La biographie du peintre jean fautrier
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Otage encre

1942

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Biographie

Jean Fautrier, 1898-1964

 

- La jeunesse :

Né en 1898 à Paris, Fautrier apparaît comme un enfant du siècle. Ses études à la Royale Académie de Londres commencées en 1908 lui laissent un goût amer de classicisme et de traditionalisme. De retour en France, il est mobilisé en 1917. Gazé à Montdidier il sera définitivement réformé en 1921.C'est alors que commence réellement et publiquement l'aventure picturale.

 

- Des premiers salons aux "Otages" :

 

C'est avec ses Tyroliennes en habits du dimanche que Fautrier fait son entrée dans les salons parisiens. Nous sommes en 1922. L'année suivante lors de sa première exposition à la galerie Fabre, il fera une rencontre déterminante : celle de Jeanne Castel. Amateurs d'art et collectionneurs, Jeanne Castel et son mari peuvent dès lors être considérés comme les premiers mécènes de Fautrier.

En effet, si Fautrier est bien accueilli par les critiques, lors de ses débuts sur la scène artistique parisienne, les choses se gâteront dès les années 30.

Démuni, Fautrier vit alors chez les Castel ayant transformé leur garage en atelier. Ce garage sera le lieu de la première rencontre d'André Malraux (alors en passe de publier son deuxième roman - Les Conquérants ) avec Fautrier.

Cette rencontre sera suivie d'une longue amitié et de plusieurs préfaces de l'auteur de La Tentation de l'Occident aux expositions du peintre.

La première préface se fait sous l'impulsion de Malraux. André Malraux désire en effet, dans le cadre de ses fonctions à la N.R.F., que Fautrier illustre un texte de son choix. Le peintre porte son choix sur les Illuminations de Rimbaud. Malheureusement, le texte n'appartenant pas à Gallimard, Fautrier doit alors illustrer un autre texte. Il choisit L'Enfer de Dante. Mais, malgré le fougueux enthousiasme du peintre, le projet ne verra jamais le jour. Seule l'exposition à la galerie de la N.R.F., préfacée par Malraux, illustrera le travail de Fautrier.

Cependant, cette expérience si elle est loin d'enthousiasmer critiques et acheteurs fait entrer Fautrier dans le cercle des intellectuels. Mais l'Histoire s'envenime et Fautrier s'exile. Il devient moniteur de ski puis monte une boite dans laquelle il fait jouer du jazz à Tignes entre 1934 et 1939.

De retour à Paris il consolide ses amitiés avec les intellectuels parisiens dont Ponge, Eluard, Char, Ganzo, Bataille, Paulhan... C'est d'ailleurs Paulhan qui fait installer Fautrier à Châtenay-Malabry en 1941 après que le peintre fut arrêté et finalement libéré en janvier 1943.

La "Vallée-aux-loups" sera alors le lieu de l'expérience traumatique de Fautrier. Reclus dans la maison de Chateaubriand, le peintre entendra presque quotidiennement des otages se faire exécuter par des soldats allemands à deux pas de chez lui.

Fautrier exprimera son malaise, son désarroi et son dégoût dans sa série intitulée les Otages.

Les Otages sont aujourd'hui sans doute la trace mémorielle la plus forte que Fautrier nous ait laissée. Dès son exposition, à la galerie René Drouin, de nouveau préfacée par Malraux, les Otages heurtent, choquent, attirent et seront l'objet de nombreux articles.

Si Fautrier, ne connaît pas de gloire matérielle réelle grâce à cette exposition, du moins a-t-il avec ses "hautes pâtes" provoqué l'émoi du spectateur.

 

- Des "Originaux multiples" aux 21 juillet 1964 :

A la suite des Otages Fautrier multipliera les collaborations et illustrations avec les écrivains. Rien que pour l'année 1947 nous pouvons citer : L'Alleluiah de Bataille, La Femme de ma vie de Frènaud, Fautrier l'Enragé de Paulhan.

S'étant définitivement installé à Châtenay-Malabry, il reçoit la visite de nombreux intellectuels et met au point, avec sa compagne, Janine Aeply, un nouveau procédé. Ecœuré par le peu de vente qu'il effectue, déçu que ses vrais admirateurs n'aient pas les moyens de s'offrir ses toiles, peu respectueux du "marché de l'art", Fautrier et sa compagne créent les "Originaux multiples". Cette technique, aussi appelée "procédé Aeply", permettait de faire avec une œuvre unique de multiples originaux ( idée que l'on retrouvera démultipliée chez Warhol !). Mais cette technique connaît un cuisant échec. Marchands et collectionneurs craignent l'arnaque et le peu de crédit qu'offre, à leurs yeux, ce type de reproduction. L'échec de Fautrier se poursuit même après l'abandon de ce procédé puisqu'en 1955, malgré une préface de Paulhan, l'exposition "les Objets" n'enregistre pas une seule vente.

De 1952 à 1963 Fautrier multiplie les expositions en France et à l'étranger ( New York, Tokyo... ). Il fait l'objet de nombreuses monographies et biographies ( R. Droguet, A. Verdet et l'unique catalogue raisonné à ce jour : Fautrier Pittura et materia par Palma Bucarelli ) et reçoit le grand prix de la biennale de Venise en 1960.

En 1963-1964 il fait don de centaines de ses toiles au Musée d'Ile de France de Sceaux et tombe gravement malade. Malgré tout il tourne avec Paulhan et sous la direction de Baraduc un court documentaire sur lui intitulé du nom du livre de Paulhan Fautrier l'Enragé.

Fautrier très atteint par la maladie prévoit de se marier le 21 juillet avec Jacqueline Cousin.

Il décède ce 21 juillet 1964.

 

- Fautrier aujourd'hui :

- Les livres sur Fautrier sont pour la plupart épuisés et non réédités.

- La dernière biographie de Fautrier par Yves Peyré est soldée par son éditeur.

- Le nom du peintre n'apparaissait pas sur la plaquette de la petite exposition de Beaubourg intitulée Signes, traces, écritures (janvier-mars 2001). Des œuvres de Fautrier y étaient pourtant exposées.

- Une toile de Fautrier d'environ 100 x 80 se vend chez les galeristes environ 1 million de Francs français.

Novateur et précurseur, le fondateur de ce qui fut appelé "l'informel", demeure très confidentiel et très recherché!

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