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THEORIE DE L’ASSOCIATION POLITIQUE

REM TENE, VERBA SEQUENTUR.



1. Les lois naturelles de l’association.

a) L’association animale.

b) L’association humaine & l’association politique.

2. Nature & naturel, Droits & Droits naturels.

3. Constat & Contrat Social.

4. L’Homme & le Citoyen.
 
 

L’association est propre à beaucoup d’espèces animales. Mais, l’association politique, si elle ressemble sur de nombreux points à la première, est propre à l’Homme, car elle implique un acte conscient. Elle ne relève plus seulement de l’instinct, mais de la réflexion. Toutes deux ont en commun l’axiome : l’union fait la force. Mais, si les animaux d’une même espèce s’unissent pour affronter les dangers de la Nature, là s’arrête pour eux la portée de ce Principe qu’ils suivent à la lettre, parce que ni leur intelligence ni leurs facultés ne leur permettent de le pervertir. Par contre l’Homme, lui, s’il peut en tirer toutes les conséquences logiques, peut aussi les détourner & avoir la volonté & les moyens de ne pas les appliquer.

Pour savoir à quel point la société du XXème s’est éloignée de sa raison d’être, & comment renouer avec elle, il faut étudier ces conséquences logiques, car la logique est logiquement immuable & salutaire, comme l’est un phare dans & après la tempête, aussi éloigné soit-il. La nature des choses dicte la force des choses. En s’écartant de la logique, on se heurte sans espoir à la force des choses qui, inévitablement, ramènent à la nature même des choses, à leur origine. Chassez le naturel, il revient au galop.

Nos sociétés sont en proie à des secousses, plus ou moins violentes, comme un être malade est victime de convulsions désagréables & pourtant bénéfiques pour sa guérison. Elles sont secouées par des crises inexplicables & insolubles. La justice sociale est le fruit de toutes les espérances, mais nul ne sait comment y parvenir. Or pour y parvenir, ne faudrait-il pas en définir les termes, & quels peuvent-ils être sinon ceux de l’association ? Comme il est inutile & dangereux de prescrire un remède à un malade en ignorant la cause de ses maux, il importe de retrouver les causes, le but & les Principes originels de l’association entre des individus qui fondamentalement ont toujours les mêmes besoins, donc les mêmes intérêts à s’associer.

Nous allons donc étudier quels sont les Principes inhérents à toute association, tant animale qu’humaine, afin de retrouver les Principes immuables du DROIT & de la JUSTICE éternelle, leur cadre, leurs conditions, leurs conséquences, &c. Mais, nous nous bornerons à cette étude qui va révéler le décalage insupportable entre les Principes & la réalité, sans nous occuper ici des moyens de soumettre la réalité aux Principes. Soyez convaincus que ce qui est juste en Principe est bon pour les hommes & leur réalité, & que les moyens existent pour le mettre en pratique. Mais, la connaissance de ces moyens est superflue & inutile si l’on ne convient des Principes de la Cité qu’ils doivent asseoir.
 

1. Les Lois naturelles de l’association.

Qu’il s’agisse d’hommes ou d’animaux, un groupe est une association & est composé d’individus ou de membres. Les termes relatifs à l’association sont donc identiques dans les deux cas, si bien que les animaux ayant souvent des comportements plus humains que les hommes, l’analyse de l’association animale prête à confusion avec celle de l’association politique qui en émane
 

a) L’association animale.

Toute association est un acte intelligent, car elle nécessite une certaine perception des intérêts individuels. Elle est nécessairement animale car elle implique l’existence de moyens d’action pour se défendre, & plus encore, celle d’une volonté de défendre ses associés. Elle implique aussi que les associés aient les mêmes intérêts & la même nature. Or, chez les animaux, les intérêts vitaux sont dictés par l’instinct & les intérêts particuliers, par l’espèce. Aussi, ne peuvent s’associer ( à ne pas confondre avec cohabiter ) que des animaux d’une même espèce. Il serait impossible à une gazelle de s’associer avec un lion.

Pourtant, que tous les membres d’une association soient issus de la même espèce ne signifie pas que tous les individus de cette espèce en fassent partie. Les membres d’un groupe doivent partager une vie collective & de ce fait, vivre au même endroit. La rencontre de deux groupes d’une même espèce débouche en général sur une rivalité, ou éventuellement sur une association temporaire pour faire face à une menace ponctuelle qui, sitôt écartée, entraînera la dissolution, au lieu que les groupes se maintiennent fondus en un seul.

Une association est donc un groupe d’individus d’une même espèce, qui confient la défense de leurs intérêts à la communauté qu’ils reconnaissent.

Maintenant que l’association est définie, il nous importe de savoir quelles sont les règles qui la maintiennent.

L’union fait la force.

Les conséquences de ce Principe tiennent avant tout à la cause même de l’union. Pourquoi des êtres d’une même espèce s’unissent-ils ? Dans la Nature règne la loi du plus fort & de l’arbitraire. Nul n’y est en sécurité &, si les dangers ne viennent pas des autres, ils viennent de la Nature elle-même, par l’absence de secours en cas de maladie ou de faiblesse, de pénurie alimentaire, &c. Si l’union ne fait disparaître tous les malheurs possibles, elle en élimine certains & peut atténuer les effets d’autres. Les animaux sociables fuient donc la Nature, comprenons par-là la solitude, pour trouver la sécurité au sein d’un groupe. Si la loi de la Nature qu’ils ont fuie, est celle du plus fort, il s’ensuit que la force ne fait pas loi dans l’association. S’il n’y a pas arbitraire, il y a loi. Mais sans vocabulaire, sans construction intellectuelle, la loi émane directement de la nature des choses. Les fondements de toute association, de toute société reposent donc sur les mêmes Principes, sur des Principes universels, éternels & inaltérables, car imprescriptibles. La volonté qui pousse les animaux à s’associer pour augmenter leur sécurité, à unir leurs plus ou moins modestes capacités pour accroître la force de l’être collectif qu’ils composent, interdit à l’insécurité de régner au sein du groupe où nul ne doit avoir à craindre un associé. Autrement dit, les intérêts qui poussent les individus à s’associer ne peuvent être menacés ni par l’association, ni par un autre membre de l’association, & les raisons qui incitent les individus à s’associer, & qui sont les mêmes pour tous, doivent être satisfaites pour chacun.

Ainsi, l’association naissant du désir ou du besoin de fuir la Nature & son insécurité, son premier Principe est de garantir, autant qu’il est en son pouvoir, la SECURITE de ses membres, envers tous les périls, tant extérieurs qu’intérieurs. De ce fait, l’association bannit de son sein tous les rapports de force mettant en péril l’existence de ses membres, & s’ils ne doivent pas se nuire, ils doivent se respecter. La première convention tacite, la première loi naturelle de l’association est donc le RESPECT D’AUTRUI. Fatalement, si chacun respecte les droits d’autrui, tourmenté par les mêmes craintes, les mêmes besoins, recherchant la même sécurité en se fondant dans le même groupe, si nul n’est infériorisé, l’infériorité étant incompatible avec la sécurité, tous ont alors les mêmes droits. Le deuxième Principe de l’association, lié au simple fait de s’unir, est l’EGALITE en droits de tous les membres, sans exception.

Les Principes & les lois de l’union sont, eux, contenus dans le terme même. Il va de soi que l’union est le fruit d’un choix libre, que le retrait de l’association peut également l’être, & que pour être libre d’en sortir, il faut aussi être libre en en faisant partie. Sans liberté de choix, un associé n’est qu’une victime qui subit, qui n’est tenue en rien de reconnaître les règles que le groupe lui impose & peut les renverser ou leur échapper si elle en a la force. ( Notons qu’un individu violent & fort peut soumettre le groupe, il ne l’incarne pas pour autan ; sa loi n’est pas la Loi de l’association. ) Le troisième Principe de l’association est donc la LIBERTE. Si la Liberté au sein de l’association est nécessairement plus limitée que dans la Nature, elle est garantie, contrairement à la liberté totale qui n’a ni borne, ni source, ni assurance. La Liberté n’existe pas dans la liberté totale qui n’est possible que dans la solitude qui n’est pas un état de droits. Les animaux renoncent, par instinct, à une part de liberté contre des avantages, la Liberté comptant parmi ces avantages. La Liberté de chacun n’est d’ailleurs bornée que dans l’intérêt de tous, & par la seule loi du cause à effet : d’un côté, l’obligation de respecter les autres, de l’autre, les droits des autres, égaux aux siens.

Mais, adhérer librement implique, pour tous, l’acceptation des obligations & la soumission aux règles de l’association, avant de pouvoir profiter de ses bienfaits. Ces obligations, à l’origine des droits, sont, plus exactement, des devoirs, notés Devoirs. Ces obligations ne sont évidemment des Devoirs que si la jouissance des Droits qu’ils génèrent, en suit l’acquittement, si l’individu retire de son adhésion & d’un honnête comportement tout ce qui lui est dû. ( L’emploi de termes appliqués généralement à l’Homme doit surprendre sans perturber. Jamais peut-être les animaux n’ont été étudiés sous cet angle. Le comportement social se rapporte à un comportement en société & impose l’utilisation d’un vocabulaire spécifique. L’Homme n’a pas cru bon d’établir des différences entre une société de gens & une société de fourmis ou d’abeilles. Aussi, une obligation vis-à-vis d’un groupe, quel qu’il soit, est un Devoir, & même les animaux en ont. )

L’adhésion à l’union implique de s’unir. Des individus vivants isolément, sans rapport, sans échange, ne peuvent être considérés comme associés, voisins tout au plus. S’unir implique la volonté d’appartenir à un groupe, et la volonté du groupe d’intégrer un nouvel élément. Pour vouloir lui appartenir, il faut en attendre quelque chose ; pour que le groupe accepte, il doit, sinon en tirer avantage, du moins n’avoir rien à y perdre. Chacun doit donc apporter à l’autre pour retirer ce que l’autre peut apporter, dans l’intérêt de chacun. L’union est donc basée sur un échange mutuel. Vivre au milieu d’un groupe sans rien lui apporter, n’est jamais que vivre en marge. Si le groupe ne peut rien attendre d’un individu, il ne doit rien attendre de lui. Des puces sur un chien ne font pas partie de la meute. Chez les herbivores, souvent la présence seule suffit, puisque c’est du nombre que le troupeau tire sa force ou de la multitude que la sécurité de chacun augmente. Par contre, chez les carnivores, l’échange se traduit par une participation à la chasse qui donne Droit à une part de viande. La deuxième loi naturelle de l’association est donc, sinon la présence, la PARTICIPATION à la vie collective, l’activité de l’individu se partageant entre les besoins du groupe & ses besoins privés.

Mais, l’appartenance à un groupe va bien au-delà d’une simple participation. Du fait que les Droits d’un individu soient garantis par le groupe, il importe que le groupe existe. Chacun doit donc défendre l’existence de l’être collectif en défendant l’existence des êtres qui le composent. Inversement, chacun doit attendre l’aide du groupe en cas de danger, que celui-ci vienne d’un autre groupe ou d’un membre de son propre groupe. Il n’est pas rare de voir un animal pris en chasse, secouru par tout ou partie du troupeau ou de la meute, malgré le danger que chacun encourt. L’union commande la troisième loi naturelle de la SOLIDARITE entre tous ses membres.

La force créée par l’union, quant à elle, n’a d’autre fin que de permettre à l’association d’exister & de se maintenir envers la Nature. Elle ne peut être manipulée par personne en particulier puisqu’elle est engendrée par la réunion de tous, au service de chacun, dans le cadre des Principes. Manipulée, ceux qui la subiraient, s’opprimeraient eux-mêmes. La force de l’union n’étant crée que par l’esprit de corps, elle ne peut se tourner contre le corps lui-même, puisqu’il suffit aux membres de s’abstenir de toute action pour que la force soit anéantie par le vide. Tout ce qui opprime un corps, de quelque façon que ce soit, est donc étranger à ce corps, est un ennemi & doit être traité comme tel. La solidarité induit que tout ce qui opprime un seul membre du corps, est un ennemi du corps tout entier. Il va de soi que la force au service des Principes & des Lois naturelles de l’association est justice, & que seule la force ou la ruse au service d’intérêts particuliers, au détriment de Droits légitimes d’un seul individu, est oppression.

Ne serait-ce que chez les animaux, les Lois de l’association sont donc clairement établies. Elles ne sont ni le fruit du hasard, ni d’une invention. Elles sont les conséquences logiques & sans calcul perfide auxquelles tous les êtres vivants qui cherchent à protéger leur vie collectivement, aboutissent. Elles sont inscrites dans la nature des choses, dictées aussi bien par la vie que par l’union. Elles se résument par trois Principes fondamentaux, les Droits, qui, ensemble, commandent les trois Lois naturelles fondamentales de l’association auxquelles doit se plier tout associé, les Devoirs :

Principe de la SECURITE. Loi naturelle du RESPECT D’AUTRUI.

Principe de l’EGALITE. Loi naturelle de la PARTICIPATION.

Principe de la LIBERTE. Loi naturelle de la SOLIDARITE.

Que l’on adhère à un groupe ou que l’on naisse au milieu de lui, & que l’on y reste, les conditions, les conventions & les Lois naturelles de l’association demeurent. L’union est consommée si tous les Devoirs envers le groupe sont remplis, & si la jouissance de tous les Droits en résulte. Manquer à un seul de ses Devoirs rend indigne de faire partie de l’association qui, si elle est elle-même digne de porter ce nom, peut exiger réparation ou sévir.
 

b) L’association humaine & l’association politique.

Les Principes de l’association sont dictés par les besoins individuels vitaux, communs à tous les associés, communs à tous les êtres d’une même espèce, tous les animaux ayant au moins en commun la vie & l’instinct. Ils sont dictés par le corps physique & émanent donc de la Nature elle-même ; le DROIT est une Loi physique. Invariable d’une société à une autre, il s’applique aussi aux sociétés humaines. Tout ce qui, dans une société, est contraire à ces Principes est antisocial. Toute société qui se développe selon des Principes antisociaux, est vouée à l’anéantissement par la force même des choses. Gravés dans le corps de tout être, quand le corps collectif s’en écarte, ils appellent les individus à la révolte. Ils sont ce que chaque membre fidèle à ses obligations envers le groupe, doit légitimement attendre du groupe & peut arracher par tous les moyens, si le groupe s’obstine à lui refuser.

Mais, si les animaux agissent seulement par instinct, avec des facultés limitées, l’Homme a, lui, un potentiel infiniment supérieur, & potentiellement une conscience. Les animaux obéissent aux Lois naturelles de l’association, alors que l’Homme doit les retrouver par la raison, quand la conscience de lui-même & de ses facultés l’en ont détourné, jusqu’à l’oubli, bien qu’il ressente naturellement l’oppression & la trahison du pacte social, sans pouvoir en déterminer toujours l’origine. Cependant, ces Principes & ces Lois ne sont que le noyau dur de toute organisation sociale que les capacités des animaux communs ne permettent ni d’altérer ni d’étendre. Or, si les hommes ont les mêmes besoins vitaux qu’eux, leur nature leur confère d’autres qualités qui, elles aussi, commandent des Principes & des Lois qui prolongent les premiers que rien ne saurait abolir, pas même la perfidie. L’Homme peut s’inspirer de la solidarité qui règne dans les société animales, & du respect instinctif qu’ont les animaux pour les lois de l’association, mais il peut & doit aussi y ajouter de la sagesse & de l’humanité.

Puisque les Principes de l’association sont dictés par le corps, la spécificité de la société humaine en provient aussi. Quelle est la particularité physique de l’Homme ? La main. Elle lui permet de saisir, de fabriquer, de produire, donc de posséder. C’est cette particularité qui, pour compenser ses handicaps physiques par rapport aux animaux plus rapides, plus forts ou mieux armés naturellement, lui a permis de développer son intelligence &, avec le temps, d’étendre le pouvoir de sa volonté dans tous les domaines. Il n’en demeure pas moins que l’Homme vit en société & que de ce fait, les Lois de l’association s’imposent à lui, & avec plus de rigueur que chez les animaux ordinaires puisque lui est à même d’en avoir conscience.

Longtemps, l’association humaine n’a guère différé du troupeau ou de la meute. Ses Principes & ses Lois étaient donc sans conteste ceux du règne animal que nous venons d’étudier, & que nous allons retrouver, avant d’en découvrir de nouveaux.

De par ses atouts & ses faiblesses naturelles, l’Homme est & a toujours été un être sociable. Il nous importe donc moins de savoir ce qu’il a fait de la société que ce qu’elle aurait du être, dans le cadre des Principes naturels de l’association politique. La société est une communauté. Qui dit communauté dit ensemble. Qui dit ensemble dit librement, donc LIBERTE. Tout homme est libre d’adhérer à une association politique & il y adhère en y participant selon le Contrat Social. ( Voir : Constat & Contrat Social.) Chacun doit contribuer au bien-être de tous en mettant son potentiel particulier au service de l’intérêt général, pour retirer les bienfaits de l’association. Mais, les hommes ont un potentiel trop élevé pour pouvoir l’exploiter individuellement & séparément. Pour que l’Homme puisse profiter de toutes ses capacités, il faut que les hommes se complètent & se spécialisent. Complémentarité & spécialisation sont les piliers de la société humaine. Or, si chacun se spécialise dans un domaine, que ce soit par prédilection, par manque de choix ou autre, il reste que la spécialité en question est indispensable pour la société, que toute spécialité est indispensable, & que, chacun étant spécialisé, chacun est indispensable & a une égale utilité sociale. Il est alors exclu qu’une spécialité porte préjudice à celui qui l’assume, sans que la société l’opprime, sans que le Contrat Social soit rompu, sans que les uns ne soient plus que les esclaves des autres. Inversement, si la spécialisation ne peut porter préjudice, elle ne peut octroyer de privilèges ; chacun ne fait que son Devoir. La spécialisation condamne donc l’inégalité & n’existe que dans la complémentarité. Si tous les membres de l’association politique, de la Cité, autrement dit les Citoyens, sont spécialisés & complémentaires, si tous ont une égale utilité sociale, si les privilèges ne se justifient pas, s’ils sont tous égaux en Devoirs & en Droits, sans pouvoir être ni supérieurs ni inférieurs, l’EGALITE est aussi un Principe de la société humaine. SPECIALISATION & COMPLEMENTARITE sont mères de LIBERTE & d’EGALITE.

Ne peuvent être complémentaires que des Citoyens Travaillant & ne peuvent être Citoyens que des Travailleurs. Le Travail est pour le Citoyen dans la Cité ce que les efforts de l’homme sont pour survivre dans la Nature. Pour l’Homme, les conséquences du Principe de participation à la vie sociale sont plus étendues, rapport à l’étendue de ses capacités, mais, la principale, est le Travail, car l’Homme a des besoins qui nécessitent une production artificielle. Les Citoyens d’une même société constituent un marché auquel chacun est tenu de participer en fournissant une production pour pouvoir prendre part à l’échange. Le Droit de propriété inaliénable qu’a chacun sur sa propre production, est donc conservé malgré l’échange, chacun, après échange de sa production & cession de ses Droits, recouvrant un Droit de propriété sur les produits qu’il a retirés. L’échange est un simple transfert bilatéral du Droit de propriété, en aucun cas un abandon de ce Droit. L’association ne garantissant que les fruits de la participation, le Principe de PROPRIETE est intimement lié à celui de Travail & le terme propriété n’est relatif qu’aux biens issus d’une production humaine. L’association politique imposant à tous une participation, donc à tous les Citoyens de Travailler, il en résulte que tous les Citoyens ont ou peuvent avoir des propriétés qui assurent leurs existences. Or, selon le Principe fondamental de l’association, les Citoyens sont égaux en Devoirs ; selon les Principes de spécialisation & de complémentarité, les Citoyens doivent être égaux en Droits. Les Citoyens doivent donc être égaux & en Devoirs & en Droits, & le Principe d’EGALITE s’applique aussi bien au Devoir de Travailler qu’au Droit de PROPRIETE.

Mais, que signifie " égalité du Droit de PROPRIETE " ? Exactement ce que cela dit ! Les Citoyens, du fait de leur participation à un égal niveau, de façon complémentaire & spécialisée, jouissent tous d’un Droit égal sur les produits de la société. Comme pour tous les autres, la jouissance de ce Droit est naturellement bornée par les Devoirs du Citoyen qui le génèrent, & par les Droits, égaux au sien, de tous les autres Citoyens, qui limitent la portée du sien ; toute autre borne est artificielle, arbitraire & oppressive. Si tous usent autant de ce Droit, c’est à dire que chacun après avoir produit consomme, tous les Citoyens retirent une égale quantité de production. Mais, tous les individus étant par nature différents, ils usent différemment & librement de leurs Droits, & l’étendue de leurs propriétés est à l’image de leurs désirs, dans les limites du possible. Les produits, une fois en possession d’un Citoyen par le jeu des Droits, deviennent des propriétés privées, protégées par le Droit de Propriété, au nom du Principe de PROPRIETE, reconnu & garanti par la communauté tout entière. Pour que toute la communauté, pour que tous les Citoyens le reconnaissent & le garantissent, ils doivent tous en jouir dans l’Egalité. Des Citoyens ne peuvent reconnaître aux autres ce que les autres ne leur accordent pas. L’inégalité des propriétés n’est légitime que dans l’égalité des Droits. Une inégalité forcée est le fait d’une force, Principe banni par l’association.

Les Principes naturels & fondamentaux de l’association politique sont donc la SECURITE, l’EGALITE, la LIBERTE, la PROPRIETE. Mais, il reste un cinquième Principe, un Principe purement humain, un Principe que seule la conscience peut concevoir. Il n’est pas la conséquence particulière d’une Loi, il est la conséquence générale de toutes : la DIGNITE. Tout Devoir ouvre la porte d’un Droit ; la jouissance simultanée de tous les Droits assure au Citoyen la jouissance de toute sa Dignité. Comme les autres Principes, la DIGNITE résulte de l’association ; elle est garantie par tous pour tous ou elle n’existe, en tant que Droit, pour personne. Attenter à un seul Droit d’un seul Citoyen, c’est attenter à toute sa Dignité.

Peut-on être esclave & Citoyen ou tyran & Citoyen ? Non. Est donc Citoyen celui qui s’acquitte des tous ses Devoirs & jouit par-là même de tous ses Droits, ni plus, ni moins. Un Citoyen frustré d’un seul de ses Droits ressent & une injustice directe, vis-à-vis du Droit en question, & une oppression plus générale, par rapport à tout ce que cette frustration signifie. Pour l’en frustrer, il faut pouvoir. Que ce soit par les lois de la société ou par le pouvoir d’un particulier, le Citoyen est dépouillé de sa qualité de Citoyen, de sa dignité, & est infériorisé par rapport aux autres. Il accomplit ses Devoirs & il est rendu indigne d’être Citoyen par des lois contraires à celles de l’association ou par des individus qui annulent le Contrat Social & n’ont donc aucun pouvoir légitime.

Ainsi, c’est par le respect de Lois immuables & l’acquittement d’un ensemble de Devoirs identiques dans toute Cité, qu’un homme acquiert sa Citoyenneté & que la Cité doit lui garantir l’ensemble de ses Droits. Les Lois naturelles de l’association politique définissent trois Devoirs fondamentaux & éternels pour tout Citoyen, de quelque société que ce soit, qui engendrent cinq Droits : Devoir de RESPECTER AUTRUI Droit à la SECURITE

Devoir de TRAVAILLER pour la Cité

Devoir de SOLIDARITE entre Citoyens

Droit à la LIBERTE

Droit à l’EGALITE

Droit à la PROPRIETE

Droit à la DIGNITE
 

2. Nature & naturel, Droits & Droits naturels.

Il est souvent fait référence à la "nature". Mais il ne faut pas confondre la Nature en tant que théâtre & la nature en tant que Principe des choses immuables. Ainsi, la loi de la Nature & les Lois naturelles sont deux choses absolument distinctes : la loi de la Nature désigne le rapport entre les individus dans la Nature ; les Lois naturelles sont les Lois physiques & toutes les Lois régissant la matière ou engendrées par elle. La loi de la Nature est celle du plus fort. Les Lois naturelles de l’association sont celles que commandent le corps matériel des êtres vivants qui s’associent pour protéger leur vie. Elles échappent à toute volonté, toute interprétation temporelle, toute altération. Concernant l’association, il est également fait la distinction entre LOI, Loi & loi, la LOI étant l’ensemble des Lois universelles, les lois étant soit le prolongement des Lois, adapté à un contexte sans dénaturer les Principes de la LOI, soit des règles extravagantes auxquelles les Citoyens sont soumis.

" Loi de la Nature " est un paradoxe puisque aucun être n’y convient de loi, qu’il n’y a donc pas de lois dans la Nature. Or, l’anarchie profitant toujours au plus fort, la loi de la Nature est dite du plus fort. Inversement, on peut dire que partout où règne la loi du plus fort, sous quelque forme que ce soit, règne la loi de la Nature & l’anarchie ; il n’y a pas ni lois, ni Droits.

" Etat de Nature ", quant à lui, est cet état où aucune loi n’est établie parce que les individus n’ont entre eux aucun contact, & où tout droit résulte de l’arbitraire. Le " retour à la Nature " signifie donc la dissolution de toute union & par conséquent un état de solitude, d’individualisme exacerbé, d’insécurité, une recherche d’indépendance totale & d’autonomie qu’il faut assumer seul. L’état de Nature est le contraire, en tout, de l’association & de la Cité ou de la société. Dans la Nature, chacun survit contre tous les autres ; dans la Cité, chacun survit avec tous les autres. Dans la Nature, il n’y a pas de loi ; la Cité naît d’une association & l’association s’appuie sur des règles qui sont les Lois fondamentales. Dans la Nature, il n’est reconnu aucun Droit ; les lois de la Cité ont pour but de garantir aux Citoyens les Droits qui découlent de leur respect des Lois qui, elles-mêmes, dictent les Devoirs. On peut donc dire que partout où les Citoyens ne sont pas égaux en Droits, où les lois ne maintiennent que le non-DROIT, où les hommes sont en lutte les uns contre les autres pour jouir des bienfaits de la Cité, comme les animaux pour jouir des bienfaits de la Nature, les Citoyens ne sont que des hommes dans l’état de Nature.

Tout état d’oppression est une transposition de la loi de la Nature au cœur de la Cité. La Cité n’existe que dans l’état de Droit & les Droits n’existent que dans la Cité. Mais, jusqu’à présent, nous n’avons vu que les Principes du DROIT engendrés par l’acte d’association & les Droits qui résultent du respect de ses Lois : SECURITE, LIBERTE, EGALITE, PROPRIETE, DIGNITE. Tous ces Droits naissent & se conservent par des Devoirs. Nous avons dit que tous les Droits sont assujettis à des Devoirs ; ce n’est pas tout à fait exact, sans être faux. Il est une catégorie de Droits à part : les Droits naturels. Pour qu’un Citoyen ait des Droits, il faut nécessairement qu’il existe lui-même. Si, dans la Nature, la vie peut être menacée impunément, dans la Cité, avant que le Citoyen jouisse de ses Droits, il doit être en vie. La vie devant donc être protégée par la Cité, VIVRE est donc un Droit. Pourtant, la vie n’est pas donnée par un Devoir, mais bien par la Nature. Malgré tout, elle se conserve, comme tout Droit, par un Devoir, &, comme tout Droit qui doit être mérité, elle n’est pas inviolable. C’est par le RESPECT DE LA VIE D’AUTRUI que la Cité garantit la sécurité de la sienne. Dés lors qu’un individu agresse un Citoyen innocent, il transgresse les Lois de l’association & se retrouve sans Droit, à l’état de Nature où chacun défend sa vie sans autre règle que la survie & la raison du plus fort. Le Citoyen, lui, a doublement le Devoir de se défendre, & en tant qu’individu en danger, & en tant que représentant de tout le corps social agressé dans sa personne. Si l’agresseur y perd la vie, le plus fort a eu raison, le Citoyen était dans son Droit, la Cité est innocente, le DROIT est étranger à ce fait qui échappe aux lois. Mais, si l’agresseur triomphe du Citoyen protégé par les lois, il devient un ennemi de la Cité.

Dans tous les cas, la Cité doit garantir le Droit de VIVRE envers les hommes, non envers des facteurs qui échappent à son pouvoir, entre autres la Nature ou le refus de vivre des Citoyens qui disposent librement de leur Droit & ont donc le Droit inné de mettre fin à leur vie, &c.

Mais, si la Cité doit garantir le Droit de VIVRE, elle doit donner les moyens aux Citoyens d’assumer leur existence. Or, si la Nature donne la vie, c’est elle qui fondamentalement en fournit les moyens. Pour vivre, tout être vivant a besoin de se nourrir. Toute nourriture est fruit de la terre. Tout homme a donc, en théorie, un Droit naturel sur une portion fertile de la surface de la terre & la surface de cette portion est égale pour tous, de par l’égalité de leurs besoins & l’impartialité de la Nature. Mais, les Citoyens étant spécialisés, tous les Citoyens ne pouvant se consacrer à une production alimentaire, la plupart échangent leur Droit sur la terre contre un Droit sur les produits de la terre travaillée par d’autres. Inversement, ceux qui nourrissent la Cité ont un Droit sur la production en assurant l’alimentation & l’existence des autres Citoyens. Ainsi, chacun assure les Droits de ses Concitoyens & tous les Citoyens jouissent d’une même quantité de Droits pour une même quantité de Devoirs. Quand cet équilibre est atteint, la Cité & ses lois sont exemptes de tout reproche.

Quand bien même un homme vivrait dans la Nature & disposerait d’une terre, encore faudrait-il qu’il la Travaille pour se nourrir & assurer son existence. En plus du respect d’autrui, le Droit de VIVRE est aussi dépendant du labeur. Même hors de la Cité, hors de l’état de Droits, un homme sans Droits a des Devoirs.

Pourtant, se nourrir ne suffit pas. L’Homme doit se loger. La Cité doit donc assurer aux Citoyens un logement. Or, pour se loger, il n’est pas nécessaire de posséder une surface au sol. Mais, nous entrons là dans un débat qui ne fait pas l’objet de cet exposé, débat qui est traité intégralement dans la théorie de la SDT, la Société Du Travail. Retenons de ce chapitre que les Droits naturels se conservent par les Devoirs de la Cité, en étant les fruits de la Nature, & que les Droits fondamentaux des Citoyens les recouvrent.

TRAVAIL / PROPRIETE / Droit au LOGEMENT

RESPECT d’autrui / SECURITE / Droit de VIVRE

Même les Droits naturels doivent être garantis contre la Nature, par la Cité.
 

3. Constat & Contrat Social.

Voilà donc ce qu’il devrait être de la société. Or, qu’en est-il vraiment ? La SECURITE des biens & des personnes semble une utopie quand l’insécurité est à l’ordre du jour. La LIBERTE des Citoyens est aliénée par l’argent. L’EGALITE est un mot vide de sens dans une société où les inégalités sociales ne font que se s’étendre par le pouvoir de l’argent. La PROPRIETE ignore qu’elle est générée par le Travail, non par l’argent. La DIGNITE est outragée par la nature même de nos sociétés où pas un seul Citoyen n’est l’égal en Droits d’un autre. Le DROIT a déserté la terre. Les Citoyens réclament en vain la Justice sociale, sans même savoir ce qu’ils doivent exiger. Vouloir moins d’inégalités sans réclamer l’EGALITE ! Un esclave l’est-il moins avec des chaînes plus longues ?

La société tourne autour de l’argent & elle ne tourne pas rond. Des millions de chômeurs, des exploités, des exploiteurs, une pollution menaçante, des milliers d’agressions, &c. La guerre civile & le mal sera à son comble ! A moins d’être un doux rêveur, on ne peut s’empêcher de constater que quelque chose va mal, à l’heure où tout devrait être pour le mieux. Quant au monde, avec des milliards de gens menacés ou morts de faim chaque année, alors que l’on détruit, ici, de la nourriture pour stabiliser les prix, c’est la folie qui semble s’en être emparée.

L’analyse des fléaux & des aberrations que nous subissons, pourrait s’étendre sur des milliers de pages. L’espace manque ici, mais les curieux peuvent ouvrir n’importe quel livre, sur n’importe quel sujet, pour dissiper ce flou. Une seule conclusion s’imposerait ! Le coupable : l’argent. La solution : l’abolir. Mais, attention ! il ne s’agit pas d’abolir l’argent en tant que système d’échange indirect, mais l’argent en tant que moyen d’échange pervers.

Avant même de se mettre en route, il faut savoir où arriver & par où y aller. L’arrivée : le DROIT & la JUSTICE. La voie : les Lois naturelles de l’association politique.

D’où vient l’aspiration innée à l’EGALITE, si ce n’est d’une logique inscrite dans nos gènes, qui nous révèle, malgré toutes les perfidies & le temps que, dans toute société, les Citoyens doivent être égaux en Devoirs & en Droits, & qui nous pousse par instinct, avant même la raison, à la réclamer & à mourir pour elle. L’instinct n’est-il pas le meilleur guide de la vie ? Donc, nous savons ce que nous devons atteindre. La société doit être régie par les Lois naturelles de l’association politique : RESPECT d’autrui & TRAVAIL, garantissant SECURITE, LIBERTE, EGALITE, PROPRIETE & DIGNITE. De plus, la société doit être une association à laquelle on adhère librement. Les bases de l’association doivent donc être définies pour que chaque individu sache à quoi il adhère. Ces bases doivent être contenues dans quelques lignes. Soumettre à la ratification du peuple un Contrat Social simple, assure que :

Le Contrat Social ne fait que rapporter les Devoirs & les Droits fondamentaux du Citoyen & de la Cité, les Droits du Citoyen étant les Devoirs de la Cité. Il peut se formuler ainsi :

Le Contrat Social est l’origine de la déclaration universelle des Devoirs & des Droits de l’Homme & du Citoyen, comme celle-ci est le préambule de la Constitution. Mais, pourquoi un Contrat Social résoudrait-il tous les problèmes ? Parce que les Droits ne pouvant plus être bafoués, les Citoyens seraient sereins ; Parce que l’argent étant incompatible avec le DROIT, l’argent serait aboli & tous les problèmes engendrés par la course au profit disparaîtraient. Comment le Contrat Social résoudrait-il le problème du chômage ? Si l’on considère que le chômage est une aberration & que la Nature elle-même condamne les aberrations, n’est-il pas raisonnable de penser que la logique du DROIT, introduite au cœur de la société le résoudra naturellement ? Nous touchons là au secret de la théorie de la SDT.
 
 

4. L’Homme & le Citoyen

Le Citoyen est un homme qui accepte le Contrat Social de la Cité. Mais, un homme qui n’adhère pas à la Cité demeure un homme, même s’il n’est pas Citoyen. Il faut donc différencier les hommes & les Citoyens puisque les uns se veulent libres & affranchis de toute règle, alors que les autres se soumettent aux Lois de l’association, alors que la société protège les Droits de ses Citoyens, quand les hommes hors société n’en ont pas.

Pour qu’un homme soit respecté par la Cité, il doit respecter les autres hommes. Or, un Citoyen est un homme avant tout. Le Citoyen a aussi le Devoir de respecter autrui. Homme & Citoyen ont donc le Devoir de respecter autrui, l’Homme pour ne pas se mettre en danger, le Citoyen pour se conformer aux Lois. De même, comme le Citoyen, l’Homme doit assurer sa survie par son labeur. Le cadre est différent, mais le Devoir est le même : Travailler. Ainsi, tous les Devoirs qu’a le Citoyen envers la Cité, l’Homme les a, également & de toute façon, envers lui-même. Celui qui refuse d’adhérer à la Cité, fait le choix de s’assumer seul. La Cité n’interdit, en aucun cas ce choix ; tout choix respecté est respectable. Si les Citoyens s’unissent, c’est pour une raison pratique. Mais, les hommes qui refusent toute union & les obligations qui en résultent, ne peuvent attendre " de DROIT " les bienfaits de la force à laquelle ils ne contribuent pas. Un homme qui, ne participant pas à la vie de la Cité, profiterait par la ruse ou tout autre procédé des avantages que celle-ci procure à ses Citoyens, usurperait des Droits aux Citoyens & devrait alors être traité en ennemi, comme l’est un Citoyen prévaricateur. Le fait d’usurper des Droits confère à la Cité celui de punir l’usurpateur.

Voilà la différence qu’il faut toujours avoir à l’esprit entre Homme & Citoyen. Les Droits n’existent pas par nature & un homme ne peut prétendre aux Droits des Citoyens par sa seule nature d’être humain. Maintenant, penchons-nous sur l’homme au statut de Citoyen. Le Citoyen est à la fois un homme & un Citoyen, un être privé & un être public. Les Citoyens en tant qu’homme, sont différents ; les hommes en tant que Citoyens, sont égaux en Droits, dans la mesure où pour être & demeurer Citoyen il faut s’acquitter des mêmes Devoirs. Les Citoyens sont complémentaires. C’est par leurs différences de goûts & de talents, qu’ils se complètent & que l’association est. Il ne saurait donc être question de constater ces différences naturelles entre les hommes, vitales pour la société, pour instaurer ou maintenir une inégalité en Droits entre les Citoyens. Si tous les Citoyens aspiraient aux mêmes choses & avaient les mêmes qualités, comment pourraient-ils se compléter & assumer chacun une tâche différente ? Pourquoi la société naîtrait-elle & comment se conserverait-elle ? D’ailleurs, quand bien même les Citoyens seraient-ils tous des clones, qu’en tant qu’homme ils seraient encore tous différents, de par leur histoire. Aucun argument ne peut appuyer la thèse de l’EGALITE, si ce n’est le Contrat Social. C’est donc par le seul fait d’être des associés, liés par les mêmes Devoirs envers la même Cité qui en retour leur garantit à tous la jouissance des mêmes Droits, que les Citoyens, malgré leurs différences nécessaires & inévitables, sont égaux en Droits.

Ainsi, un Citoyen qui Travaille, accomplit son Devoir, non envers un employeur, mais envers la Cité, non pour une aumône à la discrétion d’un particulier, mais pour la jouissance de tous les Droits, reconnus & garantis par la communauté tout entière. Ceci est une évidence & est néanmoins impossible avec l’argent qui fractionne le DROIT en unités qui se concentrent inévitablement entre les mains qui le gèrent & qui en retirent du pouvoir, comme la possession d’un verre d’eau permet de soumettre tous les assoiffés du désert. Sachant ce que la société doit être & pourquoi elle ne l’est pas, la solution pour la ramener à sa raison d’être s’impose d’elle-même. Etablir l’EGALITE entre les Citoyens est chose simple, si cela est effectivement ce que l’on veut atteindre. Mais, il ne s’agit ni de redistribuer l’argent, ce qui ne pourrait éviter à terme, d’une façon ou d’une autre, la concentration du capital entre quelques mains ; ni de répartir la production par la force pour la distribuer en parts égales, ce qui, contrariant les Principes du DROIT de LIBERTE & d’EGALITE même, sombrerait dans le totalitarisme ; ni d’abolir l’argent sans lui trouver un substitut, ce qui ramènerait l’économie au système du troc, & l’Humanité à l’âge de la pierre. Alors comment faire ? Ne vous torturez pas à chercher la solution, elle est impensable tellement elle est évidente ! Evidente, mais complexe en définitive.
 
 

LA JUSTICE NE PEUT PAS PERDRE,

& AVEC LE TEMPS,

ELLE N'A JAMAIS PERDU.

 

GLAIVE 
 


 
 

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