Patrimoine imaginaire...
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culte du Saint Esprit : défilé le jour du couronnement , dimanche de la Pentecôte à Velas , île de Saõ Jorge
Le Culte du Saint Esprit dans l'archipel des Açores à Velas
Les îles atlantiques : réalités et imaginaire


Participation , observation des fètes du Culte du St Esprit
sur l’île São Jorge - Velas






les Racines
et
la Loi




ou la culture Atlantique de l’Archipel des Açores en terme de Patrimoine Imaginaire






Pascale Casbi
Thérapeute en Psychologie analytique

Les racines et la loi

I-Un partage issu de l’histoire



“L’ homme ordinaire est devenu une source du St Esprit ".


C.G.Jung qui n’a jamais participé au Culte du Saint-Esprit souligne ainsi le dialogue de l’homme et de l’Esprit. Création d’un couple royal qui rejoint celui de l’histoire avec les légendaires roi Denis et reine Isabel du XIV siècle portugais. Ce culte restera toujours celui du Peuple et des Rois , en marge de l’Eglise ,inscrit dans l’histoire et dans l’imaginaire portugais. Interdit quatorze fois par les instances ecclésiales, totalement éradiqué du Continent c’est aux Açores que nous retrouvons la " continuité de la vocation paraclétique et une
fidélité à l’idée de l’âge de la Troisième personne de la Sainte Trinité, du Paraclet promis par le Christ dans l’Evangile de Jean "LF.
Chaque année se déroulent sous les yeux étonnés de l’étranger, des rites observés avec soin , permettant la poursuite de la cohésion et de l’équilibre de la vie d’un peuple. Ce culte implique l’engagement initial d’une personne à travers sa “ promessa” : l’homme ou la femme renoue alors avec le vieux langage du symbole, tout comme avec celui du mythe dont il est le support. Dans des temps ou “ l’isolement typiquement individualiste est une maladie de notre époque ”CGJ , une telle célébration sauve du repli sur soi et provoque l’adhésion d’un groupe largement multi -générationnel qui dirigera et assurera le déroulement du rite au niveau collectif.


La “promessa” d’Helèna


Helena est petite fille lorsqu’elle assiste au grave accident qui mettra la vie de son père en danger. Elle a grandi dans cette atmosphère insulaire rythmée par le déroulement des fêtes religieuses ayant toujours participé avec sa famille, ses amis et l’ensemble de la communauté, au culte annuel du “ Divino”. Elle a porté la “ couronne " comme la plupart de ses petits camarades . Elle même fût couronnée. Puis la souffrance a fait irruption dans sa vie comme dans son âme. Nous avons tous en mémoire un ou plusieurs évènements qui font soudainement basculer nos vies ; nous mesurons alors la faiblesse de certains de nos mots tout comme celle de notre condition d’homme. La gestion de ce changement dépendra de chacun . Mais il n’est pas exclu que nous choisissions la soumission ou la révolte. Nous pouvons aussi osciller entre ces polarités ou couple d’opposés parmi tant d’autres et dont le déroulement de la vie est constitué.

Le Paraclet est le Consolateur par lequel le conflit et la douleur peuvent être surmontés. Selon Jung il est celui au sein duquel l’union des contraires est rendue possible , le “ souffle qui guérit et rend total “CGJ .C’est tout naturellement qu’Helena adresse sa prière au Saint-Esprit. ”Plus un être est jeune plus il est proche de l’origine: l’inconscient avec ses contenus collectifs , et le contact avec l’archétype qui est sans âge et toujours présent “ rappelle Jung . Cet ensemble constitue nos racines primitives : celles à partir desquelles nous recevons un complément de forces, rendant possible la progression au sein de notre vie . Notre petite fille a naturellement répondu à son expérience intérieure . Dans la solitude de son coeur elle promet l’offrande de deux cent “ esmolas “ pour la guérison de son père .
Cette démarche intégratrice est rendue possible aux Açores puisqu’ elle repose sur une image mythique traditionnelle racontée et transmise. Certes les habitants ne sauront peut-ètre pas
“ expliquer “ d’où proviennent ces gestes qui se perpétuent depuis des siècles. Ils ont avec eux et pour eux l’expérience des faits et non celui des seuls mots. C’est là que résident la grandeur mais aussi l’humilité qui sont les piliers incontournables des fêtes du culte du Saint-Esprit .
Helena restera fidèle à son intériorité . Mais elle devra attendre deux décennies pour concrétiser sa “ promessa”. La jeune Femme devenue à son tour mère de famille nous accueuillera sur le seuil de l’Imperio où nous resterons le temps de la préparation et du déroulement de la Fête.




L’Imperio espace symbolique



C’est une vaste pièce dans laquelle nous pénétrons ,claire et agencée sobrement et fonctionnellement. Le regard est immédiatement attiré par deux bouches béantes au cœur desquelles une femme jette habilement des fagots de bois : ce sont les fours en briques réfractaires pour la cuisson du pain. La chaleur est à peine tolérable. Toutes les femmes , foulard coloré sur la tète, nous le font remarquer. Au centre de cette cuisine des tables de travail sont disponibles. Des jattes en terre, des seaux emplis d ’œufs , de la farine, des terrines vides y sont posées. Il règne entre ces murs une grande animation et notre arrivée ne peut que l’amplifier. Tous se meuvent dans ces locaux avec aisance. La cuisine s’ouvre sur une salle très longue où sont alignées des tables en bois avec des bancs pour ceux qui souhaitent se reposer un instant. Des étagères supportent du pain fait du jour et l’odeur typique de la farine cuite dans ces grands fours à bois n’est pas sans rappeler celle qui traînait autrefois dans les fournils du Continent. C’est au sein de ces murs simples que durant toute la semaine se dérouleront les actes qui nous conduirons au dénouement final : le couronnement de l’Empereur et celui des enfants ainsi que la distribution du pain, du vin, de la viande..Dans ces instants nous nous imprégnons des odeurs laissant ainsi nos sens interpellés voire déstabilisés par ces nouveautés. La cuisine est ici le repère de la femme. Tabliers colorés, mains noueuses dans la pâte à pain, voix qui interpellent , appellent , ordonnent , rires et complicité du rire, vivacité de la jeunesse , lenteur , beauté des visages burinés par le vent : tout cela se côtoie, se mélange comme pour mieux donner à la matière ses lettres de noblesse retrouvées. Le pain que l’on pétrira, la viande qui sera découpée, pesée, partagée, la soupe , le riz au lait seront préparés par les femmes. Il faut sans aucun doute avoir partagé avec elles tous ces moments pour mesurer l’intensité de cette responsabilité qui n’appartient qu’à elles. Les moments de fatigue, les tensions ne seront pas absents : comment pourrait-il en être autrement ? Ce sont des journées entières vécues dans une promiscuité que la vaste cuisine ne peut éviter. Mais l’enjeu est tel que bien vite querelles ou dissensions seront effaçées par des plaisanteries : la cohésion du groupe l’emportera toujours sur l’individualisme. Telle est la loi lorsqu’est franchi le seuil de la dépendance de l’Império.



La force du réel


Mais derrière le visible qui s’offre à nos yeux nous prenons peu à peu contact avec ce qui rend possible “l’évènement”. En effet la structure qui sous-tend cet ensemble s’avère extrèmement complexe pour les étrangers que nous sommes mais simple pour ceux qui nous accueillent. Ils nous expliquent et se racontent aussi. Ce qui se vit dans l’Imperio est plus qu’une parenthèse : des liens se nouent d’autres se défont ; le mouvement de la vie tel le souffle est accepté comme il se présente. Grâce à cette simplicité nous nous familiarisons avec quelques termes et apprenons à mieux connaître l’architecture de la Fète. Ce sont les frères du “ Divino Espirito Santo”, Confrérie ou plus simplement fraternité qui gèrent et entretiennent l’Imperio. L’appartenance à cette instance est ouverte aux hommes comme aux femmes: chacun versant son tribut annuel. C’est un comité ou un “mordomo” qui donnera son accord pour la réalisation de chaque “ promessa”. L’attente peut être longue....Nous comprenons que chaque village met en place une structure qui lui est propre et qui correspond à la réalité du lieu . Ce souci du respect de chacun écarte nos hôtes de toute tentative de généralisation. Si le culte est et reste une pratique largement partagée sur les îles il n’en demeure pas moins qu’il sera exprimé et vécu selon des modalités concrètes qui varient et correspondent à l’originalité de chacun dans son histoire ou dans la mémoire du lieu.
L’esprit du culte et le Culte du Saint Esprit ne se laissent pas enfermer .Toute dogmatisation ou systématisation est tentative vaine. La popularité du culte et la ferveur qui l’accompagnent sont redevables d’une liberté libre, large place laissée à l’imaginaire et aux symboles qui l’accompagnent. Notre Ami Gilbert Durand nous confiait songeur ; “ Peut-être que la véritable religion n’est que populaire ?”. S’ il provoque et conduit vers une alliance au sein de laquelle chacun peut vivre sa foi comme une “saveur unique et source de toute saveur ”ARR, s’ il engendre un dynamisme créateur ainsi qu’une ouverture vers l’autre - au sens de la responsabilité que j’ai du “visage” de l’autre tel que le définissait si bien Emmanuel Levinas à propos de l’altérité - alors le Culte du Saint-Esprit répond à l’interrogation de Gilbert Durand..
La gentillesse de nos Hôtes nous permettra de nous intégrer peu à peu Chaque jour verra une occupation nouvelle : la préparation des deux cent pains qui seront offerts, celle non moins délicate du pain “ doux” , du pain de mie. En effet la “promessa” ne peut être complète sans la présence de trois éléments : le pain , la viande, le vin qui seront distribués dans la ville de
Velas la veille du dimanche de la Pentecôte.
Le Culte exige une lente progression. Le support de la matière ( les mains dans la farine, la cuisine que l’on fait pour tous ceux qui aident , les actes les plus quotidiens) est indipensable pour gérer les émotions qui accompagnent les participants . Si l’annualité de la fète est assurée c’est toutefois un évènement différent qui se présente à chaque fois et dont l’énergie n’est contenue que dans les actes concrets qui relient les membres de la communauté présente.







Mytholusismes


Arrêtons-nous un instant et laissons nous saisir par les images d’un autre temps. Celui qui octroyait aux hommes d’une nation l’ambition de réaliser une ère faite de partage et de compréhension mutuelle. L’imaginaire Portugais est porteur de ce message universel à travers ces rois , ces naviguateurs qui rêvaient d’unifier le Monde et “d’instaurer l’Age Paradisiaque de la fin de l’Histoire”. Les mytholusismes font appel une dialectique Présence-Absence largement évoquée par la culture lusitanienne. Ils nous permettent d’accèder à une dynamique de l’imaginaire singulière portée par le Culte du St Esprit. “ Culte qui faisait prévaloir l’illumination de chacun en dialogue intime avec la divinité. Un culte aussi qui couronnait et couronne encore aujourd’hui symboliquement “Empereur” du monde futur unifié par l’Esprit un homme pauvre ou un enfant....Finalement un culte qui asseyait toutes les couches sociales autour de la même table fraternelle pour y partager le même pain.” Les célébrations ainsi décrites par L.de Freitas nous ramènent à l’ici - maintenant de notre vécu. A travers sa “promessa” Héléna engage un système de valeurs au sein duquel le “mythe est un langage dont nous sommes les mots”PF autrement dit les participants tout autant que les acteurs. La culture insulaire se trouve dépositaire de l’orchestration et de la gestion d’un partage issu d’une confluence exceptionnelle de l’histoire.



II-LA GESTUELLE POETIQUE ACORÉENNE



Elle permet le passage du visible à l’invisible , de l’ombre à la lumière, du silence à la parole offerte , de l’immobilité au geste.
Après une semaine consacrée aux préparations dans les dépendances de l’Imperio , la communauté du lieu va montrer le travail accompli. Cela se traduit par un défilé bon enfant précédé de quatre vaches décorées de fleurs en papier : réalisation des enfants des familles. Helena aidée d’autres femmes porte les paniers dans lesquels sont déposés les pains ainsi que le vin. La démarche est lente, gracieuse , rythmée par des hommes jouant un air de fado .Nous nous arrêtons ça et là selon un traçé que semble délimiter le territoire symbolique de l’Império. C’est devant ce dernier que la couronne (déposée toute la semaine sur un “autel” dressé dans une petite pièce à l’entrée de l’édifice ou Império) ornera un court instant la tête de chaque bête qui sera sacrifiée pour la circonstance. Helena de façon sobre mais solennelle accomplit ce geste sous le regard attentif des participants et des voisins. Chacun fut donc témoin de la tâche accomplie. Si l’animation est vive elle reste toutefois discrète presque réservée .Ormis le bruit des foguetes ( petites fusées que l’on tire et qui annonce la progression des travaux) les personnes présentes conservent un calme ainsi qu’une nonchalance qui contraste avec ce que nous vivions à l’intérieur de l’Imperio . Une intériorisation est sensible et chacun garde pour lui les mouvements de son coeur.




“je reçois et j’offre ce que je reçois “


L’expérience d’Helena rejoint le religieux dans la mesure où elle reste fidèle à des images porteuses de sens. “L’expérience religieuse aspire à s’exprimer et ne peut y parvenir que de manière “symbolique” car elle dépasse l’entendement “ . Nous avons cheminé avec la jeune femme et nous avons pris conscience du support symbolique qui rend possible la réalisation de la “promessa. Le pain , fruit de la terre et du travail de l’Homme, le vin fruit de la vigne et breuvage de celui qui la cultive comme celui de nos dieux et nos héros mythiques, la viande synonyme de richesse. Cette trinité de la matière permet le don qui s’enrichit du retour complice de ceux à qui il s’adresse.

La rue est pavoisée en cette veille de Pentecôte. Dans la soirée, lorsque nous arrivons les “esmolas” sont déposées sur des tréteaux . Même quantité de pain ,de viande , de vin pour chacun. Le long des trottoirs la foule attend silencieuse. Nous sommes saisis par la qualité de ce silence .Il pleut, il fait froid, mais les intempéries momentanées ne sont pas obstacle à l’incarnation du geste auquel nous allons assister. Le temps d’un murmure et le prètre bénit rapidement les offrandes. Il ne restera pas pour la suite qui appartient au peuple et à lui seul. La fanfare de Velas s’est mise en place. Devant elle un homme porte une couronne ainsi qu’un sceptre déposé sur une coupe. Gilbert Durand souligne la signification de ces objets : “ de même que la théologie du St Esprit est pauvre, l’iconographie du Paraclet est toujours indirecte : c’est par “emblème” ou par “vicaire” interposé qu’est représenté le Saint-Esprit”. Ce sont donc donc la colombe , l’eau , le feu que les Ecritures mentionnent lorsque est évoqué le Souffle Divin. La couronne surmontée de l’oiseau vénusien ( dont G.Durand rappelle la connotation d’affection,de tendresse et d’amour) évoque ici la représentation de l’instauration hic et nunc de l’Empire du St Esprit : allusion à la célèbre prophétie de Daniel relative au cinquième Empire qui sera reprise par Joachim de Flore (Evangélium Aeternum) et largement répandue par les Frères Mineurs au Portugal.
Histoire temporelle comme histoire mythique s’imposent à nous et prennent corps à travers la singularité de cette architecture des fètes consacrées au Divino . C’est ce " chant dira le poète à l’aspiration ample sauvage et profonde qui inonde qui commence une matière neuve "ARR. Pain, vin viande sont matière neuve offerte au peuple et devant la Couronne. Ainsi cette célébration restitue l’expression de la culture insulaire sauvegardée nous invitant par là même à une intégration du Sens et de l’Emotion.




III-Le Patrimoine Imaginaire


Dimanche de la Pentecôte. Nous voici arrivés au terme de notre voyage devenu initiatique par la prise de conscience d’ une connaissance dont nous mesurons encore mal les répercussions d’ordre personnel. Il fait beau et le vent ramène les embruns de l’océan devant l’Imperio où nous sommes rassemblés pour le dernier acte. Nous reconnaissons à peine les hommes , les femmes et les enfants. Tous ont changé leurs habits du quotidien pour ceux plus soignés de ce dimanche festif.
Les drapeaux pourpres au centre desquels figure la colombe blanche ornent les fenètres ouvertes de l’Império. Sur le perron ,Helena entourée de sa famille attend . Elle attend cet instant
où selon la tradition son mari sera couronné Empereur de même que son père, son fils âgé de quatre ans, son neveu Pedro, neuf ans . D’anciennes marches royales portugaises accompagneront le défilé à travers la ville et jusqu’à l’église où se dérouleront les couronnements. .Défilé structuré qui met en avant l’Enfant. Ceux qui seront couronnés sont placés au centre d’un carré délimité par des bâtons tenus par des adultes et des enfants. Cet espace sacré est ainsi réservé au futur couronné comme à celui qui porte la couronne dans ses mains. Quatre carrés séparés entre eux par des hommes portant les drapeaux constituent le cortège clos par deux autres tenant sur leur tète des pains qui seront vendus pour la circonstance. Cet ensemble souligne la responsabilité de chacun tout comme sa place au coeur de ce tableau qui orchestre des images venues d’un autre temps mais qui nous appartiennent encore dans la mesure où elles s’inscrivent dans notre imaginaire.
C’est à pas lents que nous nous rendons vers l’église . Rien ne semble presser les participants qui rejouent pour le plaisir du sens et de l’émotion un acte écrit dans l’histoire à la fois collective et individuelle des Açoréens . Si le couronnement - qui sera fait cette fois par le prêtre après la messe - se déroule devant nous , il n’en garde pas moins son mystère et nous renvoie aux deux panneaux du “Polyptique de Sao Vicente-de-Fora de Nuno Gonçalves que Lima de Freitas analyse comme étant directement liés au Culte du Saint Esprit et que Jaime Cortesão n’hésite pas à nommer “Retable de l’Investiture de la Nation portugaise par le Saint Esprit”. Nous sommes donc ici au sein même de l’Imaginaire portugais dont les images nous parviennent par le biais d’une fête dont Helena et sa famille furent pour cette fois les organisateurs. La présence de l’Enfant souligne la fonction archétypique et donc régularisatrice du mythe de l’enfant éternel: demeurer à son contact et le couronner nous rappellent que c’est le petit, l’humble qui nous ramènent sans cesse vers nos indispensables racines et les émotions qui les accompagnent tout comme vers la loi nécessaire qui faute d’intériorisation demeurera vide de sens.

Ces quatre polarités -racines-émotions, loi-sens , peuvent nous servir de fil conducteur afin de mieux percevoir la leçon que des fètes du Culte du Saint -Esprit. Elles s’inscrivent également dans le Patrimoine imaginaire açoréen mais aussi dans celui de ceux qui restent attentifs aux mouvements de leur âme. L’espace insulaire permet de retrouver les sources de ce qui donna naissance à notre modernité . Mais nous sommes trop souvent coupés de notre Imaginaire avec toutes les conséquences prévisibles que Gilbert Durand étudie et dénonce à travers toute son oeuvre. De son coté C.G Jung nous invite à reprendre avec le symbole le dialogue interrompu puisqu’il est l’expression de l’enrichissement de la conscience par l’expérience vécue”. Les îles offrent cette possibilité comme un miroir pour le Continent Portugais tout comme pour l’Europe. Elles donnent généreusement l’expression de toute la vitalité d’une Espérance dont chacun d’entre nous à besoin pour instaurer la liberté poétique, la liberté remythifiante” GD dont le Culte du Saint Esprit reste le garant.



Pascale Casbi


Bibliographie :

Durand Gilbert " Iconographie et symbolique du Saint Esprit " Instituto historico da ilha Terceira -Vol. XLIII - " L’Imagination symbolique " Paris- PUF 1993
Fleury Pascal " L’Evangile hétérodoxe portugais " DN. supplément littéraire –Lisbonne 1977-
Freitas Lima " 515 le lieu du miroir "-Paris- Albin Michel – 1993
Jung.CG " Aion " -Paris- Albin Michel - 1986 -
" le Divin dans l’homme " -Albin Michel -1999 –
" Psychologie et religion " - Albin Michel –1969-
Ramos Rosa António " Animal regard " Editions UNES-1990
" Clameurs " Edit Lettres Vives -Paris - 1997

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