"Home" "Zuili" "Fragonard" "Quantz" "Medias" "Boutique" "Liens" "Email" Livre d'or
Baldassare Galuppi, " Il Buranello " et la littérature ,
par Marc Zuili
|
Carlo Goldoni |
Mon opéra, qui portait le titre d'Oronte, roi des Scythes, eut un succès très brillant. La musique de Buranello était divine
|
|
|
|
||
|
Jean-Jacques Rousseau
|
J'ai vu à Venise un Arménien, homme d'esprit qui n'avait jamais entendu de Musique, et devant lequel on exécuta dans un même concert un monologue Français qui commence par ce vers: Temple sacré, séjour tranquille et un air de Galuppi, qui commence par celui-ci: Voi che languite senza speranza |
|
|
Denis Diderot |
|
|
|
Le voilà donc assis au clavecin; les jambes fléchis, la tête élevée vers le plafond où l'on eût dit qu'il voyait une partition notée, chantant, préludant, exécutant une pièce d'Alberti ou de Galuppi, je ne sais lequel des deux. Sa voix allait comme le vent, et ses doigts voltigeaient sur les touches; tantôt laissant le dessus, pour prendre la basse, tantôt quittant la partie d'accompagnement, pour revenir au-dessus. Les passions se succédaient sur son visage.
|
||
|
Giacomo Casanova |
Ainsi Henriette vint à l'opéra, mais au second rang, sans rouge, et sans bougie. C'était un opéra buffa dont la musique de Buranello était aussi excellente que les acteurs . |
|
|
George Sand |
On avait choisi un air brillant, bizarre et difficile, tiré d'un opéra bouffe de Galuppi, "La Diavolessa", afin de prendre tout d'un coup le genre le plus différent de celui où Consuelo avait triomphé le matin.... Consuelo eut l'espièglerie de surcharger l'air extravagant de "La Diavolessa" d'une multitude d'ornements et de traits regardés jusque-là comme impossibles, et qu'elle improvisa aussi tranquillement que si elle les eût notés et Žtudiés avec soin. Ces ornements furent si savants de modulations, d'un caractère si énergique, si infernal, et mêlés, au milieu de leur plus impétueuse gaîté, d'accents si lugubres, qu'un frisson de terreur vint traverser l'enthousiasme de l'auditoire...Consuelo finit son air par un crescendo de force qui enleva les cris d'admiration...
|
|
|
Stendhal |
Un partisan du Freichültz verra en moi un bon homme impossible à ennuyer, et qui a ses raisons pour admirer le genre simple. Il m'appliquera la phrase que je fais plus ou moins jolie, suivant que je suis plus ou moins bien né, et dont je me sers pour énoncer mon opinion sur les gens que charmait, vers l'an 1750, un opéra de Galuppi, avec ses longs récitatifs. Je crois que pour être clair, je n'ai rien de mieux à faire que de placer ici la liste des enchanteurs qui ont passé successivement en Italie pour avoir atteint le dernier terme de l'art et de la perfection du vrai beau. Porpora, Durante, Léo, Galuppi, surnommé Il Buranello, parce qu'il était de la petite Ile de Burano, à une portée de canon de Venise.
|
|
|
Charles Burney |
Galuppi domine à ce point les musiciens de Venise qu'il semble un géant parmi les nains.
|
|
|
C.P.E Bach |
Sans me référer à des gens auxquels on reprocherait peut-être de n'avoir écrit dans le genre comique rien du tout ou très peu, je citerai un des plus grands maîtres du genre actuellement vivants, le Signor Galuppi, qui chez moi à Berlin s'est déclaré absolument du même avis, mentionnant à cette occasion quelques incidents ridicules vécus par lui dans certaines églises d'Italie.
|
|
|
Catherine II |
Je fais venir actuellement Buranello; je suis curieuse de voir s'il saura me faire devenir la musique quelque chose d'intéressant .
|
|
|
|
||
|
Léopold Mozart |
Tu sais que tout le monde en Italie reçoit un autre nom. Hasse s'appelle le saxon, Galuppi s'appelle Buranello, eh bien ils appellent notre fils il Signor Cavaliere Filarmonico.
|
|
|
Robert Browning |
Toccata de Galuppi
I - O Galuppi, Baldassare, la chose est triste à découvrir! Je ne puis me tromper, car ce serait m'avouer sourd et aveugle; Mais c'est le coeur bien lourd que je te comprends!
II - Te voilà, avec ta vieille musique, et voilà tout le bien qu'elle fait. Quoi, on vivait ainsi à Venise quand les marchands y étaient rois, Dans la ville de Saint-Marc, où jadis les Doges épousaient la mer?
III- Les jeunes gens prenaient-ils leur plaisir en mai quand l'onde était tiède? Bals et masques commencés à minuit duraient jusqu'à midi, Heure où l'on préparait les aventures du lendemain, me dis-tu?
IV - Ma foi, c'était gracieux - ils se taisaient et acceptaient, Elle de mordre le velours noir de son masque, lui de tâter son épée du doigt, Pendant que tu jouais gravement tes sonates au clavicorde.
V- Quoi? Ces tierces mineures si plaintives, ces sixtes diminuées, noyées de soupirs, Avaient pour eux un sens? Ces suspensions, ces résolutions -" Faut-il mourir? " Ces septièmes apitoyées- " La vie peut durer! Essayons donc! "
VI - " Etiez-vous heureux?- Oui.-Et l'êtes-vous encore?- Oui. Et vous? " Puis de nouveaux baisers!- Les ai-je arrêtés, alors qu'un million semblait si peu? Ecouter, la dominante persiste jusqu'à ce qu'on lui réponde!
VII - Donc, une octave frappe la réponse. Oh, je veux bien croire qu'ils te louaient! " Brave Galuppi! quelle musique! Il excelle au grave antant qu'au gai! Je sais toujours me taire quand j'entends un maître jouer! "
VIII - Puis, ils te quittaient pour leur plaisir; jusqu'à ce qu'en temps voulu, un à un, Certains après des vies nulles, d'autres n'ayant pas bien agi, La mort s'approchât sans bruit pour les emporter là où le soleil ne luit jamais.
IX - Mais quand je veux raisonner, prendre position, sans faiblir, Tout en me délectant d'un secret arraché à la jalouse réserve de la nature, Te voilà qui arrives avec ta froide musique et qui me portes sur les nerfs.
X- Oui, toi, tel un criquet fantôme grinçant là où une demeure a brûlé: " Poussière et cendres, morte et finie, Venise a dépensé ce qu'elle avait gagné. L'âme est immortelle sans doute- quand on peut la discerner....
XI - Quant à Venise et son peuple, nés pour fleurir et tomber, Ici sur terre, ils ont porté leurs fruits, hilarité et sottise furent leur récolte: Que restait-il d'âme, je me le demande, quand les baisers devaient finir?
XII " Poussière et cendres! " Ainsi grinces-tu et je voudrais avoir le coeur de gourmander. Chères mortes, avec vos si beaux cheveux- qu'est devenu tout l'or Qui tombait et caressait leur sein? J'ai froid et je me sens vieux.
Robert Browning, Toccata de Galuppi.
|
|
"Home" "Zuili" "Fragonard" "Quantz" "Medias" "Boutique" "Liens" "Email" Livre d'or