INTRUSION DE L’INCORRUPTIBLE


 
 

INTRUSION DE L’INCORRUPTIBLE

( Extraits )

L’ignorance des Français de leur propre histoire serait seulement une terrible lacune si elle ne les exposait à être dupes des diffamations & ne les amenait à se renier & à se déshonorer.

Permettez à votre serviteur de s’introduire dans votre lecture & de parler en son nom. Il est de la dernière des lâchetés de défendre un homme sans prendre parti ouvertement. J’ai fait maintes fois référence à ROBESPIERRE, & il ne peut plus être surprenant que je m’en réclame ici avec force. Pourquoi ? Autant me demander pourquoi je tiens à la cause de l’innocence & des opprimés, de la Vérité & de la Vertu, de l’Humanité & de la JUSTICE ! Peut-être ne tiendrez-vous pas pour rien l’opinion d’un homme qui, sans autre soutien que sa conscience, en dénonçant le plus grand des tyrans à l’heure de son apogée, en craignant moins pour sa vie qu’à la honte d’abandonner l’Humanité à son malheur, a fait montre de la plus pure aversion pour l’iniquité ! Quand tout, de mes intentions qu’un lecteur n’ignore pas, ma courte expérience dans la carrière, & à ma passion irréfragable de la JUSTICE, me désigne Robespierre comme le plus illustre des exemples, il m’est permis de croire à la grandeur de cet homme, & de vous en convaincre ! Le fait même de défendre sa cause, sans autre profit que de voir terrasser la calomnie, venger un Patriote & faire justice de ses calomniateurs pour rendre au Peuple ses véritables amis, au risque de déranger l’opinion publique égarée par la perfidie des ministères, n’est-il pas un gage de mon caractère, & du sien ? Comment pourrais-je approuver les Principes d’un homme, contraires aux miens ? & comment pourrais-je les adopter sans adopter leur infatigable propagateur ? Si vous persistez à condamner ce martyr de la Liberté, condamnez-moi avec le Principe d’Egalité ! Robespierre ! les hommes que tu appelais à ton secours, sont en marche & ne manqueront pas de déployer autant d’efforts que tu déploya, pour eux, de courage. Peut-être seras-tu un jour dans les livres d’histoire, mais c’est dans le cœur des hommes que tu mérites d’être, & c’est dans celui des vrais Patriotes, des défenseurs éclairés de l’Humanité & des ennemis jurés de la tyrannie, que tu es déjà ! Tu es immortel ; tu es dans le cœur des justes !

On parle souvent des idées de la Révolution, des idées qui en sont la gloire, sans avancer les noms de ceux qui les ont formulées. Inversement, on attrape des mots dans le vent pour qualifier Robespierre — & d’autres. Voilà comment, de défenseur de la Liberté & de l’Egalité, Robespierre est présenté depuis comme un monstre !

Bien que Robespierre n’ait jamais eu un projet économique précis ni une analyse transcendante de l’économie, en particulier sur l’incidence de l’argent produisant l’" inévitable " inégalité, la corruption & l’oppression, donc éternellement des fripons, lui qui voua sa vie à l’Humanité & à la JUSTICE, a énoncé, dans le feu de l’action, avec plus de talent que moi, des idées & des Principes auxquels j’adhère entièrement & que je défends sans crainte. Il fut le défenseur du suffrage universel, de l’enseignement scolaire gratuit & obligatoire, des juifs, des opprimés, de l’Egalité des droits, de l’abolition de la peine de mort, des valeurs Françaises, du Patriotisme, bref de tout ce dont nous jouissons aujourd’hui, & dont on lui fit un crime alors. ( On lui fit même un crime de s’être élevé contre la guerre avant qu’elle éclate ! ) Je ne vois que des raisons d’être fier de vivre sur le sol que foula un tel homme. Ce n’est donc pas par hasard que je lui rende hommage. Je veux venger la mémoire d’un juste, au nom de la Vérité, rappeler aux Français qu’ils n’ont pas à rougir de leur histoire — & l’histoire de France commence quand les oppressions sont dénoncées, & les Patriotes, à leurs postes de combat, en première ligne, prêts à la victoire ou au martyre — sinon par fausse modestie, & démontrer que les Principes de la JUSTICE ne sont pas nouveaux, du moins, ceux qui ont déjà été perçus. Ses discours qui ont deux cents ans, sont étonnamment d’actualité !

J’ai parlé pour lui, il parle pour moi. Je vous laisse juge de sa grandeur & de la Vérité :

" Appelé à jouer un rôle au milieu des plus grands événements qui aient jamais agité le monde, assistant à l’agonie du despotisme & au réveil de la véritable souveraineté, près de voir éclater des orages amoncelés de toutes parts, & dont nulle intelligence humaine ne peut deviner tous les résultats, je me dois à moi-même, je devrai bientôt à mes concitoyens compte de mes pensées & de mes actes. " ( Début 1789. )

"  La plus grande partie des hommes qui habitent nos villes & nos campagnes sont abaissés par l’indigence à ce dernier degré de l’avilissement où l’homme, absorbé tout entier par les soins qu’exige la conservation de son existence, est incapable de réfléchir sur les causes de ses malheurs & de reconnaître les droits que la nature lui a donné... " ( Début 1789 )

" Quelle est donc la générosité qui convienne à une nation grande ou petite, & à ses représentants ? Elle doit embrasser sans doute l’universalité des citoyens ; elle doit avoir surtout pour objet la classe la plus nombreuse & la plus infortunée. Elle ne consiste pas à s’attendrir exclusivement sur le sort de quelques individus condamnés à recevoir un traitement de trente mille livres de rentes. Pour moi, je la réclame, au nom de la justice & de la raison, pour la multitude innombrable de nos concitoyens dépouillés par tant d’abus ; pour les pères de famille qui ne peuvent nourrir les nombreux citoyens qu’ils ont donnés à la patrie ; pour la foule des ecclésiastiques pauvres qui ont vieilli dans les travaux d’un ministère actif & qui n’ont recueilli que les infirmités & la misère, dont les touchantes réclamations retentissent tous les jours à nos oreilles. Vous avez à choisir entre eux & les évêques. Soyez généreux comme des législateurs, comme les représentants du peuple, & non comme des hommes froids & frivoles qui ne savent accorder leur intérêt qu’aux prétendues pertes de ceux qui mesurent leurs droits sur leurs anciennes usurpations, sur leurs besoins factices & dévorants, & qui refusent leur compassion aux véritables misères de l’Humanité. " ( 22 juin 1789 ? )

" Comment a-t-on pu opposer aux juifs les persécutions dont ils ont été les victimes chez différents Peuples ? Ce sont au contraire des crimes nationaux que nous devons expier, en leur rendant les droits imprescriptibles de l’homme, dont aucune puissance humaine ne pouvait les dépouiller. On leur impute encore des vices & des préjugés ; l’esprit de secte & d’intérêt les exagère ; mais à qui pouvons nous les imputer, si ce n’est à nos propres injustices ? Après les avoir exclus de tous les honneurs, même des droits à l’estime publique, nous ne leur avons laissé que les objets de spéculations lucratives ! Rendons-les au bonheur, à la patrie, à la vertu en leur rendant la dignité d’hommes & de Citoyens. Songeons qu’il ne peut jamais être politique, quoi qu’on puisse dire, de condamner à l’avilissement & à l’oppression une multitude d’hommes qui vivent au milieu de nous. " ( 23 décembre 1789 )

" Les principes qui m’ont porté à défendre la cause du peuple avignonnais doivent être pour vous, Messieurs, un sûr garant de mes sentiments pour les magistrats d’un peuple libre, dont la sainte autorité commence au moment où la tyrannie expire. Leur suffrage est, à mes yeux, le prix le plus flatteur de mon attachement à leur cause & à celle de l’humanité ! Leurs remerciements ne peuvent me paraître qu’un excès de générosité. En défendant les Avignonnais, c’est la justice, c’est la liberté, c’est ma patrie, c’est moi-même que j’ai défendu. " ( Réponse aux louange du peuple avignonnais. Fin 1790 )

" On veut diviser la nation en deux classes, dont l’une ne semblerait armée que pour contenir l’autre, comme un ramas d’esclaves toujours prêts à se mutiner ! & la première renfermerait tous les tyrans, tous les oppresseurs, toutes les sangsues publiques ; & l’autre, le Peuple ! Vous direz après cela que le Peuple est dangereux à la liberté ; ah ! il en sera le plus ferme appui, si vous la lui laissez. Cruels & ambitieux sophistes, c’est vous qui, à force d’injustices, voudriez le contraindre, en quelque sorte, à trahir sa propre cause par son désespoir. Cessez donc de vouloir accuser ceux qui ne cesseront jamais de réclamer les droits sacrés de l’humanité ! " ( 5 décembre 1790 )

" Ah ! combien d’accusés ont été élargis sur des considérations de liberté & d’humanité, quoique chargés de soupçons bien autrement graves ! Je ne m’y suis jamais opposé, parce que le sentiment d’humanité balançait en moi la crainte de voir la liberté compromise ; mais ici ( affaire du curé Carion ) on ne m’objectera pas sans doute l’intérêt de la liberté & le salut de la société. Est-ce donc parce que celui que je défends est sans appui que l’on murmure ? Ah ! s’il eut été un ennemi du peuple, il ne gémirait pas depuis sept mois dans une prison ! Peut-être n’y serait-il jamais entré. Ne serions-nous donc inexorables qu’envers les infortunés, envers les amis de la patrie accusés d’un excès d'enthousiasme pour la liberté ? Non, ce n’est point le moment d’accabler des citoyens sans appui, lorsque tant de coupables, jadis illustres, ont été absous. " ( 17 mars 1791 )

" Il faut de l’indulgence dans une révolution. Les uns ont de la peine à se défaire de leurs privilèges, les autres ont de la peine à modérer leur vengeance. "( 30 avril 1791 )

" Ce qui me paraît évident, c’est que s’opposer à la réélection est le véritable moyen de bien composer la législature. Quel est le motif qui doit appeler un Citoyen vertueux à désirer ou à accepter cet honneur, le plus grand de ceux que la nation Française puisse accorder à ses Citoyens ? Sont-ce les richesses, le désir de dominer, & l’amour du pouvoir ? Non. Je n’en connais que deux : le désir de servir sa patrie : le second, qui est uni à celui-là ; c’est l’amour de la véritable gloire, celle qui consiste, non dans l’éclat des dignités, ni dans le faste d’une grande fortune, mais dans le bonheur de mériter l’amour de ses semblables par des talents & des vertus. " ( 18 mai 1791 )

Il accuse " la presque universalité de mes confrères, les membres de l’assemblée, d’être contre-révolutionnaires, les uns par ignorance, les autres par terreur, d’autres par ressentiment, par un orgueil blessé, d’autres par une confiance aveugle, beaucoup parce qu’ils sont corrompus... L’assemblée nationale trahit les intérêts de la nation... Je viens de faire le procès à toute l’assemblée nationale, je lui défie de faire le mien. " Il n’a jamais été fait ! ( 21 juin 1791 )

" Donnons des larmes aux citoyens qui ont péri ( dans le massacre du Peuple, lors d’une pétition au champ de mars ), donnons des larmes aux citoyens qui, de bonne foi, ont pu être les instruments de leur mort. Cherchons du moins un sujet de consolation dans un si grand désastre. Espérons qu’instruits par ce funeste exemple, les citoyens armés ou non se hâteront de se jurer une paix fraternelle, une concorde inaltérable sur les tombeaux qui viennent de s’ouvrir. " ( Juillet 91 )

" Partout où l’égalité des droits n’existe pas entre tous les citoyens, elle n’existe plus en aucune manière, & bientôt l’état social ne présente plus qu’une chaîne d’aristocraties qui pèsent les unes sur les autres, où l’homme orgueilleux & vil se fait gloire de ramper aux pieds d’un supérieur, pour dominer sur ceux qu’il croit voir au-dessous de lui. " ( Août 1791 )

" Mais, dites-vous, le peuple ! des gens qui n’ont rien à perdre, pourront donc, comme nous exercer tous les droits des citoyens ? Des gens qui n’ont rien à perdre ! que ce langage de l’orgueil en délire est injuste & faux aux yeux de la vérité ! Ces gens dont vous parlez sont apparemment des hommes qui vivent, subsistent au sein de la société, sans aucun moyen de vivre & de subsister. Car, s’ils sont pourvus de ces moyens là, ils ont, ce me semble, quelque chose à perdre ou à conserver. Oui, les grossiers habits qui me couvrent, l’humble réduit où j’achète le droit de me retirer & de vivre en paix ; le modique salaire avec lequel je nourris ma femme, mes enfants ; tout cela, je l’avoue, ce ne sont point des terres, des châteaux, des équipages ; tout cela s’appelle rien peut-être pour le luxe & pour l’opulence, mais c’est quelque chose pour l’humanité ; c’est une propriété sacrée, aussi sacrée sans doute que les brillants domaines de la richesse. " ( Seuls les riches avaient alors le droit de vote. Août 1791 )

" Que l’on pense ainsi, lorsqu’on regarde la liberté comme le superflu dont le Peuple Français peut se passer, pourvu qu’on lui laisse la tranquillité & du pain, que l’on raisonne ainsi avec de tels principes, je ne m’en étonne pas. Mais moi, dont la liberté sera l’idole, moi qui ne connais ni bonheur, ni prospérité, ni moralité, pour les hommes ni pour les nations sans liberté, je déclare que j’abhorre de pareils systèmes, & que je réclame votre justice, l’humanité, la justice & l’intérêt national en faveur des hommes libres de couleur. "

" La défiance est la gardienne des droits du Peuple ; elle est au sentiment profond de la liberté ce que la jalousie est à l’amour... Craignez que, de toutes les qualités nécessaires pour sauver la liberté, celle-là ne soit la seule qui vous manque... "

" La grandeur d’un représentant du peuple n’est pas de caresser l’opinion momentanée qu’excitent les intrigues du gouvernement, mais que combat la raison sévère, & que de longues calamités démentent. Elle consiste quelquefois à lutter seul, avec sa conscience, contre le torrent des préjugés & des factions. Il doit confier le bonheur public à la sagesse, le sien à sa vertu, sa gloire aux honnêtes gens & à la postérité. " ( Contre la guerre. Fin 1791 )

" Ce n’est point par des mesures partielles, incohérentes, ce n’est pas même par des traits passagers de sagesse & d’énergie qu’on amène une révolution à un terme heureux, mais par un système sagement combiné & constamment suivi, en remontant aux premières causes des désordres, en les attaquant avec une fermeté soutenue. "

" & quel plus digne usage réserverait-on à sa vie ! Ce n’est point assez d’obtenir la mort de la main des tyrans, il faut l’avoir méritée ; il ne faut pas avoir préparé le succès de leurs crimes par son imprévoyance & par sa faiblesse. S’il est vrai que les premiers défenseurs de la liberté doivent en être les martyrs, ils ne doivent mourir qu’en entraînant avec eux la tyrannie au tombeau ; il faut que la mort d’un grand homme réveille les peuples endormis, & que le bonheur du monde en soit le prix. " ( 10 février 1792 )

" Il est temps que les fonctionnaires publics, sans excepté celui qu'on appelle le premier de tous, se regardent non comme des puissances, mais comme les hommes d’affaires de la nation & comme les égaux de leurs concitoyens ; il faut qu’à leurs yeux, comme à ceux de la raison & de la nature, les charges publiques ne soient plus des honneurs, encore moins des propriétés, mais des devoirs. " ( Février 92 )

" Moi aussi, messieurs, j'aime le caractère républicain ; je sais que c'est dans les républiques que se sont élevés toutes les grandes âmes, tous les sentiments nobles & généreux ; mais, je crois qu'il convient dans ce moment de proclamer bien haut que nous sommes les amis décidés de la Constitution, jusqu'à ce que la volonté générale, éclairée par une mûre expérience, déclare qu'elle aspire à un bonheur plus grand. Je déclare, moi, & je le fais au nom de la Société ( des amis de la Constitution, dite " des Jacobins " ), qui ne me démentira pas, que je préfère l'individu que le hasard, la naissance, les circonstances nous ont donné pour roi à tous les rois qu'on voudrait nous donner. " ( Mars 1792. ) On ne pourra pas dire, après cela, que Robespierre était, a priori, mal disposé à l’égard du roi & que le roi, par ses trahisons, n’a pas provoqué lui-même sa chute !

" Portant toujours mes regards au-delà de l’étroite enceinte du sanctuaire de la législation, quand j’adressai la parole au corps représentatif, mon but était surtout de me faire entendre de la nation & de l’humanité. Je voulais réveiller sans cesse dans le cœur des Citoyens le sentiment de la dignité de l’homme. " ( 27 avril 92 )

" Français, combattez & veillez à la fois ; veillez dans vos revers, veillez dans vos succès ; craignez votre penchant à l’enthousiasme, & mettez vous en garde contre la gloire même de vos généraux. […] Songez à l’ascendant que peuvent usurper au milieu d’une révolution ceux qui disposent des forces de l’Etat ; consultez l’expérience des nations, & représentez-vous quelle serait la puissance d’un chef de parti, habile à capter la bienveillance des soldats, si, le peuple étant épuisé, affamé, fatigué, les plus zélés patriotes égorgés, le roi même désertant encore une fois son poste, au sein des horreur de la guerre civile, entouré de tous les corps militaires dont on a couvert la surface de l’empire, il se montrait à la France avec l’air d’un libérateur & toutes la force des partis réunis contre l’égalité. " ( mai 92)

" Pour moi, où voulez-vous que je me retire ? Quel est le Peuple où je trouverai la Liberté établie ? & quel despote voudra me donner un asile ? Ah ! on peut abandonner sa Patrie heureuse & triomphante ; mais menacée, mais déchirée, mais opprimée ! On ne la fuit pas, on la sauve ou on meurt pour elle. Le ciel qui me donna une âme passionnée pour la Liberté & qui me fît naître sous la domination des tyrans, le ciel qui prolongea mon existence jusqu’au règne des factions & des crimes, m’appelle peut-être à tracer de mon sang la route qui doit conduire mon pays au bonheur & à la Liberté ; j’accepte avec transport cette douce & glorieuse destinée. Exigez-vous de moi un autre sacrifice ? Oui, il en est un que vous pouvez demander encore : je l’offre à ma Patrie : c’est celui de ma réputation. Je vous la livre, réunissez-vous tous pour la déchirer, joignez-vous à la foule innombrable de tous les ennemis de la Liberté, unissez, multipliez vos libelles périodiques. Je ne voulais de réputation que pour le bien de mon pays ; si pour la conserver il faut trahir, par un coupable silence, la cause de la vérité & du peuple, je vous l’abandonne ; je l’abandonne à tous les esprits faibles & versatiles que l’imposture peut égarer, à tous les méchants qui la répandent. J’aurai l’orgueil encore de préférer, à leurs frivoles applaudissements, le suffrage de ma conscience & l’estime de tous les hommes vertueux & éclairés ; appuyé sur elle & sur la vérité, j’attendrai le secours tardif du temps qui doit venger l’humanité trahie & les peuples opprimés. " ( 2 avril 1792, club des Jacobins )

" Depuis le boutiquier aisé jusqu’au superbe patricien, depuis l’avocat jusqu’à l’ancien duc & pair, presque tous semblent vouloir conserver le privilège de mépriser l’humanité sous le nom de peuple. Ils aiment mieux avoir des maîtres que de voir multiplier leurs égaux ; servir, pour opprimer en sous-ordre, leur paraît une plus belle destinée que la liberté partagée avec leurs concitoyens. Que leur importent & la dignité de l’homme, & la gloire de la patrie, & le bonheur des races futures ; que l’univers périsse, ou que le genre humain soit avili ou malheureux pendant la durée des siècles, pourvu qu’ils puissent être honorés sans vertus, illustres sans talents, & que chaque jour leurs richesses puissent croître avec leur corruption & avec la misère publique ! " ( Juin 1792 )

" En considérant la marche & le système de ceux qui nous gouvernent, en fixant mon opinion sur les fonctionnaires publics élus par le Peuple, j’ai été tenté de dire: la liberté est perdue. J’ai jeté ensuite mes yeux sur le Peuple, & j’ai dit : la liberté est sauvée. " ( 9 juillet 1792 )

" Défiez-vous des hommes faibles, presque autant que des hommes pervers. Songez que le courage & l’énergie du Peuple peuvent seuls conserver sa liberté. Il est enchaîné, dés qu’il s’endort ; il est méprisé, dés qu’il ne se fait plus craindre ; il est vaincu dés qu’il pardonne à ses ennemis avant de les avoir entièrement domptés. " ( 1 septembre 1792 )

" Nous voulons un ordre de choses où toutes les passions basses & cruelles soient enchaînées, toutes les passions bienfaisantes & généreuses éveillées par les lois ; où l’ambition soit le désir de mériter la gloire & de servir la patrie ; où les distinctions ne naissent que de l’égalité même ; où le Citoyen soit soumis au magistrat, le magistrat au Peuple, & le Peuple à la justice ; où la patrie assure le bien-être de chaque individu & où chaque individu jouisse avec orgueil de la prospérité & de la gloire de la patrie ; où toutes les âmes s’agrandissent de la communication continuelle des sentiments républicains, & par le besoin de mériter l’estime d’un grand Peuple ; où les arts soient la décoration de la liberté qui les ennoblit, le commerce la source de la richesse publique & non seulement de l’opulence monstrueuse de quelques maisons. "

" Nous voulons substituer dans notre pays la morale à l’égoïsme, la probité à l’honneur, les principes aux usages, les devoirs aux bienséances, l’empire de la raison à la tyrannie de la mode, le mépris du vice au mépris du malheur, la fierté à l’insolence, la grandeur d’âme à la vanité, l’amour de la gloire à l’amour de l’argent, les bonnes gens à la bonne compagnie, le mérite à l’intrigue, le génie au bel esprit, la vérité à l’éclat, le charme du bonheur à l’ennui de la volupté, la grandeur de l’homme à la petitesse des grands, un peuple magnanime, puissant, heureux, à un peuple aimable, frivole & misérable, c’est à dire toutes les vertus & tous les miracles de la République à tous les vices & à tous les ridicules de la monarchie. "

" Nous voulons, en un mot, remplir les vœux de la nature, accomplir les destins de l’humanité, tenir les promesses de la philosophie, absoudre la Providence du long règne du crime & de la tyrannie. Que la France, jadis illustre parmi les esclaves, éclipsant la gloire de tous les peuples libres qui ont existé, devienne le modèle des nations, l’effroi des oppresseurs, la consolation des opprimés, l’ornement de l’univers, & qu’en scellant notre ouvrage de notre sang, nous puissions au moins voir briller l'aurore de la félicité universelle. Voilà notre ambition, voilà notre but. " ( 5 février 1794 ) Ne sont-ce pas là, exprimées par la bouche de Robespierre, toute la philosophie de la Révolution & toutes les idées qui sont la gloire universelle & impérissable de la France ?

" Quand le Peuple est opprimé, quand il ne lui reste plus que lui-même, celui-là est un lâche qui ne lui dirait pas de se lever... Ce moment est arrivé... J’invite le Peuple à se mettre en insurrection contre les députés corrompus... Je déclare que moi seul je me mets en insurrection contre le président & contre tous les membres ( de la gironde ) qui siègent dans la convention... Lorsqu’on affectera un mépris coupable pour les sans-culottes, je déclare que je me mets en insurrection contre les députés corrompus... Si la trahison appelle les ennemis étrangers dans le sein de la France, alors je déclare que je punirai moi-même les traîtres, & je promets de regarder tout conspirateur comme mon ennemi & de le traiter comme tel. " (26 mai 1793)

" Nous décréterons un article que nous sommes dignes de soutenir ! Qu’ils sachent, tous ceux qui ne savent pas deviner l’énergie d’un Peuple libre, que cet article est l’expression de sa volonté ! un Peuple qui traite sur son territoire avec ses ennemis est un Peuple déjà vaincu, & qui a renoncé à son indépendance. Jamais le Peuple Français ne sera couvert de tant de honte ! " ( 18 juin 1793 ) Malheusement, la France ne trouva pas de Robespierre en 1940, pas plus qu'en 1871 !

" On s’attendrit pour les hommes les plus criminels, pour ceux qui livrent la patrie au fer de l’ennemi. Moi, je ne sais m’attendrir que pour la vertu malheureuse ; je ne sais m’attendrir que pour l’innocence opprimée ; je ne sais m’attendrir que sur le sort d’un Peuple généreux que l’on égorge avec tant de scélératesse. " ( 25 septembre 1793 )

" Quel que soit le sort personnel qui vous attend, votre triomphe est certain. La mort même des fondateurs de la liberté n’est-elle pas un triomphe ? Tout meurt, & les héros de l’humanité & les tyrans qui l’oppriment ; mais à des conditions différentes. " ( 18 novembre 1793 )

" De quoi nous accusent les tyrans ? de leurs propres forfaits... Ils nous accusent d’irréligion ; ils publient que nous avons déclaré la guerre à la divinité elle-même. Qu’elle est édifiante, la piété des tyrans !... Ils se disent les images de la Divinité : est-ce pour la faire haïr ? S’ils invoquent le Ciel, c’est pour usurper la terre ; s’ils nous parlent de Divinité, c’est pour se mettre à sa place : ils lui renvoient les prières du pauvre & les gémissements du malheureux ; mais ils sont eux-mêmes les Dieux des riches, des oppresseurs & des assassins du Peuple. " ( décembre 1793 )

" ... Tu dois ( Prost, représentant du Peuple, à Dôle), avant de partir, rappeler aux magistrats, à la société populaire, leurs devoirs. Qu’ils se souviennent, qu’ils n’oublient jamais ce qu’ils doivent au peuple. [...] Qu’ils parlent le langage de la raison, jamais celui de la violence ; elle fait des martyrs, la raison seule peut faire des prosélytes ; elle attend son triomphe ; mais ne précipite rien, ce serait l’éloigner. " ( 27 janvier 1794 )

" Jusqu’à quand la fureur des despotes sera-t-elle appelée justice, & la justice du Peuple barbarie ou rébellion ? Comme on est tendre pour les oppresseurs & inexorables pour les opprimés ! Rien de plus naturel : quiconque ne hait point le crime ne peut aimer la vertu. Il faut cependant que l’un ou l’autre succombe. Indulgence pour les royalistes, s’écrient certaines gens ; grâce pour les scélérats ! Non ! Grâce pour l’innocence, grâce pour les faibles, grâce pour les malheureux, grâce pour l’humanité ! "

" Malheur à quiconque oserait diriger vers le Peuple la terreur réservée à ses ennemis ! Périsse le scélérat qui ose abuser du nom sacré de liberté, ou des armes redoutables qu’elle lui a confiées, pour porter le deuil ou la mort dans le cœur des patriotes ! N’existât-il dans toute la République qu’un seul homme vertueux persécuté par les ennemis de la liberté, le devoir du gouvernement serait de le rechercher avec inquiétude & de le venger avec éclat. "

" Prêtres ambitieux, n’attendez donc pas que nous travaillons à rétablir votre empire, une telle entreprise serait même au-dessus de notre puissance. [...] Je ne connais rien de si ressemblant à l’athéisme que les religions qu’ils ont faites. A force de défigurer l’Etre suprême, ils l’ont anéanti autant qu’il était en eux : ils en ont fait tantôt un globe de feu, tantôt un bœuf, tantôt un arbre, tantôt un homme, tantôt un roi. [...] Le véritable culte de l’Etre suprême, c’est la nature ; son temple, l’univers ; son culte, la vertu ; ses fêtes, la joie d’un grand peuple rassemblé sous ses yeux pour resserrer les nœuds de la fraternité universelle & pour lui présenter l’hommage des cœurs sensibles & purs. [...] Le sceptre & l’encensoir ont conspiré pour déshonorer le ciel & pour usurper la terre. Laissons les prêtres & retournons à la Divinité. " ( 7 mai 1794, discours qui fit décréter d’enthousiasme par la Convention le calendrier des fêtes républicaines, dont le culte de l’Etre suprême. )

" Qui de nous ne sent pas s’agrandir toutes ses facultés, qui de nous ne croit pas s’élever au-dessus de l’humanité même, en songeant que ce n’est pas pour un Peuple que nous combattons, mais pour l’univers ; non pour les hommes qui vivent aujourd’hui, mais pour tous ceux qui existeront ? "

" Nous voulons, en un mot, remplir les vœux de la nature, accomplir les destins de l’humanité, tenir les promesses de la philosophie ; absoudre la providence du long règne du crime & de la tyrannie. Que la France... devienne le modèle des nations, l’effroi des oppresseurs, la consolation des opprimés, l’ornement de l’univers, & qu’en scellant notre ouvrage de notre sang, nous puissions au moins voir briller l’aurore de la félicité universelle. Voilà notre ambition, voilà notre but. "

" ... Les malheureux sont les puissances de la terre ; ils ont le droit de parler en maîtres aux gouvernements qui les négligent. "

" Que m’importent les dangers ! Ma vie est à la patrie, mon cœur est exempt de crainte, & si je mourais, se serait sans reproche & sans ignominie. "

Ses derniers mots : " Ils m’appellent tyran. — Si je l’étais, ils ramperaient à mes pieds, je les gorgerais d’or, je leur assurerais le droit de commettre tous les crimes, & ils seraient reconnaissants. — Si je l’étais, les rois que nous avons vaincus, loin de me dénoncer, me prêteraient leur appui & je transigerais avec eux…L’influence morale des anciens athlètes de la Révolution est aujourd'hui assimilée par eux à la tyrannie…La République a triomphé, jamais ses défenseurs. Qui suis-je, moi qu’on accuse ? Un esclave de la liberté, un martyr vivant de la République, la victime autant que l’ennemi du crime. Tous les fripons m’outragent; les actions les plus indifférentes, les plus légitimes de la part des autres, sont des crimes pour moi ; un homme est calomnié dés qu’il me connaît ; on pardonne à d’autres leurs forfaits ; on me fait un crime de mon zèle. "

" J’ai l'expérience du passé & je vois l’avenir. Quel ami de la patrie peut vouloir survivre, au moment où il n’est plus permis de la servir & de défendre l’innocence opprimée ? Pourquoi demeurer dans un ordre des choses où l’intrigue triomphe éternellement de la vérité, où la justice est un mensonge, où les plus viles passions, où les craintes les plus ridicules occupent dans les cœurs la place des intérêts sacrés de l’humanité ?… Je conçois qu'il est facile à la ligue des tyrans du monde d'accabler un seul homme ; mais je sais aussi quels sont les devoirs d’un homme qui peut mourir en défendant la cause du genre humain. "

" Ainsi donc les scélérats nous imposent la loi de trahir le peuple, sous peine d'être appelés dictateurs ! Souscrirons-nous à cette loi ? Non ! défendons le peuple au risque d’en être estimé ; qu’ils courent à l'échafaud par la route du crime, & nous par celle de la vertu. "

" Il y a deux puissances sur la terre, celle de la raison & celle de la tyrannie ; partout où l’une domine, l’autre est bannie. Ceux qui dénoncent comme un crime la force morale de la raison cherchent donc à rappeler la tyrannie. "

" Peuple, souviens-toi que, si dans la République la justice ne règne pas avec un empire absolu, & si ce mot ne signifie pas l’amour de l’égalité & de la patrie, la liberté n’est qu’un vain nom ! "

" Rappelle-toi que loin de sacrifier cette nuée de fripons à ton bonheur, tes ennemis veulent te sacrifier à cette poignée de fripons, auteurs de tous nos maux, & seuls obstacles à la prospérité publique ! Sache que tout homme qui s’élèvera pour défendre ta cause & la morale publique sera accablé d’avanies & proscrit par les fripons ; que ceux qui ne pourront être accusés d’avoir trahi seront accusés d’ambition. "

" J’en conclurai que les principes sont proscrits, & que la tyrannie règne parmi nous, mais non que je doive les taire ; car, que peut-on objecter à un homme qui a raison & qui est prêt à mourir pour son pays ? Je suis fait pour combattre le crime, non pour le gouverner. Le temps n’est point arrivé où les hommes de bien peuvent servir impunément la patrie ; les défenseurs de la liberté ne seront que des proscrits, tant que la horde des fripons dominera. " ( 8 thermidor 1794 )

Deux jours plus tard, il montait à l’échafaud ; la Révolution était terminée ; l’ouvrage de Robespierre était scellé par son sang ; les brigands triomphaient ; les Vérités sorties de sa bouche s’accomplissaient.

Tels furent le fond & la forme de la pensée & de l’action de Robespierre, de sa naissance politique à sa mort publique. Toute son œuvre est un exemple — certes, il n’est cité ici que des extraits de discours, mais on ne peut s’empêcher de remarquer la constance des principes —, & toutes ses paroles, un hymne au dépassement de soi pour l’Humanité. On ne s’étonnera pas après ces paroles qui furent ses seules armes, que cet hommes fut le plus populaire ( " Je vais vous dépopulariser " lui cria un jour Le Chapelier, connu pour avoir instauré l’interdiction du droit de grève ; quant aux Girondins, il lui imputèrent à crime d’être " l’idole du peuple. " ) dans la Patrie des Droits de l’Homme, mais on peut s’étonner que la République ait oublié & renié celui qui lui consacra sa vie. Ce serait curieux, si ça n’était pas criminel, dans le dessein perfide de faire haïr au Peuple ses défenseurs & lui cacher les Principes qu’il doit faire sien ! N’est-il pas étrange que l’histoire enseignée ne le fasse apparaître qu’en 1792, alors qu’il menait, depuis déjà trois ans, les plus rudes combats parlementaires, & était le mentor du Peuple & le désespoir des ennemis de la Révolution ? Sans la connaissance de cette période, la popularité de Robespierre semble soudaine, comme sortie d’un chapeau, & ne s’explique que par des manigances ! On ne peut être plus aux antipodes de la Vérité ! Mais, cherche-t-on la Vérité ?

Se peut-il qu’un homme tienne un pareil langage, au péril de sa vie, sans être humaniste ? Oui ! disent ses détracteurs. Hé bien ! qu’ils nous désignent ceux qui, selon eux, ont réclamé pour les Citoyens opprimés la jouissance de tous les Droits du Citoyen ! Ils se taisent ! Ecoutez alors ce que les Patriotes & les journaux révolutionnaires disaient de Robespierre :

Marat, après une rencontre avec lui : " Cette entrevue me confirma dans l’opinion que j’avais toujours eue de lui, qu’il réunissait aux lumières d’un sage sénateur l’intégrité d’un véritable homme de bien & le zèle d’un vrai patriote... "

" Robespierre, chef de parti ! il en aurait eu sans doute s’il eût voulu s’avilir au rôle d’intrigant, comme ses calomniateurs ; mais il n’a & n’eut jamais pour partisan que les citoyens amis de la liberté, qui se souviennent avec reconnaissance de tout ce qu’il a fait pour elle. " ( 1792 )

Barère ( qui participa au 9 thermidor ) : " Robespierre avait le tempérament des grands hommes, & la postérité lui accordera ce titre. Il fut grand quand,tout seul, à l’assemblée constituante, il eut le courage de défendre la souveraineté du peuple ; il fut grand quand, plus tard, à l’assemblée des jacobins, seul, il balança le décret de guerre contre l’Allemagne. "

Cambon ( qui participa au 9 thermidor ) : " Nous avons tué la République au 9 thermidor, en croyant ne tuer que Robespierre ! Je servis à mon insu les passions de quelques scélérats. Que n’ai-je péri, ce jour-là, avec eux ! la liberté vivrait encore ! "

Manuel : " Ce n’est point assez pour nous d’avoir entendu le héros de la révolution ; il faut nous pénétrer de ses principes & de ses sentiments qui sont ceux de la liberté. " ( Février 1792 )

L’abbé Fauchet : " Quelle liberté, lorsque quelques-uns peuvent dire : Nous ne voulons pas que vous soyez membres actifs dans le corps social, soyez passifs ! C’est une liberté à la J.-P Maury. Robespierre, dans cette séance, a développé l’âme des français. Combien il était grand au milieu de ces préjugistes & de ces vendeurs d’hommes qui ont parlé avant & après lui ! " ( Mai 1791 )

Mme Lacroix : " J’ai lu jusqu’à ce jour, monsieur, avec beaucoup d’intérêt, vos numéros des Révolutions ; je les lisais, non point pour apprendre ce qui se passait ( j’en étais fort instruite ), mais pour admirer en vous le langage de la liberté. J’aimais à vous entendre dire des vérités ; je me disais : voilà véritablement un homme. Vous avez détruit le charme par vos derniers articles sur l’incorruptible Robespierre. Dans l’un vous dites : nous connaissons peu M. Robespierre, & dans l’autre vous le déchirez en pièces d’une manière bien sanglante. J’ignore l’intérêt qui a pu vous faire tenir un tel langage — les Girondins tenaient alors le haut du pavé, des ministères, même l’organe de correspondance des Jacobins ; ils s’étaient heurtés à Robespierre sur la question de la guerre, & se livraient, avec tous les moyens de corruption dont ils disposaient, à une campagne de calomnie pour détruire leur censeur — puisque vous ne le connaissez pas ; mais ce que je n’ignore pas, c’est que cela nuit à votre réputation & à vos intérêts. Comme je n’en aurais plus à vous lire, faites-moi le plaisir de ne plus m’envoyer vos numéros ; je n’aime pas à me nourrir l’esprit de calomnies atroces. " ( 12 mai 92 )

C. Besson : " Toi qui éclaires l’univers par tes écrits, saisis d’effroi les tyrans & rassures le cœur de tous les peuples, tu remplis le monde de ta renommée ; tes principes sont ceux de la nature, ton langage celui de l’humanité ; ton génie & ta sage politique sauvent la liberté ; tu apprends aux Français, par les vertus de ton cœur & l’empire de la raison, à vaincre ou à mourir pour la liberté & la vertu, & à la France, jadis si fière & si hautaine, à adorer l’égalité. " ( Les lettres que reçu Robespierre à la suite du décret sur l’Etre suprêmes sont en nombre infini, & toutes empreintes de la même chaleur.)

Adresse de la Société populaire de Caen : " Robespierre, ce nom qui fait ta gloire, ce nom qui porte l’effroi dans l’âme des tyrans, sera le mot d’ordre qui nous ralliera pour les combattre. " ( 7 mars 92 )

les Révolutions de Paris : " Nous avons peu de ces hommes qui, cherchant plutôt à remplir leur devoir qu’à obtenir des applaudissements, se tiennent, comme M. de Robespierre, près des principes, & qui bravant le reproche d’être trop chaleureux, réclament sans cesse les droits sacrés du Peuple, lors même qu’ils prévoient qu’ils vont être sacrifiés. Il vient de donner une nouvelle preuve de ce genre d’héroïsme en défendant seul la maintenue des districts de Paris. "

" En vain le côté droit a hurlé la question préalable, le courage invincible de monsieur Robespierre l’a emporté, il a fait triompher la cause des malheureux & a fermé la bouche aux hurleurs…Continue, intrépide Robespierre, à te faire haïr des méchants ; ta vengeance est dans leur cœur ; ils sont forcés de t’admirer. " ( Obtention de la libération du curé Carion )

" Que le Peuple Français ne désespère pas de la chose publique, tant qu’il lui restera quelque représentant de la trempe de M. Robespierre. " ( avril 1791 )

Le Courrier de Provence : " Dans cette affaire, comme dans toutes les autres questions de principe & de grand intérêt national, M. Robespierre s’est exprimé avec autant d’énergie que de patriotisme. Il a combattu, l’une après l'autre, toutes les raisons, toutes les objections de ses adversaires avec la supériorité que donnent toujours une âme droite & une conscience pure. " ( Mai 91 )

" Le vertueux Robespierre est le seul qui ait eu le courage d’élever la voix contre ce projet de décret. Mais avec quelle force de raisonnement n’a-t-il pas démontré la nécessité du licenciement ! ( Des officier nobles. ) Avec quelle force de principes n’a-t-il pas pulvérisé le projet des comités ! Avec quelle force de style n’a-t-il pas fait le tableau des troubles qui agitent l’armée & dévoilé les longues iniquités des chefs ! " ( Juin 91 )

La Tribune des Patriotes : " Nous ne t’abandonnerons point sur la brèche, au milieu d’une nuée d’ennemis. Les efforts de tous ces faux patriotes acharnés aujourd’hui contre toi seul, nous les diviserons, en attirant sur nous leur haine & en combattant à tes côtés, non pour toi, mais pour la cause du peuple, de l’égalité, de la Constitution qu’on attaque en toi. " ( Mais 1792 )

Le Moniteur : " Les principes de l'orateur ( Robespierre ) sont d'arrêter l'effusion du sang humain versé par le crime. " ( 23 messidor an II )

Des journaux populaires : ( A propos de l’adresse aux français, de Robespierre, destinée à éclairer le Peuple sur la situation & sur la façon de choisir ses représentants. Août 1791 )

" Lisez l’épître éloquent & vérace de M. Robespierre ; lisez-la dans la chaire des vos églises, dans la tribune de vos assemblées, sur le seuil de la maison commune de vos municipalités ; & si vous êtes hors de la bonne voie, elle vous y fera rentrer. "

" Quand on voit tant de philosophie & de calme dans celui qui se trouve ainsi l’objet de la calomnie, on doit en conclure pour la bonté de la cause qu’il défend. "

Qui soutiendra encore que Robespierre était considéré comme un monstre & un tyran par ses contemporains ?

( Extraits de discours tirés de l’excellent & incontournable " Robespierre " de Jean Massin, & de l’imposant " Robespierre " de Ernest Hamel. Lire aussi " Etudes sur Robespierre " par Albert Mathiez. Tant que nous sommes dans les références, que ceux qui veulent savoir jusqu'où peut aller le vice dans le mensonge & la calomnie, lisent donc " Histoire de la commune de Paris de 1871 " par Prosper-Olivier Lissaragay ! )

Je comprends que des hommes aient eu intérêt à perdre Robespierre & que, maintenant encore, d’autres aient besoin d’effacer son souvenir ; mais, comment des gens honnêtes peuvent-ils les croire ? Les croire, c’est se déshonorer ! Combien de personnages ne supportant pas la comparaison jouissent pourtant de l’estime publique ? Il suffit de savoir ce qu’il voulait pour connaître ses ennemis, & de connaître ses ennemis pour savoir ce qu’il voulait : la République & la Démocratie, la Liberté & l’Egalité, la paix & la Vertu. Se prononcer contre lui, c’est avouer une nature tyrannique ou une profonde ignorance en la matière ! Heureux serait de n’être entouré que d’ignorants !

" La démocratie périt par deux excès : l’aristocratie de ceux qui gouvernent, ou le mépris du peuple pour les autorités qu’il a lui-même établies, mépris qui fait que chaque coterie, que chaque individu attire à lui la puissance publique, & ramène le peuple, par l’excès de désordre, à l’anéantissement, ou au pouvoir d’un seul. " ( Février 1794 )

ROBESPIERRE

Non ! Ces quelques pages ne sont pas de trop pour qui place la Vérité au-dessus de sa tranquillité, pour qui préfère voir le Peuple éclairé plutôt que dupé. Je ne place pas la cause d’un homme au-dessus de celle de l’Humanité, mais la cause d’un juste outragé est aussi celle de l’Humanité trahie ! Je doute que cet aparté détourne les Citoyens avides de Vérités de l’ensemble de mon ouvrage, mais, je ne doute pas que mon ouvrage attirera l’attention sur Robespierre, & contribuera à l’élever au premier rang du Panthéon de la République.




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Site de l' A.M.R.I.D, l'Association Maximilien Robespierre pour l'Idéal Démocratique.

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