capitale à cette époque. Les documents d'archives le prouvent : l'attrait de Paris pour les provinciaux de Bourgogne était fort. Les récits des colporteurs et des flotteurs de bois qui convoyaient leurs trains de bois sur l'Yonne et la Seine n'ont sans doute pas peu contribué au développement de cette fascination. Aujourd'hui, près d'un français sur cinq vit en région parisienne ! Partir, à cette époque, représentait une véritable gageure : les traversées en bateau étaient très aléatoires. Ainsi, en 1730, sur un voyage vers les Indes, il était habituel de considérer comme normale la perte de cinquante pour cent de l'équipage ! Nos héros embarquent sur le "Jason", navire appartenant un riche négociant juif de Bordeaux, David Gradis. La maison Gradis existe toujours. Cette étonnante épopée a même son musée en Châtillonais : le Musée des Canadiens Nord-Bourguignons qui fut inauguré en 1985 à Sainte-Colombe-sur-Seine. Le Musée est ouvert du 1er mai au 30 septembre, le dimanche et jours fériés de 15 à 18 heures. Pour la petite histoire, sachez enfin que le ministre MAUREPAS, celui qui mandata Simonet et Vézin pour prendre en main les forges du Saint-Maurice, fut disgracié quelques temps plus tard par le roi : il fut soupçonné d'être l'auteur des "Poissonnades", chansons satiriques visant la favorite de Louis XV, la marquise de Pompadour, née Antoinette Poisson. Un petit extrait ? Les
grands seigneurs s'avilissent Une
petite bourgeoise, Cette
catin subalterne Il
faut sans relâche Extrait du Chansonnier Historique du XVIIIe, d'Emile Raunié, 1882
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