Festival Nouvel An 2002, Béziers : presse

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AGENCE FRANCE PRESSE
Plus de 5.000 jeunes ont participé à une rave party dans l'Hérault

BEZIERS (AFP) -- Plus de 5.000 jeunes venus de toute la France ont participé dans la nuit de dimanche à lundi à une rave party sur le site d'une ancienne base militaire proche de Béziers (Hérault), a-t-on appris auprès de la gendarmerie.

Les lieux avaient été investis dimanche par les organisateurs qui avaient découpé les fils barbelés avec des pinces pour installer le matériel sono sur le vaste terrain désaffecté.

Les gendarmes ont précisé lundi qu'aucune autorisation n'avait été donnée par les autorités pour l'organisation de cette rave party. Les organisateurs ont été entendus par les enquêteurs dans la matinée et une procédure judiciaire à leur encontre pourrait être ouverte par le parquet de Béziers.

Selon les gendarmes, il n'y a eu aucun incident majeur et les raveurs devaient quitter le site lundi à la mi-journée. AP

seaubcr

MIDI LIBRE
Edition du 31 Décembre 2001

Béziers : la rave-party réveillonne sur un terrain militaire !

Quelques heures seulement après la nuit électronique Béziers Mix Party 2 qui s’est déroulée vendredi aux arènes, une autre fête a investi Béziers samedi soir. Mais, autant la première était organisée et encadrée selon les règles, la seconde est une rave-party non déclarée qui a pris ses quartiers sur un site non seulement privé, mais qui est carrément un terrain militaire ! Outre la proximité de date, le rapport entre les deux soirées s’arrête là car ce n’est pas franchement le même public…
Vers 23 h 30 avant hier soir, ce sont environ 1 500 ravers dans un premier temps qui ont investi le site du Gasquinoy, situé sur la commune de Béziers, à la sortie de la ville en direction de Saint-Pons. Au plus fort de la nuit, on aurait compté jusqu’à 5 000 "teffeurs" sur place.
Visiblement, les ravers n’ont eu aucune peine à rentrer. Ils sont tout bonnement passés par la porte principale après avoir fait sauter le cadenas. Via Internet et les boites vocales, il semble que cette soirée ait été programmée de longue date.
Samedi, en début de soirée, des rassemblements se seraient opérés dans l’Aude sur le parking d’une grande surface à Narbonne, ainsi que du côté de Fabrègues pour brouiller les pistes. Puis, les voitures ont tout naturellement convergé vers Béziers. Cette intrusion sur le territoire de la sous-préfecture héraultaise est, sous cette forme, une première.
Inoccupé depuis quatre ans, ce site clôturé sur une superficie d’environ huit hectares, est placé sous la responsabilité de l’établissement du Génie à Montpellier qui assure sa gestion. Depuis que le centre mobilisateur n’y entrepose plus ses matériels et véhicules, les terrains sont à la vente. Les hangars, au nombre de neuf, sont à l’abandon et les bâtisses attenantes sont dangereuses pour le public, car plafonds et planchers n’offrent pas toutes les garanties de sécurité. L’accès est de toute façon formellement interdit.
Un cadre qui correspond tout à fait à ce que cherchent le organisateurs de raves. Non content de ne pas avoir fait de demande officielle préalable, qu’ils n’auraient de toute façon jamais obtenu là, les organisateurs ont certainement le sentiment de faire un joli pied de nez aux politiques qui ont réglementé les raves en ayant réussi à s’immiscer sur un terrain appartenant à l’Armée.
Même si ces rave-party s’inscrivent par essence en dehors du cadre légal pour la plupart, même si le législateur veut leur faire la guerre, on ne peut que constater l’impuissance des forces de l’ordre. A partir du moment où le site a été investi, quels moyens d’action peut avoir un escadron de CRS avec 80 personnels face à 3 000 fêtards ? Outre les procès verbaux, il n’y a qu’à attendre que cela se passe…
Au Gasquinoy, les plaques minéralogiques attestent que les raveurs viennent de toute la France et d’Angleterre ou de Belgique. Des groupes électrogènes et un imposant matériel de sonorisation ont été installés dans trois hangars au moins. Plusieurs centaines de véhicules sont garées à l’intérieur du terrain militaire.
« J’ai entendu dire que cette teuf devait durer trois ou quatre jours. J’espère qu’on pourra passer le réveillon ici. On a des duvets et un peu de bouffe », confiait un raver venu de Saône-et-Loire avec trois copains. Le visage se ferme lorsqu’on lui demande qui sont les organisateurs et comment il a eu vent du rassemblement. « J’en sais rien, je m’en fous et si je le savais je fermerai ma gueule. Moi, je l’ai su par des potes. » Il n’en dira pas plus. « >Beaucoup de gens viennent de loin et descendent dans le Sud car après ils enchaînent avec un autre truc au Portugal », ajoute une demoiselle qui se promène en tee-shirt !
Par contre, les proches riverains ne souhaitent pas que la fête s’éternise. Ceux de l’impasse Gaston-Cugnenc ne sont séparés des fêtards que par quelques dizaines de mètres et des sapinettes qui ne stoppent pas franchement le son. Déjà, les voisins se plaignent des détritus quand ce n’et pas d’autre chose. Et la colère risquede vite monter si l’encombrant séjour se prolonge.

Jérôme CARRIERE

LA NOUVELLE RÉPUBLIQUE
Edition du 31 Décembre 2001

5000 à Béziers pour une rave du nouvel an

Quelque 5.000 personnes étaient rassemblées hier sur le site d’une ancienne base militaire à Béziers pour participer à une rave-party, sans autorisation préalable. Les participants sont arrivés, par petits groupes, dimanche matin et ont investi la base militaire désaffectée. Ils ont pénétré sur le site après avoir coupé des fils de fer qui en interdisaient l’accès. Les participants, décidés à rester sur place jusqu’à mardi, avaient pris part pour la plupart d’entre eux à une soirée techno, organisée vendredi dans les arènes de Béziers par la municipalité.

VOILA.fr
1er janvier 2002

25.000 personnes rassemblées à Béziers pour une rave-party

01/01 08:58 : Quelque 25.000 personnes ont passé le réveillon du jour de l'an en dansant sur une ancienne base militaire à Béziers (Hérault) au cours d'une rave-party qui se déroule depuis dimanche sans autorisation, a-t-on appris mardi auprès de la gendarmerie.

Les participants, dont le nombre avait oscillé jusque-là entre 2.500 et 5.000 personnes, sont arrivés, par petits groupes, lundi après-midi.

Les pompiers sont intervenus dans la nuit pour soigner une personne blessée à coups de bouteille de champagne dans des circonstances non élucidées, a-t-on appris de même source.

Gendarmes et policiers qui assuraient une surveillance discrète, ont mis en place des déviations aux abords de l'ancien camp situé le long d'un axe de grande circulation et à proximité de nombreuses habitations.

Les participants qui entendent rester sur place jusqu'à mercredi, ont dansé toute la nuit dans un hangar de la base militaire désaffectée depuis quatre ans.

La mairie de Béziers a mis des poubelles à leur disposition mais a refusé d'ores et déjà d'assurer un quelconque service de nettoyage, la rave-party se déroulant sans autorisation et sur un terrain militaire.

LE PARISIEN
Plaintes : La rave-party non autorisée a attiré dix mille jeunes
Béziers (Hérault) DE NOTRE CORRESPONDANT
2 janvier 2002

FEU D'ARTIFICE à minuit et champagne, sur le camp militaire de Béziers, dix mille jeunes ont fêté le Nouvel An à la mode techno. Les organisateurs avaient investi la place dans la nuit de samedi à dimanche en forçant le portail et en détruisant les clôtures pour installer 8 sonos dans les hangars abandonnés. Hier soir, ils étaient encore plus de quatre mille sur place. « Nous ne déplorons qu'une demi-douzaine d'évacuations sanitaires. Aucune d'entre elles n'est due à la surconsommation de drogue, juste des blessures et un cas d'empoisonnement », indique Nicole Ducros de l'association Tipi chargée de prévention sur les fêtes techno. L'un des ravers a en effet confondu bouteille d'eau et bidon d'ammoniaque. Il est toujours hospitalisé dans un état jugé sérieux.

Une nuit « apocalyptique » Pour faire face à la ruée des participants, les autorités ont dû fermer la route nationale Béziers - Saint Pons qui jouxte le camp militaire. Les riverains ont quant à eux passé une nuit de réveillon « apocalyptique ». « Dans la maison, tout vibrait, y compris les clefs accrochées au mur. Et une bande est venue nous cambrioler à la mi-journée pendant notre très courte absence pour aller chercher des euros », raconte Michel Blondeau qui n'a pas fermé l'oeil. Ses voisins ont monté la garde dans les propriétés pour limiter les dégâts. Plusieurs propriétaires ont hier décidé de déposer plainte auprès du procureur pour nuisances sonores et dégradations, alors que l'armée française va effectuer la même procédure pour bris de clôture et occupation illégale de terrain militaire. Prise de vitesse par les organisateurs au moment de l'installation des sonos tôt dimanche matin, la préfecture de l'Hérault campe aujourd'hui sur une position ultralégaliste. « Nous oeuvrons actuellement pour identifier les organisateurs car il y aura des poursuites judiciaires et des saisies puisqu'il n'y a eu aucune demande d'autorisation », prévient Catherine Schmitt, la directrice de cabinet du préfet. Les services des douanes ont procédé à une série d'interpellations pour trafic, notamment, d'ecstasy. Les riverains de la rave-party devront encore supporter les vibrations et les décibels. La musique devrait prendre fin ce soir, dans le meilleur des cas. Mais les derniers danseurs ne devraient pas quitter les hangars du camp militaire avant demain matin.

Claude Massonnet

MIDI LIBRE
Edition du 2 janvier 2002

La rave-party du Gasquinoy a pris une autre dimension

On savait que pour le réveillon, la fréquentation de la rave-party du Gasquinoy allait être revue à la hausse. Mais, alors que les ravers étaient environ 3 000 vers 16 h lundi, il était difficile d’imaginer que les festivités allaient vite prendre une autre tournure. Vers 2 h du matin, on retrouvait sur place entre 20 000 et 25 000 ravers.
Un chiffre rarement atteint dans la région si ce n’est lors du Teknival de Brousse-et-Villaret dans l’Aude à l’été 1999, et du rassemblement de cet été à Marcillac dans l’Aveyron.
Il faut dire que dès la fin d’après-midi lundi, un nombre considérable de raveurs est arrivé à la gare. Sur le site du Gasquinoy, la population de véhicules dans l’enceinte militaire se comptait désormais en milliers. Sur la RN 112, des voitures étaient stationnées de part et d’autre de la chaussée. Ainsi, hier matin à 6 h, la DDE a pris l’option d’interdire cette voie à la circulation en provenance de Béziers.
Les pompiers de Béziers se sont rendus sur le terrain militaire une bonne douzaine de fois dans la nuit, souvent pour des intoxications. Tous les hangars du Gasquinoy ont martelé un flot continu de décibels de musique techno. Jamais de pause. Une scène a même été dressée à l’extérieur !
A la rave-party, il y a ceux qui dorment sous la tente ou dans leur bagnole, ceux qui déambulent comme des zombies sans savoir où ils vont, ceux qui ne sont là que pour la fête, ceux qui font marcher le petit commerce de bières et de bouffe (un camion-stand proposait des spaghettis bolognaise à 20 balles !), ceux qui continuent, malgré les heures qui passent, à garder frénétiquement les escourdes collées aux enceintes, ceux qui réparent les voitures avant de reprendre la route, ceux qui fument autant que les moteurs des voitures qu’ils réparent, ceux qui urinent dans les champs environnants, ceux qui tracent la route à pied jusqu’à Béziers pour rejoindre la gare ou aller se ravitailler, ceux qui jouent avec leurs chiens, ceux qui se lavent (mais ils sont peu), ceux qui ont la cafetière dans le coffre de l voiture, ceux qui ne parlent pas français, ceux qui jettent des papiers partout parce qu’ils seront déjà loin à l’heure du ramassage. Il y a un peu de tout ça…
Et puis, ne les oublions surtout pas, il y a les voisins. Ceux de l’association des copropriétaires du syndicat du Gasquinoy et du quartier de La Barthe qui ont rédigé la plainte qu’ils vont déposer. Ceux qui ont tiré des coups de feu en l’air pour dire leur ras-le-bol dans la nuit, ceux qui ne dorment plus à cause du bruit depuis quatre nuits, ceux qui prennent des cachets et dont les nerfs lâchent, ceux qui appellent la police qui ne vient pas car elle est débordée, ceux qui ont les jardins ou le pas de porte souillés, ceux qui hier matin ont été cambriolés. Ceux qui espèrent que la musique va bientôt cesser. Et que personne ne reviendra là.
Car, la seule appréciation sur laquelle on est d’accord de part et d’autre du grillage, c’est que cette rave a sérieusement tendance à gonfler…

Jérôme CARRIERE

MIDI LIBRE
Edition du 3 janvier 2002

Béziers : les ravers sont partis, reste les ravages

Hier matin, le calme était revenu sur le site du Gasquinoy. Déjà, la veille au soir, les gros "sons" étaient partis. Au plus grand soulagement des riverains qui ne pouvaient plus supporter le bruit, l’insalubrité et l’insécurité (voir nos éditions précédentes).
Du côté des ravers, les avis étaient carrément positifs. La fête a été « super méga top », « c’était de la balle » et « on s’est carrément déchirés ». Champagne et feu d’artifice se sont même rencontrés au Gasquinoy, cette zone "verrue" désertée par les militaires il y a quatre ans.
Les acteurs passifs n’étaient pas du même avis. Les riverains, bien sûr, qui ont subi nuisances en tous genres pendant plus de quatre jours. Hier, une pétition était lancée pour déposer une plainte collective auprès du commissariat. Des particuliers ont fait une démarche personnelle, notamment ceux qui ont vu le crépi de leur maison neuve orné d’un « J’enc… l’armée ». Sur les chantiers de lotissement, il ne reste plus un morceau de bois. Ils ont tous servis à alimenter les feux des ravers. Les alentours du site ressemblent à un immense dépotoir. Les services de la DDE étaient à pied d’œuvre hier matin pour nettoyer la RN112. En ce qui concerne les terrains communaux, la municipalité a envoyé des équipes pour enlever les déchets. Quand aux immondices ?…. Sur le site, les derniers ravers ont rassemblé les ordures dans des grands sacs poubelles fournis par la mairie. Il faudra peaufiner mais l’intention est à souligner. L’équipe municipale veut négocier la facture avec les Domaines, qui sont propriétaires du terrain. Avant-hier soir, des vigiles ont été embauchés par la municipalité pour surveiller l’impasse Gaston-Cugnenc.
Plusieurs interpellations ont eu lieu pour diverses infractions. Un camion de matériel a été arrêté, route de Maureilhan, mardi vers 21 h 15. Son chauffeur fait l’objet d’une procédure pour complicit#233; de travail clandestin établi.
Dans l’ensemble, la rave-party se serra déroulée sans incident notable. Les riverains ne pensent pas que cela soit une raison pour donner une suite à l’événement.

E.B.

MIDI LIBRE
Edition du 4 janvier 2002

Un jeune raver victime d’un infarctus

C’est sur un terrain boueux, un no man’s land, dans un campement de ravers situé à quelques kilomètres de Cazouls-lès-Béziers sur la route de Cessenon, qu’Alexandre Bussy, âgé de 24 ans, domicilié à Dijon, a trouvé la mort hier, vraisemblablement vers les 7 h du matin. Ce jeune hacker (terme désignant les individus déambulant de rave en rave) qui avait participé au rassemblement techno, organisé clandestinement à l’ancienne caserne du Gasquinoy, aurait succombé, selon les premiers éléments de l’enquête, à une crise cardiaque.
C’est à 8 h 30, que les sapeurs pompiers de Cazouls-lès-Béziers ont été alertés par les amis d’Alexandre. Sur place et malgré l’intervention du Smur (service mobile urgence de réanimation) du CH de Béziers, les pompiers ont constaté le décès du jeune homme qui, semble-t-il, était mort depuis deux heures. Les gendarmes de Murviel arrivaient peu après dans cette carrière de pierre, située près du terrain du club de moto-cross de Cazouls-lès-Béziers, pour procéder à un contrôle d’identité. Mais la dizaine d’individus qui occupaient des fourgons, des camions et un bus, immatriculés pour certains en Allemagne, en Italie et en Angleterre, ont manifesté quelques velléités. Avec la brigade de gendarmerie et le Psig (peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie) de Béziers appelés en renfort, l’opération de contrôle d’identité a pu s’effectuer.
Quant au corps d’Alexandre Bussy, il était évacué vers le centre médico-légal de l’hôpital Lapeyronie de Montpellier où est pratiquée, ce matin, une autopsie qui déterminera les causes exactes de la mort du jeune homme. Selon le témoignage de son amie à ses côtés lors de l’accident, recueilli par la gendarmerie et les pompiers, le raver aurait manifesté des signes d’essoufflement peu avant de se coucher. Elle aurait affirmé qu’Alexandre avait des antécédents cardiaques et aurait fait, déjà, à l’âge de 19 ans, une criscardiaque.
Dans l’après-midi, la brigade d’intervention des douanes de l’Hérault a rendu visite au campement pour procéder à une fouille et, éventuellement, trouver des stupéfiants. En vain.

B.S.

LA DÉPÊCHE DU MIDI
Edition du 4 janvier 2002

Après la rave, la colère

Les élus et les habitants de la route de Saint-Pons à Béziers sont en colère. Ils estiment que l'Etat n'a pas fait tout ce qu'il fallait pour empêcher le déroulement de la rave-party qui a permis à 12.000 jeunes de passer un réveillon techno dans un camp militaire désaffecté en bloquant une route nationale et en importunant les résidents.

Si l'Etat, lui-même ne peut pas faire respecter la loi, où va-t-on? », s'exclame André Bordaneil. Cet adjoint au maire a veillé à ce que le rassemblement ne tourne pas à la catastrophe routière sur la RN 112 transformée en parking sauvage. « Nous avons saisi un camion de matériel de sonorisation et nous avons suffisamment de renseignements pour mener des enquêtes. Nous n'allions tout de même pas intervenir en uniforme dans la rave », explique Catherine Schmitt, la directrice de cabinet du préfet de l' Hérault. Elle estime que les services de l' Etat ont fait ce qu'il fallait, « à commencer par les douanes qui ont procédé à une dizaine d'interpellations pour détentions de stupéfiants ». Mais ces déclarations ne sont pas de nature à calmer la colère des riverains qui viennent de rédiger une plainte collective. « Le droit n'est pas respecté à quelques mètres de nos maisons. Nous nous sommes sentis totalement abandonnés, sans aucun recours possible sinon celui de prendre des tranquillisants et de monter nous- mêmes la garde pour éviter les intrusions, les vols et les dégradations », explique cette résidente de l'impasse Gaston Cugnenc qui porte encore les traces très vivantes des décorations « collatérales » de la rave-party: lambeaux de papiers- toilettes usagés, emballages de packs de bière, canettes brisées, sacs plastiques. Les derniers ravers, les puristes, ont tenté de rassembler des déchets et de faire un peu de ménage dans le camp avant de reprendre la route vers une autre « teuf ».

Christian GOUTORBE

LE PARISIEN
Polémique après la mort d'un jeune raveur
6 janvier 2002

LA NOUVELLE LOI sur l'autorisation préalable liée aux rave-partys peut-elle réellement être appliquée ? C'est la question que se posent plusieurs élus et habitants de la région de Béziers. Cette ville a en effet accueilli en début de semaine un rassemblement techno non autorisé. Un des participants a été retrouvé mort, hier, près des lieux de la fête. Il n'y a pourtant eu pour l'instant aucune mise en examen parmi les organisateurs, comme le prévoient pourtant les nouveaux textes. Alexandre Bussy, 23 ans, arrivé avec quelques amis de Dijon, avait participé à la grande rave-party de Béziers qui s'est achevée mercredi. Jeudi matin, il est mort dans la fourgonnette aménagée qui se trouvait stationnée sur la commune de Cazouls-lès-Béziers.

« Une insulte à la politique de santé publique »

Quelques minutes après son réveil, il a été pris de malaises qui ont mis en alerte la douzaine de personnes qui se trouvaient sur le bivouac sauvage de la carrière de Toujas, en prolongement à la rave-party. Lorsque les pompiers sont intervenus, le jeune homme, habitué des rassemblements techno, avait cessé de vivre. L'autopsie pratiquée hier matin n'a pas pu déterminer les causes de la mort. Et il faudra attendre le résultat des analyses toxicologiques pour en savoir plus, et notamment si le jeune homme a été victime de surdose. « Je suis à la fois choqué et révolté. Toute la semaine on nous demande de mettre en oeuvre des campagnes de prévention contre la drogue et l'alcool dans les quartiers, et l'Etat laisse ainsi s'installer de véritables supermarchés de produits illicites. Ce qui s'est passé sur le camp militaire pendant quatre jours est une insulte à la politique de santé publique », s'insurge le docteur André Bordaneil, premier adjoint au maire de Béziers, qui dénonce la relative apathie des autorités qui n'ont pas été capables d'interdire ce regroupement illégal. A la préfecture de l'Hérault, Catherine Schmitt, la directrice de cabinet, reconnaît bien volontiers le caractère totalement illégal et répréhensible de cette rave-party. « Nous allons poursuivre systématiquement les organisateurs. Nous avons rassemblé suffisamment de renseignements pour lancer des enquêtes et nous avons saisi mercredi matin un camion de sonorisation. Les douanes ont interpellé une dizaine de personnes pour détention de stupéfiants », indique-t-elle. Mais ces déclarations d'intention ne sont pas de nature à calmer la colère des riverains qui sont toujours décidés à déposer une plainte collective pour nuisances sonores et différentes dégradations.

Claude Massonnet

AGENCE FRANCE PRESSE
Rave-party de Béziers: un jeune homme meurt d'une prise massive de drogue

BEZIERS, 5 jan (AFP) - Un jeune homme de 24 ans, domicilié à Dijon (Côte d'Or), est mort des suites d'une "prise massive de drogue" après avoir participé à une rave-party sur une ancienne base militaire à Béziers (Hérault), a-t-on appris samedi de source judiciaire. Le jeune homme avait été découvert sans vie, jeudi matin, dans une carrière désaffectée près de Béziers où il s'était installé avec une dizaine d'amis après avoir quitté mercredi la rave-party.
L'autopsie pratiquée vendredi à Montpellier a révélé que sa mort était consécutive à une "prise massive de drogue", a-t-on précisé de même source.
La rave-party, organisée sans autorisation, avait rassemblé jusqu'à 25.000 personnes la nuit du réveillon du jour de l'an sur l'ancienne base militaire.
Au total, une dizaine de participants avaient dû recevoir des soins sur place et aucun incident n'avait été signalé par les policiers et gendarmes qui avaient assuré une surveillance discrète des lieux.
Les premiers arrivants avaient pénétré dans la base militaire dimanche après avoir coupé des fils de fer qui en interdisaient l'accès, et s'étaient installés dans neuf hangars désaffectés.

bd/lv/thm