MESURES FONDAMENTALES DE LA SDT
LA SOCIETE DU TRAVAIL
Il est bien naturel que les hommes, face à
l'idée d'abolir l'argent, se posent la question : comment ?
& il est nécessaire que ceux qui la soutiennent,
détiennent, si ce n'est la réponse, du moins une réponse. Mais, il est
indispensable que ceux qui attendent une réponse, comprennent
pourquoi l'argent doit être aboli & ce que la société,
autour de son moyen d'échange, doit être. Or, ce document n'est
pas destiné à cet effet ! Il est une réponse précise à une
question précise. Néanmoins, pour que cette réponse ne soit
pas totalement incomprise, les Principes fondamentaux de la
société seront brièvement abordés, & les tenants &
les aboutissants des mesures seront exposés autant que le permet
ce résumé ! Le lecteur de ce qui suit, doit donc toujours avoir
à l'esprit que la Société Du Travail ne se résume pas à ce
qui suit ! Le " comment " est en quelque sorte la
cerise sur le gâteau &, s'il est irrésistible de commencer
par la cerise, la saveur & les qualités nutritives du
gâteau surpassent en tout les siennes ! La SDT est un projet de
société complet qui définit de nouvelles règles au niveau
politique, législatif, social, économique, &c., & une
partie seulement de ces règles qui engendreront un nouvel
état d'esprit seront présentées pour écarter le risque
à l'instant souligné & satisfaire une attente impatiente !
Ce qu'il importe de retenir, est donc l'esprit qui commande ces
mesures, esprit qui se retrouve dans chaque disposition de la
SDT. Une dernière mise en garde : ce texte est un escalier
dérobé ; il a peu de marches, & chacune d'elles est
d'autant plus importante !
L'idée d'abolir l'argent résulte d'un constat simple : les Citoyens doivent être égaux en Droits, & l'argent impose l'inégalité ; les Citoyens doivent être solidaires, & l'argent les divise & impose l'individualisme ; les Citoyens n'ont des Devoirs qu'envers la Cité, pour jouir des Droits que la Cité garantit également à tous les Citoyens, & de l'argent seul dépendent les droits dans une société monétaire ; la Citoyenneté est le fait de participer à la Cité, & le Travail, sous l'empire de l'argent, n'est que l'asservissement au plus riche ; un moyen d'échange sert à permettre les échanges indirects & loyaux de Travail, & l'argent peut s'obtenir par l'abus de pouvoir, le crime, la corruption, le vol, la mendicité, &c. ; un moyen d'échange est un lien entre les Citoyens, & l'argent détruit ce lien en le dénaturant ; un moyen d'échange est un outil de la Cité, & la Cité est la proie de l'argent ; &c., &c.
La liste des aberrations engendrées par l'argent est sans fin ; la Cité n'est plus ! Car le Principe fondamental de la Cité est l'EGALITE, EGALITE sans laquelle même la LIBERTE est un sophisme ! Où y a-t-il EGALITE quand dans une même société pas un Travailleur, donc pas un soi-disant Citoyen, n'a les mêmes Droits ? A moins de considérer, par un aveuglement coupable, qu'un pauvre est l'égal en Droits d'un riche, il faut bien admettre que la plus petite différence de fortune est une atteinte à l'Egalité du Droit de Propriété, donc à la Liberté, donc à la Sécurité ! Si de petites différences maintiennent l'illusion, elles sont déjà condamnables par Principes ; mais, s'il y en a de petites, cela implique que l'inégalité est introduite dans la Cité, &, dès lors, les grandes inégalités ne sont que les manifestations extrêmes de la violation de ce Principe social fondamental ! Comment peut-on voir des Citoyens c'est à dire des hommes pour lesquels la Cité est une mère aimante dans un chômeur exclu par la société, dans un Travailleur légalement soumis à un patron & dans un patron considérant les employés comme ses jouets, & ne pas voir que l'argent qui donne un pouvoir exagéré au patron, & le profit qui est le seul but de son entreprise, sont est la cause de l'exclusion du premier & de l'exploitation du second ? Attention, il ne faut pas aller au-delà de la signification de ce propos ! Il ne s'agit pas de dénier au patron son mérite personnel, mais de montrer que sa position hiérarchique ne lui confère pas un statut social différent ! Patrons & employés sont tous des Citoyens ; les uns & les autres servent la Cité, s'acquittent de leur Devoir de Travailler & méritent les mêmes Droits ; les uns & les autres sont avant tout des Citoyens. Tout autre raisonnement est la négation de la Citoyenneté, de la Cité & du DROIT. Dans l'optique actuelle, les employés ne sont que les esclaves du patron, il n'y a entre eux aucun rapport de Droit, ni les uns ni l'autre ne sont Citoyens, & la Cité n'existe pas. Or, force est de constater que nous prétendons être en société. La SDT ne prétend rien moins que faire de notre société hypocrite une véritable Cité régie par le DROIT & l'EGALITE !
Avant d'en venir au moyen d'échange de la SDT, penchons-nous une dernière fois sur l'argent & le système monétaire. Il serait insensé de nier que la monnaie l'argent sous sa forme primitive fut une nécessité ! Si partout l'Homme l'a adopté, c'est qu'elle répondait à un besoin : le besoin d'un moyen d'échange, plus pratique que l'échange direct ou le troc. Mais il serait tout aussi insensé d'admettre que la monnaie est le fruit d'esprits conséquents, que cette convention fut adoptée à la suite d'une réflexion sociale avancée, que seul l'intérêt immédiat n'a pas commandé cette solution, & que ses effets présents ont été prévus ! Les hommes ont trouvé avantage à ce système, sans voir ses inconvénients qui ne tardèrent d'ailleurs pas à se faire sentir ! , &, s'ils les virent, ils n'imaginèrent pas d'autre système, le seul effectivement possible à leur niveau de développement technique. Ils ont tout simplement voulu substituer l'échange indirect par la monnaie à l'échange direct par troc. ( " Substituer " est le terme qui convient parfaitement, dans la mesure où la monnaie conserve l'état d'esprit de l'échange & la même conception de la société. L'individualisme que l'on constate à notre époque est hérité du troc. Car par le troc, chacun produit dans son coin, échange sa production & en retire ce qu'il peut ; il n'y a pas de philosophie sociale. La Cité ne repose déjà plus sur une véritable union, & seules la proximité & l'équité dissimulent la division entre les participants. Or, si la Cité respecte & repose sur l'individualité, l'individualisme est, lui, anti-social ! ) Mais, en rendant plus pratiques les échanges indirects loyaux, ils ont rendu infiniment plus pratique les déloyautés ! Le troc assurait un véritable échange même s'il contenait en germe certains vice de la monnaie, comme les notions de valeurs. En théorie, le troc est un échange direct entre producteurs, un échange de Travail. C'est ce que la monnaie était sensée perpétuer ! Il fut sous-entendu qu'elle s'acquérait par la vente de ses produits ou le salaire d'un Travail, pour permettre ensuite de se procurer le Travail d'autrui, soit sous forme de biens, soit sous forme de services. Ainsi, l'échange indirect n'aurait pas nuit à l'échange lui-même. Mais, il est bien connu que " l'argent n'a pas d'odeur " ! Rien ne garantit qu'un payeur à gagner par son Travail l'argent qu'il dépense, les faveurs qu'il prodigue, &c., &, le système étant monétaire, tout le monde a, par définition, besoin de monnaie, & tout le monde l'accepte la convention le veut d'ailleurs ainsi sans vérifier sa provenance que rien ne permet de retrouver sans enquête ! Un autre inconvénient plus subtil est lié à la nature des sociétés ayant besoin d'un moyen d'échange. Ce besoin survient quand la société se développe & que les échanges dépassent son cadre, quand les activités se diversifient au point que nul ne sait plus ce que fait l'autre, & que chacun livre son Travail sur le marché sans plus savoir ce qu'il doit en attendre. Outre que ces sociétés ne définissent pas ce qu'est " Travailler ", bien que tous les membres du corps social Travaillent dans des secteurs différents, mais tous dans l'intérêt de la Cité & souvent à temps complet , certains finissent par prétendre à une part plus importante du produit de la Cité auquel chacun a contribué à un poste différent, mais dans la même mesure, ils se croient supérieurs en Droits, & leur pouvoir légitime leur permet de retenir l'argent qui passe entre leurs mains & qui accroît encore leur puissance, alors usurpée. Trop puissants pour être défiés impunément, les autres acceptent l'infériorité qui leur est imposée, leur abandonnent l'argent qui leur ait sournoisement spolié, & renoncent, sans s'en rendre compte, aux Droits qu'ils ont sur leur propre production ou sur leur part indirecte à la production générale. Le Travail des Citoyens profite alors à ceux qui ont l'argent : aux riches ! L'argent amplifie considérablement l'inégalité & détruit le Contrat Social tacite dans ses moindres détails.
Ces deux aspects funestes de l'argent ne sont que les plus monstrueux, & chacun sait que les camions sont moins dangereux pour la chaussée que les lapins qui la minent ! En surface, la monnaie introduit de gros défauts dans l'édifice social, mais en profondeur dans l'esprit des hommes & dans les rapports entre Citoyens, son uvre est encore plus perverse & destructrice ! Il ne subsiste plus rien de la Cité, si ce n'est une concentration d'individus, de même que des gravas rappellent seuls qu'à tel endroit s'élevait un bâtiment ! Pourtant, tant bien que mal, la " société " humaine a avancé avec ce moyen d'échange vicié dès son origine. La monnaie a détruit la Cité & s'est construit la sienne ! Au lieu de s'adapter aux Principes de la Cité, le moyen d'échange qu'est la monnaie, s'est, petit à petit, entouré de tous les organes nécessaires à SA vie, de toutes les institutions nécessaires à SES mouvements, & de tous les prétextes justifiant SA survie. L'argent inventé par la force des choses est devenu tout, & les hommes, par la force de l'argent, rien ! Mais est-ce parce que l'argent a supplanté l'Homme que l'Homme qui l'a crée, n'a pas le Droit inaliénable de le renier ? Attention, il s'agit pour l'Homme de condamner UN moyen d'échange en l'occurrence l'argent ou la monnaie , pas le Principe plus que jamais nécessaire DU moyen d'échange ! Mais, cette fois-ci, fort des enseignements de la banqueroute sociale de l'argent, l'Homme doit embrasser tous les besoins de la Cité, définir ce qu'est la Cité, circonscrire parfaitement le rôle du moyen d'échange, & en imaginer un qui le remplisse sans faille !
Tout comme la monnaie est le centre de son monde, tout moyen d'échange est la pièce centrale de l'édifice social qui s'organise autour de lui car l'échange, sans lequel la Cité n'a aucune raison d'être, est ce qui lie les Travailleurs, les Citoyens. Il va donc de soit qu'un monde sans argent est un monde différent du monde de l'argent, que les lois, les institutions, les valeurs, &c., de la Cité ne sont pas celles de la pseudo société monétaire, &, en un mot, que le moyen d'échange de la SDT n'est pas à lui seul la SDT, & que la SDT dont le seul souci est le respect du DROIT, n'est pas le capitalo-libéralisme dont le seul souci est l'accumulation de profits. Il serait néanmoins faut de dire que la SDT n'est rien de la société monétaire ; elle est ce qu'elle a de meilleur sans le pire, & ajoute à ce meilleur tous les bienfaits inconnus de l'EGALITE & de l'Humanité.
Mais il est dans la nature des hommes de se laisser porter par la vie & écraser par la société. C'est ainsi que l'argent est parvenu jusqu'à nous sans que ses tares ahurissantes ne le fassent soupçonner d'être le commanditaire de l'oppression & l'ordonnateur du crime. Les hommes ont été des marionnettes au bout de ses fils & les trames des hommes machiavéliques ont dissimulé ces fils. Mais, le génie de l'Homme Citoyen veillait, & a tranché un à un ces fils qui faisait mouvoir la tyrannie humaine. Aujourd'hui, il ne reste que quelques pantins s'agitant désespérément pour attirer sur eux la colère des hommes assoiffés de JUSTICE, & protéger ainsi leur Dieu de toutes les attaques. Peine perdue ! Le dernier fil de ce tyran qui s'avance aujourd'hui en pleine lumière, est sur le point de se rompre ! En bon pêcheur, ce tyran a su donner du mou lois sociales, primes de salaire, jeu d'argent, &c. Ca ne prends plus ! Mais, dira-t-on, ce sont les hommes qui courent après l'argent ! Faux, c'est l'argent qui les fait courir, qui les rend fous & aveugles ! Les hommes d'aujourd'hui n'ont pas inventé l'argent ; ils sont nés sous son règne ! & ce règne s'achève. Le changement va être soudain ! Le jour de la mort de l'argent sera celui de la naissance de la SDT & il ne faut d'ailleurs pas perdre de vue que la SDT est le prolongement dans le temps du capitalo-libéralisme, & que les changements profonds seront l'uvre du temps ! La transition sera en apparence brutale : ou il y a de l'argent, ou il n'y en a plus ! Au système monétaire devra immédiatement succéder tout un système cohérent. Certes, le temps de créer les structures nouvelles, il faudra une période de transition, mais celle-ci sera toujours monétaire. Enfin, un jour, s'en sera fait de l'argent, & le règne de l'EGALITE s'ouvrira. C'est l'organisation de cet empire que nous allons maintenant étudier.
La volonté d'abolir l'argent exprime le désir de s'en prendre au cur de l'inégalité, pour détruire à la source le mal qui ronge les Citoyens. Par conséquent le but de la SDT est de réaliser l'EGALITE en Droits, sans chercher à changer les hommes dont les vices disparaîtront avec leur cause & le moyen de les assouvir. Contrairement au système monétaire qui a traîné les hommes à le consolider, la SDT est un système appelé à imprégner les hommes de son esprit, &, par-là même, à s'effacer devant l'Humanité. Aussi faut-il que dès le départ ses fondements soient solides. Or qu'y a-t-il de plus solide que les Vérités éternelles ? La Vérité de la libre association n'est-elle pas que deux associés doivent être égaux en Devoirs & en Droits, sous peine de consacrer la domination de l'un & l'oppression de l'autre ? Une Vérité ne dit-elle pas que l'union fait la force ? Or la force n'est-elle pas plus grande quand toutes les parties unies donnent le meilleur d'elles-mêmes ? & quand donnent-elles le meilleur d'elles-mêmes si ce n'est quand elles sont sûres que la force collective ne se retournera pas contre elles qui la servent librement & avec enthousiasme ? Chaque associé doit donc être considéré comme l'égal de tous les autres malgré les différences naturelles entre les individus, qui font d'ailleurs qu'ils se complètent , & qu'il ait les mêmes Devoirs & les mêmes Droits, donc les mêmes avantages que tous à contribuer à l'intérêt général. Ces Principes ne sont rien moins que le Contrat Social tacite ! Une autre Vérité n'est-elle pas que pour être libre il faut avoir le choix ? & comment avoir le choix, sans que des propositions claires soient établies ? Toute association repose sur un contrat, toute société repose sur un Contrat Social que le caractère tacite à permis aux hommes de déchirer sans peine ! C'est pour remédier à cette lacune porte ouverte à l'anarchie, à l'arbitraire & à la tyrannie , que la SDT adopte & proclame un Contrat Social, dont les clauses sont les suivantes :
1/ Tout homme qui Travaille dans la Cité, selon les critères de la Cité, est Citoyen.
2/ Tout Citoyen a donc les Devoirs de Travailler ( s'il en est apte ) pour la Cité, de respecter l'Humanité & de défendre ses Concitoyens & la Cité.
3/ Tous les Citoyens sont égaux aux yeux de la Cité ; ils ont les mêmes Devoirs & les mêmes Droits à la Sécurité, à la Liberté & à la Propriété.
4/ Toute prévarication est une atteinte à l'EGALITE, à la LIBERTE & à tous les Citoyens, & est passible de sanctions pouvant aller jusqu'à la perte de la Citoyenneté.
5/ Toute oppression à l'encontre d'un seul Citoyen commande la levée de tous les Citoyens contre l'oppresseur.
Par ce Contrat Social, le même proposé par la SDT à tous les hommes, tous les Citoyens c'est à dire les hommes l'ayant accepté sont liés de la même façon à la Cité, autant que la Cité l'est envers chacun d'eux, &, fatalement, tous les Citoyens sont liés entre eux, puisque la Cité est leur ensemble. Ce Contrat on ne peut plus juste annonce toutes les mesures qui vont suivre & qui n'auront d'autre objet que d'en garantir le respect par chacune des parties. On voit immédiatement que la société qu'il définit, est loin de l'anarchie du capitalo-libéralisme, & qu'elle exige une structure sociale différente. Contrairement aux sociétés monétaires qui s'adaptent malgré elles au principe incontrôlable de l'argent, la SDT doit présenter tout une organisation rationnelle adaptée au Principe engendré par elle, & mort-né sans elle : l'EGALITE.
Il ressort de ce Contrat Social que l'argent, faiseur d'inégalités, n'a plus sa place. Or, un moyen d'échange est vital dans toute Cité un tant soit peu développée, à plus forte raison dans la société du XXIe siècle. Les hommes du système monétaire qui refusent de voir dans l'argent leur maître, savent pourtant qu'il l'est, puisque, sitôt son abolition évoquée, ils n'ont de cesse de connaître son remplaçant ! & c'est à cette seule question qu'ils s'attachent. Si la réponse est effectivement importante, tout l'exprime, tout la donne, tout la crie ! Leurs droits ont si longtemps dépendu de l'argent qu'ils ignorent que les Droits dépendent de la Citoyenneté, & qu'être Citoyen est le fait de participer à la vie de la Cité. En théorie, il n'est donc même pas besoin d'un moyen d'échange puisque Travailler pour la Cité suffit à se voir reconnaître par elle & l'Egalité & le Droit de Propriété, autrement dit le Droit de consommer ce qui est bien le but d'un moyen d'échange ! Un Droit est un Droit, & comme tout Droit, le Droit de propriété est généré par un Devoir en l'occurrence Travailler , & sa jouissance est bornée par les Droits des autres Citoyens. Il en va ainsi pour la LIBERTE qui commence par le respect d'autrui, & s'arrête devant les Droits d'autrui. Ce qui veut dire que le Droit de consommer, une fois le Devoir de Travaillé accompli, n'est pas borné artificiellement, comme le fait l'argent qui confère un droit dont la jouissance est relative à l'étendue de la fortune, & qui peut aller de tout à rien. Mais, soyons encore plus clair, cela veut dire que tout Citoyen, jouissant de sa LIBERTE & de son Droit de Propriété, peut consommer autant que ses envies & les envies de ses Concitoyens le lui permettent. Ce qui implique que rien n'ait de prix, puisque tout achat les locations, &c. est légitimé par le fait d'avoir Droit à toute la production. Or ce Droit sur la production étant le même pour tous les Citoyens, il s'ensuit qu'aucun ne peut tout s'approprier, que, en théorie, chacun en retire la même part en théorie, car les Citoyens étant égaux en Droits, mais libres & différents, n'ont ni les mêmes goûts, ni les mêmes envies, ni les mêmes biens , & que les désirs excessifs des uns sont limités de façon naturelle & neutralisés par les désirs excessifs & raisonnables des autres.
" Les hommes ont donc Droit à tout ! " Non ! pas les hommes, mais les Citoyens ! & ils n'ont pas Droit à tout, mais ils ont tous leurs Droits ! Les Citoyens Travaillent, ils contribuent à la production ; eux seuls ont des Droits dans la Cité, & en particulier le Droit de consommer, le Droit de Propriété indirect sur LEUR production. Ensemble les Citoyens produisent ; ensemble ils profitent. Qui d'autre peut se prévaloir d'un Droit sur une production à laquelle il n'a pas voulu participer ? ( Le cadre de ce résumé ne permet pas d'évoquer toutes les exceptions, mais la SDT, mue par la JUSTICE & l'Humanité, n'oublie pas les malades, les handicapés, &c. ) Il ne tient qu'aux hommes valides de Travailler pour la Cité & d'en être Citoyen, mais il n'appartient qu'aux Citoyens de jouir des Droits de la Cité & de ses bienfaits, juste retour des choses ! Si l'on s'en souvient, c'est ce que la monnaie, malgré l'échange indirect, était présumer garantir : la production aux Travailleurs. C'est pour permettre de reconnaître un Travailleur que la monnaie a été introduite. En effet, devant s'acquérir par la vente de son Travail, elle devait être la preuve, pour tout vendeur, que l'acheteur était lui-même un producteur, & que l'échange n'était pas un marché de dupe ! Ce qu'il y a de répréhensible dans le vol d'une bourse, n'est pas tant le préjudice causé au particulier que l'atteinte à la convention monétaire, & par-là même à tout l'édifice social ! Or, comment empêcher le vol quand les droits déjà inégaux sont confinés dans un porte-monnaie facile à dérober ou sur un compte informatique facile à pirater ?
Pas d'inégalité, pas d'unité, pas de vol : voilà les écueils que doit éviter le moyen d'échange de la SDT ! On a dit qu'un moyen d'échange n'a pas même besoin d'exister, puisqu'il suffit d'être Citoyen pour pouvoir consommer. Certes la technologie du XXIe siècle permet de s'en passer, chaque homme possédant des preuves infaillibles de son identité, donc permettant de vérifier sa Citoyenneté, par le biais de l'informatique. Mais ce serait un changement bien trop radical pour des hommes habitués à manier de l'argent bien qu'il tende à disparaître du monde réel ! Il ne faut pas trop heurter les habitudes, même si les habitudes sont pures illusions ! D'ailleurs la SDT elle-même appelée à évoluer s'inscrit dans le cadre de l'évolution, & le principe de la carte de crédits ultime étape de l'évolution de l'argent est propre à remplir ce qu'elle attend de son moyen d'échange ! Car, il s'agit pour la SDT de doter les Citoyens d'un moyen de se reconnaître entre eux, s'obtenant par le Travail, ne pouvant servir qu'à son propriétaire, permettant au détenteur de ce moyen d'acheter, au vendeur de faire le compte de ses ventes, & à la Cité de s'assurer que le vendeur à Travailler & qu'il mérite les Droits du Citoyen &, à son tour, ses Droits. Au lieu de renvoyer à un compte en banque, une carte peut renvoyer à une banque de données. Il ne s'agit pas d'y prélever des unités, arrivées là on ne sait comment, mais de vérifier la Citoyenneté, méritée par le Travail. Aucun compte n'étant débité, la Carte reste valide tant que l'individu est Citoyen & utilisable à volonté par lui seul. Le seul changement perceptible pour un Travailleur est l'augmentation phénoménale de son pouvoir d'achat.
Retenons donc que le moyen d'échange de la SDT est une Carte, fonctionnant comme une carte de crédits, servant, non plus à virer des unités, mais à vérifier la Citoyenneté du client, de sorte que tous les Citoyens aient le même Droit de Propriété, donc les mêmes Droits.
Infailliblement, loin de retenir que, dans ce système, les Citoyens sont véritablement libres & égaux, des sophistes vont hurler à l'espionnage ! Oui, cette Carte nécessite un relevé d'informations sur les Citoyens, mais comment pourraient-ils être reconnus tels par la Cité, s'il n'y a trace d'eux nulle part ? Il faut bien recenser leurs périodes d'activité pour savoir qu'ils ont Travaillé & que leur Carte soit validée ! Mais, le recensement de ces données que seuls quelques personnes peuvent consulter, dont l'intéressé est profitable au Citoyen puisqu'il permet de lui garantir ses Droits, contrairement au système monétaire où les mêmes données sont connues de nombreux services, & toujours pour le faire payer, donc lui ôter des droits déjà arbitraires ! Aujourd'hui, l'Etat ignore-t-il où l'on Travaille, où l'on habite, quelle voiture on a, combien on " gagne ", &c. ? Toutes ces données ne sont-elles pas l'objet de taxes, d'amendes & d'impôts ? Voilà le genre de données que la SDT informatise, sans qu'elles puissent être prétexte à la moindre spoliation de sa part puisqu'il n'y a plus d'argent !
La SDT nous l'avons dit ne se résume pas à son moyen d'échange. Mais, avant de l'approfondir, voyons les conséquences inéluctables de la substitution de cette Carte civique à la carte de crédits.
1/ Nous avons insisté sur le fait qu'elle soit personnelle. Certes, comme la carte de crédits, elle fonctionne avec un code secret ; mais, bien que cela limite le nombre de personnes qui peuvent s'en servir, rien ne garantit que son propriétaire ne le divulguera pas. C'est pourquoi, en plus du code, la Carte est une carte d'identité. Les cartes d'identité sont déjà réduites à la taille d'une carte de crédit ; il n'y a qu'un pas ! Les Droits sont donc indissolublement liés aux Devoir & à la personne du Citoyen qui les a remplis, ce qui en y réfléchissant bien écarte le parasitisme que le pouvoir d'achat donné par la Carte pourrait laisser supposer.
2/ Ce système est un coup fatal à la délinquance & à la corruption ! Les Citoyens pouvant acheter ce qu'ils veulent, n'ont aucune raison de voler. Le moyen d'échange qu'est la monnaie peut se voler ; il est inutile de voler une Carte. Le fruit d'un larcin peut se revendre contre de l'argent ; il n'y a plus ni argent, ni acheteur. La vente d'un larcin permet ensuite d'acheter en toute légalité ; le vol ne peut plus procurer que ce qui a été volé & il faut un bel effort d'imagination pour penser qu'un voyou casse des voitures pour le plaisir d'accumuler des autoradios, ou puisse passer sa vie à braquer le boulanger, le buraliste, le boucher, &c. car sans l'argent, c'est bien ce à quoi il est quotidiennement réduit ! & les gros poissons ne sont pas plus à l'abri dans leur aquarium vidé ! Sans la justifier, on comprend que des individus puisse préférer la malhonnêteté à l'esclavage moderne, mais si le Travail procure tous les Droits, il devient infiniment préférable à une situation impossible ! Il se trouve donc qu'en SDT, le Travail a la préférence de tous ! Il y aurait encore beaucoup à dire sur ce coup de poignard porté au crime, mais il doit être clair pour tous que l'on peut compter ses jours sur les doigts d'un manchot !
3/ SDT : Société Du Travail. Beaucoup se demandent comment la société pourrait passer d'un état dans lequel le chômage est un fléau incurable à un état dans lequel le chômage involontaire serait une aberration. On pourrait répondre que la Cité renouant avec sa logique, avec la logique du DROIT, tout illogisme disparaît dans l'instant. Mais, puisqu'il faut mettre les points sur les " i ", la proscription du chômage involontaire tient naturellement au moyen d'échange de la SDT, à la Carte. Contrairement à l'argent qui contraint les hommes à limiter leurs dépenses, donc leurs achats, donc l'offre par le marché, la Carte libère le pouvoir d'achat des Citoyens. Théoriquement, la demande de biens ou de services de chaque Citoyen est infinie, ce qui pratiquement se traduit par une demande insatiable au niveau de la Cité. Or, si la demande dépend des envies, l'offre dépend de l'emploi & du potentiel de Travail mobilisé. L'argent maintient un équilibre artificiel entre l'offre & la demande, mais la Carte pulvérise la demande, & met entre la demande & l'offre un gouffre infranchissable. Pour satisfaire la demande, l'offre tend à augmenter & augmente jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'hommes disponibles, jusqu'à ce que la Cité ait atteint le plein emploi. Sur le papier, ce processus est instantané ; dans le réel, il ne peut dépasser quelques mois ! Ce nouvel équilibre est inaltérable. C'est dans ce cadre, dans cette situation de plein emploi, que le terme Devoir pour désigner le fait de Travailler prend tout son sens !
4/ La Carte remplace l'argent : tous les soucis de prix, de budgets, de coûts, de revenus, de primes, d'impôts, de remboursements, de factures, d'économies, de placements, de pensions, de dettes, d'assurances, &c. s'envolent ! Est-il possible à un homme du système monétaire de concevoir la sérénité qui entoure un Citoyen de la SDT ? Terminé les salaires indécents ; terminé les colères devant les factures exorbitantes ; terminé la rage d'être escroqué ; terminé les noyades dans les papiers ! Les Citoyens peuvent-ils regretter un seul jour la société monétaire ? & comment les Citoyens nés sous la SDT comprendraient-ils que les hommes aient vécu si longtemps sous l'argent ? Est-il possible de mesurer toute l'énergie sacrifiée à ce despote, & enfin utilisable par les hommes pour l'Homme ? Allons au plus éloquent : l'Etat. Fini les débats & les batailles interminables pour la moindre dépense dans le moindre secteur ; fini la pression sur les contribuables ; fini les plaintes pour lui réclamer des aides ; fini les injustices rentables ! Tout ce que la Cité veut, elle le peut.
5/ Mais la conséquence qui crève les yeux, suite à l'explosion du pouvoir d'achat de tous les Citoyens longtemps frustrés, est une soudaine boulimie de consommation. La répercussion sur l'emploi est immédiate. La production subit immédiatement la volonté des Citoyens dont les goûts sont libérés ; tant qu'à y être, leurs choix se portent sur les meilleurs produits & entraînent la Cité dans la course à la qualité. Cependant, dans une société tertiaire, les services se taillent la part du lion ! La production primaire reste relativement stable, & la production secondaire reporte essentiellement ses efforts sur des produits de hautes gammes plus que sur la quantité ! La boulimie est une réaction à la frustration, & les Citoyens, voyant que leur Liberté est désormais inaliénable, perdront rapidement les réflexes mesquins, désormais ridicules ! Mais alors se diront certains, la demande va baisser & l'emploi peut à nouveau être menacé ? Hé bien, non ! Premièrement parce qu'une demande inférieure à l'infini reste supérieure à l'offre finie ; deuxièmement, parce que, même si la demande baisse sous le seuil de l'offre, l'équilibre offre demande qui se réalisera, n'affectera pas les Droits des Citoyens, & que le Travail ne dépend plus de l'arbitraire de l'argent, mais de l'intérêt général ce dernier point est expliqué plus loin.
Les conséquences de la Carte dans la vie & sur les esprits sont innombrables & toujours positives. Rien ne peut déstabiliser la SDT. Nous avons vu que la Carte n'est en fait qu'une illusion, & que la Cité pourrait fort bien s'en passer. Donc, contrairement à la société monétaire pouvant être déstabilisée par des attaques boursières, par des dévaluations, &c., le cur de la SDT, lui, ne risque plus l'infarctus ! Le seul & véritable maître des destinées des Citoyens est la Cité, donc les Citoyens eux-mêmes ; & non plus cette immonde idole !
Voilà donc le nouveau sang de ce corps social régénéré. Mais il n'en est que le sang, & le corps social formé par les Citoyens qui en sont les organes , a besoin d'une ossature. Le jeu économique dirigé ou plutôt commandé jusque-là par l'argent doit se trouver une autre boussole que le profit. Or, il va de soi que l'activité économique de la Cité doit répondre aux intérêts de la Cité, c'est à dire aux intérêts de tous les Citoyens. Si les hommes ne Travaillent plus soumis aux exigences financières pour récolter l'inégalité & ses maux, les Citoyens doivent Travailler soumis aux exigences de la Cité pour récolter l'Egalité & ses bienfaits. L'abolition de l'argent qui plient la société à son arbitraire, ne livre pas la Cité à l'anarchie ! Ce serait bien le comble qu'une société dite " du Travail " ne soit pas organisée pour Travailler !
A ces mots, le spectre du communisme semble surgir de sa tombe ! Mais, faut-il rappeler que les Principes piliers de la SDT sont l'EGALITE & la LIBERTE ? Si la Cité s'implique nécessairement dans la vie économique pour garantir l'EGALITE, elle s'y implique donc sans nuire à la LIBERTE ! Le moyen d'échange adopté par la Cité garantit par nature l'Egalité des Citoyens ; ils sont donc égaux dans la participation à l'échange, qu'il s'agisse de produire ou de consommer ! La Carte résout le problème de l'Egalité des Citoyens dans la consommation ; reste celui de l'Egalité des Citoyens dans la production : l'Egalité dans le Devoir de Travailler. Deux questions se posent alors : 1) comment deux activités peuvent-elles être égales ? 2) qu'est-ce que Travailler en SDT ? Le premier Principe du Contrat Social est très clair sur ces deux points : tout Citoyen Travaille selon les critères de la Cité. L'Egalité qui commande à tous les Citoyens de Travailler, n'exige pas qu'ils exercent la même activité ! Le terme " Travail " recouvre toutes les activités qui répondent aux critères de la Cité, de sorte que chaque Travailleur remplit en fait le même Devoir : Travailler. Toutes les activités reconnues par la Cité sont donc nécessaires & également honorables, & les Travailleurs dignes des mêmes Droits. Chaque place doit être pourvue & aucune n'est l'objet de honte ou de privilège, d'infériorité ou de supériorité en Droits ! Pour éviter une horrible méprise, précisons le fait que, conformément au Principe de LIBERTE, les Citoyens sont absolument libres de choisir leur activité professionnelle, libres d'en changer, libres de la manière de l'exercer, &c.
Il faut donc que la Cité définisse ces critères. A cette fin, la SDT dispose d' un ensemble de Commissions : Commission des Cartes, Commission des conventions, &c. En l'occurrence, les critères concernent la Commission des conventions. Toutes les activités ont leur Commission formée de professionnels des activités correspondantes. Le rôle de la Commission, attentive à l'intérêt général, est d'établir d'un commun accord avec les Travailleurs indépendants ou les entreprises, par rapport aux besoins de la Cité & aux capacités de l'intéressé, leurs conventions pour une période donnée. Pour l'essentiel, ces conventions fixe un résultat à atteindre impérativement sous peine de sanctions que nous étudierons plus loin. ( C'est ce système de convention qui, en adaptant les résultats à atteindre aux conjonctures, permet à l'offre le cas échéant de diminuer sans nuire aux Droits des Travailleurs Citoyens. ) Ce résultat n'est pas une quantité de production chose impossible à définir pour les entreprises de services , mais une quantité de clients & de produits vendus. Car & il faut toujours l'avoir à l'esprit de ce résultat dépend la validation de la Carte qui, en tant que moyen d'échange, donne accès au marché à la condition d'y avoir contribué. Or produire sans vendre revient à n'avoir rien fait ! Pour vendre, il incombe donc aux entreprises d'attirer les Citoyens sur leurs produits qui ne sont pas les seuls sur le marché concurrence nationale & internationale. Quand elles atteignent leurs résultats conventionnels, les entreprises sont encore tenues, dans la mesure du possible, de satisfaire la demande. Leur politique est donc dictée par le marché, donc par les Citoyens, & non par l'Etat les Commissions n'étant d'ailleurs pas des organismes d'Etat. Les conventions, nécessaires pour prévenir des abus, sont en réalité illusoires & ignorées. Contrairement aux apparences, la SDT est un système libéral, dans le vrai sens du terme.
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, la retraite est la clé de voûte de tout cet édifice. En SDT, il n'y a pas d'âge de retraite. Egaux en Devoirs, tous les Citoyens doivent Travailler le même temps avant de d'y prétendre. Ce temps accompli, ils n'ont plus aucune obligation de Travailler, sans que cela leur soit interdit, & leur Carte est valide de façon permanente. En tant que retraités, ils ont donc toujours les mêmes Droits que les Citoyens, sans que se pose pour la Cité le problème de trouver les financements, & pour eux-mêmes la question de savoir si la retraite ne va pas les condamner à la misère ! Pourtant, si la solution inespérée à cette épineuse question est de la plus haute importance, ce n'est pas en cela que réside son importance pour la SDT !
La retraite est possible après un temps dit " Temps à Travailler ". Il s'ensuit que durant la vie active, toutes les périodes d'activité sont recensées & ajoutées jusqu'à ce que le compte soit atteint. Ce temps est donc positif. Or, si du temps est positif, il peut y en avoir du négatif ! C'est sur ce Principe de Temps Négatif que repose l'essentiel des sanctions économiques. Des sanctions économiques sont appliquées quand les résultats conventionnels n'ont pas été respectés. Les entreprises ayant ce que le système monétaire qualifierait de budget inépuisable, seuls les hommes sauf exception sont responsables de cet échec. L'argent n'étant plus là pour le sanctionner, la Cité s'en charge s'il y a lieu. Un résultat négatif traduit une activité nonchalante & du mépris pour le Devoir élémentaire de tout Citoyen. Sans que la Carte des Travailleurs concernés soit invalidée, ceux-ci se voient infligé du Temps Négatif. Ils ont mal Travaillé, ils ont manqué de sérieux, ils ont dupé la Cité : leur Temps à Travailler est rallongé. On aura compris qu'une période de Temps Négatif rallonge d'autant le Temps à Travailler ! Certes les périodes de Temps Négatif n'excèdent pas quelques mois, mais quelques mois chaque année amènent l'heure de la retraite à la veille des funérailles ! & il n'est pas douteux que les hommes préfèrent profiter d'une retraite dans les conditions que l'on devine , plutôt que passer leur vie à Travailler. Quelques alarmes suffisent à réveiller même les insouciants !
Cependant l'intérêt de la Cité n'est pas de sévir, mais de rassembler des Citoyens. La SDT s'effondrerait comme un château de cartes si les hommes pouvaient donner libre cours à la fainéantise que l'argent leur a inculqué, à l'abri dans une entreprise, & si la faillite d'une entreprise imposait seulement aux fainéants d'en trouver une autre à ruiner, sans rien perdre de leurs Droits ! Le XXe siècle a donné un grand exemple de ce qu'engendre l'inconséquence d'un système composé d'hommes pervertis ! Le Contrat Social stipule que tout Citoyen a le Devoir de Travailler ; la fainéantise est non seulement une rupture du Contrat Social, mais une trahison envers tous les Citoyens. Il est évident que le fainéant cherche à jouir de droits sans s'en montrer digne, & que ces droits sont pris, de fait, sur les Droits des Citoyens Travailleurs ! Pourtant, la SDT ne les traque pas, car il est une mesure logique qui oblige naturellement les Citoyens à remplir leur Devoir avant de jouir de leurs Droits !
Toute entreprise à des conventions à satisfaire sous peine de sanctions. Or qui est l'entreprise ? Qui peut être sanctionné ? Certes pas l'entreprise en tant que personne morale ! Une entreprise n'est jamais qu'une Cité en miniature, & comme la Cité est l'ensemble des Citoyens qui l'incarnent, une entreprise est l'ensemble de ses employés qui tous l'incarnent ! Ensemble ils Travaillent, ensemble ils profitent, ensemble ils sont responsables ! Les résultats sont une uvre collective, & les défaillances sont imputables à chacun. La Cité a devant elle une entreprise & ne distingue pas le PDG de l'ouvrier spécialisé. Ainsi lorsqu'une entreprise est sanctionnée, la sanction est appliquée à tous ses membres sans distinction. Une révolution se produit donc dans l'esprit des Travailleurs ! Puisque leurs sorts dépendent de la de la politique de l'entreprise, puisqu'ils sont égaux en tant qu'employés, & en tant que tel responsables, ils ont leur mot à dire ! Si le patron conserve le mot de la fin, il ne peut rester sourd aux volontés de l'entreprise légitimée à se faire entendre ! D'ailleurs, s'il veut conserver son entreprise, il faut que ses décisions soient de nature à satisfaire les employés qui, de part la prospérité générale, n'hésiteront pas à la quitter pour une autre plus conforme à leurs intérêts !
Mais, cette logique à une répercussion sur le comportement même des individus, & éradique le fléau le plus redoutable entre tous : la fainéantise. Il suffit d'être un être humain pour comprendre que la plupart des hommes cherchent à se préserver des sanctions quoique la conscience professionnelle ne soit pas qu'un mythe ! Or les sanctions ne dépendent pas du seul comportement individuel ! Outre que, pour des raisons personnelles, le patron veut que son entreprise tourne, tous les employés y ont intérêt & se sentent solidaires ! Dans ces conditions, comment un individu oserait-il menacer les efforts des Travailleurs, les exposer autant que lui-même à des sanctions, & défier leur colère ? Aussi, tous les employés donnent le meilleur d'eux-mêmes, tous les Citoyens Travaillent, les résultats sont atteints, & le glaive de Damoclès reste en suspens & se couvre de rouille ! On devine la suite !
Avant de clore cette présentation, il n'est pas inutile d'apporter une dernière précision. La Citoyenneté est liée au fait de Travailler, mais à partir de quand un homme devient-il Citoyen ? Si la Citoyenneté s'acquiert en Travaillant, elle n'est pas innée ; donc les enfants ne sont pas des Citoyens ! La Cité les entoure de toute l'attention due à l'enfance & à ses futurs Citoyens, mais ils n'en ont pas le statut qu'ils devront d'ailleurs conquérir. Or en SDT, seule la Carte permet d'acheter & d'accéder à l'indépendance. Priver les enfants d'un certain âge de tout moyen d'échange serait les réduire à la dépendance totale de leurs parents avec toutes les horreurs possibles de cet état , & leur ôter toute sensation de liberté. Pour eux, il existe donc des cartes correspondant à différentes catégories d'âge & de produits. Elles n'ouvrent donc pas toutes les portes ! Ces cartes couvrent la période de 6 à 21 ans inclus. Cependant, à 21 ans, ceux qui ont arrêté l'école & exercent, depuis l'âge de 18 ans, une activité professionnelle, sont déjà Citoyens, avec tout ce que cela implique. Le cas de ceux qui poursuivent leurs études se présente donc ! Quel statut ont les étudiants ? Que font-ils sinon amasser des connaissances indispensables pour leurs activités futures ? La Cité peut-elle leur refuser le statut de Citoyen, alors que ces études constituent déjà la base de leur futur Travail, lui-même à la base de la Citoyenneté ? Faire des études est donc reconnu, par la SDT, comme un Travail à part entière : les étudiants sont des Citoyens. Ils ont donc les mêmes Droits & les mêmes Devoirs que les Citoyens engagés dans la vie dite " active ". Comme tout Travailleur, ils ont des résultats à atteindre, & encourent des sanctions en cas d'échec. La nature de ces résultats est, dans le cas des études, évidente ! Il s'agit pour eux de réussir leur année ou être crédité d'une année négative. Notons que chacun est libre de choisir entre les études & la vie active, que chacun de ces choix a ses avantages & ses inconvénients pour mériter les mêmes Droits, & que les deux sont également honorables & honorés. Dès lors l'obstination dans les études pour complaire aux valeurs ridicules du capitalisme n'a plus aucun sens, &, inversement, seules les capacités déterminent leur poursuite. Rien n'est plus un obstacle dans l'une ou l'autre de ces voies !
CONLUSION :
La richesse de trois cents pages ne peut tenir dans une dizaine ! Il reste énormément de chose à dire, mais tout ce qui est dit ici, doit ouvrir chez les esprits vifs des perspectives fabuleuses. Ce qui doit surprendre est, d'une part, la facilité avec laquelle la Société Du Travail peut être instaurée, d'autre part, la facilité avec laquelle elle résout tous les problèmes dans lesquels nous nous enlisons désespérément aujourd'hui : chômage, délinquance & corruption, retraite, pollution, &c. La raison en est simple : les actions de l'Homme y dépendent de la seule volonté de l'Homme. Autre chose a du retenir l'attention : la rigueur. Il faut bien comprendre que cette théorie est un recueil de lois définissant les règles d'un système, en posant les bornes, & que de l'étude de toute légalité ressort ce caractère ! Néanmoins, la différence entre toutes les légalités qui ont existé, & les lois de la SDT saute aux yeux ! Les premières scellaient l'inégalité & l'égoïsme ; la SDT consacre l'EGALITE & la solidarité. Ceux qui voient clairement la différence, doivent même se demander s'ils ne sont pas en train de rêver ! Tout va alors être prétexte à justifier notre sordide réalité ! La moindre question sans réponse de leur part les amènera, non à rejetter ou à commenter les Principes de la SDT, mais à mettre en doute toute la SDT. Or, sa théorie complète répond à tout ! D'importants sujets ont été laissés de côté : la Déclaration des Devoirs & des Droits de l'Homme & du Citoyen, le Tribunal de l'Opinion Publique, la nationalité, la propriété foncière, les importations & les exportations, les ressources naturelles, &c., autant de sujets traités qui font de la SDT un édifice inébranlable. A travers cet aperçu les liens apparaissent entre les différents domaines & il en va de même pour tout en SDT. Evidemment ! car dans la Cité, dans le monde, dans l'univers, partout & toujours, tout est lié. L'argent divise le monde & le conduit à sa ruine ; la JUSTICE qui unit, est dans la nature des choses éternelles & louables ! Alors cette fenêtre ne permet effectivement pas d'embrasser toute la SDT, mais le jour qui filtre à travers une embrasure, annonce infailliblement que le soleil brille !
Tout ceci est beau, mais comment introduire cette beauté dans la vie ? Comment douter un seul instant que cette théorie si simple & si puissante fasse des émules & qu'elle finisse par gagner le Peuple tout entier ? A l'heure de l'instantané, comment croire que cette théorie mettra des siècles à se répandre ? Si l'Homme est convaincu de la nécessité d'abolir l'argent & d'instaurer la SDT, qui l'en empêchera ? La Démocratie ne serait-elle faite que pour les sophistes ? Il n'est donc pas douteux que la Démocratie tiendra les promesses de la République ! Toutes les évolutions convergent vers la SDT.
Bien que le projet soit très
avancé, c'est pour le mûrir que le génie de chacun, de chaque
Citoyen conscient de sa Dignité & préoccupé par l'avenir
de l'Humanité, est sollicité, pour apporter au monde sa plus
grande Révolution.
LA JUSTICE NE PEUT PAS PERDRE, &,
AVEC LE TEMPS, ELLE N'A JAMAIS PERDU.
GLAIVE
LIBERTE
EGALITE
FRATERNITE
OU
LA MORT
THEORIE DE L'ASSOCIATION POLITIQUE