Morphologie, anatomie et systématique :
Comme celui de tous les insectes, le corps d’une fourmi est formé de trois parties principales : tête, thorax et abdomen ; la tête porte les antennes, les yeux, les ocelles et les pièces buccales. Parmi les pièces buccales, il faut remarquer les mandibules très robustes chez les fourmis des bois, servant à mordre, pincer, déchiqueter... L’une des différences majeures existant entre une reine ou un sexué femelle (future reine avant le vol nuptial et porteuse de deux paires d’ailes) et une ouvrière, mis à part la taille et l’absence d’ailes chez les ouvrières, est le développement important d’un segment du thorax, le mésonotum, sur lequel vont s’articuler les ailes. Alors que les ailes des mâles sont solidement articulés au mésonotum, comme chez les autres Hyménoptères, celles des sexués femelles ne le sont que faiblement et tombent facilement. Car si le mâle meurt peu après son accouplement avec une femelle, cette dernière, une fois fécondée, va vivre en revanche des années. Dès lors, elle n’a plus besoin de ses ailes et s’en débarrasse elle-même à l’aide de ses pattes. Les mâles sont caractérisés par une tête beaucoup plus petite que celle des sexués femelles ; leurs yeux composés prennent une grande importance, mais leurs mandibules sont atrophiées.
Enfin, pour terminer ce rapide survol de la morphologie de la fourmi, relevons au niveau du tibia la présence d’un éperon. Articulé à son extrémité inférieure, cet appendice est souvent garni de poils formant une sorte de peigne, servant au nettoyage des antennes, organes fondamentaux chez les fourmis. Une fourmi sans antennes est une fourmi morte !
En ce qui concerne l’anatomie interne, il faut noter quelques particularités des fourmis, dont la plus importante est le jabot ou estomac social. Cet organe de première importance sert de réservoir alimentaire. Il peut arriver à distendre les anneaux du gastre et contenir des quantités très élevées de nourriture sous forme liquide. Cette nourriture stockée provisoirement dans l’estomac social peut être redistribuée aux autres membres de la société à l’aide de muscles permettant de dégurgiter tout ou partie de ce qui a été absorbé. On a donné à ces échanges le nom de trophallaxie.
D’autre part, les fourmis possèdent de très nombreuses glandes, mais dont deux méritent une attention toute particulière : la glande à poison et la glande de Dufour. Chez les fourmis des bois, la première nommée va produire et contenir l’acide formique (concentrée à plus de 50 % !), qui grâce à un jeu de muscles très puissants peut être projeté à grande distance (plus de 1 mètre), servant d’arme chimique. Cette émission a lieu en même temps que celle des substances contenues dans la glande Dufour, comme des hydrocarbures et des alcools très volatils, qui jouent un rôle fondamental dans la communication entre individus. Ces dernières substances se regroupent sous le terme de phéromones.
Contrairement à leurs lointaines cousines les fourmis rouges, les fourmis des bois ne possèdent pas d’aiguillon et par conséquent ne piquent pas.
Du pont de vue systématique, la famille des fourmis (Formicidae) est représentée par 4 sous-familles principales en Europe occidentale et septentrionale regroupant plus de 200 espèces.
Ponerinae : fourmis primitives avec aiguillon, abondantes sous les tropiques, discrètes en Europe.
Dolichoderinae : fourmis assez évoluées, de petite taille, avec un aiguillon atrophié. Certaines espèces sont considérées comme des fléaux, telle la fourmi d’Argentine (Iridomyrmex humilis).
Myrmicinae : fourmis très abondantes, de taille petite à moyenne, avec un aiguillon, facilement reconnaissables à leur pétioles formé de deux noeuds et à leur démarche lente. On les appelle communément fourmis rouges, bien qu’une grande partie des espèces soient de couleur sombre, voire noire.
Formicinae : fourmis évoluées chez lesquelles l’aiguillon a disparu, mais qui sont capables de projeter de l’acide formique. Elle vivent en sociétés très organisées ; parmi elles on trouve les fourmis des bois ou fourmis rousses.
Les fourmis des bois appartiennent au genre Formica qui comprend quatre sous-genres : Serviformica, Raptiformica, Coptoformica et Formica sensu stricto. C’est dans ce dernier sous-genre que nous trouvons les différentes espèces des fourmis des bois, à savoir :
Formica rufa L.
Formica polyctena Foerst.
Formica lugubris Zett.
Formica aquilonia Yarrow.
Formica pratensis Retz.
Ces cinq espèces constituent le groupe Formica rufa, auquel certains ajoutent quatre espèces qui en diffèrent tant par leur biologie que par certains caractères morphologiques. Il s’agit de Formica uralensis Ruzsky, Formica truncorum Fabr., Formica yessensis Forel et Formica dusmeti Em.
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